Les « -----('•.¸('•.¸¤¸.•'´)¸.•'´)----- » représentent les souvenirs de Severus.
Chapitre XII : les rêves sont quelques fois chimère, mais pas toujours
Severus, Albus et Remus étaient restés éveillés très tard. Ils cherchaient frénétiquement dans les livres de la bibliothèque du directeur. Vers deux heures du matin, Remus proposa aux autres d'aller dormir, car les recherches avançaient de moins en moins vite. Severus s'opposa, mais après maintes réflexions, il prit plusieurs vieux volumes et se dirigea vers ses appartements.
Il paraissait fatigué, mais il continuerait à chercher. Il avait besoin d'avoir de l'espoir, l'espoir de la revoir. Il avait désiré son double, mais cela n'était que foutaises, il aimait la vraie, l'unique… Celle qui s'était sacrifiée pour lui. Il arriva dans ses appartements et s'installa à son bureau. Il regarda un instant la lune qui brillait faiblement et continua ses recherches… Il ne se rendit même pas compte que Morphée l'avait transporté dans ses bras.
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Severus parcourait une immense plaine, la nuit l'engouffrait, il voyait un point lumineux au loin, il le suivait des yeux depuis un certain temps. Il avait cette mauvaise impression d'être surveillé. Il se dépêcha encore et encore. Puis il arriva enfin proche du feu. Personne, du moins c'est ce qu'il croyait. Une vieille dame apparut devant ses yeux. Elle avait le regard mort. Il sortit sa baguette sachant qu'elle ne lui servirait pas et la pointa vers la vieille femme.
Elle leva la main et la baguette sauta des mains de Severus et atterrit dans celles de la vielle dame. Elle s'adressa à lui :
« Pourquoi as-tu peur de moi, Severus. Nous nous sommes déjà rencontrés. Il y a bientôt cinq ans ! »
« Mais qui êtes vous ? Je ne vous connais pas ! »
La vieille femme se leva et le regarda de ses yeux morts, Severus se sentait sondé, il détestait cela plus que tout. Elle reprit la parole :
« Je suis la Mort ! Cette même Mort que ta chère Kerridwen a appelé pour te sauver, le cri de la Mort, peu de personnes ont ce pouvoir, les anciens celtes n'ont pas voulu que l'on continue à connaître ce secret. Seul, ceux qui ont le pouvoir des anciens celtes en eux peuvent faire usage inconsciemment de celui-ci… »
« Donc Kerridwen vous a appelé pour me faire revenir, ça je le sais mais pourquoi ? »
« Elle cache un bien grand secret… Personne n'est au courant sur la terre. Et je n'ai pas le droit de te le révéler, c'est à elle de le faire. »
« Mais… »
« Il n'y a pas de mais, Severus. Elle se bat contre elle-même, et l'issue est proche… Une issue joyeuse… »
Puis la Mort disparut dans un souffle. Severus resta coi devant cette révélation… Et cria :
« Qu'entendez vous par une issue joyeuse ? Kerridwen et moi allons réussir ? »
Il entendit une voix dans le lointain lui répondre :
« Je ne sais pas… Tu verras le moment venu ! »
Severus sentit sa vue se brouiller, lorsqu'il reprit connaissance, il se retrouva devant une ancienne demeure. Il se tourna et aperçut un paysage magnifique, la mer, les plaines verdoyantes. Il murmura :
« L'Irlande… »
Il entendit du bruit du coté de la maison et se tourna vers celle-ci, un couple sortait avec une jeune enfant. L'homme adressa la parole à Severus :
« Bonjour ! En quoi puis je vous aider ? »
« Bonjour, je me suis en quelque sorte perdu. Je ne sais pas du tout où je suis ? »
« Vous avez transplané non ? »
Severus fut quelque peu surpris, mais fit un signe positif de la tête. L'homme reprit la parole :
« Ici nous sommes à Wicklow. Enfin à la périphérie, comme vous pouvez le voir nous sommes les seuls sur cette partie de la plaine. »
« Merci… Mais êtes vous des sorciers ? »
« Oui. »
Severus se sentit de suite mieux, entendre des personnes qui comprenaient et parlaient le même langage que lui. Mais son regard s'attarda sur la petite fille qui s'avançait vers lui. Elle possédait un regard océan et de longs cheveux noirs. Elle arriva à sa hauteur, elle lui sourit et lui parla, Severus fut étonnée qu'elle soit si éveillée pour son âge.
« Bonjour je m'appelle Iwerdydd. Ce nom ne doit rien vous dire mais moi je vous connais ! »
Elle pencha la tête en lui souriant. Severus sentit sa vue se brouiller de nouveau, puis il se retrouva dans un monde où régnait un chaos indescriptible… Il avait déjà fait ce rêve, il s'en souvenait. Il se tourna et vit au milieu des morts, une sublime jeune femme, des cheveux sombres flottaient autour de son visage, ses yeux étaient d'un noir profond, ils ne reflétaient que la mort… Les larmes inondèrent son visage, il murmura :
« Kerridwen… »
Elle le regarda d'un air méchant et lui répondit d'une voix forte :
« Il y a encore quelque temps tu ne me reconnaissais pas ! Je vais te le répéter Severus, la mort est la meilleure des échappatoires mais ton heure n'est pas encore arrivée… Tu dois t'endurcir, j'ai envie de voir ce que tu vaux avant que tu ne m'appartiennes totalement ! »
Severus remarqua qu'elle était à peine vêtue, mais cette fois il ne fut pas attiré par celle-ci, un sourire mauvais naquit sur les lèvres de la jeune femme, elle claqua des doigts et se retrouva devant lui… Elle souriait, un sourire presque inhumain, elle s'éleva à quelques centimètres du sol pour se retrouver à la même hauteur que lui, puis l'embrassa sauvagement, Severus la repoussa violemment, de la haine et du dégoût dans le regard, elle lui murmura :
« Tu es à moi pour toujours, Severus… Tu ne pourras jamais plus te passer de moi ! »
Puis elle éclata d'un rire sans joie, Severus éleva la voix, une voix terrible et puissante, son être émanait une puissance extraordinaire :
« Jamais je ne serais à toi, catin ! Je suis à Kerridwen ! Celle que j'ai toujours aimée même si je l'avais oublié ! Toi tu n'es qu'une pâle copie, tu ne lui arrives même pas à la cheville ! »
Kerridwen entra dans une colère noire, ses yeux virèrent aux rouges, elle hurla :
« Comment oses tu me parler sur ce ton espèce de cracmol ! Tu crois que tu vas me battre ! »
Elle le prit à la gorge et serra de plus en plus fort. Severus commençait à étouffer, son regard se brouilla, il sombrait dans l'inconscience… Il entendit une voix lointaine, douce, très douce même, il se réveilla doucement. Kerridwen se tenait devant lui, les cheveux blonds, le regard bleu, elle était habillée d'une longue robe blanche. Il murmura :
« Kerridwen… »
« Je suis là, Severus, tu n'aurais pas dû te mesurer à elle… »
« Où suis-je ? »
« Je n'ai pas le droit de te le dire malheureusement, tu le découvriras assez tôt. J'aimerais que tu me fasses une promesse. »
« Pour toi, je serais prêt à tout ! »
« S'il faut que tu me tues, n'hésite pas… Elle n'hésitera pas si tu t'opposes… Je me bats contre moi-même et si je dois en mourir ce n'est pas grave, car le fruit de notre amour est la plus belle des choses… »
« Je ne le pourrais pas… »
« Promets le moi ! Je t'en supplie ! »
« Si je dois te tuer, je mourrais en même temps que toi… »
Il lui caressa la joue effaçant au passage une larme, il sombra de nouveau dans l'inconnu…
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Severus se réveilla difficilement, un rayon de lune lui effleurait le visage, il avait mal au cou. Les livres étaient éparpillés, sa bougie avait fini de se consumer. Il se redressa, croisa les mains et repensa à tout ce qu'il venait de voir. Il n'avait pas rêvé comme à son habitude… Il avait été transporté à plusieurs endroits, mais il ne comprenait pas comment cela pouvait être possible…
Il entra dans ses pensées en se pinçant l'arrête du nez. Cela lui était difficile de penser de façon rationnelle. Il avait peur et cela Kerridwen avait du le ressentir… Mais revoir la Kerridwen qu'il aimait, ses cheveux d'un blond si beau, ceux-ci contrastant tellement avec ses cheveux noir corbeau. Une larme perla doucement, il la laissa couler. Et cette petite fille qui le connaissait. Qui pouvait-elle être ? Et la Mort ? Toutes ces questions sans réponse lui étaient insupportables.
Il sombra de nouveau dans les bras de Morphée, la lune étant toujours celle qui observait ce qui se passait sur la terre. Son rayon alluma une rune sur la couverture d'un des livres d'Albus, la rune Tyr. Inconsciemment Severus posa sa main sur le livre et donc sur la rune, il fut immédiatement transporté dans un monde de pensée et de rêve.
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Severus était entouré de personnes, mais en y regardant de plus prêt il comprit son erreur, ce n'était pas des personnes proprement dites. L'une d'elle s'avança vers lui et lui adressa la parole d'une voix profonde :
« Je suis le Dieu Tyr, tu nous as appelé et nous répondons à ton appel ! »
« Le Dieu Tyr… Vous voulez dire comme la rune Tyr ? »
« Nous sommes la représentation de tes runes Severus. Chaque être qui possède cette magie, peut arriver à nous matérialiser. A ce que je vois, Kerridwen ne te l'a pas expliqué ! »
Severus sentit son cœur se serrer rien qu'à l'évocation de son enseignement bâclé. Il regarda le Dieu avec de la haine dans le regard, il lui cracha ces quelques mots à la figure :
« Vous devez sûrement être au courant de ce qui se trame ! »
Les runes émirent quelques protestations, mais une rune s'avança, elle représentait une femme d'une grande beauté, ses cheveux presque transparents, elle-même paraissait transparente. Les différentes runes se prosternèrent, Severus resta de marbre, il sentait en lui un feu brûler, il voulait hurler. Lorsque la rune s'arrêta face à lui, elle lui adressa la parole, il se sentit de suite calme.
« Severus, je suis Wyrd, la rune blanche et celle qui t'ai fait cruellement défaut… Je m'excuse de t'avoir causé autant de problème. »
« Mais de quoi parlez vous ? »
« Si tu ne peux pas contrôler correctement les runes, c'est à cause de moi… J'ai pris la décision de t'interdire d'utiliser notre magie à trop grande échelle… Mais maintenant je m'en veux… »
« Vous aviez bridé ma magie !! Alors que j'étais face à celle qui la maîtrise le mieux du monde !! »
« C'était le souhait de Kerridwen… De celle que tu aimes ! Elle est la maîtresse des runes, elle possède la magie des anciens celtes… Mais là, cela ne peut plus durer... Elle nous a réveillé réellement et nous ne voulons pas subir sa folie… »
« Mais vous agissez sans son consentement ? »
« Bien sûr que non… Kerridwen avait pris ses précautions, Tyr a été incrusté dans la couverture d'un livre par notre maîtresse elle-même… Elle savait que si elle devenait le mal, il lui fallait une solution de repli… Et évidemment seul celui qui était autorisé à prendre le livre pouvait nous rencontrer. »
« Alors que me voulez vous ? »
« Entrer en toi pour que tu deviennes son égal ! »
Severus ne sut quoi répondre à cette phrase. Les autres runes étaient maintenant aux cotés de Wyrd et le regardait, une étrange flamme brillait dans leurs yeux. Il déglutit puis ajouta :
« J'ai un peu de mal à comprendre… »
« Nous sommes une partie de la magie de Kerridwen… Lorsque nous serons combinées à ta magie actuelle, tu auras une puissance incomparable… L'heure du combat approche, même si le double de Kerridwen pense que celui-ci n'est pas encore arrivé ! Il faut que tu te battes Severus… Tu la connais aussi bien que nous et il faut que tu prennes une décision ! Est-ce que tu nous acceptes en toi ? »
« Oui… Je veux la faire revenir ! »
C'est alors qu'une lumière aveuglante lui fit fermer les yeux…
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Severus se réveilla en sursaut, il était assis à son bureau, entourait par les runes qu'il venait de voir. La rune Wyrd lui tendit la main, il la prit sans hésiter, il fut happé jusqu'au lac. Il regarda les runes flotter au dessus de celui-ci, l'eau reflétant faiblement leur magie. Severus regarda Wyrd, celle-ci avait prit la forme de la femme qu'il aimait par-dessus tout. Il courut et se jeta dans ses bras. Les autres runes l'englobèrent. Une aura d'or se formant autour du maître des potions et du fantôme de Kerridwen. Celle-ci lui murmura :
« Je savais que tu réussirais ! »
Elle lui lança un dernier sourire et les runes entrèrent une à une dans le corps de Severus. Wyrd posa ses lèvres sur celle de son maître et disparut dans une poussière dorée. Severus resta en lévitation au dessus du lac, lorsqu'il releva la tête, ses yeux étaient inondés de larmes, il hurla… Il leva son poing vers la lune… Il sentait une nouvelle force en lui, pendant le reste de la nuit, il s'entraîna au dessus du lac ayant pour seul témoin l'astre lunaire… Lorsque l'aube se montra, il se posa sur l'herbe et regarda le lac avec un profond respect. Celui-ci resterait muet de ce qu'il venait de voir en cette nuit de lune claire. Il reprit la cape qu'il avait enlevé pendant qu'il s'entraîner à maîtriser la magie runique la plus puissante qui soit.
Il se dirigea vers le château, lorsqu'il pénétra dans le hall d'entrée, il fit un geste vers ses appartements, quelques secondes plus tard, les livres qu'il avait emprunté au directeur, étaient dans ses bras. Il se dirigea vers le bureau directorial, lorsqu'il se fit appeler par Remus :
« Severus ! Justement, j'allais chez le direc… Severus… Tes yeux !! »
Severus possédait désormais un œil noir et l'autre bleu, le même bleu que celui de son amour. Remus resta bouche bée, il n'arrivait plus à prononcer une parole. Il le regardait comme si c'était la première fois qu'il le voyait, il réussit à murmurer :
« Kerridwen… »
« Oui elle avait prit ses précautions ! Maintenant je dois aller rendre ceci au directeur et lui expliquer ce qu'il va se passer ! »
Severus se détourna, Remus le suivit et prit conscience à cet instant précis, de la puissance qui émanait de lui. Il le sentait prêt à combattre, Remus avait peur pour le couple, mais il savait maintenant qu'il devait passer par cette épreuve, une épreuve difficile dont l'issue était incertaine.
