Voici la suite et le commencement de la chasse au Allen. Lavi peut paraître OOC, j'essaierai de mieux faire dans un chapitre avec moins de parole. Je pense avoir bien réussi Allen par contre, vous me direz ça .
Je précise que l'histoire prendre place pendant la première guerre France-Allemagne de 1970/71. Il y aura sans doute beaucoup de références historiques dans le reste de la fic, j'essaie de ne pas faire d'anachronisme mais si vous en voyez un n'hésitez pas à m'en faire la remarque ;-)
Merci kawu93 et Jujulapetoch pour vos reviews . j'espère que la suite vous plaira
CHAPITRE 1 : Du 26 Janvier au 7 mars
DU 26 janvier au 7 Mars
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Les frontières françaises étaient si mal protégées qu'Allen Walker devina pourquoi les Allemands avaient vaincu l'armée en moins de six mois. Au contraire, il lui avait été beaucoup plus difficile de passer outre celles d'Italie : Le récent développement économique du nord du pays avait contribué à renforcer ses défenses. Allen n'avait dû son salut que grâce à une vielle femme sympathique qui s'était empressée d'aider "ce garçon jeune et frais" qui ne comprenait pas un mot d'italien, plus habitué aux dialectes du Nord. Généreuse, « Signora Montecchi » avait partagé son compartiment et son repas avec lui, et Allen se souvenait avec délice du lard qu'elle avait rapporté d'Autriche tandis qu'elle lui racontait l'histoire d'une tragédie familiale. Il n'arrivait cependant pas à se remémorer qui était mort à la fin.
Il avait dû passer un certain temps en Italie. D'abord parce que ses revenus étaient bientôt à sec, ensuite parce que maintenant que l'Ordre avait appris sa survie, il devait effacer les traces de son passage plus activement qu'il ne l'avait fait jusqu'à lors.
Il avait abandonné Toma lors de leur séjour à Budapest. Il avait quitté la chambre alors que le trouveur le pensait endormi et avait prit le train de nuit pour Lalbach vers la frontière italienne. Il ne doutait pas que si l'absence devenait trop longue, le trouveur avertirait l'Ordre. Ainsi ses déguisements et méthodes de voyage seraient connues des autorités, Allen espérait seulement que ses traqueurs suivraient aussi longtemps que possible la piste de l'Allemagne, bien qu'il sache que le superviseur Komui ne tomberait certainement pas dans le panneau. Il fallait aussi qu'il s'attende à ce que de nombreuses informations sur ses objectifs soient révélées. Mais pour l'essentiel, il était le seul à contenir des données capitales et ce uniquement dans sa propre mémoire. Il avait toutefois confiance en son ancien compagnon : inexplicablement, le trouveur sentait quand certaines choses devaient être cachées. Le maigre réseau qu'Allen avait instauré était donc encore fiable.
Avec Signora Montecchi, il était passé sur le pont ferroviaire qui les mènerait à Venise. Sur les conseils de la vielle femme, l'adolescent s'était rendu en canaux jusqu'à l'île de San Marco. Il regretta de ne pas avoir le temps de visiter les nombreux palais et églises des différentes îles, mais le temps pressait. Il trouva rapidement des coiffeurs dans à l'intérieur de l'île et marchanda une perruque aux cheveux longs et sombres. Au bout de tant d'insistance, il finit par l'obtenir à moitié prix et jeta celle qu'il portait au coin d'une rue. Il s'engouffra ensuite dans une boutique dite "de beauté" et acheta quelques produits de maquillage. Sa cicatrice refusant résolument de disparaître sous les couches de fond de teint, il se résolut à porter encore une fois le masque qu'il avait acheté six mois auparavant pour cacher son identité. Au détour d'une rue il le remplaçant par un de ces masques colorés qu'il avait vu porter son maître en une rare occasion. Il quitta la lagune le soir même, les poches vides.
A Milan, le jeune général laissa place à Claus Heinrich. Il s'aventura dans un bar et dépluma plusieurs petits truands. Il décida ensuite de cesser de prendre le train et s'aventura de ville en ville, un commerçant s'arrêtait de temps en temps pour lui proposer de faire un bout de route. Ça dura un peu plus de trois semaines jusqu'à ce qu'il atteigne enfin la France. Il lui fallut encore deux semaines pour entrer dans la ville commerciale de Lyon où il se défit à nouveau de son déguisement.
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18 février - Angleterre
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Le grand intendant de la Congrégation de l'Ombre observa encore une fois l'homme par-dessus ses lunettes. Le trouveur Toma était un homme chauve dont le bas du visage était constamment couvert par des bandages. Il avait au moins la trentaine, mais on vieillissait vite ici. On pouvait très bien avoir vingt ans et en paraître quarante. Il se promit intérieurement de mener des recherches plus approfondies sur son sujet, pour l'heure Reever et l'ensemble de ceux qui étaient les plus proches d'Allen étaient rassemblés dans cette salle. Komui avait estimés qu'ils avaient le droit de connaître les détails de la disparition de leur ami.
« Bien, » commença t-il. « Vous êtes bien le trouveur qui jusqu'à récemment a accompagné Allen Walker dans sa mission ?
- Oui Monsieur. » Sa voix paraissait sèche et âpre, comme pleine de rancœur. L'intendant continua : « Pouvez-vous nous raconter les détails de la mission depuis vôtre départ de l'Ordre et spécialement à partir du moment où vous avez cesser d'envoyer vos rapports ?
- Oui... Le Général Walker et moi-même sommes parti en mission le 26 Juillet 1970. Il nous fallut un mois pour traverser l'Europe et parvenir en Espagne. L'objectif de notre mission était de découvrir les places qu'occupait les membre de la famille Noah dans notre société
- Quel était le comportement d'Allen Walker à cette époque ?
- Eh bien, je suppose qu'il faisait ce qu'on attendait de lui. » Il se tut un instant. « Vous savez j'ai vécu avec le Général pendant six mois. Je pense pouvoir affirmer que sur ces six mois, il n'a commencé à être lui-même que lorsque les relations avec l'Ordre ont cessé. » Un silence pesant s'abattit sur la pièce, seul le Général Cross ricanait dans son coin. Le superviseur ne put s'empêcher de prendre un ton cassant lorsqu'il demanda : « Vous insinuez donc qu'Allen Walker aurait fuit délibérément la Congrégation ? C'est absurde.
- Mais ce gamin est absurde ! » marmonna le trouveur faisant exploser pour la première fois sa fureur. « Je veux dire... Il a parfois des attitudes bizarres, c'est comme ça ! Il sait ce qu'il fait cependant, c'est bien ça le pire. »
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Toma sentit se poser sur lui l'expression perplexe des exorcistes et du Grand Intendant à qui il parlait en personne pour la première fois. Parmi eux se trouvait Kanda avec qui il avait déjà effectué une mission en commun avec le Général. Un salopard ce type, soi-dit en passant. Il connaissait aussi de vue la célèbre Lenalee Lee, connu parmi la gente masculine pour sa beauté et aussi le fanatisme du Grand Intendant à son sujet. Il ne connaissait pas les cinq autres hormis bien sur le Général Cross. Il s'apprêtait à parler quand son supérieur avança : « Pouvez-vous nous expliquer les circonstances exactes de la mission en Espagne, s'il vous plait. » Étrange comme ces personnalités devenaient polies dès que le sujet les dépassaient un peu. Et Allen Walker avait de quoi dépasser tout le monde. « Une fois en Espagne nous avons établit un réseau d'informations entre les différentes paroisses. La religion est très présente en Espagne et en Italie où nous y avions étendu parallèlement nos recherches. En bref, il ne s'est pas passé grand chose pendant les deux premières semaines et je ne voyais pas beaucoup le général : il partait à la chasse aux Akumas dès que l'occasion se présentait, c'est-à dire qu'il prenait ce prétexte, car au milieu de notre troisième semaine sur place, il a décrété que nous partions.
- Donc que votre mission était terminée ?
- C'est d'abord ce que j'ai cru. Mais il m'a aussitôt ordonné de laisser sur place nos outils de contact : soit ma liaison téléphonique, et m'a ensuite interdit de transmettre des informations par voie postale. Et il a une sacrée tactique pour vous empêcher de faire quoi que ce soit... » C'est à ce moment que l'exorciste aux cheveux roux prit la parole : « Moins de trois semaines. Ce n'est pas un peu court pour établir un réseau sur une si grande distance ?
- Le général Walker ne s'en préoccupait pas particulièrement en vérité. Il estimait que même dans un pays fortement croyant, les églises n'avaient pas tant d'influence et que la probabilité d'Akumas parmi les prêtres étaient grandes. Mais il là quand même fait au cas où, partiellement.
- C'est-à-dire ?
- C'est à dire que le réseau ne se contentait que des grandes villes, et que pour l'Italie, seule les villes proches de la frontière française étaient concernées. Par contre, malgré qu'il ne parle pas l'espagnol, le Général avait des connaissances parmi la population ouvrière de la ville. » L'intendant fronça des sourcils : « Pensez-vous que ces relations étaient particulièrement étendues
- Je ne vois pas comment. D'après ce que j'ai pu en voir, il s'agissait d'un jeune garçon. Orphelin de ce que j'ai pu en tirer.
- Je vois. Donc vous êtes parti d'Espagne. Qu'avez-vous fait ensuite ?
- Nous avons encore traversé la France. Mais la guerre était présente et nous avons évité la frontière Allemande. Le réseau ferroviaire de France est relativement rapide, donc nous avons pu aller jusqu'au port de Dunkerque en moins de deux semaines. Par la suite nous avons pris le bateau pour la Norvège.
- Pourquoi cet itinéraire ?
- Je ne sais pas. Lui si. Mais il ne m'en a pas fait part. D'un autre coté nous sommes devenu plus proches pendant cette période. Amis si je puis dire.
- Quelle était votre fonction auprès de lui ? D'un point de vue strictement pratique, il aurait pu vous renvoyer ici.
- Je suis spécialisé dans les langues latines. Jusqu'à notre départ de France j'ai servi d'interprète, puis j'ai en quelque sorte servi de relais. Mon apparence n'est pas très commune, mais celle du Général l'est encore plus. Contrairement à lui je passais inaperçu dans les milieu mal famés. Sir Walker à plutôt un visage de jeune fille, si vous me permettez l'expression, Grand Intendant. » Le roux eut un rire auquel le vieux à ses cotés mit fin par un coup de coude. Les autres exorcistes affichèrent un vague sourire. Cependant le superviseur conservait son air sérieux : « Comme vous venez de le dire vous êtes spécialisés dans les langues latines. Comment passiez-vous les messages ?
- Par écrit tout simplement. » Il haussa les épaules tant cela lui semblait une évidence. « Je ne comprenais pas ce qui était écrit, bien que j'ai reconnu l'anglais et l'allemand parfois. Je n'ai qu'une connaissance rudimentaire de ces langues. De toutes manière je me faisait passer pour un muet, avec mon bandage ce n'était pas difficile d'imaginer toute sorte d'atrocités. » Toma marqua une pause. « Ce sont des pays germaniques, il arrivent à comprendre ce qui est écrit. Nous avons tracés une ligne droite jusqu'à Stockholm, puis on a remonté jusqu'à la Finlande. Et on a eut du mal tellement il faisait froid : l'hiver approchait après tout et dans ces pays là la température chute déjà en Septembre. Notre but était de rejoindre la Russie par les terres. On y est finalement arrivé en Novembre. Là ça c'est déroulé très rapidement : on est passé par Moscou. Comme on parlait pas un mot de Russe on s'est fait discrets, puis on est allé jusqu'à une ville : Dubno. C'était à un peu moins de 100 km de la frontière Austro-Hongroise. A ce moment nous étions déjà en Janvier : l'Empire Russe est grand. Puis il m'a annoncé que nous allions en Allemagne. Nous avons pris le train jusqu'à Budapest et il m'a planté là. » Il avait fini son récit mais Toma attendait patiemment les questions qui ne tardèrent pas. « Vous avez échappé à l'Ordre pendant six mois. Comment vous êtes vous dissimulés ?
- Sir Walker est très... habile, disons. » Il se tût. L'intendant leva un sourcil impatient. « Et ?
- Je ne suis pas habilité à vous répondre. Avec tout mon respect, je tiens mes ordres du Général. »
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L'entretient c'était terminé en queue de poisson. Lavi et ses compagnons avaient gardé le silence jusqu'à ce que Komui ne se lève et fasse les cent pas. Il réfléchissait. Le général Cross eut un rire moqueur : « Vous êtes insatisfait des réponses fournies Komui ?
- Perplexe. » répondit l'autre d'une voix grave. « Ça ne ressemble pas du tout à Allen.
- De quoi ? Le fait qu'il soit tout à coup devenu intelligent ? » L'arrêt que marqua l'intendant le trahi. Cross soupira : « Mon apprenti est un idiot : il sait jamais ce qu'il veut. Cela ne veut pas dire qu'il est stupide pour autant. C'est mon apprenti après tout.
- Donc vous jugez que son comportement est normal ?
- Ce n'est qu'un gosse qui a grandit ! Bon sang, il est général maintenant, vous savez ce que ça signifie !Regardez donc les trois mioches là-bas : eux aussi ont évolués depuis le temps ! » Les trois mioches concernés s'entre regardèrent. Lavi remarqua avec malice Yû changer d'expression. L'appellation « mioche » n'était apparemment pas à son goût. Puis le superviseur cessa brusquement de bouger. « Lavi, Miranda vous pisterez Allen. Retrouvez-le.
- Moi ? » fit Miranda inquiète. « Oui on ne sait pas dans qu'elle situation nous retrouverons Allen. Vous serez d'une grand utilité en cas de troubles. Lavi, tu as déjà compris où chercher n'est-ce pas ? » Le roux eut un sourire énigmatique. « Bien chef !
Demandez au trouveur Toma de vous accompagner. Il connaît bien Allen, il vous sera peut-être utile.
- En tout cas ce qu'il cause ce type. » fit amèrement remarquer Kanda. « Il causait moins avant de rencontrer Moyashi. »
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Une heure plus tard Lavi était en compagnie de Papy Panda et terminait ses bagages. Partir le plus tôt possible était nécessaire. Le minuscule homme se percha sur le lit double et commença tranquillement : « Il semblerait que les capacités du jeune Walker se soient enfin révélées.
- Allen n'a jamais été bête. il suffit de voir comment il joue aux cartes.
- C'est à dire ?
- Il triche. » Il tira d'un coup sec sur la ficelle qui fermait son gros sac à bandoulière. « A l'heure qu'il est, il doit déjà être en France.
- C'était une bonne astuce de sa part de faire en sorte que le réseau ne s'étende pas au Vatican. En Espagne et près de la frontière les paroisses s'en remettent automatiquement à l'archevêque de Paris.
- Alors il avait déjà prévu de s'enfuir en arrivant en Espagne. » Il y eut un silence pendant lequel le Bookman fixa son élève. « Il t'intéresse ?
- Pourquoi tu dis ça ? » Le vieux panda eut un sourire que Lavi ne comprit pas tout de suite. « Tu as l'air de t'amuser. » Et le jeune homme sourit, d'un véritable sourire cette fois. « J'aimerai bien savoir ce qui est arrivé au candide Allen Walker.
- Ne t'attache pas !
- Je plaisantais. » reprit le rouquin. « J'ai simplement l'impression que quelque chose d'important va se dérouler, et que nous ne devrions pas manquer ça. » Le vieillard se rembrunit : « T'as intérêt a m'envoyer des rapports détaillés, vaurien.
- T'es vexé de pas être dans la course Papy ?
- C'est ça. Tu devra me supporter encore longtemps avant ça ! » Lavi mit son sac sur l'épaule. « Adieu Papy !
- Reviens vivant, où envoies -moi tes rapports avant ! » Ce satané panda, toujours le boulot avant tout. Il sortit de la chambre et s'éloigna tandis que, pris d'un sentiment inexplicable, Bookman lançait encore : « Et ne t'attache pas ! » en regardant son héritier partir. Sait-on jamais, paraitrait que les françaises on de drôle de mœurs.
