J'ai enfin terminé ce chapitre, si je me suis bien amusée à me mettre dans la peau de Miranda j'ai du mal avec Lavi, pauvre cliché de l'amoureux transi qui ne s'en rend pas compte . cet idiot me fait me sentir pitoyable. L'avantage c'est que dès le prochain chapitre ça va réellement se bouger et qu'il aura moins le temps de se morfondre. Ce qui est triste c'est qu'on ne retrouvera pas Allen avant que Miranda et Lavi ne rattrape la date du 7 Mars. Mais ça va venir, pour l'instant j'améliore la fameuse rencontre Lavi/Allen qui ne sera pas pour tout de suite, mais que j'aimerai éloigner des scènes romantiques à deux balles...

J'arrête de me plaindre . Bonne lecture

PS : Aux reviewers anonymes merci beaucoup pour vos commentaires, mais pour ceux qui ont un compte connectez-vous, je ne peux pas vous répondre personnellement sinon, l'interdit :)

20 Février

Le voyage se déroulait en silence, un silence pesant et embarrassant qui faisait de Miranda un monstre sur patte. Elle se dit en ramassant une énième fois les débris du verre qu'elle venait de casser, que cette mission commençait fort mal. Elle savait bien sûr que cela ne venait pas uniquement d'elle mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. De quoi ? Elle n'en savait rien mais lorsque l'on ne vous parle pas c'est qu'on a quelque chose à vous reprocher, non ? Où alors elle ne comprenait pas les jeunes hommes... Mais ce n'était pas sa faute si elle n'avait jamais connu de jeune homme en vingt-sept ans ! Si ? Elle poussa un cri de douleur alors qu'elle se coupait avec le verre et soupira de désespoir. Non vraiment, elle ne savait pas quoi faire. Lasse, elle jeta les débris et pansa sa main.

Elle reconnaissait évidemment, qu'elle et Lavi n'avaient jamais vraiment parlé ensemble. En fait, elle n'avait jamais parlé qu'à Allen et Lenalee ; et Monsieur Crowley une fois, qu'elle avait trouvé tout à fait charmant quoique un peu dépressif. Mais Miranda l'avait entendu sur le pont, entendre quelqu'un se dire à lui-même qu'il n'avait pas besoin d'un cœur l'avait bouleversé plus qu'elle ne l'aurait cru. Quand elle avait posé la question à son grand-père, il avait répondu calmement qu'il se devait de ne pas être comme tout le monde. Ça l'avait fortement déroutée qu'un sage, ( car on lui avait expliqué qu'un Bookman était un sage ) considère qu'une personne pouvait être obligée de s'exclure des autres, d'autant plus qu'il était son petit fils. Mais elle avait estimé que ce n'était pas ses affaires et n'avait pas insisté. Après tout chaque famille avait sa version de l'éducation. Elle-même quand elle était enfant, sa mère lui disait toujours de se tenir droite à table, mais il y avait ce pied qui rendait la chaise bancale et elle avait toujours l'air penchée quoi qu'elle fasse. Alors sa mère la comparait à ses autres cousines qui étaient si douées, se tenait droites et se trouveraient un mari. Miranda souhaitait tellement pouvoir un jour se marier et montrer à la mégère qu'elle n'était pas si stupide, même si elle n'était pas droite ! Et... « Excusez-moi, voulez-vous un peu de café ? » L'exorciste sursauta et l'homme eut un geste de recul. Il s'agissait de Monsieur Toma, le trouveur qui avait accompagné Allen dans son voyage. Elle lui fit un sourire d'excuse et saisit la tasse qu'il lui tendait. « J'espère que vous l'aimerez. J'ai prit l'habitude de faire du café plutôt serré. » Ce que constata Miranda en avalant avec ravissement une gorgée de l'amer liquide. « Je l'aime comme ça, merci. C'est à cause d'Allen ?

- Oui. » Il eut l'air embarrassé. « C'est assez fatiguant de suivre quelqu'un d'aussi énergique. Je ne suis plus tout jeune. » L'exorciste rit en se rappelant avec plaisir de l'agitation de l'adolescent. Elle se souvenait bien des disputes mémorables entre lui et Monsieur Kanda. « Il vous manque ? » s'enquit le trouveur d'un voix douce. « Beaucoup. » répondit-elle. « Lui et Lenalee unissaient sûrement le groupe d'exorcistes que nous étions. Aussi gentils l'un que l'autre. Quand il a disparu, je suppose que ce n'était plus pareil.

- Sûrement. Je comprend ce que c'est que de perdre un camarade.

- Quand il a commencé à ne plus donner de nouvelles, nous étions tous en mission. On ne l'a appris qu'un par un en rentrant au QG. Lenalee et moi étions les premières à savoir... » Sa voix se brisa, elle continua difficilement bien qu'elle devint moins forte. « On a tous plus ou moins réagit de la même manière. J'imagine que pour certain c'était pire. On a tous beaucoup pleuré, même Monsieur Kanda. Lavi et lui ont eut beaucoup de mal...» Les larmes commencèrent à couler, elle les essuya rapidement malgré tout sa gorge se serra et transforma ses larmes en sanglots. « Ces trois-là étaient un groupe d'ami. Ils se chamaillaient toujours. Allen était le plus gentil, le plus honnête, le plus fort d'entre nous. Pourquoi est-il parti ? » Toma ne sût pas répondre.

22 Février

L'apprenti Bookman fit ses premiers pas sur les quais avec ravissement : depuis cinq ans il lui semblait que la ville n'avait pas changé d'un pouce. Le Havre était toujours ce port et cette ville affolants, plein de vie et de monde. Il y était passé avec Panda durant son apprentissage, juste avant de rentrer dans la Congrégation de l'Ombre. Ils avaient loué une des ses pièces bon-marché sous les combles que les français appelait « studio ». Les propriétaires se vantaient tour à tour d'y avoir hébergé des peintres célèbres. Lui et le vieux s'y étaient installés deux semaines avant de rejoindre un membre de leur clan qui possédait une habitation non loin de là. A cette époque il avait été appelé Oscar et pour une raison obscure le vieux avait été forcé à porter un béret. On les appelait les « Sudistes » ou les « Touristes ». L'apprenti Bookman avait noté qu'en France, les relations entre les régions étaient taquines, voire revanchardes et avait apprit par la suite que le béret du Panda était un signe distinctif des Pyrénées. Toujours est-il qu'avec ce fichu chapeau sur le crâne, le vieux était comique... « Lavi... » Il se retourna vers sa collègue qui tremblante jetait des regards affolés de tout les cotés. Un peu étonné par son comportement il questionna le trouveur du regard qui lui répondit d'un haussement d'épaules qu'il n'en savait pas plus que lui. Il se résigna donc à lui poser directement la question. « Miranda, qu'est-ce qui se passe ?

- Nous sommes en France !

- Euh oui...

- Lavi ! Je suis prussienne ! La France est envahie par la Prusse ! Ils détestent les allemands, les français !

- Mais de quoi tu parles ? On a un passeport anglais...

- Mais nous les prussiens on se reconnaît : on a de larges épaules, et on est grands, et je ne suis pas blonde mais... Lavi ! Quand il vont me voir ils vont savoir tout de suite que je suis prussienne, j'ai de trop larges épaules et je parle pas français !

- Hein ? » Son incompréhension fut cependant interrompue par la voix rude d'un docker : « Eh les rosbifs ! On travaille ici, aller piailler ailleurs ! » En réponse Miranda s'excusa frénétiquement au point qu'effrayé par son zèle le marin parte précipitamment. Lavi se rendit alors compte du spectacle qu'ils offraient aux badauds : trois personnages facilement reconnaissables par leur physique peu commun, portant des uniformes tout aussi étranges et qui auraient vite fait de qualifier la jeune femme de fille de joie. C'est avec un brin de panique qu'il jeta sa propre cape sur les épaules de Miranda et sonna la retraite vers une ruelle moins fréquentée. Pourquoi n'avait-il pas songé à se changer avant de débarquer ? Maudissant sa propre stupidité, il entraina ses compères parmi les ruelles étroites de son souvenir. Au moins la ville n'avait pas bougé et c'est rapidement qu'ils arrivèrent à l'Église indiquée dans le rapport malgré quelques détours pour éviter les grands axes routiers.

Le bâtiment qu'ils découvrirent cependant, les fit quelques peu douter de leur destination. On reconnaissait certes la forme caractéristique de la maison de Dieu, mais l'édifice en forme de croix aurait pu tout aussi bien se fondre parmi la masse de hangars tant la brique rouge avait servi à réparer avec plus ou moins de réussite les failles des murs de pierres pourtant solides à première vue. Une pancarte de bois un peu bancale avait été clouée aux dessus des doubles portes : Église St-Calixte. Les trois voyageurs la fixèrent un moment sans trop oser rien dire jusqu'à ce que le froid et l'odeur âcre du mazout les résignèrent à entrer. Avec un sourire crispé Lavi poussa la porte et il ne put qu'être d'accord avec le trouveur quand celui-ci marmonna qu'avec un plafond pareil, le ciel pouvait tout aussi bien leur tomber sur la tête. Téméraire, il s'engagea le premier sans même noter la main crispée de Miranda sur son bras. L'intérieur était une vaste étendue de poussière parsemées de bancs dans un état plus ou moins convenable. Deux ou trois pas plus tard dans cet espace, lugubre le bruit d'un orgue résonna si fort et si soudainement qu'ils ne purent s'empêcher de pousser un cri de terreur.

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Le curé Baptiste, plus communément appelé La Picole par les habitants du coin, était un personnage atypique. De son mètre quatre-vingt, ses cinq dents en moins et son bide à bière, il portait plus de traits communs avec un docker qu'à un servant de Dieu. Sa soutane trop courte laissait voir des chevilles poilues et des souliers usés jusqu'à la corne et malheureusement, son hideuse présentation se complétait par un caractère sadique aimant par dessus tout terroriser ses visiteurs, c'était entre-autre un vieil ami du Général Cross.

Son sourire édenté fixé au dessus de son menton trop long narguait les trois membres de la congrégation tandis que ses grands yeux perçants analysaient les moindres détails des nouveaux venus. Un vieux barbouze, un grand roux et une sacrée belle femme, bien roulée comme il les aimait. La Picole, sut tout de suite qu'il allait montrer un grand intérêt pour cette affaire. Souriant toujours comme un damné, il prit sa voix la plus mielleuse dans un anglais parfait : « Que puis-je faire pour vous Sir exorcistes ? » Il regretta presque immédiatement son zèle quand il vit une étincelle effrayante dans l'œil de la grande perche. Encore un chieur à la Cross qui devait remarquer le moindre petit détail et les remettre sur le tapis pour lui faire cracher le morceau. Quoi de plus étonnant qu'il parle anglais ? On était au Havre mon gars ! La Normandie, les anglais, Guillaume le conquérant et tout ça ? Bon, Guillaume c'était à Caen, mais il allait pas chipoter pour ces bouseux du Pays-d'Auge ! Bon, pour en revenir à l'ordre des choses, il venait de prouver qu'il était intelligent, et ce n'était certainement pas un talent à montrer devant la Congrégation de l'Ombre. La Picole maudit sa propre stupidité.

La jeune femme cependant lui adressa un timide sourire et lui demanda si pour une mission il pouvait requérir son hospitalité. « Quoi de plus naturel... Mademoiselle, je serais heureux de vous donner le peu que je possède pour convenir à vôtre bien-être... »

24 février.

En plus d'être un coureur raté ce type était un véritable hypocrite, les deux vont, de toute façon, souvent ensemble. Il feignait d'être un pauvre homme qui servait Dieu de son maigre esprit. Lavi y voyait un salaud dangereux et brillant. Remarque, il disait connaître Cross après tout : qui se ressemble, s'assemble.

Comme ils était coincés au Havre en attendant les ordres du Superviseur, Lavi avait trouvé un moment avec Miranda pour mettre au point ce qu'ils allaient faire de ce temps. Miranda avait aussitôt proposé de chercher à en savoir plus sur Allen qui était passé par cette ville en allant à Dunkerque, Lavi était de cet avis et insista particulièrement sur l'interrogatoire du trouveur qui n'avait pas été assez cuisiné à son goût. Les informations manquantes de son témoignage l'irritaient d'autant plus que de manière étrange, il lui en voulait d'avoir partagé le voyage d'Allen. Avec un rire bref, il avait classé ça dans sa longue liste de comportements surprenants depuis qu'il avait endossé l'identité de Lavi et avait refusé d'y prêter plus d'attention. S'il devenait possessif à ce point envers ses amis, il n'avait plus rien à faire à l'Ordre, cependant il n'y pouvait rien si Allen lui manquait, il n'y pouvait rien non plus si la rancœur de l'avoir cru mort pendant si longtemps le rongeait. Finalement Kanda avait raison : ce « sale moyashi » était vraiment un emmerdeur... C'est d'ailleurs presque mots pour mots la description que leur avait faîtes le trouveur une journée plus tôt.

Il lui avait fallut un moment pour décider de comment aborder la conversation : le mettre à l'aise d'abord, amener le sujet ensuite. Le jeune Bookman s'était alors douloureusement aperçu que ses conversations avec ses partenaires c'étaient réduites à des saluts polis et qu'il n'avait même jamais adressé la parole au trouveur. Dépité il avait demandé à Miranda de s'en charger et la jeune femme fut tellement directe et naturelle qu'il en avait été stupéfait. Il s'était sentit un peu honteux d'avoir délaissé ses compagnons devant l'entente cordiale qui régnait entre Miranda et l'ami d'Allen. « Pouvez-vous nous parler un peu d'Allen ?

- Je me doutais que vous me poseriez la question.

- Ça vous dérange ?

- Pas vraiment, du moment que ça ne dépasse pas un certain point. » Les deux exorciste échangèrent un regard entendu. Lavi s'était assis en tailleur sur une des maigres couchettes que le curé leur avaient offert. « Tu peux nous parler de son caractère, ses habitudes ? » questionna t-il. Le trouveur sourit. « Oui je suppose. Mais ça risque d'être un peu embrouillé. » Le trouveur reprit son souffle. « Le Général Walker est ce genre de type bizarre : on ne comprend jamais ce qu'il a dans le crâne. Bref... Comment je pourrais décrire Sir Walker ? Ce n'est pas facile, on ne peut pas nier qu'il est gentil mais il est diabolique, et ce n'est pas un mauvais jeux de mots.

- Une impression de faux ? » interpréta Lavi. Le trouveur sursauta et le fixa droit dans les yeux : « C'est exactement ça.

- Allen a beau être quelqu'un de secret, il est prévenant. » opposa Miranda. « Monsieur Toma, Allen vous a t-il laissé entendre pourquoi il n'a pas laissé de nouvelles ?

- Je serai plus tranquille s'il m'avait donné une explication. Quoiqu'il en soit ce doit être pour une bonne raison, il ne laisse jamais rien au hasard. » Il y eut un silence. « Tu sais, on va enquêter sur Allen, s'il y a des informations que tu connais tu ferais mieux de nous les donner tout de suite et nous faire gagner un temps précieux.

- J'ai aussi l'intention d'enquêter de mon coté, et ces informations je ne vous les donnerez pas. Sir Walker me fait confiance.

- C'est sans doute pour ça qu'il t'a abandonné en cours de route. » Le trouveur tiqua bien qu'il répondit d'un ton égal. « Mais il n'a pas choisi de me larguer dès le départ, contrairement à plusieurs de ses connaissances.

- Espèce de... » Miranda le retint alors qu'il se redressait. « Lavi ! Arrête ! » Le trouveur avait eut un pâle sourire. « Je suis désolé mais c'est la vérité, si vous voulez vous plaindre collez un poing au Général Walker, je vous assure que je serai de tout cœur avec vous. »

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Miranda était partagée entre la panique et l'amusement, bien que la panique eut prit largement le dessus. Malgré une dispute bien enclenchée, Lavi commençait à retrouver son entrain ce qu'elle interprétait comme une grande avancée, malheureusement il lui semblait que les dernières indications du trouveur était manifestement la cause de ce brusque engouement. Que ferait-elle si le pauvre Allen se faisait battre dès qu'ils auraient mis la main dessus ? Que pouvait-elle faire pour empêcher ça ? Elle décida d'amorcer le sujet alors que l'exorciste s'intéressait au menu d'une auberge. « Lavi ?

- C'est mauvais.

- Hein ?

- Ce type ne nous a rien dit en fin de compte. Nous ne savons ni à quoi peut bien ressembler Allen, ni ses lieux de fréquentation.

- A la congrégation il a parlé de lieux mal famés non ?

- Oui, dans les pays germaniques. D'après lui Allen parle couramment plusieurs langues des pays du Nord, mais pas le français. Comment a t-il pu enquêter sans passer par le trouveur ?

- Monsieur Toma servait de traducteur.

- Non, seulement au quotidien. Il n'a aucune idée de ce que pouvait bien faire Allen ou seulement une idée générale.

- Si Allen ne parlait pas français, ces interlocuteurs devaient donc parler Anglais ou Allemand ?

- Ou Suédois et Norvégien. Il l'a dit lui même : dans les messages écrits il ne comprenait que quelques mots à consonances anglaise et allemande.

- Qui peut parler de telles langues ici ? » Miranda réfléchit, un peu dépassée. « Le Havre est un port. » fit Lavi. La jeune femme continua : « Nous devrions nous rendre aux docks ? » Lavi sourit. « Je dirais même qu'on ferait bien de rendre visite à notre ami La Picole. »