Chapitre IV:
Ou comment se mettre à dos un maximum de gens en une seule journée
-Je t'interdis de te foutre de ma gueule !
-Mais voyons, je n'oserai jamais, O divin Maître.
-J'ai dis : ne te fout pas de ma gueule.
-Oooooook…
-Grande Sœur !
Oh non. Je l'avais oubliée, celle-là.
-Tu as passé de bonnes vacances, grande sœur ? me glapit la masse violette qui me serre dans ses bras le plus fort possible.
J'ai l'honneur de vous présenter Sue Parker, en quatrième année à Poufsouffle. Depuis que je l'ai tirée des griffes des jumeaux l'année dernière, il ne se passe pas une journée sans qu'elle vienne me voir au moins trois fois. Mais ne croyez pas que je l'ai volontairement sauvée ! C'est juste que j'avais besoin immédiatement des garçons, pour une sombre histoire de tags à la peinture rouge sanguinolente dont nous devions artistiquement décorer les murs de la salle commune des Gryffondor. Et comme cette gamine a un esprit romantique surdéveloppé, elle est persuadée que je suis sa sœur cachée, et envoie de longues lettres à ses parents, dans lesquelles elle les supplie de m'adopter. Je suis en crise avec les miens, d'accord. Mais de là à devoir me coltiner cette naine même pendant les vacances…
-Ah, Sue, oui, super, j'étais en France.
-Oh. Et tu ne m'as même pas envoyé de carte postale? C'est pas très sympa…
Tiens, c'est curieux, mais je n'y ai pas pensé. J'avais peut-être autre chose à faire de mon temps libre…
-Désolée. Oh, ciel, il est déjà dix heures trente ? J'ai cours de potions, je te laisse, ok ? Vous venez, les mecs ?
-On arrive.
La gamine nous regarde nous éloigner.
-Mais qu'est ce qu'elle est chiante !
-Ouais. T'aurais du nous transformer ses fringues, la dernière fois.
-Crois moi, je regrette. Compte sur moi pour ne pas le refaire.
-Messieurs Malefoy, miss Lewis… Vous êtes déjà en retard ? Ou devrais-je dire encore, je suppose que ce n'est que la suite de la longue série de retards de l'année dernière…
-Pardon, Monsieur, nous avons été retardés.
-Eh bien, vous me ferez soixante centimètres sur l'utilité d'assister au début des cours, a fortiori du premier cours de l'année. Comme je le disais donc avant cette interruption intempestive, la potion de dissolution universelle peut-être très utile pour, par exemple, faire prendre conscience à votre adversaire lors d'un duel que boire un verre d'eau avant le combat peut-être très nocif pour son système digestif. Hum, McLane, ayez l'amabilité d'emmener cette jeune fille á l'infirmerie. Et… tenez, Johnson, occupez-vous de lui porter les pieds. Elle peut, aussi vous servir, donc, dans une cellule. Ou plus précisément, sur la porte d'une cellule. Ceci dit, il faudrait que vous ayez avec vous tous les ingrédients la composant, et un chaudron de paille tressée. C'est la seule matière que la potion ne peut pas dissoudre. De plus, la potion n'a une efficacité que de deux heures. Au bout de ce laps de temps, ce que vous aviez dissout reprend sa forme originale. Mais on ne survit pas deux heures sans trachée artère. Bon, mettez vous par groupes de trois, et prenez un chaudron de paille par groupe.
Je me mets donc avec Tybalt et Lena, tandis ce qu'Itulbo et Julie recrutent un innocent Poufsouffle que les groupies d'Itulbo assassinent du regard.
-Pour commencer, jetez tous un sort d'étanchéité et d'ininflammabilité à votre chaudron. Puis jetez-y…
C'est á ce moment que Tybalt me fait remarquer qu'il serait dommage que la potion se renverse.
-Oh…oui. Tiens, attends, tu ne crois pas qu'on serait tous les trois plus à l'aise en espadrilles à semelles de paille ?
-Hey, on prévient Julie et Itulbo ?
-Non, il sont trop loin. Mais on change leurs pompes.
Les deux pauvres expatriés
nous regardent d'un air furieux. Et se calment sur un geste de
Tybalt.
Le professeur s'approche de nous, lorsque son pied
heurte malencontreusement une pierre surélevée.
D'ailleurs, c'est curieux, j'aurais juré qu'elle était
normale il y a quelques instants. Toujours est-il que le professeur
Laurens s'étale de tout son long et renverse par un hasard
néfaste le chaudron rempli. Dont le contenu, de par les lois
de la nature, se répand par terre. Le sol commence
immédiatement à fondre, les élèves se
réfugient en courant sur les tables (ils sont quand même
bien stupides, il est évident que les tables vont fondre
aussi) et Laurens, toujours étalé par terre, voit
disparaître ses vêtements, l'air paniqué. Bien
sûr, Tybalt, Itulbo, Julie, Lena et moi mimons l'affolement
le plus vraisemblable. Mais je pense que ça ne tromperait
personne, si quelqu'un n'était pas suffisamment occupé
pour nous regarder.
Tiens, Laurens reprend ses esprits…et lance
un sort d'évaporation. Mais il aurait beaucoup plus de
classe si sa robe à moitié disparu ne laissait pas
apparaître un caleçon lui aussi sérieusement
attaqué.
Tybalt retransforme rapidement nos chaussures, histoire de ne pas laisser de traces de notre forfait. Laurens se refait apparaître des fringues, gêné.
-Bon, tous ceux qui ont été touchés à l'infirmerie.
Bien sûr, on se jette tous vers la
sortie.
Qu'est ce qu'il espérait, en même temps
?
-Aaaaaaaaaaaaaah, baille Tybalt, les bras croisés au dessus de la tête. Il était bien marrant, ce cours. Vous avez quoi, maintenant ?
-Voyons voir… DCFM.
-Avec le nouveau prof ? C'est dégueulasse. Pourquoi est-ce qu'on doit se taper Granger en Arithmomancie ?
-C'est sans doute à cause de l'emploi du temps pourri des Serpentards, non ?
-Ne remue pas le couteau aiguisé et pointu dans la plaie profonde et sanguinolente.
-Et c'est moi qui suis gore…
-Bon, casse toi, tu vas être en retard.
-Trop dommage ! Bon, salut, bonne chance.
-'rci, trop gentil.
Nous arrivons en salle de DCFM avant le prof. Je me demande à quoi il ressemble.
-Bon, alors les filles, il faut qu'on mette au point cette histoire d'armures.
-Quoi ?
-Vous savez bien, les armures du couloir de Rogue.
-Ah oui ! Mais ça date de l'année dernière, ça, non ? On devait les faire s'écrouler, c#est bien ça ?
-Moui. Sans se faire repérer.
-Mon cousin moldu a un jeu… commence Julie.
-Nan, mais tu vas pas commencer avec ton cousin moldu, l'interrompt immédiatemment Lena. Ce genre de trucs, on est pas sensé s'en vanter.
-Ouais, en attendant, il a un jeu qui se rapporte à notre problème. Avec des dominos. Tu pousse le premier, qui tombe sur le deuxième, qui tombe sur le troisième, qui…
-Ok, c'est bon, on a compris. C'est pas bête, comme idée. Par contre, on ne peut pas pousser la première armure nous même, on serait out de suite grillées.
-On pourrait faire comme en troisième année, avec les Bombabouses dans le bureau de Rusard.
-Oh ! notre premier forfait à toutes les trois ! C'est trop d'émotion !
-Oui, mais on est pas là pour s'attendrir. Le principal problème de ce truc, c'est qu'on avait lancé un sort de suspension à durée limitée dans le temps, alors que là, il nous faudrait un sort de poussé à effet retardé…
-Sinon, on peut toujours hypnotiser un première année pour qu'il aille pousser l'armure à notre place.
-C'est beaucoup moins drôle. Ce qui est intéressant, c'est justement que ce soit inexplicable. On est pas des sorcières pour rien !
-Je voudrais que les trois demoiselles au fond de la salle évitent de discuter pendant mon cours, intervient le professeur, arrivé entre temps.
Wahou, il a quand même un accent super prononcé, le bouffeur de grenouille. Il a la trentaine, environ, de taille moyenne, brun, coupe longue. C'est tout ce que je peux voir d'ici. A peu près potable a priori, mais pas mon genre.
-Tenez, vous, la demoiselle blonde…
Julie se lève, un grand sourire colgate aux lèvres.
-Non, pas vous, je veux parler de la vrai blonde.
Je me lève d'un air outré.
-Ecoutez, Professeur. Je veux bien que vous soyez nouveau, mais il ne faut pas que ça vous empêche de respecter ces quelques règles de bases : Un, Julie est platine, c'est un fait, mais c'est naturel et elle en est très fière. Deux, je suis loin d'être blonde. Vus pouvez appeler ça châtain très clair ou cendré, mais certainement pas blond. Sachez que je tolère à la limite le blond vénitien.
Et je me rassied d'un air fier.
Mais qu'est ce qui m'a pris ? Je suis complètement malade de m'étendre pendant des heures sur une couleur de cheveux ! Et en répondant à un prof, en plus. Hum, d'ailleurs, je crois qu'il a remarqué aussi.
-Eh bien, Mademoiselle la châtain très clair, vous vous ferez j'espère un plaisir de ranger la salle de potion vendredi soir. Les flacons par ordre dégradé, puisque vous avez l'air d'aimer comparer les couleurs.
-Oui Professeur.
-Et bien sûr, j'enlève quarante-trois points à Poufsouffle pour votre impertinence.
-Oui Professeur.
Mais c'est quoi, ce sens du détail ? Quarante-trois points ? Et puis quoi encore ?
-Mais quel connard, ce mec ! Fausse blonde ? Avec son accent de merde en plus !
-Julie, tu tombe dans la vulgarité. Tybalt n'aime pas ça, l'interrompt Lena, cynique.
-Oh, pardon.
-Bon, écoute, Julie, interviens-je, on a toutes les deux quelque chose à lui faire payer. Il va souffrir, d'accord ?
-Yes ! Tu participe au grand plan Anti-Grenouille, Lena ?
-Comme il se doit…
Voilàààààà, c'est la fin du chapitre Quatre.
