Chapitre VIII
Ou comment se mettre en condition avant l'attaque
-Je vous déteste.
-Dors bien, Lena, répondons nous en choeur.
Nous passons toutes les deux une très bonne nuit, bercées par la satisfaction du devoir accompli.
-Bon, Julie, tu te rappelle qu'on a rendez-vous avec Tybalt à dix heures et demi... c'est à dire il y a deux minutes trente.
-C'est vrai? Argh! choisis moi des belles fringues, je fonce sous la douche.
On entends l'eau couler, quelques pataugements, et julie ressort.
-Record explosé. cassie, c'est quoi, ce pantalon de grand mère que tu m'as choisis?
-Julie, on a pas vraiment le temps de faire dans le détail, tu sais.
-Ouais, ben t'aurais pu prendre un truc mettable. Je te pique ton jean noir.
-Si tu veux. J'y vais.
-Je te rejoins!
Je descends dans la grande salle, un sourire aux lèvres.
-Hello, Tybalt! désolée pour le retard, panne d'oreiller. Julie arrive.
-Salut!
-Dis, tu voudrais pas aller à Pré-au-Lard avec ta copine? On peut se débrouiller, Julie et moi.
-Non, c'est bon. Elle trouvera facilement quelqu'un pour l'accompagner, je pense. Et puis on ne peut pas être ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Tu sais, on est conscients tous les deux que notre relation pas longtemps, et qu'on est surtout ensemble pour faire jaser.
Wahou, je ne savais pas que Tybalt pouvait réfléchir à des trucs pareils.
-Et surtout, ajoute t'il avec un sourire charmeur, son régime m'aurait empêché d'aller chez Honeyduck. Sans parler de Zonko...
Tybalt reprends ses esprits, apparement.
-Coucou! désolée...
Julie débarque, maquillée à la perfection, cheveux secs noués en queue de cheval haute, polo bleu clair, et le fameux jean noir. Simple, mais efficace. quoique la simplicité à dû lui demander une crise de nerfs monumentale.
-Bon, on peut y aller, alors.
C'est ce moment que choisit le hibou de Julie pour de pointer.
-C'est une lettre de mon cousin.
-Génial. et il raconte quoi?
-Il nous donne le nom de quelques DVD. Et il m'invite pour les vacances de la Toussaint avec un maximum d'amis. Apparement, ses parents sont absents et il a organisé une... rave, pendant quatre jours. il dit que si mes potes sont sympa, il peux les héberger jusqu'à la fin des vacances.
-Vous êtes si proches que ça?
-Assez, oui. Mais je pense qu'il essaie surtout de faire un maximum de pub autour de sa fête.
-Bon, on verra plus tard, ok? On doit y aller.
Nous parcourons le chemins en bavardant gaiement des coutumes Moldues.
-Tiens, à propos, Tybalt, tu as préparé la liste de ce que tu veux passer ce soir? J'ai prévenu Sue, elle m'a dit qu'elle était super contente que vous le proposiez, et que ça va faire venir encore plus de monde à sa soirée. Elle a décidé de faire payer l'entrée deux Gallions à ceux qui ne sont pas sur la liste spéciale.
-Cette fille est folle. Qui va vouloir payer?
-Toutes tes groupies oubliées, déjà. Et celles de Morlaix. Et je pense que le fan club d'Alexia n'aura rien contre le fait de la voir en robe de bal.
-Pas bête... à propos, vous la tenez à l'écart quand il y a trop de filles autour de moi? parce que bon, elle n'est pas jalouse, mais...
Ben voyons. Et moi qui croyais naïvement qu'ils savaient très bien que leur relation étaient vouée à l'échec.
-Pas de problème, je m'en occupe, annonce joyeusement Julie.
Je ne sais pas si je dois avoir peur pour Alexia ou admirer l'abnégation de mon amie. Cette fille est indéchiffrable.
-On commence par quoi? demande Tybalt.
-Zonko!
-Honeyduck!
Je lance un regard mauvis à cette goinfre de Julie.
-Bon, intervient Tybalt, je vous avouerais franchement que j'ai super envie d'une Bierraubeurre.
-Pas bête, je vote aussi pour les Trois Balais, dis-je.
-J'arrive.
Nous remontons la grande rue en direction de la brasserie. A cette heure ci, il n'y a encore personne, Poudlard dort jusqu'à au moins midi trois, le samedi. Je crois que ce bled fait soixante-quinze pour cent de son chiffre d'affaire pendant les week-end de sortie. Nous entrons dans le bar, un peu plus animé que le reste du village. Mme Rosemerta, une femme qui a dû être charmante, mais est un peu flétrie par la soixantaine, nous prends notre commande.
-Cassie, retourne toi discrètement.
Je me tourne immédiatement pour voir.
-J'avais dit discrètement.
-L'équipe de Quidditch de Gryffondor, dis-je avec l'air d'un enfant à qui on vient d'offrir son poids en Chocogrenouilles. Ils viennent acheter de nouveaux souaffles?
-Je crois, oui. Ils ont bousillé leur dernier quand Longdubat s'est écrasé dessus en chute libre. Ce mec devrait faire un régime.
-Toujours est-il que Julie et moi devons nous entraîner au Wingardium Leviosa. Tu nous aide, Tybalt?
-Evidemment. On essaye en informulé?
-Je ne sais pas quoi répondre à une aussi excellente suggestion. A part: pas de problème.
L'énorme réservoir de Bierraubeurre placé sur le comptoir se soulève lentement, et vient se placer en toute discrétion au dessus de l'équipe, sur laquelle il tombe en explosant, projetant de l'alcool et du verre partout autour de lui. Tybalt s'effondre de rire, pendant que Rosemerta arrive pour faire payer aux Lions le prix de la barrique et de son contenu. Elle a l'air assez furieuse.
Nous nous éclipsons discrètement, mais je crois que Larson nous a vu. Mais que peut il nous faire, ce pauvre petit poursuiveur?
-Bon, on commence par Zonko.
Maître Tybalt prend l'initiative.
-Ok, répond Julie, comme si elle avait pu ne pas être d'accord.
Je les suis jusqu'à l'immense boutique de farces et attrapes. C'est fou ce qu'on peut investir là dedans, nous. Heureusement que les Malefoy ont un coffre-fort pour le moins bien rempli.
-Bon, maintenant qu'on a acheté ce qu'il nous fallait chez Zonko et Honeyduck, dis-je en jetant un regard amoureux à la montagne de sacs que nous avons accumulés, je vais avec Julie choisir une robe pour ce soir. Il est donc hors de question que tu vienne, mon Tybaltounet.
-Ok, je retourne aux Trois Balais, alors. Etant donné qu'il est déjà midi et demi, on pourra manger.
-Commence sans nous, on risque d'être longues.
-Pffff... les filles, je vous jure...
-On se passe de tes commentaires. Tu viens, Julie?
Question inutile: mon amie est déjà dix mètres devant moi, se dirigeant à grandes enjambées vers la boutique de confection, facilement reconnaissable à la grande paire de ciseaux magiquement animée qui orne la façade.
-Bonjour, mesdemoiselles. Vous cherchez quelque chose de particulier?
-Deux robes de soirée. Mais je crois qu'on va se débrouiller.
-Très bien... je vous laisse, alors...
Nous ressortons une petite heure plus tard, avec chacune la robe de nos rêves, dont je vous épargne les descriptions.
-Youhou! Tybalt!
Julie se lâche. Tous aux abris.
-Bon, moi j'ai la dalle, interviens-je avant qu'elle ne se coule complètement. Tu peux nous commander un truc pendant qu'on va se laver les mains?
-Pas de problème.
-Tu viens, Julie?
Je l'entraîne dans les toilettes et la plaque contre le mur.
-Ecoute, ma belle. Je sais que les journées shopping te mettent toujours de bonne humeur, mais c'est pas la peine de te griller complètement avec Tybalt pour autant.
-Mais je m'en fout, il a déjà une copine.
-Et alors?
Après un quart d'heure de cet échange plein d'intérêt, nous retournons vers un Tybalt mi-figue mi-raisin, qui nous demande combien de temps il nous faut en moyenne par jour pour nous remaquiller. Il pourrait pas changer de vannes, une fois de temps en temps?
Nous déjeunons donc, effondrés de rire autour de nos assiettes de viande en sauce. Itulbo et Lena ne savent pas ce qu'il manquent. Mais c'est tant pis pour eux.
-Bon, coupe Tybalt, en essayant de reprendre son sérieux. on devrait y aller avant que les groupies débarquent en bandes.
-Ok, on y va.
Nous rentrons en plaisantant et dévorant des Chocogrenouilles. Il faut dire que nous avons dévaler leur stock pour les trois prochains mois.
-Bon, Tybalt, on te laisse, on doit se préparer pour la soirée.
-Damned! C'est vrai qu'il ne vous reste que quatre heures.
Nous lui lançons un regard noir avant de partir en courant, de peur que l'escalier s'en aille sans nous. Bousculant un groupe de deuxième années qui n'avait rien à faire dans notre passage.
Quelques heures et hurlement d'hystérie plus tard, Julie et moi sommes habillées, coiffées et maquillées.
-Tu as tout ce qu'il faut?
-Si c'est de l'appareil photo que tu veux parler, oui.
On a beau dire, je suis prévoyante...
-Lena, tu nous rejoins? hurle Julie d'une voix qui contredit complètement sa physionomie générale.
-Je vous rejoins dans une heure ou deux, répond une voix sur le même ton depuis la salle de bains. Je n'ai aucune envie de voir Itulbo entouré de hordes de groupies habillées beaucoup trop sexy.
Julie esquisse un sourire douloureux sans rien dire.
-Bon, on y va, demande-je en essayant de la faire sortir de ses élucubrations sinistres.
-Me voilà.
Nous descendons vers les cachots où se donne la soirée en riant comme des folles, sans vraiment savoir pourquoi.
Je pousse la lourde porte en bois lorsque Julie m'arrête par le bras.
-C'est parti pour une des quelques soirées les plus mémorables de notre vie, me glisse t' elle avec un sourire carnassier.
