Bonjour à tous ! J'ai été très heureuse de recevoir vos messages de soutien, ça m'a donné des ailes pour écrire ce nouveau chapitre. J'ai répondu directement à ceux qui sont inscrits sur le site (j'espère n'avoir oublié personne). Pour les non-inscrits, les réponses aux reviews se trouvent en bas de page.
Bonne lecture !!
CHAPITRE DEUX
Phineas Nigellus
-Non, mais tu as vu le nombre de cours qu'on va être obligés de suivre ?
-A quoi t'attendais tu, Ron ? Je ne t'ai pas montré mon emploi du temps, mais je t'assure que vous n'êtes pas à plaindre, Harry et toi ! Je n'aurai pas moins de quarante-cinq heures de cours par semaine, sans compter les périodes de stage.
-Oh, toi, plus il y a de cours, plus tu es heureuse !
-En effet ! Si j'ai choisi de faire des études de médicomagie, ce n'est pas pour me tourner les pouces.
Harry soupira. Une fois de plus, ses deux meilleurs amis passaient leur temps à se chamailler. Sans doute était-ce simplement dans l'ordre des choses, alors pourquoi s'en agaçait-il, au lieu de savourer cette douce après midi d'été à la campagne ? Il serra la main de Ginny assise dans l'herbe à côté de lui. La jeune fille tourna les yeux vers lui, souriante. Depuis la mort de Fred, une ombre persistait cependant dans son regard doré. Il se pencha vers elle, attiré par ses lèvres douces. Ils s'embrassèrent.
-Mais peux-tu me dire, continuait Ron d'un ton agressif, en quoi un cours de « potions avancées » est indispensable pour un futur Auror ?
-C'est évident. Je ne comprends même pas comment tu peux poser une question aussi stupide !
-Et toi, Harry, qu'est-ce que tu en penses ?
L'interpellé se détacha à regret de Ginny pour se tourner vers Ron. Tout en le questionnant du regard, le rouquin était occupé à arracher rageusement des brins d'herbe de la pelouse, pourtant déjà bien éprouvée par les gnomes de jardin.
-Quoi…? Qu'est-ce qu'il y a, vieux ?
Ron grogna.
- C'est bien ce qu'il me semblait, tu n'as pas écouté un mot! A croire que tu ne te sens même pas concerné ! Dis, tu trouves ça logique, toi, qu'on ait des cours de potion obligatoires ?
Harry haussa les épaules.
-Ben…Un Auror doit pouvoir préparer…je ne sais pas, moi…certaines potions utiles au camouflage, du polynectar, des trucs dans ce genre…
-Ah, tu vois bien ! Triompha Hermione en croisant les bras d'un air satisfait, tandis que Ron se renfrognait. Et n'oublie pas qu'un Auror doit aussi pouvoir rapidement identifier certaines potions suspectes!
-N'empêche que je vais râler, je t'assure qu'ils vont m'entendre ! reprit Ron avec hargne. Ils oublient le rôle que nous avons joué dans la guerre ! Nous obliger à suivre autant de cours, tous plus inutiles les uns que les autres !
-Euh…tu oublies que nous n'avons pas nos Aspics, ni en potion, ni dans aucune autre matière, rappela Harry, ennuyé. Nous avons eu droit à une dérogation, et…
-Encore heureux !
-…Donc, il vaut mieux filer doux, je préfèrerais éviter de jouer au type omniscient qui n'a plus rien à apprendre…
-Oh, tu as toujours cette tendance à te rabaisser, Harry ! On n'a peut-être pas nos Aspics, mais souviens-toi que c'est grâce à toi, et un peu à moi aussi, que cette fameuse Académie de formation des Aurors peut encore fonctionner ! Alors, qu'ils aient le culot d'exiger de nous qu'on se « mette à niveau » pour soi disant « rattraper notre retard »…
-Ecoute, Ron, intervint sèchement Hermione, je pense que Harry a parfaitement raison de garder la tête froide. Comme moi, il sait bien que nous avons beaucoup de lacunes et…
-Tu n'as pas envie de faire un tour dans la forêt ? Chuchota Ginny à l'oreille de Harry, les yeux soudain étincelants.
-Bonne idée !
La mauvaise humeur de Ron commençait à lui taper sur les nerfs. Et il avait une furieuse envie de serrer Ginny dans ses bras, loin du regard des autres. Main dans la main, les deux jeunes gens se levèrent vivement pour s'éloigner en direction des arbres, laissant Ron et Hermione à leur discussion stérile.
-Il est vraiment saoulant, depuis qu'il a reçu le programme des études ! Soupira Ginny en envoyant un coup de pied dans les pommes de pin qui encombraient le sentier. Hier soir déjà, il nous a pris la tête avec ses histoires de cours de rattrapage inutiles et injustes…Qu'est-ce qu'il espérait, en choisissant cette formation ? Des vacances perpétuelles ?
-Lui et moi, on n'a jamais été des acharnés du boulot.
-En tout cas, Papa et maman n'ont vraiment pas besoin de ça, ils se remettent tout doucement de leur chagrin…sans parler de George, qui était venu dîner à la maison !
-Comment va-t-il ?
-Pas très bien. Heureusement qu'il a Angelina pour le regonfler…
-C'est une chance, qu'elle ait accepté de venir travailler avec lui à la boutique !
-Elle l'adore, je suis sûre qu'ils finiront ensemble !…Et toi, tu as fait quoi, hier soir, tout seul avec ton horrible Kreattur ?
Harry hésita un instant avant de répondre d'un ton vague :
-Oh, je…pas grand chose. J'ai lu.
-Tiens ! Tu te mets à la lecture maintenant ?
Il rit, scandalisé.
-Tu me prends vraiment pour un analphabète !
-Reconnais que tu n'as jamais montré beaucoup de goût pour les romans, jusqu'à présent. Mais c'est vrai que tu n'avais pas beaucoup le temps…
-Qui te dit que je lisais un roman?
-Oh ho ! Que lisais-tu, dans ce cas ? Laisse moi deviner…des recettes de cuisine, pour apprendre à ton elfe comment préparer un soufflé aux poires ?
-Tu y es presque…
-Allez, dis le moi, espèce de cachottier !
-Je lisais…le journal intime de Severus Rogue.
Ginny s'arrêta net.
-Quoi ?
Embarrassé sans savoir pourquoi, Harry suivait des yeux un cortège de fourmis qui se bousculaient dans le sable du chemin.
-Tu as bien dit, le journal intime de…de ROGUE ?
-Oui. Et alors, qu'est-ce que ça a de si extraordinaire ?
-Mais…attends un peu ! Ca veut dire que Rogue tenait un journal ?
-J'en ai bien peur.
-Comment es-tu tombé dessus ?
-Les cahiers se trouvaient dans son coffre, celui que j'ai récupéré.
Ginny se remit à marcher, pensive. Légèrement tendu, Harry se demandait s'il avait bien fait de lui dire la vérité. Après un silence, elle reprit :
-Et…qu'y a-t-il d'intéressant, dans ce journal ?
-Plein de choses…il couvre les années de son adolescence, jusqu'à ses derniers moments à Poudlard.
-Tu as déjà tout lu ?
-Oh non…juste quelques passages…
-Alors ? Il écrit comment ?
-Plutôt bien. En fait, son journal est vraiment captivant !
Malgré lui, Harry s'était soudain enflammé. Il se réprimanda mentalement.
-Oh ! Qui eût cru qu'un type aussi misérable que Rogue puisse écrire quelque chose de « captivant ». Mais…de quoi parle-t-il, au juste ?
Harry hésita à nouveau.
-De tout…surtout de ses problèmes, c'est logique. Un journal intime, c'est quelque chose comme… un déversoir…
-Beurk…je préfère ne pas imaginer. Il parle de ses cheveux gras, par exemple ?
-Désolé de te décevoir, mais ce n'est pas Gilderoy Lockhart, il s'occupe d'autre chose que de sa dernière lotion capillaire. Mais par contre, il… heu…enfin, tu sais qu'il vouait à ma mère une véritable adoration… ?
-Bien sûr, tu m'en as déjà parlé. Ah, j'ai compris, tu lis ce journal pour en apprendre plus sur ta mère !
Ginny le fixait de ses yeux intelligents. Harry se sentit rougir.
-Il y a peut-être un peu de ça.
-Tu ne te sens pas indiscret ? Ca fait un peu voyeur, non ?
-Je sais, Ginny. Heureusement, Rogue reste très…pudique. Si j'étais tombé sur quelque chose de trop…enfin, je veux dire, de gênant, j'aurais sauté le passage.
-N'empêche ! Je ne trouve pas ça très sain.
-Bon, il est aussi complètement obsédé par les Maraudeurs. Ils lui en font voir de toutes les couleurs.
Elle grimaça comiquement.
-Et ça t'amuse, de lire plein d'horreurs sur ton père, ton parrain et ce malheureux Remus ?
-J'en apprends plus sur eux, même si le point de vue n'est pas très objectif…
-Ahaha ! Pour ça, oui, j'imagine que Rogue doit être plutôt partial ! Et…est-ce qu'il parle de ses années comme Mangemort ?
-Non, pratiquement pas. D'après ce qu'il m'a semblé, il n'y a aucun écrit couvrant la période durant laquelle il servait exclusivement Voldemort. Soit il n'écrivait plus, soit il a détruit son journal concernant cette époque. Trop dangereux, sans doute…
Ginny frissonna, et s'arrêta à nouveau. Ils étaient arrivés à la lisière d'une grande clairière lumineuse. La jeune fille s'adossa à un chêne majestueux et passa les bras autour du cou de Harry.
-C'est là que nous venions souvent jouer au Quidditch, n'est-ce pas ? Demanda le garçon pour détourner la conversation.
-Oui. Répondit-elle brièvement. Dis, tu me le feras lire, ce journal ?
-Je ne sais pas encore, Ginny…
Il prit la jeune fille par la taille et plongea avec délice le nez dans ses cheveux. Pourquoi n'avait-il aucune envie qu'elle vienne lire les écrits de Rogue ?
-Alors, c'est qu'il y a dedans des choses que je ne dois pas savoir ?
Harry se figea avant de répondre à mi-voix :
-Ce n'est pas ça, mais…il y a des éléments troublants dans ce journal, et je préfère…disons que pour l'instant, j'aime mieux être le seul à en avoir connaissance.
Il avait craint qu'elle le repousse, mais elle se serra au contraire un peu plus contre lui.
-Pfff…tu ne changeras donc jamais ? Protesta-t-elle doucement. Tu me considèreras éternellement comme une gamine qui ne peut pas comprendre ?
-Non, c'est plutôt moi qui ne comprends pas … En fait, j'ai l'impression que ça fait revivre des choses qui ne sont pas encore digérées. Ca me perturbe sérieusement…
Ginny s'écarta légèrement du garçon et plongea un regard grave dans le sien.
-Qu'est-ce que ça veut dire, Harry ? Tu ferais mieux d'arrêter, tu ne crois pas ?
-Non.
Elle fronça les sourcils, et il pensa qu'en cet instant, elle ressemblait étrangement à sa mère.
-J'aimerais savoir ce qui te perturbe…pourquoi ne le dis-tu pas ? Nous deux, on ne devrait rien se cacher…
Il attrapa l'arrière de la tête de la jeune fille et l'attira à lui, cherchant ses lèvres.
-Laisse moi un peu de temps…
Elle détourna légèrement le visage pour lui échapper.
-Ron et Hermione sont au courant ?
-Non, pas encore…soupira-t-il. Maintenant, parlons d'autre chose, veux-tu ?
« 25 juillet 1997. Poudlard .
Les consignes du Maître sont très claires. Il veut Potter. Il attend de moi que je lui livre le garçon, que je lui révèle ce que je sais de ses cachettes, de ses déplacements, de ses liens d'amitié. Impatient que s'accomplisse la prophétie, il est obsédé par Harry. La seule pensée que le gamin puisse rester en vie quelques heures de plus lui est insupportable.
A ses yeux, la Mort et Harry ne font plus qu'un. En tuant Harry, il tue la possibilité de sa propre mort.
Effrayant.
Harry, la Mort. Harry, portant la Mort en lui.
Non ! C'est une scandaleuse mystification ! Harry incarne la vie, au contraire, dans sa jeunesse, son insouciance et son extraordinaire témérité. Il n'a rien du prédateur, il a tout de la victime. La Mort est bien là, mais c'est de Voldemort qu'elle a pris possession, elle attend tapie en lui, souriante, frémissant d'anticipation, elle se lèche les lèvres, gourmande, avide. Le Maître ne l'intéresse pas, il lui est trop familier. Celui qu'elle veut, c'est Harry. Et on la comprend, entre les deux, je n'hésiterais pas : le garçon représente un défi tellement plus excitant…
J'ai fait ce que m'a dit Albus. Du haut de son portrait, c'est toujours lui qui tire les ficelles, et j'ai beau être Directeur de Poudlard depuis peu (quelle farce grotesque !), je ne suis que sa marionnette, au même titre que Harry… J'ai donc été forcé de révéler au Seigneur des Ténèbres le départ anticipé du garçon. Et j'ai eu à déployer mille ruses pour entrer en contact avec ce déchet de Fletcher, surmontant le dégoût que m'inspire cet ivrogne. En bon petit soldat, je lui ai jeté un sort de confusion, pour lui suggérer ensuite l'idée des leurres…
Et si le plan d'Albus était faillible ? Si le vrai Harry était repéré, attrapé, tué ? Je dois donc tout faire pour tenir les autres Mangemorts aussi éloignés que possible de celui des Potter qui paraîtra le plus à son aise, le plus gracieux sur son balai... Mais saurai-je être assez efficace ? Et surtout, assez discret pour que mon double-jeu passe inaperçu ?
Je suis hanté par l'image d'un adolescent aux cheveux noirs et aux yeux incroyablement verts tombant de son balai, tel un pantin désarticulé. La chute semble interminable, puis soudain, le corps gracile touche violemment le sol, s'écrasant avec un horrible bruit sourd, banal, trop bref. La haute silhouette encapuchonnée du Maître approche et se penche au dessus de lui, retourne le corps sans vie du bout de sa chaussure, et contemple le garçon défiguré, méconnaissable, avec une joie si intense que toutes les corneilles des environs se mettent à croasser d'allégresse.
Harry…plus jamais je n'aurai l'occasion de me rapprocher de toi…à moins que…Non, même en supposant que tu parviennes à accomplir ta mission, tu mourras, toi aussi. Les révélations que je dois te faire, le moment venu, ne me concernent ni moi, ni le rôle que j'aurai joué dans ta trop courte vie, mais devront simplement t'apprendre que tu es destiné à mourir en même temps que le Maître. Ou plus exactement, que tu dois laisser le monstre te tuer, que ton devoir est de t'offrir toi-même en pâture à la Mort tapie en lui…Je n'ai donc aucun espoir de me racheter un jour à tes yeux. Tu disparaîtras avec la conviction que je suis le plus fourbe des fourbes, et que je t'ai toujours haï.
Hélas…si je m'étais comporté différemment avec toi durant ces six longues années à Poudlard, peut-être aurais-tu pu apprendre à …non, pas à m'aimer, personne ne m'a jamais aimé, sauf peut-être ma mère... Mais au moins, à me respecter.
Avais-je besoin d'être aussi dur avec toi ? Etait-il indispensable d'être aussi cruel, aussi injuste ?
J'ai été stupide, aveugle, envieux. Inutile de pleurer maintenant les occasions manquées. Les cours d'occlumancie, entre autres, m'en ont donné suffisamment que je n'ai pas su saisir. Certes, il ne fallait pas que tu t'attaches à moi, car mon rôle d'espion eût été compromis, Drago ne m'aurait plus fait confiance, et je n'aurais jamais retrouvé la place qui est maintenant la mienne auprès du Maître. Mais j'aurais pu au moins rester neutre. Ne pas te rabaisser. Ne pas t'amener à me haïr.
Face à toi, j'étais incapable de me montrer indifférent.
J'ai aimé te torturer. J'ai aimé voir la rage contracter tes mâchoires et tes poings, faire brûler ton regard, rendre ta langue acérée, venimeuse. J'ai aimé salir ton cœur pur et innocent. J'avais le sentiment de me venger de ton père. Mais ta mère n'était plus là, et encore moins l'illusion qu'elle viendrait un jour se réfugier dans mes bras…alors, à quoi bon ces séances d'humiliation que je te faisais subir? Tu n'étais qu'un enfant, désarmé, pitoyable…
Et un jour, tu t'es mis à lui ressembler…
La première fois que j'en ai vraiment pris conscience, c'était lors d'une de tes trop nombreuses retenues. Je l'ai noté, je crois, dans le précédent cahier, il faudra que j'aille relire. Tu étais en train d'écrire, je t'avais donné un de ces stupides travaux que j'affectionnais, destinés avant tout à t'humilier. J'ai levé les yeux de mon propre travail, et en te regardant distraitement, j'ai soudain cru voir Lily. L'inclinaison de ta tête, le geste de ta main, la manière dont tes doigts se refermaient sur la plume… Mon cœur a bondi dans ma poitrine, et j'ai dû me retenir au bureau pour ne pas défaillir. Ensuite, je ne parvenais plus à détourner de toi mon regard médusé, tu as failli t'en apercevoir, tu m'as brusquement dévisagé avec méfiance. Je crois bien avoir rougi.
Une vie austère et stérile, sans joie, sans affection, vouée à la méchanceté et aux regrets. Et voilà le résultat : je suis un être laid, desséché, incapable de rire, incapable d'aimer et d'être aimé en retour…
Je n'ai jamais eu de véritable relation amoureuse. En matière de sexe, je n'ai eu droit qu'à quelques aventures strictement vénales, qui ne m'ont pas satisfait et m'ont laissé plus frustré, plus désespéré qu'avant…Lors de ma première période auprès du Maître, quand j'étais un Mangemort convaincu, j'ai cru trouver le plaisir physique lors de ces immondes orgies où nous étions tous si bien drogués que nous couchions avec n'importe qui, sans distinction d'âge ni de sexe. Cela m'arrangeait bien, j'avais le sentiment qu'avec ma laideur, aucune femme ne tomberait jamais amoureuse de moi et qu'il valait mieux user d'artifices comme l'alcool ou la drogue pour connaître la jouissance … Lily Evans m'avait été arrachée, et James Potter était l'homme que je haïssais le plus au monde. Un monde simple, trop simple. J'aurais dû me méfier.
Car en apprenant que par ma faute, le Maître voulait tuer l'enfant de Lily, j'ai compris. Et j'ai su ce qu'il me restait à faire. Mais il était trop tard. Je m'étais déjà condamné. J'étais maudit.
Je voudrais me racheter en te sauvant, Harry. Mais toi aussi, tu es condamné. La Mort t'attend, elle te guette, Voldemort l'abrite en son sein. Je suis là pour la contrarier, pour déjouer ses plans, mais elle finira par gagner, elle gagne toujours. D'ailleurs, IL FAUT qu'elle gagne, si nous voulons que disparaisse à jamais le Mage Noir, son serviteur si dévoué. Et tu es le seul qui puisse la rassasier…
J'aimerais mourir avec toi, Harry. Tout te révéler, et mourir en te tenant la main.»
La gorge serrée, Harry s'essuya les yeux d'un revers de manche et referma le cahier. Il en avait assez lu pour ce soir. Il regarda sa montre. 23h30. Il se sentait aussi éprouvé que s'il venait de courir trente km à un train d'enfer. Mais il n'avait aucune envie d'aller se coucher.
Certes, il n'avait parcouru qu'une infime partie du journal, mais il était impatient de mettre son projet à exécution.
Peut-être n'était-il plus une heure décente pour déranger un portrait ? Harry chassa ses scrupules. Il n'avait aucune idée de ce que pouvait être la véritable nature des êtres peuplant les portraits animés, mais une certitude s'imposait à lui : ces figures insolites ignoraient le rythme des vivants, elles pouvaient se reposer (si elles en éprouvaient le besoin, ce qui semblait plutôt incongru) à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit…
Le portrait de Phineas Nigellus, ex-directeur de Poudlard et ancêtre de Sirius Black, ornait à nouveau un des murs du 12, Square Grimmaurd, après son séjour au fond du sac d'Hermione. Mais à présent, il se trouvait accroché dans le salon. Harry n'en avait pas voulu dans sa chambre, il se fût senti observé, voire espionné à des moments où il avait besoin de la plus stricte intimité.
Pour l'instant, le tableau était vide. Le visage à la barbe sombre, aux fins sourcils et au regard froid de Nigellus n'était nulle part visible. Harry ne lui avait pas adressé la parole depuis son retour Square Grimmaurd, et d'ailleurs, l'arrière-arrière-grand-père de Sirius était absent de la toile la plupart du temps. Harry était bien conscient du rôle crucial qu'avait joué l'ex-directeur dans sa quête des Horcruxes, en tant qu'informateur de Rogue. Mais jusqu'à présent, il n'avait pas désiré parler à Nigellus, affronter son regard ironique et être la cible de ses remarques acerbes.
Harry se planta devant le tableau et rassembla tout son courage.
-Monsieur Nigellus !
Sa voix lui parut enrouée, mal assurée.
Le tableau restait vide. L'ancien directeur devait être à Poudlard. Mais Harry ne voulait pas renoncer. Il sentit la colère le gagner comme une sorte de frénésie désespérée. Serrant les poings, il essaya plus fort.
-Monsieur Nigellus ! Phineas Nigellus !
Il attendit. Rien ne se produisit. Il se mit à parcourir la pièce à grandes enjambées. Pourquoi ce sale bonhomme ne…
-Vous désiriez me parler, Harry Potter ? Fit alors dans son dos une voix sarcastique.
Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui…J'attends vos reviews avec impatience ! Maintenant, place aux RAR des « anonymes » :
DiagonAlley : Merci beaucoup pour ton message (je me permets de te tutoyer, c'est un peu la règle sur ce site !). Oh, ne me remercie pas pour ces histoires, si j'écris, c'est que j'aime ça, et aussi que j'adore lire vos réactions. Oui, je suis d'accord que Rogue est un héros, et qu'il n'a jamais bénéficié de la reconnaissance qu'il méritait…J'espère que tu continueras à lire et à apprécier !
Lefandeharry :Coucou, toi ! Je suis bien contente que tu suives cette fic, malgré le fait que tu n'aimes pas Rogue. C'est un personnage ingrat, il a passé sa vie à se montrer odieux et injuste envers Harry. Bon, je vais essayer de le rendre un peu plus sympathique ! A bientôt j'espère !
Alexandra :Merci pour les compliments, ça m'a fait bien plaisir. Tu trouves ça rationnel ? Tant mieux, parce que ce que je redoute le plus, c'est d'être incohérente…J'essayerai de ne pas te décevoir !
Morganne-bzh : Bonjour ! Merci pour ta review encourageante. Aha, que vais-je faire de Rogue ? Allez, je l'avoue, je vais tout mettre en œuvre pour changer son sinistre destin, avec mes faibles moyens…mais je n'en dis pas plus !! Peut-être à bientôt ?
Ki : Merci, merci !! La suite est là, bonne lecture !!
