Ahlalalala, je sais, je suis trèèèès en retard…Ne m'en voulez pas, je croule sous le travail en ce moment. D'ailleurs, je ne pense pas pouvoir continuer à tenir le rythme des publications régulières. Donc, le prochain chapitre sera là…eh bien ma foi, il sera là quand il sera prêt (logique…) !
Bien entendu, plus vous m'encouragerez, plus j'aurai envie de m'y mettre…
Merci de tout cœur pour vos si gentilles reviews, et un merci tout particulier à Agone, elle comprendra pourquoi en lisant le chapitre… !
-- CHAPITRE SEPT --
--Visite à Poudlard --
-Tu sais, je crois vraiment que tu perds ton temps, Harry !
Le garçon s'apprêtait à mordre dans un toast. Il s'arrêta net.
-Pourquoi tu dis ça ?
-J'ai réfléchi à cette histoire de sauvetage, reprit Ginny d'un ton tranquille. Ou plus exactement, je me suis réveillée dans la nuit, avec une pensée obsédante qui m'a empêchée de me rendormir.
-Et c'était… ?
-Ben…à vrai dire, je me demande comment on n'y a pas pensé plus tôt. Surtout notre chère Hermione, si réputée pour son intelligence…
-De quoi parles-tu, Ginny ? Maugréa Hermione, mortifiée, tout en se servant du thé.
Les trois amis prenaient un copieux petit-déjeuner dans la cuisine, square Grimmauld. Seul Ron manquait à l'appel, ayant préféré rester une heure de plus dans son lit, au Terrier …
-Pose d'abord cette théière, et toi, Harry, avale ta bouchée ! Lança la rouquine. J'imagine déjà votre réaction, alors pas besoin de donner plus de travail à Kreattur !
Hermione s'exécuta docilement, toujours d'accord quand il s'agissait d'épargner un elfe de maison, tandis que Kreattur jurait ses grands dieux qu'il ne redoutait aucunement les charges supplémentaires, étant donné qu'il était un bon elfe, entièrement dévoué à son maître Harry Potter !
-Mais bien sûr, Kreattur, bien sûr, personne n'a jamais dit le contraire, s'empressa d'affirmer Harry d'un ton apaisant. Du moins, pas récemment, ajouta-t-il dans sa barbe. Je ne sais pas ce que tu nous réserves, Ginny, reprit-il plus haut en fixant sa petite amie, les sourcils froncés, mais tu commences sérieusement à me faire peur !
-Peur ? Je croyais que tu étais un gryffondor ! Taquina la jeune fille. Ca y est, vous êtes prêts ? Alors oyez, oyez, bonnes gens ! A quoi bon courir à Poudlard, chercher à convaincre Rogue, puis se précipiter côté moldu récupérer une machine à remonter le temps ? De toute façon, quoique tu fasses, Harry, ton plan est destiné à échouer …
Ginny s'arrêta là, savourant son effet, tandis que les deux autres ouvraient des yeux ronds.
-Qu'est-ce qui te permet d'affirmer une chose pareille ? Finit par lancer Harry. Tu te prends pour Trelawney?
-Echouer, son plan ? Il n'y a aucune raison, sauf si Bodlock reste introuvable ! Protesta à son tour Hermione, piquée au vif. Je peux te dire que j'ai travaillé dur, et que les résultats sont là!
Ginny eut un geste apaisant.
-Hé là, inutile de monter sur vos grands chevaux ! Quand je vous aurai tout dit, vous trouverez ça tellement évident que vous vous demanderez comment vous…
-Explique-toi, Ginny, coupa Harry férocement, ou je te chatouille jusqu'à ce que mort s'ensuive !
La jeune fille prit un air intéressé.
-Tiens, tiens, je serais curieuse de voir ça… ! Bon allez, je ne vais pas vous faire lambiner plus longtemps, ajouta-t-elle précipitamment en voyant Harry faire mine de se lever, l'expression menaçante. Alors voilà, c'est très simple. Tu m'as dit toi même, Harry, que Rogue a son portrait à Poudlard avec les autres directeurs décédés précédemment…
-Attends, je sais…j'ai compris ! Glapit soudain Hermione. Tu penses que si Harry devait réussir à remonter le temps pour sauver Rogue, ce dernier n'aurait pas en ce moment même un portrait animé à Poudlard, puisqu'il serait vivant…
-… et que seuls les directeurs bel et bien morts disposent d'un portrait animé ! Termina Ginny d'un ton triomphant. Ah, je savais bien que toi au moins, Hermione, tu avais quelque chose dans le crâne ! Heureusement qu'il y a des filles pour penser, ici !
Harry ne disait rien, mais regardait intensément Ginny.
-Alors tu vois bien, Harry, reprit la jeune fille d'une voix plus douce, ça ne sert à rien de dépenser ton temps et ton énergie pour un projet condamné d'avance. Laisse tomber ces bêtises, et prépare correctement ta rentrée !
-Je ne comprends pas…, murmura le garçon.
-Ne me dis pas que tu es aussi stupide! Tu veux que je te fasse un dessin ?
-Ce n'est pas ce que je veux dire. Tu as parfaitement raison, Ginny, et bravo pour ta perspicacité. Ce que je ne comprends pas, en plus du fait que je sois à ce point un sombre crétin, c'est pourquoi…pourquoi Dumbledore ne m'a rien dit...
-Dumbledore ?
-Oui, Dumbledore ! Il n'a pas eu l'air de désapprouver mon projet, au contraire. Il m'a donné le nom et le lieu d'habitation de Bodlock. Et c'est lui qui a insisté pour que je me rabiboche avec Rogue, avant de tenter de le ramener à la vie.
-C'est peut-être parce qu'il sait que toute réconciliation avec Rogue est impossible, grommela Ginny en fourrant un gros morceau de croissant dans sa bouche, ce qui la fit tout à coup ressembler à Ron. Il a prévu qu'en fin de compte, tu ne tenterais rien, trop dégoûté par le comportement du bâtard graisseux.
-Ne l'appelle pas comme ça ! Gronda Harry.
Hermione paraissait réfléchir.
-C'est vrai, ça… Dumbledore était au courant…, dit-elle pensivement. Hmmm, en y réfléchissant… c'est peut-être lui qui a…
Elle s'arrêta, se mordit la lèvre inférieure, puis se remit à faire couler du miel sur son pain, comme si de rien n'était.
-Qui a quoi ? Questionna impatiemment Harry.
-Non, rien…
-Bon, et puis autre chose qui va dans le même sens, reprit Harry d'un ton agité. Si Rogue était vivant, il n'aurait pas laissé traîner son coffre à Poudlard, et surtout, il n'aurait jamais accepté que je m'en empare !
-Très juste, approuva Ginny en souriant. Tu vois bien que ce n'est plus la peine de te…
-Attendez ! S'exclama Hermione. Je vous trouve un peu trop fatalistes, tous les deux. Rien ne prouve que…
-Au contraire, tout prouve que Harry se fourvoie complètement !
Hermione hésita, puis eut un geste nerveux de la main.
- Bon, enfin, ce que je veux dire, c'est que même si tu es dans le vrai, Ginny, et toi aussi, Harry, je pense qu'il faut essayer de mener à bien le projet, malgré tout.
-Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ? Harry ne va pas risquer sa vie pour…
-…Comment ça, risquer ma vie ?
-Parfaitement ! s'écria Ginny d'un ton farouche. Si cette montre-retourneuse-de-temps ne fonctionne pas correctement, ce qui est fort probable, tu vas peut-être rester coincé à une autre époque et te faire condamner à mort par un tyran ou, pire, dévorer par un dinosaure !! Après avoir survécu à Voldemort, ce serait quand même un peu fort !
-Qu'est-ce que tu vas chercher ! Rit le garçon en attrapant dans la corbeille un croissant bien doré.
-L'entreprise est plutôt dangereuse, c'est juste, reconnut Hermione. Mais si Dumbledore n'a pas cherché à dissuader Harry, on peut supposer que…
-Dumbledore, Dumbledore ! S'énerva Ginny. Dumbledore est MORT, d'accord ? Et vous deux, vous continuez à le considérer comme le grand sage, le guide suprême, alors qu'il a toujours été plus farfelu qu'autre chose !
-Ne dis pas ça, Ginny, répliqua Hermione avec véhémence. Dumbledore était un grand homme, et même mort, il reste notre maître et mentor. Nous lui devons tous énormément…
Haussant les épaules, Ginny grommela quelque chose qui ressemblait à « Amen ! ». Plus amusé que fâché, Harry posa fermement une main sur la sienne.
-Ecoute, Ginny : de toute façon, je vais aller à Poudlard maintenant, puisque je l'ai promis et que Mc Gonagall m'y attend. Mais j'en profiterai pour poser franchement la question à Dumbledore.
Ginny lui jeta un regard de défi.
-Ma foi, si tu n'as rien de plus important à faire…
-Tu as raison, Harry, approuva Hermione. Le mieux, c'est de voir la chose directement avec Rogue et Dumbledore. Eux, ils sauront te répondre, et tu pourras juger de l'opportunité d'entreprendre ce voyage temporel. Mais avant que tu partes, j'ai plusieurs messages à écrire, j'aimerais que tu les transmettes de ma part, si tu veux bien.
-Tant que tu ne me demandes pas de porter un mot doux à Rusard ou un poème à Mimi geignarde, je veux bien… ! Mais dépêche toi, il est déjà 9h30 !
o0o0o0o
La haute silhouette de Hagrid approchait vivement du portail derrière lequel Harry attendait patiemment. Avec un grand sourire, le demi-géant sortit ses clefs et ouvrit la grille qui grinça horriblement en pivotant sur ses gonds. Dès qu'il put se faufiler, Harry se précipita en avant pour se jeter dans les bras de son ami, et ils s'étreignirent si bien que le garçon sentit ses côtes plier dangereusement sous la pression des grandes mains.
-Comment tu vas, Harry ? Dit Hagrid en le lâchant pour lui donner une tape amicale sur l'épaule, ce qui faillit envoyer le garçon embrasser le gravier de l'allée.
-Heu…Je vais bien, souffla-t-il, reprenant tant bien que mal son équilibre en se massant discrètement l'épaule. Et vous, Hagrid ? Et Graup ?
-Mais très bien…Graup s'est remis, et il a encore fait des progrès…et puis maintenant, on prépare tous la rentrée. Tu sais quoi, Harry, je vais de nouveau enseigner, cette année !
-Oh, parfait ! Dit précipitamment le garçon en se demandant quelle mouche avait piqué Mc Gonagall, et si ça n'était pas plutôt Dumbledore qui dirigeait toujours l'école, du fond de son portrait. Malgré lui, il eut une pensée compatissante pour les futurs élèves de soins aux créatures magiques, qu'il imaginait déjà en train de nourrir des hordes de scroutts à pétards en introduisant de force dans leurs orifices des amas grouillants d'asticots visqueux.
-Dis-moi, Harry, y paraît que tu veux devenir auror ?
-C'est vrai ! Je suis inscrit à l'Académie, ils ont bien voulu de moi…
-Moi qui avais espéré que…Dis, tu n'aurais pas préféré être nommé professeur à Poudlard?
-Professeur ? Moi ? Mais, Hagrid…prof de quoi ? Je n'ai que dix huit ans !
-Tu as vaincu Tu-sais-qui, tu es plus fort à toi tout seul que tous les aurors réunis ! Tu as été chef de l'AD…Tu pourrais enseigner la DCFM !
Harry rit de bon cœur.
-Oh non, je crois que je ne suis pas fait pour l'enseignement. Et puis j'ai encore beaucoup à apprendre. Je n'ai même pas mes Aspics !
Tout en marchant, ils échangèrent d'autres nouvelles jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus devant la grande porte du château. Harry leva les yeux, contemplant les hauts murs de pierre, apparemment intacts.
-Il n'y a plus aucune trace de la bataille ! Fit-il remarquer.
-Encore heureux, avec la rentrée dans moins d'une semaine ! Les travaux viennent à peine de se terminer. On a bien cru que l'école ne pourrait pas rouvrir ses portes le grand jour, et qu'il faudrait retarder l'arrivée des élèves !
-Le professeur Mc Gonagall a dû avoir des sueurs froides !
-Ah ça, oui, la pauvre, elle s'est énervée plus d'une fois, je te le garantis. Heureusement qu'y avait Mme Pomfresh, parce qu'avec les murs écroulés et la toiture à moitié effondrée, y a eu des accidents, et tout…Bon, Harry, je m'en vais te conduire au bureau de Minerva, mais quand tu auras fini, avant de repartir, passe me voir dans ma cabane. J'ai quelque chose pour toi !
-Oh…j'espère que vous n'avez pas fait de folie, Hagrid…
-Mais non, ne t'inquiète pas !
Tandis qu'ils parcouraient les longs couloirs de l'école chère au cœur de Harry, le jeune homme était de plus en plus tenté de poser une question à son ami. En voyant approcher la gargouille qui gardait l'entrée du bureau directorial, il se jeta à l'eau.
-Dites-moi, Hagrid…vous n'auriez pas revu le professeur Rogue, par hasard ?
Le demi-géant s'arrêta net, puis dévisagea Harry avec stupeur.
-Le pro…le professeur Rogue ? Bredouilla-t-il avec une gêne évidente. Mais comment…Tu es au courant que…oh…non, Harry, non…je ne l'ai pas vu, il…il est mort, s'pas ? Y a son portrait dans le bureau de…
-C'est bon, Hagrid, je sais…coupa Harry. N'en parlons plus ! Heu…Vous connaissez le mot de passe ?
-Le mot de passe ? Oh, mais oui, bien sûr ! Croque-monsieur !
Apparemment, les goûts du professeur Mc Gonagall étaient moins sucrés et citronnés que ceux de son prédécesseur. La gargouille inclina la tête, et le passage s'ouvrit. Etrangement ému, Harry prit pied sur l'escalier tournant.
………….
-Entrez !
Le cœur battant, Harry poussa la porte du bureau. Il revivait malgré lui les terribles instants où, un mois et demi plus tôt, il était entré dans cette même pièce, nageant dans un désarroi proche du désespoir, et en était ressorti en sachant qu'il devait mourir de la main de Voldemort, après avoir visité les souvenirs de Rogue…
Tentant d'écarter ces souvenirs trop douloureux, il regarda autour de lui. Peu de choses avaient changé. Peut-être le bureau paraissait-il plus ordonné que du temps de Dumbledore, on y voyait moins d'objets étranges et biscornus, et Fumseck avait disparu de son perchoir…
-Comment allez vous, Harry ! S'écria le professeur Mc Gonagall en venant d'un pas vif à sa rencontre.
Il fut heureux de constater qu'elle portait toujours son impeccable chignon et que derrière ses lunettes rectangulaires, son regard était aussi vif et perçant que dans son souvenir. Il serra la main qu'elle lui tendait, et répondit à ses nombreuses questions, touché par la chaleur de sa voix et le soin qu'elle mettait à l'interroger sur ses amis, sur Hermione, Ginny, et toute la famille Weasley. Puis, inévitablement, elle en vint à aborder le chapitre des études…
-Surtout, je compte sur vous pour solliciter mon aide lorsque vous rencontrerez des difficultés lors de vos premières semaines de cours à l'Académie ! Dit elle avec ferveur. Vous aurez forcément des lacunes, n'ayant pas suivi les cours de septième année. Avez vous travaillé avec Ron Weasley les sujets que je vous avais recommandés?
Harry rougit.
-Heu, certains oui, professeur…nous avons commencé, mais…
La directrice fronça les sourcils.
-Ne comptez pas sur votre célébrité pour gagner l'indulgence de vos professeurs, Harry. Je suis à peu près certaine qu'ils se comporteront avec vous comme avec n'importe quel autre étudiant, et ce sera tout à leur honneur.
-Je sais, professeur…je ne demande pas autre chose…je n'ai aucune envie de bénéficier d'un régime de faveur.
-Je vous reconnais bien là, et par ailleurs, vous méritez le respect et la considération, cela ne fait aucun doute…, murmura-t-elle avec plus de douceur. Mais rien n'est jamais acquis, Harry…Donnez toujours le meilleur de vous même, et c'est ainsi que vous serez heureux !
La conversation prenait décidément un tour dangereux. Il était grand temps de la faire dévier. Une fois de plus, se dit Harry avec reconnaissance, Hermione allait le sauver d'une situation délicate. Il extirpa de sa poche un parchemin plié.
-Professeur, j'ai un message pour vous de la part d'Hermione. Je peux vous le donner maintenant ?
-Mais bien sûr, répondit Minerva, l'air intéressée.
Elle se saisit du billet et le parcourut rapidement, un léger sourire aux lèvres.
- Cher Harry, dit-elle en repliant le parchemin, levant les yeux vers son jeune interlocuteur, vous savez à quel point votre visite me fait plaisir. Mais ne vous inquiétez pas, je n'oublie pas les raisons qui vous ont amené ici ce matin. A présent, je suppose que vous préférez être seul dans le bureau pour vous entretenir avec les portraits ? Je vais aller de ce pas rédiger une réponse pour Melle Granger, je reviendrai dans un moment. Prenez tout votre temps !
Harry la suivit des yeux tandis qu'elle gagnait la porte et sortait. Puis il se retourna et s'approcha du mur. Il avait repéré depuis longtemps le portrait de Dumbledore, juste derrière le grand fauteuil directorial. Le vieil homme s'y trouvait assis en silence, le regardant avec une expression aimable et rassurante. A l'arrière plan, Harry distingua Fumseck qui le fixait également de son œil intelligent. Harry salua poliment son ancien directeur.
-Heureux de te voir, mon garçon. Tu as passé une bonne nuit ?
-Excellente, professeur ! mentit Harry.
-Eh bien, tant mieux ! As-tu quelque chose à me dire avant de t'adresser à Severus ?
Le garçon rassembla son courage.
-Oui, professeur. J'ai une question à vous poser.
-Je t'écoute.
-Ce matin, Ginny m'a fait remarquer que mon entreprise de sauvetage était forcément vouée à l'échec.
Dumbledore haussa les sourcils.
-Comment cela ?
-Eh bien, le professeur Rogue est bel et bien mort, sinon, il n'aurait pas son portrait ici, à Poudlard !
Dumbledore ne répondit pas tout de suite. Il semblait réfléchir, mais son sourire ne s'était pas effacé.
-Ton amie a fait une remarque très judicieuse, Harry, finit-il par dire en regardant le garçon par dessus ses lunettes. Il est exact que si l'on s'en tient aux apparences, Severus est mort à l'heure qu'il est, puisque nous le voyons, toi et moi, présent dans son tableau.
Malgré lui, Harry jeta un coup d'œil prudent vers le portrait de Rogue, dont il avait également noté l'emplacement dès son entrée dans le bureau. L'homme ne leur prêtait aucune attention, il se tenait debout devant une table sur laquelle étaient posés un chaudron et divers flacons. Le visage pâle et concentré, il paraissait absorbé dans la réalisation d'une potion complexe.
Harry remarqua que là encore, Rogue portait ses habituelles robes noires et nullement un costume d'apparat. Il reprit avec effort :
-Donc, s'il est là dans ce tableau, c'est qu'il est bel et bien mort, du moins, c'est ainsi que je le comprends. Et s'il est effectivement mort en ce moment, c'est que j'aurai beau tenter de le ramener à la vie d'ici quelques jours, en supposant que je trouve le moyen de remonter le temps, je n'y parviendrai pas. Ou alors, en admettant que je réussisse, c'est qu'il n'aura pas survécu bien longtemps à son sauvetage… Donc, à quoi bon me lancer dans une entreprise aussi sûrement condamnée à échouer?
Dumbledore ne souriait plus, il paraissait même légèrement contrarié.
-Il me semble que tu ne dois pas raisonner ainsi, Harry. Ton idée de sauver Severus est intéressante et te fait honneur par sa générosité…Peut-être est-elle vouée à l'insuccès, en effet, mais tu ne dois pas te décourager, même si les signes extérieurs contredisent l'espoir que tu pourrais avoir de réussir…
-Je ne comprends pas.
-Souviens toi de ce que nous avions échangé, toi et moi, il y a quelques temps, quand tu étais toi même suspendu entre la vie et la mort…nous en avions conclu que les pensées pouvaient être aussi réelles que les faits... Tu te rappelles ce que nous nous sommes dit à ce moment là, n'est-ce pas ? Eh bien, ta volonté, si elle est assez forte, peut faire mentir ce qui te paraît être la réalité, ou rendre caduque ce qui te semblait répondre à une logique infaillible.
-Je ne saisis toujours pas…
-Pour faire court, comment Severus pourrait il être sauvé de la mort si tu ne tentes rien dans ce sens?
-Certes, mais…
-Et comment te serait-il venu à l'esprit de le sauver si tu n'avais pas trouvé son journal, et si tu ne lui avais pas parlé dans son tableau ?
-Je vous l'accorde, mais ça n'empêche que…
-Peu importe le résultat, Harry. Et la réussite de ton entreprise dépend peut-être de ton courage, de ta détermination, plus que de tes calculs et de tes déductions rationnelles…
-En gros, vous me conseillez de foncer sans réfléchir ?
-Non, Harry. Quoiqu'il en soit, tu auras besoin de réfléchir pour trouver Bodlock, mettre la main sur son invention, puis découvrir le moyen de sauver Severus après qu'il ait été mordu par Nagini. Toute ton énergie doit se concentrer là dessus. Donne-toi les moyen de réussir, au lieu de penser au résultat…
-Vous, vous savez, n'est-ce pas ?
-Je sais quoi, Harry ?
-Vous savez si je vais réussir. Vous savez toujours tout, et vous ne me dites jamais rien…
-Non, je ne sais pas, mon garçon. J'espère de tout cœur que tu vas réussir, malgré les apparences qui sont contre nous, et je t'en crois capable. Maintenant, tu devrais aller voir Severus, il t'attend, je suis sûr qu'il t'a vu et qu'il est impatient de te parler…
Dumbledore fit un signe de la main, invitant Harry à s'approcher encore plus de son portrait.
-Il a l'air en meilleure forme, depuis ce matin…, chuchota le vieil homme, en faisant un clin d'œil au garçon. Bonne chance !
Harry avala péniblement sa salive et, tournant le dos à Dumbledore, il avança lentement vers le portrait de Rogue. Soudain, une voix aigre l'interpella.
-Tiens ! Potter ! Vous ici ? Pour une fois, vous n'êtes pas en pyjama ou à moitié nu ! Quel bon vent vous amène ?
Debout au premier plan, très élégant comme à son habitude, Phineas Nigellus le fixait avec ironie depuis son beau cadre doré.
-Je n'ai pas le temps de parler avec vous…, grogna Harry en s'écartant.
-Pas le temps ? Ah, bien sûr, c'est Rogue qui a droit à vos attentions, j'aurais dû m'en douter ! Je vais finir par être très jaloux !
Sans se laisser perturber par les propos acides de Black, Harry continua son chemin et vint se poster devant le portrait de l'ancien espion. L'homme ne lui montrait que son profil, toujours très occupé à touiller sa potion tout en entretenant le feu sous le chaudron grâce à sa baguette. Harry s'éclaircit la gorge.
-Professeur Rogue !…Professeur !
Il fallut plusieurs appels pour que l'interpellé daigne enfin se retourner, la spatule en l'air. Quand son regard rencontra celui de Harry, son visage eut un tressaillement nerveux.
-Potter…, murmura-t-il en posant la spatule sur la paillasse.
-Pardonnez-moi de vous déranger, professeur…, dit Harry, les joues écarlates. Je voulais vous poser une ou deux questions.
-Je vous écoute…
La voix de l'homme était sourde, presque rauque. Harry, qui s'était attendu à une rebuffade, considéra sa réponse comme un formidable encouragement.
-Eh bien…je voudrais savoir si…si vous avez réfléchi à ma proposition…à mon projet…heu, je veux dire…mon projet de vous ramener à la vie…
Rogue ne réagit pas tout de suite. Harry le vit détourner les yeux et soupirer.
-Non, je n'y ai pas réfléchi, Potter, dit-il finalement sur le même ton faible que précédemment. Mais… je sais bien que quand vous avez une idée en tête, rien ne peut vous en faire dévier. Donc, à quoi bon ?
Harry sourit.
-Cela signifie que…que vous acceptez …ou plutôt, que vous vous résignez à ce que je tente de…, bredouilla-t-il, de plus en plus rouge.
-Je me résigne à servir de cobaye à vos expériences d'apprenti sorcier, en effet, conclut Rogue d'un ton sec. Ai-je le choix, Potter ?
-Oh…merci, professeur, je…
-Ne me remerciez surtout pas! Si jamais vous réussissiez, ce qui paraît peu probable et que je ne souhaite nullement, vous auriez à supporter à nouveau mon existence pour une durée indéterminée…
Harry ne voulait à aucun prix contredire Rogue. Et il s'était juré de ne pas faire d'allusion au journal. Il avait trop peur de tout gâcher une nouvelle fois.
-Eh bien…Je vais donc tâcher de tout mettre en œuvre pour réussir ! Lança-t-il avec vivacité. Mais…
Rogue le fixait avec une attention soutenue.
-Mais quoi ?
-Je ne vous cache pas que les chances me paraissent très faibles. Surtout que selon toute logique, puisque vous êtes dans ce portrait, c'est que vous êtes mort actuellement, ce qui prouve que mon projet est destiné à échouer !
Rogue resta un instant figé, puis il fit un pas en avant et croisa les bras sur sa poitrine. Comme d'habitude, son expression était indéchiffrable.
-Ho, ho, vous avez trouvé ça tout seul, Potter ?
Harry s'intima l'ordre de ne pas répondre aux inévitables provocations du maître des potions.
-Non, je vous rassure, dit-il avec calme, c'est Ginny qui m'en a fait prendre conscience.
Une ombre de sourire vint effleurer les lèvres minces de Severus.
-Bien sûr, vous n'y aviez pas pensé par vous même, le contraire m'eût étonné ! Et… malgré la certitude de votre futur échec, vous ne renoncez pas ?
-Non. J'ai toujours été buté, vous me connaissez !
-Trop bien, hélas ! Vous n'avez jamais su faire qu'une seule chose: foncer tête baissée. Quoiqu'il en soit, ne prenez pas de risques inutiles, jeune imprudent !
Harry crut déceler une note plus familière, presque affectueuse dans le ton de l'homme.
-Il ne me reste que quelques détails à régler, et je me précipite à votre secours…, taquina le garçon, l'œil rieur. Préparez-vous à quitter ce tableau d'ici peu…
-Je me sens très bien ici, savez-vous ? Qu'avez-vous à me proposer à la place ?
Pris de court, Harry ouvrit la bouche et resta muet quelques secondes avant de répondre crânement:
-Une nouvelle vie, une vie sans double-jeu, sans haine ni cruauté, une vie sans Voldemort…Une vie où vous aurez ma confiance, et mon amitié…
Il s'était laissé emporter, et il se sentit affreusement ridicule. Quelle réplique cinglante l'homme allait-il lui envoyer en retour ?
-Croyez-vous que je pourrai échapper à la haine de tout le monde sorcier ? Articula Rogue à voix basse. L'a…l'amitié que vous m'offrez si…généreusement suffira-t-elle à me la faire oublier ?
Il n'y avait ni ironie, ni animosité dans la question de Rogue, et Harry en fut si surpris qu'une fois encore, il mit un certain temps à se ressaisir.
-Je ne sais pas, mais c'est tout ce que j'ai à vous proposer…, murmura-t-il finalement avec honnêteté.
-Eh bien dans ce cas, Harry, j'essayerai de m'en satisfaire, …répondit doucement Rogue.
Le garçon tressaillit. Comme dans le journal, l'homme l'avait appelé par son prénom! Enfin ! Il se contraignit à ne rien laisser paraître, mais l'allégresse lui faisait battre le cœur à un rythme effréné…
-Si nous réussissons, claironna-t-il, je ferai tout ensuite pour vous réhabiliter publiquement. Je m'y engage formellement !
-Ne promettez pas l'impossible, Ha…Potter. Et surtout, tâchez de ne pas risquer inutilement votre vie ! Elle est bien plus précieuse que la mienne.
-Ca, c'est vous qui le dites ! A présent, je vous laisse à vos recherches ! A bientôt, professeur !
Severus se contenta d'un mouvement de tête, mais Harry aurait juré qu'il avait de nouveau esquissé un sourire. Comment expliquer cet incroyable changement de comportement ? L'homme avait-il accepté le fait que Harry lise son journal ? En prenait-il son parti ? Entrevoyait-il maintenant la possibilité d'une relation pacifiée entre eux, empreinte de respect mutuel, voire d'affection ?
Le cœur étonnamment léger, Harry fit un dernier signe à l'ancien espion, puis il se détourna pour sortir du bureau. Il ne devait pas oublier qu'il avait encore un message à transmettre à Mme Pomfresh de la part d'Hermione, puis qu'il devait passer voir Hagrid avant de regagner Londres pour préparer son expédition à Merrytown, chez le mystérieux Bodlock…
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Pas d'extrait du journal de Rogue, cette fois-ci…désolée ! J'attends vos commentaires avec impatience !!
DiagonAlleyJ'espère que tu as bien reçu mon mail…
Aulandra17 Merci pour ton message ! Voici la nouvelle rencontre Harry/ Rogue. J'espère qu'elle te plaira ! Bonne lecture !
Morganne-bzhMerci pour ton soutien ! Grâce à toi, mon moral va un peu mieux ! Oui, pauvre Harry, il est obligé de sortir masqué, voilà ce que c'est que d'être trop célèbre !
Alexandra Bon, ben si tu me supplies à genoux, et en me disant plein de choses sympa …comment résister ? Voilà donc la suite ! Bises !
Allez, un petit clic sur le bouton bleu !!
