Hello tout le monde ! Je voulais envoyer ce chapitre dès vendredi matin, mais le site « buguait » (bizarre, ce verbe, je sais ), et pas moyen d'y arriver, argh…

Pour me faire pardonner, j'essayerai de poster le chapitre suivant jeudi prochain -si je ne me casse pas les deux poignets d'ici là, et si le site ne fait pas à nouveau des siennes- …et…et… si vous me soutenez activement, inutile de le préciser !

Un immense MERCI à ceux qui ont eu la gentillesse de mettre une review ! J'espère que vous avez bien reçu les réponses…

Très bonne lecture à tous !


CHAPITRE HUIT

Adalbert Bodlock

Hermione se leva vivement et vint à la rencontre de son ami.

-Salut, Harry ! Tout s'est bien passé?

-Très bien!

-Eh…mais…d'où sort ce hibou ?

-C'est Hagrid qui m'en a fait cadeau !

-Wow ! Il est magnifique ! C'est vraiment gentil de sa part ! Il a voulu remplacer Hedwige ?

Harry déposa la lourde cage sur la commode, secouant sa main douloureuse.

-C'est bien possible, mais il ne l'a pas présenté comme ça. Il voulait sûrement éviter de me faire de la peine. Tu sais, j'ai comme l'impression qu'il se sent vaguement responsable de la mort de ma chouette. Sans aucune raison, bien sûr…

Il ouvrit la porte de la cage et fit sortir l'oiseau avec précaution, caressant ses plumes du bout des doigts. C'était un beau hibou au plumage mordoré et au regard sombre.

-Comment vas-tu l'appeler ?

-En fait, il a déjà un nom…« Quito ». Bizarre, non, pour un hibou ?

-Il vient peut-être d'Amérique latine? J'ai lu quelque part qu'il existe une race très ancienne de hiboux aztèques, particulièrement intelligents…En tout cas, c'est joli, comme nom ! Et il a l'air affectueux…

Harry fit la grimace. Quito était en train de lui pincer du bec le dos de la main, levant vers lui un œil vindicatif. Il sortit sa baguette et lança un sort d'attraction. Un paquet de miamhibou vola jusqu'à lui. Il l'ouvrit pour le présenter au rapace, qui y plongea aussitôt avidement le bec.

-Il a l'air d'être encore plus vorace qu'Hedwige…Tiens, Hermione, dit Harry en fouillant sa poche de sa main libre, j'ai les réponses de Mc Go et de Pomfresh pour toi. C'est quoi, ce livre que tu lisais ?

-Oh…je t'en parlerai tout à l'heure, répondit distraitement Hermione en s'emparant des messages que Harry lui tendait.

Tandis qu'elle les parcourait impatiemment, Harry remit le hibou dans sa cage avec ses croquettes, puis s'approcha de la table sur laquelle reposait le livre que la jeune fille venait de fermer. Il s'en saisit et en lut le titre.

« Portraits animés : leur nature, leurs spécificités, leurs secrets. »

Pourquoi Hermione avait-elle emprunté cet ouvrage ? Espérait-elle y trouver une réponse aux questions qu'ils se posaient tous à propos de Rogue? Il se mit à le feuilleter machinalement, puis s'arrêta sur la table des matières, passant en revue les différentes têtes de chapitre.

L'une d'elles retint son attention : « Surprenez vos proches, entrez vous-même dans un portrait.»

Mais bien sûr ! C'était l'évidence même !

Il détenait la clef de l'énigme.

Hagrid avait paru si embarrassé quand Harry lui avait demandé s'il avait revu Rogue ! « Tu es au courant… », avait commencé le demi-géant, avant de se reprendre et d'affirmer que l'homme était bel et bien mort…

Très excité, Harry se tourna dans un élan vers Hermione. Elle venait d'achever la lecture des messages et paraissait satisfaite de ce qu'elle y avait trouvé.

-J'ai compris, Hermione !

Elle sursauta.

-Qu'est-ce que tu as compris ?

-Rogue ! Il est vivant ! Et c'est à moi de tout mettre en place pour que les éléments concordent, lorsque je serai revenu dans le passé pour le sauver ! La force de la volonté…c'est bien ce qu'a dit Dumbledore !

-Je ne sais pas de quoi tu parles, Harry, soupira Hermione. En passant, je te rappelle que je n'étais pas avec toi à Poudlard ce matin!

Sans lui prêter attention, le garçon entama une danse de la victoire autour de la table basse, avant de lui attraper les mains pour l'entraîner à sa suite dans une ronde endiablée.

-On va gagner ! On va gagner !

-Tu peux t'expliquer s'il te plaît ? Haleta Hermione en tentant de se dégager.

Harry s'arrêta enfin, essoufflé et rayonnant.

-Eh bien, c'est très simple. Rogue est vivant, Hermione, j'en suis absolument certain ! Je parie qu'il se cache actuellement à Poudlard, et qu'il fait de la figuration dans un faux portrait quand c'est nécessaire. Lorsque je retournerai dans le passé, si je réussis à le sauver, je devrai le convaincre de rester dans la clandestinité et de me laisser hériter de son coffre. Voilà comment je rendrai les choses cohérentes, alors qu'aujourd'hui, elles paraissent si embrouillées. C'est ça que Dumbledore a voulu me faire comprendre, avec sa manie de parler par devinettes…

-Un faux portrait ? Qu'est-ce qui te permet d'affirmer que…

-Ben, ce bouquin, que tu es en train de lire!

Hermione sourit.

-Ce livre n'est pas très sérieux, et je venais à peine de le commencer, mais en effet, on peut y trouver des trucs intéressants.

-La table des matières m'a suffi…Il faudrait lire un peu plus à fond, mais apparemment, il est possible d'entrer vivant dans un portrait... Pour un sorcier aussi doué que Rogue, ça ne doit pas être bien compliqué ! C'est pour ça qu'il ne porte pas la fameuse robe d'apparat des directeurs, contrairement à ce que m'avait dit pompeusement Phineas. Ce Nigellus, il doit être au courant du stratagème, et d'ailleurs, il s'est bien moqué de moi… mais il a réussi à se trahir en voulant en faire trop. Sans parler de Hagrid, qui est incapable de garder un secret!

Hermione ouvrit des yeux admiratifs.

-Bravo, Harry, tu es en progrès ! Tu deviens un fin limier, Ginny sera fière de toi ! Mais… les cendres, tu y as pensé ?

-Quoi, les cendres ?

-Les cendres de Rogue ? Que les gens du ministère sont sensés retrouver ?

-Ah…très juste. Et bien, c'est simple: je vais prendre des cendres dans ma cheminée et les emporter avec moi. Je les déposerai là où Rogue est tombé, dans la cabane hurlante…Comme ça, tout sera en ordre. Qu'est-ce que tu en penses ?

-Ce n'est pas le même type de cendres, rétorqua Hermione, les sourcils froncés.. Tu crois qu'elles n'ont pas été analysées, après qu'on les ait ramassées?

-Oh, ça m'étonnerait que les autorités sorcières aient perdu du temps à ça, pour un type comme Rogue. Pourquoi l'auraient-elles fait? Des cendres, ce sont des cendres, non ?

La jeune fille acquiesça.

-Si tu savais comme je suis soulagée, Harry ! J'avais réfléchi à tout ça, mais le fait que tu sois arrivé aux mêmes déductions que moi confirme que nous sommes sur la bonne voie ! Maintenant, je suis convaincue que tu dois à tout prix tenter le sauvetage, d'autant plus que Mc Gonagall comme Pomfresh ont approuvé mon travail !

-Ton travail ?

-Oui, selon McGo, les sorts de bloque-venin et de narcoleptos devraient être opérants, et Pomfresh pense que j'ai mis au point la bonne formule pour la potion de guérison.

-C'était donc ça, tes petits messages ? Décidément, tout le monde à Poudlard est dans le secret. Ils se sont bien fichus de moi, tous tant qu'ils sont… Et bien sûr, ils savent tous si je vais réussir ou non… Ca ne les empêche pas de me laisser me dépatouiller, comme d'habitude… Bon, reste maintenant à trouver Bodlock et obtenir de lui qu'il me prête sa montre-retourneuse-de-temps... Où est passée Ginny ?

-Elle est partie voir George. Elle a promis d'être là pour 13h.

-Très bien. En attendant, je vais dans ma chambre préparer quelques bricoles pour l'expédition de cet après-midi. Si vous ne me voyez pas revenir à l'heure dite, venez me chercher, des fois que je me serais endormi !


"Poudlard. 18 Novembre 97.

Il est arrivé quelque chose d'inattendu et de désagréable. Trois élèves ont voulu s'emparer de l'épée de gryffondor. Bien entendu, il s'agissait de Ginevra Weasley, Luna Lovegood et Neville Londubat. Les trois meneurs de la rébellion, les plus fervents admirateurs de Potter encore présents dans cette école.

Voici comment les évènements se sont déroulés. J'avais quitté tardivement mon bureau, et je regagnai mes appartements, quand, au détour d'un couloir, j'ai littéralement heurté de plein fouet l'odieux Amycus Carrow. L'homme, qui était à ma recherche, m'a aussitôt agrippé pour se plaindre au sujet des élèves… Bref, rien de nouveau, mais la plus ennuyeuse et déprimante des routines. Je prêtais donc une oreille distraite à ses jérémiades ridicules (il a une dent particulièrement acérée contre Londubat, depuis qu'il a surpris ce lourdaud en train de badigeonner les murs de graffitis invitant tous les élèves rebelles à rejoindre « l'armée de Dumbledore » ! S'il continue, il va finir par me rendre Londubat sympathique !), quand un portrait m'a interpellé, m'annonçant d'un ton fébrile que trois élèves venaient de s'introduire dans mon bureau.

Extrêmement inquiet (j'avais laissé traîner sur la table des photos et des documents compromettants), j'ai fait aussitôt demi tour, malheureusement suivi de près par le gros imbécile qui refusait de se taire, continuant à me supplier de mettre en œuvre les pires tortures et sévices à l'encontre des élèves en général, et de Londubat en particulier.

Nous sommes arrivés à proximité de la gargouille, et j'ai fait signe à Carrow de se taire (il n'aurait plus manqué que les trois gamins nous entendent accourir avec nos gros sabots et nous échappent d'une manière ou d'une autre!), et nous posions le pied sur la première marche d'escalier quand la petite Weasley a déboulé sur nous, la (fausse) épée de gryffondor à la main. Elle était suivie de près par ses deux acolytes.

Comment ils avaient fait pour entrer dans le bureau, je n'en ai absolument aucune idée. A l'évidence, ils connaissaient le mot de passe, et ils avaient forcé la porte grâce à un «anihilo», sort qu'ils n'auraient pas dû connaître -mais il n'y a pas là de quoi être surpris. Après avoir fréquenté Potter un peu trop assidûment, ces jeunes maîtrisent des sorts qui sont bien au dessus de leur niveau-…

Briser la vitrine ne leur avait visiblement pas posé de problème particulier (d'ailleurs, je dois reconnaître qu'elle n'était guère protégée, l'épée s'y trouvant étant un faux, conformément aux instructions données par Albus.)

En nous voyant surgir brusquement au bas des marches, les gamins ont bien entendu été pétrifiés d'horreur, et les désarmer n'a présenté aucune difficulté, même pour un insupportable maladroit comme Carrow. Nous leur avons aussitôt fait faire demi-tour et c'est dans le bureau qu'a eu lieu ensuite la confrontation…

Si ce crétin de Carrow n'avait pas été présent, j'aurais pu me montrer plus subtil et obtenir des renseignements sans user de violence… Mais devant lui, je fus contraint de les menacer durement, et bien évidemment, ils ont refusé de donner le moindre commencement d'explication au sujet de leur acte insensé.

Du coup, la brute s'est énervée. Sortant de ses gonds, il a jeté sans mon accord un "doloris" sur la petite Lovegood, dans le but de faire parler les deux autres. Indigné, j'ai aussitôt contré le maléfice, et j'ai ordonné à cet idiot de me laisser régler l'affaire ( c'est moi le directeur ici, jusqu'à nouvel ordre !)J'ai pris ensuite mon expression des plus mauvais jours, et j'ai asséné d'un ton glacial aux trois jeunes insoumis que, pour la peine, ils iraient travailler une semaine tous les soirs dans la forêt interdite avec Hagrid. Ils se sont regardés, surpris, et heureusement, trop intelligents pour montrer leur profond soulagement, si bien que le troll a tout avalé de bonne foi, croyant naïvement que c'était une sanction d'une extrême cruauté. Le misérable a frotté l'une contre l'autre les énormes pelles qui lui servent de mains, imaginant déjà les trois adolescents aux prises avec des monstres sanguinaires et impitoyables…

J'ai laissé ce triste sire raccompagner les contrevenants à leurs salles communes respectives, bien content d'être enfin débarrassé de lui. Dès que je me suis retrouvé seul dans le bureau, je me suis tourné vers le portrait d'Albus pour lui demander des explications.

Selon lui, si les gamins avaient fomenté ce plan, c'était certainement pour faire parvenir ensuite l'épée à Harry. En effet, Albus m'a appris qu'il avait demandé expressément dans son testament que l'épée soit transmise au garçon, mais que ses dernières volontés n'avaient pas été respectées par Scrimgeour, comme il l'avait d'ailleurs prévu. La petite Weasley devait être au courant de ce camouflet, et elle en a conclu que c'était à elle de réparer cette injustice.

Je ne sais pour quelle raison Harry a besoin de l'épée, Albus se refuse à me le dire (le comportement du vieillard à mon égard est de jour en jour plus révoltant). Malheureusement, je me dois d'informer dès maintenant le Maître de ce qui s'est passé, à moins d'être doublé par Carrow, ce qui serait très préjudiciable à mon rôle d'espion. Ceci risque d'attirer un peu trop l'attention du Maître sur l'épée. D'après Albus, il ne faut à aucun prix que Voldemort s'en empare. Quoiqu'il en soit, l'objet original est en sécurité ici à Poudlard, dans sa cachette indétectable. Albus m'a suggéré de me rendre à Gringotts avec le faux pour le faire enfermer bien ostensiblement dans un coffre.

Quant à la véritable épée, Albus m'a déjà prévenu qu'il va falloir par tous les moyens la faire parvenir à Harry, le plus tôt possible. Il faudrait pour cela savoir d'abord où se terre le garçon…

Je reviens un instant sur les trois jeunes rebelles. Ginevra était magnifique de fureur et de haine, les yeux brillants de défi, toute à son combat et à sa détermination, nullement gênée d'avoir commis un vol dans le bureau directorial… Plus surprenant, Londubat m'a impressionné lui aussi. Il a gagné en autorité, en vaillance, il n'a plus rien du gamin pleutre et effacé que j'ai connu. Dans sa volonté de protéger ses amies, il se dressait entre nous et elles, tel un héros antique. C'est comme s'il avait endossé à son tour le noble rôle du résistant, maintenant que Harry n'est plus là.

Quant à la petite Lovegood, il y a quelque chose d'étrange en elle, qui va bien au delà de son côté illuminé ou excentrique : j'avais l'impression qu'elle « savait ». Oui, elle a lu en moi, et elle sait à présent pour qui je travaille, j'en suis persuadé. Je ne peux expliquer d'où me vient cette conviction. Peut-être faudrait-il que je la soumette à la légilimencie, un de ces jours ? Risque-t-elle de devenir dangereuse ? Je pense plutôt qu'elle ne dira rien, parce que d'une certaine manière, elle est touchée par la grâce…

J'avais abandonné sur mon bureau les photos de Lily et de Harry, heureusement glissées à l'intérieur d'une pochette de cuir. J'espère que les trois jeunes gens ne se sont pas amusés à fouiller mes affaires, avant d'aller s'attaquer à la vitrine… Ils étaient certainement trop pressés pour perdre du temps à cela. J'imagine quel effet aurait produit sur eux la découverte de ces photos, et cette simple pensée me plonge dans la confusion et la honte…

Hélas, je dois bien avouer que le garçon me manque de plus en plus. Les repas dans la grande salle n'ont aucune saveur, ils sont au contraire un supplice, et pour me réconforter, je n'ai même pas l'espoir d'apercevoir au détour d'un couloir sa silhouette caractéristique –qui, autrefois, me déplaisait tellement, tant elle me rappelait celle de son père-, les mains dans les poches, l'allure légèrement désinvolte… J'en viendrais presque à regretter les cours d'occlumancie, devenus pourtant si pénibles par ma faute…

Lorsque nous nous tenions ainsi face à face, lui tremblant de peur et de colère, moi encore plus mal à l'aise, mais sachant dissimuler mon état, je pouvais au moins plonger librement mon regard dans le sien, même si c'était pour me mesurer à lui, l'affronter, le soumettre et l'humilier …"

On frappa à la porte, et Harry tressaillit violemment avant de glisser le cahier noir sous son oreiller.

-J'arrive ! Cria-t-il à l'instant où Ginny entrait dans la pièce.

Plongé dans sa lecture, il avait complètement oublié le programme de l'après midi… La jeune fille se jeta dans ses bras, et ils échangèrent un long baiser.

-Tu n'as pas faim ? Dit-elle enfin en se dégageant de l'étreinte du garçon.

-Oh, si ! Vite, descendons à la cuisine, maintenant que tu es rentrée. Comment va George ?

-J'ai réussi à lui arracher un sourire. Et il travaille enfin sur une nouvelle invention, un double- parchemin-envoyeur de message…

-Mmm…intéressant. Donc, il y a de l'espoir !

-Bien sûr ! Dis, tu as toujours l'intention de partir à la recherche de ce Bodlock ?

-Plus que jamais, Ginny. Je vais te raconter les derniers évènements pendant le repas, et tu comprendras que trouver Bodlock n'a plus rien d'une fantaisie. C'est devenu une nécessité !


Ils avaient transplané à proximité de Merrytown, dans un petit bois que Harry connaissait pour y avoir campé quelques jours avec Ron et Hermione durant leur longue errance, l'hiver précédent.

Main dans la main, Ginny et Harry marchaient le long d'une route étroite en direction du village. Il faisait beau et frais, et les deux jeunes gens savouraient cette balade dans la campagne verdoyante, en cette fin d'été. Ils en auraient presque oublié les raisons de leur présence dans cette région si éloignée de la capitale…

-Dis-moi, Ginny, lança Harry en serrant la main de la jeune fille dans la sienne, tu ne m'as jamais raconté comment s'était passé le vol de l'épée de Gryffondor dans le bureau de Rogue…

-Oh la la, tu veux vraiment revenir là dessus ? J'ai le frisson rien que d'y penser…

-S'il te plait… D'abord, comment aviez-vous obtenu le mot de passe ?

-Aha ! Figure-toi qu'on avait organisé un système d'espionnage très efficace, mais plutôt risqué… On se cachait à tour de rôle derrière une armure postée non loin de la gargouille, et on essayait d'entendre ce que disait Rogue pour se faire ouvrir le passage. C'est Luna qui a réussi à capter le mot de passe, avec son oreille exceptionnelle…

Amusé, Harry observa la jeune fille de biais. Malgré ses réticences à parler de ce sombre épisode, ses joues étaient roses et ses yeux étincelaient à l'évocation de l'aventure qu'elle avait vécue ce jour là…

-Et c'était quoi, le mot de passe de Rogue?

-« Nid de serpents » … Très original, pour un serpentard, n'est-ce pas…?

-En effet… ni très original, ni très comestible… Et pour fracasser la vitrine, ça n'a pas posé de problème ?

-Pas vraiment, avec tous les sorts terribles que tu nous avais enseignés lors des séances de l'AD!

-Mais comment pensiez-vous pouvoir me faire parvenir l'épée ?

-Ca, c'était le point noir… J'avais décidé de quitter Poudlard avec l'épée, aussitôt le vol commis, et de rejoindre un membre de l'Ordre, Abelforth dans un premier temps, puis Remus... On aurait essayé de vous contacter, peut-être par le biais de la radio de Lee Jordan, et de vous faire comprendre par message codé qu'on était en possession de l'épée…

Effrayé, Harry passa un bras protecteur sur les épaules de la jeune fille.

-C'était un pari très risqué, Ginny ! Dit-il d'un ton de reproche.

-Ouais, je reconnais que c'était plutôt hasardeux. Mais on avait tellement besoin de s'activer, de se rendre utiles, pour ne pas sombrer dans la dépression… Et… Dis, Rogue en parle, de cet épisode, dans son journal ?

-Mmm…oui…

-Et qu'est-ce qu'il en dit ?

-Que vous êtes sacrément courageux, tous les trois. Et qu'Amycus Carrow n'est qu'un gros crétin de Troll !

Ginny éclata de rire.

-Tu sais, Carrow était persuadé que Rogue nous avait infligé la pire des punitions en nous envoyant dans la forêt interdite…

-Et vous, ça ne vous a pas paru bizarre, que le directeur vous sanctionne si légèrement ?

-Oh si! On s'attendait à ce qu'il nous livre aux Carrow et que ces ordures nous esquintent à coup de doloris. Ou pire, qu'on nous enferme tous les trois à Azkaban… Mais bon, on s'est dit que Rogue devait supposer qu'on serait morts de trouille à l'idée d'aller dans la forêt interdite… Il faut avouer que c'était un excellent comédien, il jouait super bien son rôle de méchant!

Quand ils furent parvenus à proximité des premières maisons du village, coquettes et bien tenues, toutes plus ou moins groupées autour de l'église, Harry ralentit le pas.

-Regardons les noms indiqués sur les boîtes aux lettres ou sur les sonnettes. Il n'y a pas énormément de maisons, on devrait avoir vite fait le tour du village…

-Commençons par cette rue là, à droite ! Tu n'as qu'à faire le côté pair, je me charge de l'autre.

Mais ils eurent beau chercher, ils ne trouvèrent aucune habitation au nom de Bodlock. Plusieurs fois, des gens avaient tiré un rideau pour les suivre des yeux. Deux personnes, en train de jardiner, leur demandèrent d'un air méfiant s'ils cherchaient quelqu'un. Quand ils parlèrent de Bodlock, aucune des deux ne put les renseigner.

-Allez voir à l'épicerie, sur la place de l'église ! Leur conseilla un vieux monsieur qui avançait tout courbé, appuyé sur une canne. L'épicière, elle connaît tout le monde par ici!

Harry et Ginny suivirent ses indications, et eurent vite fait de repérer la petite boutique qui faisait à la fois épicerie, boulangerie, marchand de journaux, café et surtout, point de rencontre pour les habitants du village. En poussant la porte, ils déclenchèrent une sonnerie stridente qui les fit sursauter. Quand leurs yeux furent accoutumés à la demi-pénombre qui régnait dans le magasin, ils découvrirent un décor pittoresque, constitué entre autre d'un vieux plancher ciré, de tables en bois, et tout autour, d'une multitude d'étagères croulant sous une incroyable diversité de boîtes, pots et conserves de verre.

Détail insolite, de nombreux tableaux aux couleurs vives étaient exposés un peu partout là où il restait de la place, représentant pour certains des paysages, pour d'autres des voiliers, ou encore des jeunes femmes alanguies et très peu vêtues…

Regardant autour d'elle avec un étonnement ravi, Ginny retenait difficilement les oh ! et les ah ! que lui inspirait ce lieu exotique. Harry l'avertit d'un froncement de sourcils. Il n'avait aucune envie de se faire remarquer dans cet environnement exclusivement moldu, où il aurait pu espérer passer inaperçu.

Plusieurs hommes étaient attablés dans l'atmosphère enfumée, buvant des bières ou des cafés. Devant la caisse, deux femmes attendaient pour payer les denrées qu'elles avaient prises dans les étalages. Une petite fille d'environ dix ans rangeait des boîtes sur un présentoir. Et derrière le haut comptoir de bois trônait une forte matrone aux joues rouges et à l'expression joviale.

Tout ce beau monde considérait les nouveaux venus avec une curiosité avide. Bien entendu, le silence s'était fait à leur entrée, rendant plus ardue la tâche des deux jeunes sorciers...

Harry s'éclaircit la gorge, et s'adressa à la tenancière.

-Bonjour Madame. Heu…nous cherchons Mr Adalbert Bodlock, qui habite dans ce village. Est-ce que vous le connaissez?

La femme tressaillit légèrement, et tarda à répondre. Quant aux clients, ils échangeaient des regards étonnés, hochant la tête en signe d'ignorance.

-Non, jeune homme, déclara finalement la femme d'une voix posée. Je ne connais personne de ce nom là.

Elle hésita, comme si elle avait voulu ajouter quelque chose, mais elle sembla se raviser et se tut.

-D'où c'est-y qu'vous v'nez, vous aut' ? Demanda un vieil homme buriné, assis non loin de l'endroit où se tenait Ginny.

-Heu… de Londres, répondit la jeune fille sans réfléchir.

-Ah… c'est bien loin, ça… Vous êtes venus en voiture, alors?

-Oui, oui, bien sûr ! S'empressa de confirmer Harry. On est garés du côté du bois. C'est un beau coin, par ici !

-Ah ça, oui. Notez qu'vous êtes pas les seuls touristes à v'nir vous balader par chez nous…

-Ouais, bougonna un autre, y vont finir par nous envahir, ces gens d'la ville, que j'te dis, moi…

- Ces jeunes là, y s'baladent pas pour l'plaisir, y cherchent après un monsieur, qu'y z-ont dit…

-Et c'est sensé êt'qui, c'te personne qu'vous avez nommée tantôt ? Un jeune comme vous, ou alors un vieux…

-…Comme nous autres ?

-Heu…eh bien…c'est un vieil ami de mon grand père qui habite la région, improvisa Ginny. On aimerait retrouver sa trace…

-Bah… en tout cas, il ne doit pas vivre à Merrytown, son nom ne me dit rien, intervint l'épicière d'un ton ferme. Il vous fallait autre chose ?

Harry et Ginny échangèrent un regard dépité, et le garçon eut un geste d'impuissance.

-Non, madame… merci beaucoup ! Dit la jeune fille en se dirigeant vers la porte, suivie de Harry.

-Salut les jeunes, et bonne chance ! Cria derrière eux un des vieux, qui aurait volontiers fait durer un peu plus la conversation avec les citadins.

Ces derniers lancèrent un « au revoir » à la cantonade puis sortirent, faisant une fois de plus hurler la sonnette. Ils s'éloignèrent de la boutique à pas lents.

-Mais qu'est-ce que Dumbledore m'a encore raconté ? Grogna Harry, qui se sentait soudain vidé de toute énergie.

-Le bonhomme a peut-être déménagé ?

-Ca m'étonnerait ! Son nom aurait dit quelque chose aux gens du coin ! Non, visiblement, il n'y a jamais eu le moindre Bodlock à vivre dans le quartier ! C'est décourageant.

Ils en étaient là de leurs réflexions quand ils entendirent des pas légers et précipités qui les suivaient sur la chaussée. Ils se retournèrent vivement. La fillette qu'ils avaient vue dans le café courait derrière eux et elle ne tarda guère à les rattraper.

-Excusez-moi, mais est-ce que vous pouvez revenir ? Dit-elle, haletante. Ma grand-mère voudrait vous parler.

-Oh… ta grand mère, c'est la dame qui tient l'épicerie?

-Oui. Elle a quelque chose d'important à vous dire. Mais elle m'a recommandé de vous faire entrer par derrière, pas par le magasin.

Ebahis, Harry et Ginny se regardèrent, puis acquiescèrent de concert avant de partir avec un nouvel entrain à la suite de la petite. Elle les fit contourner le pâté de maison, et emprunter un chemin de terre qui longeait des jardinets. Quand ils furent parvenus au niveau de l'arrière de l'épicerie, la fillette ouvrit une grille et fit pénétrer les deux adolescents dans un jardin bien fleuri. Ils le traversèrent, et entrèrent par une verrière dans une sorte de corridor, sombre et frais. Là, la petite leur demanda de patienter quelques instants, et elle passa côté magasin, sans doute pour prévenir sa grand mère.

-Cette fois, je crois qu'on tient une piste…, souffla Harry.

Les yeux de Ginny brillaient dans la pénombre.

-Espérons que cette dame a bien quelque chose à nous apprendre sur Bodlock. Si elle nous a fait revenir pour nous forcer à lui acheter des boîtes de thon ou des serpillières, je lui jette un sort de chauve-furie!

-C'est ça, et tu te retrouves définitivement privée de ta baguette, pour infraction au code de restriction de l'usage de la Magie en présence de moldus…

A cet instant, la porte intérieure qui donnait sur la boutique se rouvrit et la matrone surgit devant eux. Essuyant ses grosses mains contre son tablier, elle posa sur Harry un regard perçant.

-Qu'est-ce que vous lui voulez, à Bodlock ? Dit-elle à voix basse.

-Vous…vous le connaissez ? S'étonna le garçon, le souffle suspendu.

-Ca, vous le saurez plus tard. Dites moi d'abord pourquoi vous en avez après lui.

-Eh bien… C'est Dumbledore qui nous envoie, risqua Harry au hasard, laissant sa phrase en suspens.

Il n'était pas question d'évoquer pour l'instant la montre-retourneuse-de-temps. Hésitante, la femme mit un certain temps à réagir. Que savait-elle au juste ? Avait-elle seulement entendu parler de Dumbledore ?

-Vous êtes des sorciers ? Glissa-t-elle finalement d'un air entendu.

Après s'être consultés du regard, les deux jeunes gens hochèrent la tête en signe d'assentiment.

-Bon, ben, vous m'avez l'air d'être des bons gamins, alors je vais vous faire conduire à celui que vous cherchez. Figurez-vous que Bodlock, c'est mon homme… mais ici, tout le monde le connaît sous le nom de Stephen Burcket.

Interloqué, Harry regarda Ginny, aussi stupéfaite que lui.

-Je ne peux pas venir avec vous, j'ai trop de travail, mais Gertrud va vous amener là-haut, à son atelier, et vous pourrez lui parler. Il y a bien longtemps qu'il a changé d'identité. Seuls les sorciers connaissent son vrai nom, et ça fait bien vingt ans qu'il n'a plus vu aucun des vôtres!

La femme fit un signe de tête et disparut à nouveau, mais la petite Gertrud se trouva bien vite revenue et leur fit signe de la suivre une nouvelle fois. Ils montèrent deux étages d'un escalier étroit, et aboutirent dans une sorte de grenier très clair, très chaud, dans lequel régnait une forte odeur de peinture à l'huile et d'essence de térébenthine. Partout étaient posées ou suspendues des toiles de différentes tailles, du même genre que celles qui décoraient la boutique, avec une nette prédominance de jeunes femmes en tenue légère...

Au milieu de la pièce, un petit homme aux cheveux poivre et sel, la tête inclinée vers l'épaule, vêtu d'une vieille blouse grise toute tâchée, contemplait un tableau inachevé posé sur un chevalet, un pinceau à la main. Surpris, il se tourna vers les intrus, et Gertrud se précipita vers lui.

-Ils veulent te parler, Papi. Ils sont venus de loin pour te voir.

Le peintre considéra un moment silencieusement Harry et Ginny, tout en essuyant le bout de son pinceau sur un vieux chiffon. Son regard gris était à demi dissimulé sous d'épais sourcils sombres.

-Heu…bonjour …vous êtes bien monsieur Bodlock ? Osa timidement Harry, mal à l'aise sous le regard scrutateur de l'homme.

-Et vous, qui êtes-vous ? Dit le peintre avec brusquerie, en guise de réponse.

-Je m'appelle Harry Potter…

-Et moi, Ginny Weasley…

- Que me voulez-vous, au juste ? Et comment connaissez-vous mon ancien nom ? Je me trompe, ou ce n'est pas ma peinture qui vous intéresse…?

Indécis, Harry jeta un coup d'œil vers la fillette qui s'était assise en tailleur sur le plancher et suivait l'échange avec intérêt.

-Vous pouvez parler devant Gertrud…, bougonna l'homme, comprenant l'hésitation de Harry.

-Eh bien…Nous venons de la part d'Albus Dumbledore…

A peine Harry eut-il prononcé ce nom qu'il vit le visage du peintre se détendre et s'éclairer.

-Dumbledore ? Que devient-il, ce cher homme ?

Soulagé, Harry avala sa salive et prit une inspiration.

-Eh bien…malheureusement…Le professeur Dumbledore est mort il y a maintenant plus d'un an…

-Mort ? Mort, Albus ? S'écria l'homme d'un ton horrifié. Mais… comment est-ce possible ? Il était très âgé, certes, mais je l'ai toujours connu en pleine forme…

-Il a été assass…heu…. disons qu'il est mort pour défendre Poudlard contre une attaque de Mangemorts, mais je ne sais pas si vous êtes au courant de…

-Non, je ne suis au courant de rien, et je ne vous cache pas que je n'ai plus aucun contact avec le monde sorcier depuis de longues années, jeunes gens. Mais…asseyez-vous donc! Je crois que vous avez beaucoup à m'apprendre, et il faut que nous fassions plus ample connaissance, vous et moi.

Il désigna aux visiteurs deux chaises d'une propreté douteuse, et Ginny retint une grimace en imaginant la couleur qu'aurait pris sa jupe claire quand elle se relèverait.

-Qu'est-ce que je peux vous servir ? Une citronnade ? Un thé ? Gertrud ! Sois gentille, ma chérie, descends chercher de quoi boire!

Tandis que la fillette se précipitait dans l'escalier, le vieil homme exigea des jeunes sorciers qu'ils lui fissent un résumé complet de la situation dans le monde magique. Tout en retraçant les derniers évènements dans les grandes lignes, Harry passa sous silence son propre rôle dans la guerre. L'homme s'était assis en face d'eux et les écoutait avec une vive attention.

-Toutes ces atrocités me confortent dans l'idée que j'ai bien fait de m'éloigner du monde sorcier, dit Bodlock quand Gertrud fut remontée, chargée d'un plateau, et que chacun eut un verre entre les mains. Savez-vous pourquoi j'ai ainsi pris mes distances, jeunes gens… ?

-Eh bien….nous en avons une vague idée…

-Oh, je n'en fais pas mystère ! Le ministère m'a déçu si profondément que j'ai préféré suivre ma femme moldue, et faire mes adieux à toute forme de magie. On vit très bien sans baguette et je suis bien plus heureux maintenant, avec ma peinture. D'ailleurs, vous, jeune fille, vous feriez un excellent modèle…

Le peintre considérait Ginny d'un œil appréciateur. Mécontent, Harry fronça les sourcils.

-Si nous sommes venus vous voir, monsieur, dit-il d'un ton ferme, ce n'est pas uniquement pour vous donner des nouvelles de notre monde…

Il n'avait plus aucune envie de prolonger l'entretien.

-Eh bien, dites-moi donc ce qui vous amène, mon garçon…, dit l'homme distraitement, le regard toujours fixé sur la jeune fille qui baissait les yeux avec un mélange de gêne et d'amusement.

-Xenophilius Lovegood, que vous avez je crois connu jadis, nous a appris que vous aviez mis au point autrefois un objet permettant de remonter le temps.

-Lovegood ? S'exclama Bodlock en détachant enfin les yeux de la pauvre Ginny. Ah…comment va-t-il, ce cher vieil ami ?

-Heu… il va bien. Mais…

-Vous lui transmettrez mes salutations, promettez le moi !

-Avec plaisir ! Hum… Donc, nous sommes venus vous demander si vous pourriez nous prêter ce… cet objet que vous avez inventé, et qui permet de…

-Ma « remonteuse » ? Savez-vous que c'est précisément cette invention là qui a provoqué mon éloignement du monde sorcier ?

-Oui, nous l'avons appris…

Très excité, Bodlock-Burcket se leva d'un bond et se mit à arpenter l'atelier sous leurs yeux, tout en agitant ses grandes mains tâchées de peinture.

-Sans vouloir me vanter, j'étais un sorcier brillant, et j'adorais créer des objets magiques. Je les présentais souvent à Albus avant de les faire connaître au grand public… Quel homme charmant, ce Dumbledore…Toujours est-il que ma géniale « remonteuse » n'a pas eu le bonheur de plaire aux experts du Ministère. Ils ont voulu me la confisquer, décrétant que c'était un objet dangereux. J'ai refusé, évidemment ! Je voulais même passer outre leur interdiction et la commercialiser. Eh oui, j'avais déjà trouvé des acquéreurs, et j'aurais pu faire fortune. Mais ces imbéciles ont engagé des poursuites contre moi… et du coup, je suis parti, emportant mes clics et mes claques…

-Cette…euh… « remonteuse » fonctionnait correctement, n'est-ce pas ?

-Evidemment, jeune homme, tout ce que j'ai fabriqué a toujours impeccablement fonctionné. Et en quoi vous intéresse-t-elle? A quel usage la destineriez-vous ?

Harry jeta un bref coup d'œil à Ginny, puis se lança, les joues rougies autant par la chaleur qui régnait dans l'atelier que par l'embarras.

-Heu… il s'agirait en fait de remonter le temps pour sauver un… une personne morte injustement lors de la dernière bataille, et qui…

-…et qui n'a jamais été reconnue de son vivant, alors qu'elle a toujours combattu du côté du bien, conclut Ginny, sous le regard reconnaissant de Harry.

Le garçon s'essuya le front du revers de la main.

Sans rien dire, Bodlock se figea, puis refit quelques pas dans l'atelier avant de se retourner vers eux, l'air attristé.

-Mes pauvres enfants…murmura-t-il enfin, caressant du bout des doigts les poils de son pinceau…Mes pauvres enfants… Je vous l'aurais volontiers prêtée, mais j'ai le regret de vous dire que cette petite merveille d'ingéniosité magique n'est plus en ma possession. Elle a malheureusement disparu depuis des années…


Mouarf…ben oui, c'est tout pour aujourd'hui ! Faites moi part de vos commentaires, ça m'aidera à continuer ! A bientôt !

Morganne-bzh Merci pour ta fidélité, tu es très encourageante ! Voyons, Severus EST quelqu'un de bien, quelque soit le sort que je lui réserve, n'est-ce pas ? Evidemment, il n'est pas très diplomate, il n'a jamais su se faire aimer, et comme tu dis, il se cache derrière une carapace -qui commence tout doucement à craquer, héhé-. Heureusement qu'il y a son journal ! Ahaha, tu penses que Phineas se sent seul dans son tableau ? C'est vrai, au fond, il aimerait que Harry s'intéresse un peu plus à lui. De là à ce qu'il lui demande de venir le ressusciter, lui aussi, il n'y a pas loin ! Pauvre survivant, il va avoir du boulot, si ça continue ! Bises, et à bientôt, j'espère !