Hello tout le monde! Merci à ceux qui ont pris le temps de laisser une review, vous savez combien je les apprécie! D'ailleurs, vos avis sont très contradictoires, c'est à la fois passionnant et un peu déroutant. Quoiqu'il en soit, je ne sortirai pas de la ligne que je me suis fixée, mais il est important pour moi de connaître vos opinions -si diverses- sur l'évolution de cette histoire!
Bonne lecture, on se retrouve en bas de page!
CHAPITRE DIX NEUF
Une veuve très joyeuse
-Bravo, Harry ! Tu ne m'as pas déçu ! S'exclama Dubois en se précipitant si violemment sur l'attrapeur qu'il faillit le jeter à terre. C'est bien la première fois que l'équipe des suppléants remporte la victoire sur les titulaires. Tu es imbattable !
-J'ai surtout eu la chance de repérer le vif avant qu'il soit trop tard…, tempéra Harry en se raccrochant de justesse au porte-manteau pour éviter de s'étaler de tout son long.
-Ouais, tu peux même dire que c'était un beau hasard…parce que je t'ai surpris plusieurs fois à bailler aux corneilles ou à regarder vers les tribunes. Je ne veux pas que ça se reproduise, Harry !
-Ok, Ok, bougonna le survivant, avant de se baisser pour lacer ses chaussures, et accessoirement, fuir le regard impérieux de l'entraîneur.
-Quant à toi, Ron, ce n'était pas mauvais, continua Olivier, tourné vers le gardien, mais tu as eu affaire à des poursuiveurs redoutables ! Je suppose que tu t'en es rendu compte …d'ailleurs, je t'avais prévenu !
-Ouais…, soupira le rouquin tout en enfilant son T-shirt. J'ai laissé passer un souafle sur deux…La honte…
-Bah…tu sais, c'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein…, dit Harry qui se relevait, les cheveux en bataille. On peut aussi présenter ça dans l'autre sens : tu as réussi à bloquer un souafle sur deux ! Pas mal, non ? Tu feras encore mieux la prochaine fois ! Ton rôle est beaucoup plus dur que le mien.
-Tu sais quoi, Harry, ça ne m'étonnerait pas que tu passes très vite titulaire, s'extasia Dubois. Tu es largement au dessus du niveau de Rank…
-Schhhhh…pas si fort ! Protesta Harry, mal à l'aise.
Il regarda autour de lui avec inquiétude. Heureusement, la plupart des joueurs étaient encore sous la douche et dans le vacarme de l'eau sous pression, ils n'avaient pu entendre la remarque de l'entraîneur.
-Je n'ai fait que dire tout haut ce que chacun pense tout bas…répliqua Dubois en haussant les épaules.
-Allez, nous, on y va, coupa Harry. Tu viens, Ron ? Ohé, les gars, cria-t-il à pleine voix, n'oubliez pas qu'on se retrouve tous square Grimmaurd, pour manger et boire un coup ! Vous ne trouverez pas le numéro douze, mais attendez-moi sur la place, je viendrai vous chercher et je vous ferai entrer.
Des exclamations d'allégresse confirmèrent au garçon que les joueurs, gagnants ou perdants, comptaient bien venir passer la soirée chez lui…
-Dis, Harry, je peux amener Alicia ?
-Evidemment, Olivier. Ca fera plaisir à tout le monde de la revoir. A tout de suite !
Suivi de Ron, il sortit des vestiaires et les deux garçons rejoignirent la grande allée qui permettait d'accéder au terrain, et sur laquelle se pressaient les spectateurs, commentant avec ardeur le match auquel ils venaient d'assister. En fendant la foule, Harry sentit nombre de regards admiratifs se poser sur lui. A sa grande gêne, il se fit plusieurs fois complimenter ou même ovationner. Il eût aimé transplaner directement pour échapper aux curieux et aux fans, mais Ron et lui avaient bêtement donné rendez-vous à leurs amis près des guichets de vente de billets.
Enfin, ils aperçurent Hermione leur faisant de grands signes. Près d'elle se tenaient George en compagnie d'Angelina, et légèrement en retrait, une quatrième personne que Harry identifia comme étant Rogue, bien que l'homme fût méconnaissable. Il portait en effet le masque de latex du Survivant. C'était la solution qu'ils avaient trouvée pour qu'il pût assister au match sans courir le risque de provoquer une émeute ou de se faire assassiner.
-Bravo, les gars ! Félicitations, Harry ! S'écria George tandis que de son côté, Hermione se jetait dans les bras de Ron. Tu es toujours aussi…incroyable quand tu voles à la poursuite du vif. Je t'assure que j'en avais le souffle coupé.
-Pas mal, ta feinte de Wronski ! Ajouta Angelina, en fine connaisseuse. Tu t'es encore amélioré depuis Poudlard.
Flatté, l'attrapeur se mit à rire tout en jetant un coup d'œil à son ancien professeur. Ce dernier le regardait, impassible. Avait-il remarqué la virtuosité d'une certaine poursuiveuse de l'équipe titulaire?
-Et comment avez-vous trouvé nos adversaires ? Dit Harry en s'adressant à la fois à George, Angelina et Rogue. Ils ne sont pas mauvais, hein ?
-Ouais. Vraiment balèzes ! Approuva George avec ferveur. Surtout les poursuiveurs. Et leurs batteurs sont de sacrées brutes. Tu as failli te prendre un cognard en plein crâne, j'ai bien cru qu'il allait t'exploser la tête…
- Heureusement, je l'ai entendu arriver. Il était moins une…
-Vos adversaires sont incontestablement meilleurs que vos coéquipiers, intervint Severus d'une voix étrangement haut perchée. Seul l'attrapeur n'est pas au niveau…une véritable limace. Ce qui vous a permis de sauver la situation, Potter.
Harry se força à ignorer sa voix bizarre et son visage si différent de celui qu'il connaissait. L'homme qui se tenait devant lui avait les yeux clairs, des lèvres épaisses, un nez retroussé et des cheveux courts et blancs. Seule sa haute silhouette correspondait bien à celle de Rogue.
-Qu'avez vous pensé de leurs poursuiveurs, professeur ?
-Excellents tous les trois. Les vôtres sont malheureusement beaucoup moins brillants.
-C'est normal, ils sont plus jeunes, moins expérimentés. Savez-vous qu'un des poursuiveurs titulaires est une prof de l'AFDA ?
-C'est ce qu'a annoncé le commentateur du match, Potter. Pour nous faire patienter, il a pris soin de présenter chacun des joueurs, avec force détails superflus…Je vous fais grâce de ce qu'il a dit sur vous, vous en rougiriez certainement… J'ai d'ailleurs été surpris d'apprendre que les enseignants de votre Académie ont du temps à consacrer au quidditch, en plus de leurs charges professionnelles et familiales…
-En tout cas, si leur équipe est si performante, c'est bien grâce à eux ! Répliqua Harry d'un ton enjoué. Le professeur Blake est un bon batteur ! Quant à Félicity Smith, c'est à la fois une super prof et une joueuse de haut niveau ! Et puis pour nous, les étudiants, c'est une manière différente de connaître nos professeurs, ça les rend plus humains, plus accessibles…
Il nota que l'étrange visage de Severus avait pris une expression agacée, bien reconnaissable malgré la transformation due au masque, et il se demanda ce qu'il avait bien pu dire à l'homme de si déplaisant...
-Harry, il faudrait y aller maintenant, lança Ron. Tes invités vont s'impatienter !
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-Et un toast en l'honneur de notre entraîneur, le grand Olivier Dubois, qui nous a tellement mis la pression avant ce match soi-disant amical qu'on avait tous une chiasse terrible et qu'on…
-Ron ! Avertit Hermione, furieuse.
-…Et qu'on aurait mordu la poussière si Harry avait attendu une minute de plus pour attraper le vif !
Tous les convives, ou presque, levèrent haut leurs verres en rugissant de rire. Il sembla à Harry qu'en dehors d'Hermione, seul Rogue faisait grise mine. Ayant retiré le masque, l'homme avait retrouvé son vrai visage, et il se trouvait assis juste en face de lui.
Au début du repas, Harry avait laissé chacun s'installer là où il le désirait autour de la table, agrandie et dressée dans le salon pour l'occasion. Et quand à son tour il s'était approché pour s'asseoir, il ne restait plus qu'une seule chaise de libre, entre Smith et Dubois. La place d'honneur, en quelque sorte, que la prof de droit et l'entraîneur lui avaient visiblement réservée…Ne voulant pas les vexer, Harry n'avait pas eu d'autre choix que de la prendre. Du coup, il s'était maudit intérieurement. Pourquoi ne pas avoir osé placer lui-même les convives ? Il avait craint de leur déplaire, mais à présent, compte tenu de la largeur de la table, Rogue se trouvait trop éloigné de Smith pour pouvoir engager la moindre conversation avec elle.
Enfin, au moins, avait songé Harry, l'homme pourrait admirer la jeune femme tout à loisir, de là où il se trouvait …
-Je propose que nous levions nos verres en l'honneur de notre nouvel attrapeur suppléant, qui nous reçoit si gentiment ce soir ! S'écriait justement Félicity, les joues roses et les yeux pétillants.
Il y eut une grande clameur, des youyous et des « bravos ! ». Harry rougit sous les applaudissements. Soudain, George se mit debout et frappa du couteau contre son verre pour imposer le silence.
-Non seulement Harry a attrapé le vif d'or, mais n'oublions pas que c'est aussi grâce à lui que nous pouvons encore jouer au quidditch ! S'écria-t-il d'une voix vibrante d'émotion. S'il ne nous avait pas débarrassés du Seigneur des Ténèbres, je doute que l'AFDA existerait encore et que nous serions vivants pour passer de si bons moments ensembles…
Le jumeau de Fred paraissait étrangement bouleversé. Quand il se rassit sous les ovations de l'assemblée, Angelina l'étreignit avec tendresse. Puis ce fut au tour de Dubois de se lever pour faire un petit discours à la gloire de Harry, rappelant que c'était lui, Olivier, qui avait eu la chance et l'honneur de l'initier au quidditch et que le survivant avait vécu avec lui autant d'heures de triomphe que de moments tragiques sur le terrain de Poudlard. Les acclamations reprirent de plus belle, toujours plus bruyantes et chaleureuses.
-Je crois qu'en votre personne, Harry, nous avons recruté une perle rare …, chuchota Félicity à son oreille, en se penchant vers lui.
Il se tourna vers sa voisine et frissonna. La jeune femme le fixait de ses beaux yeux bleus malicieux. Ses dents blanches brillaient entre ses lèvres entrouvertes. Ils en étaient au dessert, ils avaient tous un peu trop bu, et Harry sentit confusément qu'il devait agir s'il ne voulait pas que les choses dérapent. Il n'aurait pas dû écouter Kreattur, qui avait tenu à faire asseoir les convives autour d'une table plutôt que de dresser un buffet, ce qui aurait permis aux gens de se déplacer librement. Les chances qu'avait Rogue d'approcher Smith s'amenuisaient de minute en minute...Mais sous l'effet du vin, les pensées du garçon étaient trop embrouillées, et il ne trouva rien à faire dans l'immédiat pour redresser le cap.
-De qui tenez-vous ces extraordinaires yeux verts ? Continuait la prof de droit d'un ton à la fois admiratif et languide.
-Heu…de ma mère, je crois…, bredouilla Harry, fixant obstinément la nappe. Il se demanda si toute la table avait entendu la question de la jeune femme. Mais autour de lui, les conversations bruyantes ne faiblissaient pas. Des rires et des plaisanteries fusaient de toute part, et personne ne semblait prêter attention à leur discret échange…
Personne, sauf Rogue. Le garçon n'osait pas lever les yeux vers l'ex-espion, mais il sentait la brûlure de son regard sombre posé sur eux, sur lui. Non, vraiment, il n'avait pas voulu cela…
Un des batteurs titulaires entonna une chanson, et une bonne partie de la tablée se joignit à lui, vociférant à gorge déployée. Harry pensa que Severus n'allait pas tarder à prendre congé de la compagnie, excédé, mais l'homme ne bougeait pas de sa chaise.
Deux autres chansons succédèrent à la première. Puis les conversations reprirent, encore plus animées et joyeuses. Smith demanda avec sérieux à Harry ce qu'il pensait des cours à l'AFDA et de la formation en général, et ils discutèrent un moment tranquillement, presque comme deux camarades de promotion.
-Comment se fait-il que vous ayez choisi la carrière d'auror, Harry ? Continuait-t-elle d'un air intéressé. Pourquoi ne pas avoir visé quelque chose de plus … ambitieux ?
-Aucune autre profession ne me tentait.
-Pourtant, avec votre expérience et votre célébrité, vous pourriez envisager une carrière politique !
-Je laisse la politique à ceux qui préfèrent parler plutôt qu'agir. Je n'ai jamais été très doué pour l'éloquence…
La jeune femme se mit à rire, et par contagion, Harry lui renvoya un sourire. Soudain, elle se pencha vers lui, passa une main derrière son cou et l'embrassa sur la joue avant qu'il ait eu le temps de réagir.
-Vous êtes vraiment adorable, dit-elle d'un ton attendri. Je suppose que vous avez une petite amie ?
-Heu…oui, elle est à Poudlard, balbutia le garçon, écarlate.
Extrêmement mal à l'aise, il jeta un coup d'œil furtif en direction de Rogue.
L'homme le fixait méchamment.
Pourquoi était-il si furieux ? De là où il se trouvait, avec le bruit ambiant, il ne pouvait entendre distinctement ce que Harry et Félicity se disaient. Etait-il déjà épris de la jeune femme et en voulait-il à Harry de monopoliser son attention et de chercher à gagner ses faveurs? Le garçon pressentait qu'il n'en était rien, et que si l'homme semblait broyer du noir, c'était pour une toute autre raison.
Cette soirée virait à la catastrophe. Il devait absolument agir, et tout de suite. Sans réfléchir, il prit une grande inspiration et se mit debout.
-Je vous remercie tous pour votre gentillesse, s'écria-t-il d'une voix qui chavirait légèrement. Maintenant, si vous le permettez, j'aimerais quitter un instant le domaine du quidditch pour porter un toast en l'honneur d'une personne qui s'est faite discrète depuis le commencement de cette soirée, mais qui a droit à toute notre admiration et notre reconnaissance. Je veux parler de Severus Rogue, ici présent.
Il y eut un instant de flou, durant lequel tous les regards convergèrent vers l'ex-espion, dont l'expression maussade ne fit que se renfrogner davantage. Puis Hermione et Ron lancèrent d'un même élan un sonore « hip, hip, hip, hourra ! » qui fut vite repris par tous les convives. Rogue inclina sobrement la tête en signe de remerciement, puis jeta à nouveau à Harry un regard assassin.
- A l'occasion de cette fête, reprit le survivant d'une voix un peu plus assurée, je voudrais rappeler à quel point le rôle courageux du professeur Rogue dans la guerre contre Voldemort a été décisif. Si j'ai pu accomplir ma mission, c'est avant tout grâce à lui ! Il a œuvré dans l'ombre, considéré par tous comme le pire des traîtres, alors que seul le professeur Dumbledore lui faisait confiance. Pas un instant il n'a failli à la tâche ingrate qu'il s'était fixée, courant des risques extrêmes et…
-C'est bon, Potter, coupa Rogue d'un ton sec, vous n'allez pas ennuyer tout le monde avec vos discours insipides !
Un silence interloqué accueillit la réplique cinglante de l'ex-espion. Sous le choc, Harry fit un geste d'impuissance avec un demi-sourire et grommela une excuse, avant de se rasseoir sans regarder Rogue. Heureusement, les conversations ne tardèrent pas à repartir, et on se resservit du dessert et des boissons.
-Et vous disiez que vous n'étiez pas doué pour l'éloquence ? Murmura Smith à l'adresse de Harry.
-Vous en avez eu la preuve…, répondit piteusement le garçon sur le même ton.
-Au contraire, je vous ai trouvé très inspiré ! Mais dites-moi, Severus Rogue a été enseignant à Poudlard, n'est-ce pas? C'est bien ce que vous m'avez dit lorsque vous nous avez présentés l'un à l'autre, tout à l'heure ?
-Oui. Il était prof de potion, puis de DCFM, avant d'occuper le poste de directeur pendant une courte période.
-D'accord, c'est bien ce que j'avais compris. Il a dû arriver comme prof de potion juste après que j'aie obtenu mes Aspics. D'ailleurs, j'ai entendu parler de lui. Je croyais qu'il avait été Mangemort, et qu'il avait très mal fini… C'était apparemment de fausses rumeurs. Vous semblez avoir beaucoup d'estime pour lui ?
Smith lui tendait une perche, il devait absolument la saisir. L'occasion était trop belle!
-Durant la guerre, il s'est comporté en héros, dit-il avec chaleur. Nul n'a couru autant de risques que lui. En plus, il a été accusé à tort. Toutes les apparences étaient contre lui. Son procès vient à peine de se terminer, et son engagement a enfin été reconnu à sa juste valeur.
Légèrement désarçonnée, Félicity attendit quelques instants avant de réagir. Elle regardait Rogue à la dérobée, comme si elle cherchait à évaluer sa bonne foi. Harry se sentait de plus en plus nerveux.
-En tout cas, dit-elle en se tournant à nouveau vers le garçon, il semble avoir à peu près le même caractère que Harper. Sur quels critères recrute-t-on les maîtres de potion, à votre avis ?
-Je n'en sais rien…Leurs compétences, je suppose… ?
-Je crains qu'on les sélectionne plutôt sur leurs facultés à dévaloriser leurs élèves et à les mettre en difficulté. Tous ceux que j'ai connus étaient d'épouvantables teignes…
-Comme enseignant, Rogue n'était pas tendre, mais il avait un grand talent pédagogique…, mentit Harry tout en cherchant désespérément une issue à cette conversation.
Mais Dubois, son voisin de droite, était occupé à raconter une blague vaseuse à Rank, l'attrapeur malheureux de l'équipe des titulaires, tandis qu'à ses côtés, Alicia Spinnet était secouée d'un rire hystérique…
-C'est sûr que lorsqu'on a la malchance de naître avec un physique aussi ingrat, on doit avoir tout naturellement tendance à devenir acariâtre…, soupira Smith d'un ton empreint de compassion, avant de porter son verre de vin à sa bouche.
Harry se mordit les lèvres. Il eût aimé que Smith retînt autre chose de Rogue que la laideur de son visage. Il vit alors que l'homme avait engagé une conversation avec son voisin de gauche, un batteur suppléant qui était aussi un de ses anciens élèves, et il en éprouva un léger soulagement. Au moins, pendant quelques secondes, l'ex-espion n'aurait plus les yeux rivés sur lui …
-Je ne trouve pas qu'il ait un physique si ingrat…, murmura-t-il en rapprochant sa tête de celle de la jeune femme, pour être certain que personne ne l'entende.
-Oh…vraiment ? S'étonna-t-elle en considérant Harry avec curiosité, comme si elle le découvrait soudain sous un autre jour. Dites-moi, est-il marié, ou... vit-il avec quelqu'un... ?
-Non…pas à ma connaissance.
-Pauvre homme…remarquez, ça ne m'étonne pas.
-Je crois que s'il ne s'est pas marié, dit Harry d'une voix faible, la gorge serrée, c'est par fidélité à une femme qu'il aimait passionnément et qui est morte il y a longtemps déjà…
-Ah…Comme c'est touchant ! Mais... je suis surprise que vous soyez au courant de cette histoire…Vous devez être très proche de lui ?
Elle lui jeta un regard inquisiteur.
-Très proche ? Ah ? Heu…non, pas particulièrement. J'ai appris cette histoire…par hasard.
Secouant ses jolies boucles blondes, elle colla son épaule à la sienne.
-Un jour, Harry, il faudra que nous prenions le temps de discuter un peu plus longuement, vous et moi, glissa-t-elle dans un souffle. J'ai l'impression que vous avez énormément de choses à révéler, et comme vous êtes quelqu'un de réservé et de modeste, vous ne vous livrez pas facilement.
Elle le regardait de nouveau avec cette expression troublante, à la fois rieuse et mutine. Harry se sentit tout bizarre. Il se contenta de sourire d'un air vague, tout en se demandant qui allait venir le sauver, maintenant, tout de suite, de cette situation abominable.
-Harry ! Cria alors Hermione de l'autre bout de la table. Il est très tard, et nous travaillons tous demain. Je crois qu'il est temps que tu congédies tes invités !
Une fois de plus, le garçon bénit Hermione et son sens de l'à propos. Elle semblait avoir entendu sa prière muette.
-Cette petite n'est guère polie ! Ricana Smith. Mais elle a raison, nous devons partir et vous laisser vous reposer.
La plupart des convives se levèrent, remerciant Harry pour son accueil et le délicieux repas. Certains regrettaient que la soirée ne se prolongeât pas, ils auraient volontiers fait disparaître la table pour pouvoir danser ou lancer un jeu, mais le match en avait épuisé plus d'un et, réflexion faite, la plupart des joueurs n'étaient pas si fâchés d'aller se coucher...
Durant de longues minutes, Harry fut monopolisé par le départ des uns et des autres. Visiblement un peu saoule, Félicity Smith le serra dans ses bras, lui caressa la joue et lui passa la main dans les cheveux en riant gaiement. George et Angelina lui chantèrent les louanges de Kreattur et Dubois lui donna une accolade virile avant de lui rappeler sévèrement l'entraînement du mercredi soir. A leur tour, les autres convives lui serrèrent la main et lui donnèrent des bourrades affectueuses. Pendant tout ce temps, Harry avait perdu Rogue de vue, et quand le dernier invité fut parti, le garçon s'aperçut que seuls Hermione et Ron se trouvaient encore auprès de lui, dans l'entrée.
-Où est passé Rogue ? Murmura-t-il.
-Aucune idée, dit Ron en baillant.
-J'ai bien peur qu'il soit parti se coucher sans crier gare…, dit Hermione en fixant Harry d'un air préoccupé.
-Venez, on remonte là-haut.
Une fois dans le salon encore tout chamboulé, ils se laissèrent tomber dans le canapé et les fauteuils. Harry lança un sort de silence en direction de la porte.
-Ben dis donc…ton projet de mettre Rogue avec Smith…, grogna Ron avec un demi-sourire.
Ni Harry, ni Hermione ne répondirent. Ils se regardaient silencieusement, aussi consternés l'un que l'autre.
-Pas vraiment un succès…continua le rouquin. A part ça, c'était sympa, cette soirée.
-Ouais…tu trouves ? Grommela Harry entre ses dents.
-Dis-donc, Smith, elle est déchaînée, quand elle s'y met, reprit Ron. Je ne l'imaginais pas comme ça ! Et franchement, on aurait dit que c'était plutôt à toi qu'elle s'intéressait, mon vieux.
-Oh…n'exagérons rien ! Elle avait un peu trop bu, et elle avait envie de s'amuser…
-Heureusement que Ginny n'était pas là ! Elle n'aurait sûrement pas apprécié de voir une prof se jeter à ton cou pour t'embrasser ! Qu'est-ce qu'elle t'a raconté à l'oreille, pendant la moitié du dîner ?
-Heu…Pas grand chose…elle m'a posé des questions. Sur Rogue, entre autres…
-Aaaah… ! S'exclama Ron avec espoir.
-Ca m'étonnerait qu'elle s'intéresse à lui, d'après ce que j'aie pu voir, intervint sombrement Hermione. Quant à Rogue, il avait l'air furieux. Oh Harry…je suis désolée de te dire ça, mais je crains qu'il n'ait pas vraiment passé une bonne soirée…
-Tu crois qu'il est tombé amoureux de Smith, et qu'il n'était pas content de voir Harry flirter avec elle ? Questionna Ron, la moue chagrinée.
-Je crois en effet qu'il n'était pas du tout heureux de voir Harry flirter avec elle…, répéta Hermione avec un sourire en coin.
-Mais je n'ai pas…, commença Harry.
-TU n'avais peut-être pas l'intention de flirter, mais ELLE, elle ne s'est pas privée de te faire des avances, tu as dû t'en rendre compte, quand même…, trancha la jeune fille en fronçant les sourcils. Pour une veuve éplorée, elle ne manque pas de culot ! Et c'est ta prof, en plus ! Elle a bien la trentaine ! Elle s'est comportée comme une gamine de seize ans!
-Quel tombeur, ce Potter…, pouffa Ron. Séduire les profs, en plus des élèves…tu exagères, vieux.
-Je t'assure que je n'ai rien fait pour…
-Je sais, je sais, tu n'y peux rien, c'est ton charme irrésistible…A moins que ce soit ta célébrité ?
-Dis plutôt que c'est dû à mon intelligence extra-supérieure...
-Ca, permets-moi d'en douter, ricana Ron en baillant encore une fois à s'en décrocher la mâchoire. Bon, moi, je vais aller dormir. Je pique du nez, et il est plus de minuit. Heu...C'est le bazar, ici. On laisse tout comme ça ?
-Oui, Kreattur m'a dit qu'il s'occuperait de ranger demain matin.
-Il va falloir prévoir de lui offrir une médaille, à celui-là, en plus de son précieux médaillon...Bientôt, il sera couvert de décorations !
-Dites, il faudra quand même lui donner un coup de main ! S'offusqua Hermione. Avec tout ce qu'il a fait aujourd'hui pour accueillir dignement tes amis, Harry ! On ne va pas le laisser avec un boulot pareil !
-Bah…demain il sera tout seul toute la journée, ça l'occupera. Trop d'oisiveté, ça conduit à la déprime. Allez, tu viens, Hermy ?
-Vas-y, Ron, je te rejoins tout de suite. J'ai deux mots à dire à Harry.
Ron leva les sourcils, puis eut un geste d'indifférence et quitta la pièce. Harry regardait le tapis d'un air abattu. Hermione chuchota :
-Que vas-tu faire, maintenant ?
-Le mieux serait peut-être que j'aille lui parler, tu ne crois pas ?
-Sûrement pas ! Se récria la jeune fille. Pour lui dire quoi, d'abord ?
-Je n'en sais rien…m'excuser…
-T'excuser ? A quel sujet ?
-...Ben…
-Tu n'as aucune raison de t'excuser, Harry. D'un point de vue sentimental, tu ne lui dois rien. S'il y a quelqu'un à qui tu devrais présenter des excuses, c'est plutôt à Ginny.
-Mais écoute, Hermione, je n'ai absolument rien fait pour que Smith me…heu…Je n'allais quand même pas lui envoyer une baffe à la figure! Et puis, elle n'a rien fait de mal!
-Je sais bien, Harry. C'est la preuve évidente que tu n'as pas à t'amender, et encore moins auprès de Rogue que de quiconque.
-N'empêche que sans le vouloir, j'ai tout fait pour le provoquer…
-Peut-être, mais tu n'y peux rien, et de toute façon, tu n'es pas censé savoir ce qu'il ressent pour toi. Est-ce qu'il t'a fait une déclaration? Une demande en mariage? Non. Le problème, ce sont justement tous ces non-dits qui planent entre vous deux. Ce n'est pas en allant lui rendre visite à minuit dans sa chambre que tu vas arranger les choses.
-Que dois-je faire, alors, à ton avis ? Soupira Harry en appuyant son menton dans les paumes de ses mains d'un air las.
-Rien. Demain matin, tu te conduiras normalement, comme si rien ne s'était passé. On verra bien si Rogue veut ou non vider son sac... Et puis dès que l'article sera paru dans la Gazette, il partira d'ici. N'oublie pas que je suis abonnée, nous serons tout de suite au courant. Maintenant qu'il a été réhabilité, il va devoir s'occuper de se réinstaller chez lui et de faire breveter sa potion de rajeunissement…Bref, tout va bientôt rentrer dans l'ordre.
-Mmm…si tu le dis. J'ai peur que ça ne soit pas aussi simple.
-Tu as fait tout ce que tu as pu, Harry. Mets-toi bien ça dans la tête.
Le garçon se leva et fit quelques pas nerveux.
-J'ai fait surtout beaucoup de conneries, dit-il d'un ton douloureux, dont la première fut sans doute de remonter le temps pour le sauver contre sa propre volonté. Et ce soir, je me suis montré particulièrement stupide…Enfin…ce qui est fait est fait. A propos, Hermione, j'oubliais ! Merci de m'avoir tiré d'affaire, tout à l'heure à table, quand tu as hurlé qu'il était tard et que les gens devaient penser à rentrer chez eux…
-Ah ha ha !…oui, j'ai eu peur que tu le prennes mal, c'était vraiment impoli de ma part, de mettre tout le monde à la porte! Mais c'était le seul moyen que j'aie trouvé pour mettre fin à ton supplice, à moins d'envoyer la carafe d'eau se vider sur la chemise de Smith, ce qu'elle n'aurait sûrement pas apprécié. Je voyais bien qu'elle devenait de plus en plus empressée, et je sentais venir le moment où Rogue allait faire exploser le salon ou lui jeter un avada kadavra à la figure.
-Tu as bien fait. Ce qui me désole, c'est que mon plan si brillant ait échoué sur toute la ligne !
-Je te l'avais bien dit, Harry. Ce genre de truc, ça ne se commande pas. Et puis comment voulais-tu qu'il tombe sous son charme, alors qu'il est fou amoureux de…
-OK, ça va, Hermione! S'il te plaît!
-Bien. Je ne t'embêterai plus avec ça. Maintenant, allons dormir, déjà que la nuit va être courte !
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« Square Grimmaurd-13 septembre-24h-
Je n'ai plus rien à faire ici. J'aurais dû partir depuis longtemps. Demain matin, à l'aube, je m'éclipserai sans laisser de trace.
Cette horrible soirée m'a rappelé les pires moments où, alors que j'étais élève à Poudlard, je voyais Lily rire et soupirer de bonheur entre les bras de James Potter. Au lieu de m'enfuir très loin, je restais tapi dans l'ombre à les observer, à demi fou de douleur. Si c'est pour m'offrir ce genre de divertissements que Harry est venu m'arracher à la mort, il eût mieux fait de s' abstenir.
Je ne sais s'il s'est comporté sciemment de manière aussi cruelle, ou si cet épisode n'est qu'un révélateur de sa nature insouciante et volage. Car si je fus moi-même outré de le voir succomber aussi facilement aux avances pitoyables de cette femelle en chaleur, moi qui ne puis revendiquer aucun droit sur lui, qu'en eût-il été de Ginny Weasley, sa petite amie en titre?
L'après-midi avait pourtant bien commencé. Bien sûr, dès notre arrivée au stade, la proximité de George Weasley m'a mis très mal à l'aise. Dans un premier temps, je n'ai pu détacher mon regard du trou sombre que tentaient vainement de dissimuler quelques mèches de cheveux roux, là où aurait dû se trouver son oreille. En me serrant la main, il a grimacé une sorte de sourire triste. Ce garçon grave et songeur n'avait plus rien de commun avec le boute-en-train à l'humour décapant que j'avais connu autrefois à Poudlard, éternellement flanqué de sa réplique à l'identique...
Très vite, cependant, notre attention à tous fut captivée par le match qui se déroulait sous nos yeux. Les suppléants perdaient lamentablement contre une équipe de titulaires très impressionnante de maîtrise et de virtuosité. J'ai bien sûr aussitôt remarqué la technique brillante de cette femme, l'enseignante au charme ravageur. Elle était partout à la fois, et à elle seule, elle a marqué six buts contre un Ronald Weasley complètement dépassé par les évènements. Quant à Harry, il avait l'air d'un ange, évoluant dans les airs avec sa grâce habituelle, cheveux au vent, multipliant les acrobaties et les figures de haute voltige, aussi à l'aise sur son balai qu'une hirondelle pourchassant les insectes à la tombée du jour. Quand le vif d'or est apparu dans son champ de vision, passant comme un éclair au ras du sol, il a exécuté une descente en piqué si vertigineuse que mon cœur s'est réellement arrêté de battre. Le temps que l'attrapeur adverse comprît ce qui était entrain de lui arriver, Potter s'était emparé du vif et le brandissait à bout de bras, rayonnant de fierté...
Ensuite, les choses ont commencé à se gâter. Potter et Weasley nous ont rejoints dans l'allée du stade, les joues rouges, les cheveux encore humides et ébouriffés. Harry avait cette allure désinvolte et insolente du vainqueur entièrement satisfait de lui-même et tout gonflé de son succès. Nous avons échangé quelques banalités sur le match, puis, avec ce sens aigu de la délicatesse qui le caractérise (!), il a attiré mon attention sur la fameuse poursuiveuse-enseignante. Dès cet instant, j'avais compris qu'il vouait à cette femme une admiration singulière.
Nul doute qu'au cours des entraînements de quidditch, la distance séparant normalement élèves et enseignants se trouve tout naturellement abolie, et que les joueurs entretiennent des rapports de franche camaraderie. Que ces rapports évoluent vers un jeu de séduction n'a certainement rien d'exceptionnel, et il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup d'imagination pour deviner ce qu'ils peuvent devenir quand se trouve parmi les membres de l'équipe quelqu'un d'aussi attirant que Harry Potter. Les joueuses, en forte minorité, font inévitablement l'objet d'avances de la part des joueurs mâles. Rien de surprenant, donc, à ce que cette femme dépourvue de sens moral ait profité de la situation pour nouer avec le garçon des liens "particuliers", faisant fi de la différence d'âge et de la réserve traditionnellement de mise entre étudiant et professeur...
Durant l'apéritif qui précéda le repas, Harry crut bon de me présenter à cette Felicity Smith, comme si sa qualité d'enseignante faisait d'elle quelqu'un avec qui je devais forcément partager un terrain d'entente. Je fus aussi froid envers elle qu'elle le fut envers moi, et notre entretien ne dura guère plus d'une minute. Harry ayant été sollicité par un autre groupe et nous ayant laissés en tête à tête, je ne tardai guère à tourner le dos à cette aguicheuse qui semblait de toute façon s'ennuyer ferme en ma présence. Je restai ensuite dans mon coin, observant la scène tout en sirotant cet excellent vin que la cave des Black semble abriter en quantité inépuisable.
Le supplice fut porté à son comble au cours du repas. Harry s'était assis à côté de cette femme, qui lui avait ostensiblement gardé une place, comme s'il existait entre eux un accord secret. Au début, la conversation fut assez générale, impliquant tous les convives, mais au fur et à mesure que l'heure avançait, les apartés se faisaient de plus en plus nombreux. Harry et sa voisine, assis juste en face de moi, ne faisaient même plus l'effort de préserver un semblant de décence. Je ne pouvais entendre ce qu'ils se disaient, mais je la voyais pencher la tête vers lui et chuchoter à son oreille des mots doux, drôles ou tendres. Lui, il souriait béatement ou la regardait d'un air enamouré. Elle agitait ses boucles blondes et jouait de ses yeux bleus et vides. Quand elle lui a attrapé la nuque pour l'embrasser, j'ai failli recracher mon dessert, et j'ai senti la révolte gronder en moi. Ayant intercepté mon regard furieux, le garçon s'est levé d'un bond, les joues empourprées, pour se lancer dans un discours emberlificoté... en mon honneur! Quel merveilleux sens de l'humour! Sans doute espérait-il se faire pardonner en chantant mes louanges. Je lui ai très vite rabattu le caquet. Que s'imaginait-il? Que j'allais le remercier de me rendre un hommage vibrant, après m'avoir offert un si plaisant spectacle?
Un moment, j'ai songé à écrire à Ginny Weasley une lettre la renseignant au sujet du comportement hypocrite de son petit ami. Pourquoi pas une lettre anonyme, après tout? Mais quelque chose me retient de le faire. La mesquinerie du geste...La pensée, le souvenir de ce que Harry a fait pour moi, et que je ne peux oublier... Même si cette nuit, je ne ressens plus pour lui que mépris et dégoût, je ne m'abaisserai pas à jouer les délateurs. Quoiqu'il en soit, leur jeune couple ne va certainement pas résister à l'usure du temps et de l'éloignement. Il ne sera pas dit que j'aurai été l'artisan de leur séparation.
Mais peut-être, au fond, ont-ils déjà rompu ? Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ! Si tel est le cas, le garçon n'aurait absolument rien à se reprocher ! Comme dit la maxime, une de perdue, dix de retrouvées…Et ma colère n'en serait que plus pathétique, dans sa ridicule et tragique impuissance !
Peu importe... aujourd'hui, une page se tourne. Je ne reverrai sans doute jamais celui qu'on appelle le Survivant, le fils de Lily. Une chose est certaine: je ne chercherai pas à le revoir.
Et si lui, de son côté, tentait de me rencontrer à nouveau ? Au vu de sa légèreté de cœur et d'esprit, cela ne serait guère surprenant de sa part …
Si je tiens à rester fidèle à ma ligne de conduite, je ferai tout pour maintenir la distance entre nous. Cependant, je ne peux présager de ma réaction…rien ne garantit que j'aurai le courage de m'en tenir à cette ligne sévère. Hélas, déjà, il me manque...Je n'ai pas encore quitté son toit que je me languis de lui, quelle que soit ma volonté de le mépriser et de l'oublier.
Non. Je dois à tout prix ignorer cette nostalgie, ce désespoir. Chasser ce désir maladif et obsessionnel de me repaître de sa vue.
Il me faut être fort.
Ce soir, Harry Potter est sorti de ma vie. Et je ne dois rien regretter. »
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Pas trop dure, cette fin de chapitre ? Je sens que vous allez m'en vouloir…et je suis sûre que vous adorez tous cette chère Félicity Smith !! Quoiqu'il en soit, laissez-moi une petite review, siouplait, pour me faire part de vos réactions !
Place maintenant aux RAR des non-inscrits qui ne laissent pas leurs mails :
Axelle : Coucou ! Merci beaucoup pour ta review ! Alors comme ça, tu as lu « Maîtres Chanteurs », et tu trouves des points communs aux deux histoires ? Mouais, c'est vrai que j'ai du mal à sortir d'une certaine ornière que je creuse depuis un bon moment. Quand j'aurai enfin totalement épuisé le sujet, je me tournerai peut-être vers autre chose, qui sait (y a de l'espoir)? Bon, tu crains que cette fic se termine aussi mal pour Severus que « L'obsession de la vengeance » finissait mal pour Lucius… ? Evidemment, je ne peux rien dire à ce stade du récit, mais je te promets que je n'écrirai pas deux fois la même chose. –A part ça, tu trouves que dans l'une et l'autre histoires, Harry a un comportement ambigu, voire allumeur ? Oui, c'est exact, il n'est pas toujours très net. En fait, il mesure mal le type de séduction qu'il exerce, et ne se rend pas compte de l'effet qu'il produit sur son entourage. Inconsciemment, il joue avec le feu.
Mélie : Hello ! Un grand merci pour ta review amusante ! Ahaha, on ne peut pas être jeudi tous les jours, déjà, un jeudi par semaine, ça fait beaucoup pour moi, je te le garantis !! Bisous et à bientôt, miss !
Aulandra17 : Salut ! Contente de voir surgir de l'ombre une revenante !! J'espère que la suite continuera à te plaire. Normalement, je publie tous les jeudis, sauf problème particulier, mais en général, je préviens quand il y a un changement ! A bientôt !
Odrey : Coucou !! Merci pour ton fidèle soutien ! Oui, à la fin du chapitre 18, on nageait à fond dans le malentendu. Ca augure mal de la suite, argh…mais bon, on verra comment tout cela va se dénouer, héhéhé !!
Sven : Bonjour ! Un grand merci pour ta review ! Ne t'inquiète pas, je comprends très bien qu'on n'apprécie pas les yaoi. Ceci dit, je ne sais pas si ce que j'écris peut être qualifié de yaoi, je ne le pense pas, mais de toute façon, je déteste classer ou mettre une étiquette. Je pense que si on peut le faire pour une histoire, c'est en quelque sorte mauvais signe, ça veut dire que l'intrigue est trop «simple » et prévisible. Or, dans la vie, les choses sont compliquées. Et puis, ça conditionne excessivement le lecteur. Je reconnais cependant qu'en refusant de classer mon histoire, je cours le risque de décevoir des personnes ou de leur donner l'impression de les avoir trompées…Voilà, merci encore pour ton honnêteté et ta franchise (A propos, es-tu un garçon ou une fille ?)
Anthéa : Bonjour ! D'abord, sache que ta review m'a impressionnée par son intelligence et son originalité (et aussi la qualité de son écriture). Merci pour tes compliments. Merci aussi d'avoir pris le temps d'expliquer vraiment de manière approfondie tes réactions par rapport à cette fic. Ca m'a un peu désarçonnée, mais au final, j'ai très bien compris ton point de vue. En gros, tu trouves incohérent le fait que Sev tombe amoureux de Harry. Qu'il ait des tendances homosexuelles passe encore, mais qu'il s'amourache du survivant te paraît hautement improbable et te déplaît radicalement. Tu aurais mille fois préféré qu'il ait pour lui des sentiments paternels. De plus, tu estimes que j'en fais un être pitoyable, pathétique, ce qui ne colle pas avec sa personnalité. Bon…hum…que répondre ? Tu as sans doute raison par rapport à la crédibilité de l'intrigue. Rien dans les livres ne permet d'imaginer une telle évolution des sentiments de Rogue, si ce n'est peut-être ce moment où il capture le regard de Harry dans la cabane hurlante (je sais, je sais, c'est pour lui transmettre ses souvenirs, mais bon…) Mais à partir du moment où on admet que Sev puisse avoir ces tendances, je trouve qu'il n'est pas incongru d'imaginer qu'il soit fasciné par Harry, justement lui en particulier, surtout parce que le garçon ressemble à sa mère et que Sev aura réalisé un jour brutalement qu'il s'est trompé sur son compte. Dès lors, son adoration inconditionnelle ne me paraît plus aussi ridicule : Sev a aimé Lily de manière exclusive et obsessionnelle, il fait de même pour Harry. En ce qui concerne James, il l'a haï, mais tout en le jalousant et en reconnaissant secrètement ses qualités, qu'il retrouve elles aussi chez Harry…Ceci dit, je respecte tout à fait tes réticences, et je te redis encore combien ta review m'a touchée et intéressée. J'espère de tout cœur que tu ne décrocheras pas complètement de cette histoire, malgré ton agacement…A bientôt !
Allez, une p'tite review ?
