Bonjour à tous ! Voici l'avant-dernier chapitre de cette histoire, je vous le livre tel quel, bien que je n'en sois pas très contente. Mais comme j'aurai encore moins de temps dans les jours qui viennent, je renonce à le retravailler…
Je tiens aussi à m'excuser auprès de ceux qui, parmi vous, ont lu ma première fic, « Maîtres Chanteurs » (et sa suite « L'obsession de la vengeance »). Je ne doute pas que vous trouviez dans ce nouveau chapitre bien des similitudes avec elle, si vous n'en aviez déjà trouvé dans les chapitres précédents. Je sais, ce n'est pas très marrant de lire toujours la même chose, désolée ! Je suis bien consciente de n'écrire que des variations sur un même thème, pour reprendre une métaphore typiquement musicale, mais il est trop tard pour rajuster le tir, et ma foi, on ne se refait pas, hem, hem…
Bonne lecture malgré tout !
CHAPITRE VINGT DEUX
Partir, sans regret…
Harry ouvrit les yeux. Il faisait sombre dans la chambre, mais la petite lampe du bureau était allumée, diffusant une lumière douce et rassurante. Le garçon se dressa sur son séant. L'esprit encore confus, il prit ses lunettes sur la table de nuit et les posa sur son nez.
Sa gorge était si sèche qu'il arrivait à peine à avaler.
Son regard balaya la pièce jusqu'aux plus sombres recoins, et repéra une silhouette assise dans un fauteuil, non loin du paravent, dans le secteur le moins éclairé de la chambre. Harry reconnut Severus. L'homme dormait profondément, la tête renversée contre le dossier. Le garçon entendait le bruit tranquille et régulier de sa respiration. Un sentiment de reconnaissance attendrie l'envahit. Son ancien professeur n'avait pas quitté son chevet depuis qu'il l'avait ramené ici en piteux état. L'homme devait être épuisé, et pourtant, il ne s'était pas autorisé à prendre du repos. Finalement, la fatigue avait eu raison de sa vigilance obstinée…
Harry regarda le réveil sur la table de nuit. Les aiguilles indiquaient 4h30 du matin.
Pour le garçon, il y avait quelque chose d'insolite dans le fait de voir Severus ainsi endormi, gisant dans cette posture abandonnée, lui qui contrôlait toujours si scrupuleusement le moindre de ses gestes. Depuis quelques temps pourtant, l'homme semblait lâcher du lest et laisser parler plus librement ses affects. Harry se souvint avec un certain malaise de ce moment où Severus lui avait avoué que sa simple présence auprès de lui le rendait heureux. Et le garçon ne pouvait chasser de son esprit les mots passionnés que l'homme avait prononcés à son oreille quelques heures plus tôt, lorsqu'il le croyait inconscient, et la manière dont il l'avait adjuré -en le tutoyant- de ne pas l'abandonner en mourant…
Cherchant des yeux un verre d'eau, Harry n'en trouva pas. Il songea un instant à réveiller Rogue ou à appeler Kreattur, mais il renonça très vite, répugnant à les déranger l'un et l'autre. Il devait se débrouiller tout seul.
Parviendrait-il à se lever ? Rien ne lui interdisait d'essayer. Repoussant le drap, il fit passer ses deux jambes devant lui et posa les pieds sur le plancher. Il s'aperçut alors qu'il était vêtu d'un de ses T-shirts noirs et d'un slip. Ces vêtements n'étaient pas ceux qu'il portait la veille…Quelqu'un l'avait changé sans même qu'il en eût conscience. Il en conçut une certaine gêne, puis songea qu'après tout, cela n'avait guère d'importance.
Il prit une inspiration et se dressa sur ses pieds en serrant les dents. Son cœur s'emballa et devant ses yeux, tout se mit à danser dangereusement. Il attendit sans bouger que son rythme cardiaque s'apaisât, que ses genoux cessassent de trembler et que le décor autour de lui voulût bien se stabiliser.
Où était donc passée sa baguette ? Il se baissa lentement, posa un genou à terre et fouilla la table de nuit, en vain. Désappointé, il se redressa précautionneusement en se tenant d'une main au chevet et regarda à nouveau autour de lui.
La baguette était posée sur son bureau, il l'apercevait à présent dans la faible clarté de la lampe.
Il parcourut sans encombre les quelques mètres qui le séparaient du bureau. Apparemment, son corps n'avait pas trop souffert des maléfices dont il avait été victime…Certes, Harry avait encore l'étrange sensation de flotter plus que de marcher, et l'impression de grande faiblesse persistait, mais ces effets désagréables s'estomperaient avec le temps, du moins l'espérait-il.
Soudain, il vit un hibou inconnu qui le fixait silencieusement de ses grands yeux ronds, perché sur le rebord de la fenêtre au dessus du bureau. Son immobilité expliquait le fait que Harry ne l'eût pas repéré plus tôt. D'où pouvait-il bien venir ? Le rapace semblait attendre depuis longtemps déjà, à en juger par le nombre de fientes et de miettes de biscuit traînant entre ses pattes crochues…
A côté de la baguette, un parchemin ouvert attira l'attention du garçon. Il s'agissait apparemment d'une lettre, sans doute le courrier dont ce hibou avait été porteur. Harry la prit et en lut les premiers mots. Elle était rédigée en français, langue qu'il ne parlait pas. Il ne comprit qu'une chose : la missive était adressée à Severus, et signée d'un certain David Jacquot.
Il la reposa et saisit sa baguette. Se concentrant un instant, il conjura un verre d'eau. L'effort lui parut intense, mais lorsqu'un verre plein apparut devant lui, il eut la certitude que son potentiel magique n'avait pas été affecté par ce qu'il avait subi. Soulagé, il porta d'une main tremblante le verre à ses lèvres.
-Harry !
Le garçon sursauta et faillit renverser le contenu du verre sur son T-shirt. Severus venait de se réveiller, et se dirigeait précipitamment vers lui, les cheveux en désordre.
-Que faites-vous debout ? Gronda l'homme en l'attrapant par les épaules.
-J'avais soif…
-Pourquoi ne m'avez-vous pas réveillé, stupide garçon ?
Sans répondre, Harry fit une grimace et posa son verre.
-Comment vous sentez-vous ?
-Pas mal…et vous ?
-Vous n'auriez pas dû vous lever sans me prévenir. Vous êtes d'une imprudence impardonnable! Quand comprendrez-vous que vous avez frôlé la mort il y a quelques heures à peine ?…Vous pourriez tomber et…
La voix de Severus défaillit. L'homme le tenait toujours par les épaules de ses deux mains crispées. Harry tenta un sourire.
-Eh bien, vous voyez, je vais très bien, maintenant. J'ai réussi à marcher jusqu'ici.
-Et moi, alors ? Je suis là pour quoi, pour faire tapisserie ? S'énerva Rogue. Vous auriez dû m'appeler. A moins que…Peut-être l'avez-vous fait, sans succès ? Termina-t-il d'un ton incertain.
-Non...heu… je n'ai même pas essayé. J'avais envie de me dégourdir les jambes…
Severus prit un air mi-amusé, mi-furieux.
-A Ste Mangouste, cela vous vaudrait d'être attaché à votre lit, histoire de vous faire passer l'envie de gambader dans la chambre !Venez, maintenant, il faut vous recoucher.
-Excusez-moi, mais j'ai besoin d'aller aux toilettes.
Rogue le lâcha.
-Ah…bien, dit-il d'un ton embarrassé. A vrai dire, jusqu'à présent, je m'étais servi d'un sort pour vous soulager.
-Oh, je ne savais pas que de tels sorts existaient !
-Votre amie Granger doit en connaître certains. Ils sont très utiles pour les médicomages. Mais puisque vous semblez aller mieux, je vais vous accompagner. Appuyez-vous sur moi si nécessaire.
-Je crois que ça va aller…
Harry se dirigea vers la porte, essayant d'adopter une démarche naturelle et fluide. Les toilettes étaient sur le palier. Rogue le suivait à courte distance, prêt à le rattraper s'il lui prenait la fantaisie de perdre l'équilibre.
Quand le garçon eut fini, ils revinrent dans la chambre, et Harry fit un crochet jusqu'au bureau. Il y prit sa baguette, puis la posa sur le chevet parmi les fioles de potions, avant de s'asseoir sur le bord du lit. L'effort l'avait épuisé, mais il se garda bien de le dire et, reprenant discrètement son souffle, il se tourna vers Severus qui restait debout à le regarder.
- Je vais bien, à présent, dit-il, légèrement haletant. Vous devriez aller vous coucher. Vous êtes certainement mort de fatigue. N'hésitez pas ! La chambre d'ami est toujours à votre disposition.
- Pour l'instant, il est hors de question que je vous laisse sans surveillance. Qui pensez-vous pouvoir tromper ? Vous croyez que je suis aveugle au point de ne pas voir dans quel état vous êtes ?
Harry se mordit la lèvre inférieure.
-S'il y a le moindre problème, j'appellerai Kreattur, et il ira vous chercher.
Severus eut une moue dubitative.
-Votre elfe répond-t-il toujours à vos appels, même en pleine nuit ?
-Bien sûr !
-Vous préférez que je vous laisse seul…, constata Rogue d'un air renfrogné.
-Là n'est pas la question. Je pense que vous avez besoin de dormir, comme tout le monde.
-Je dors très bien dans ce fauteuil.
-Dans ce cas…
Harry n'avait pas la force de discuter. Il remonta ses jambes et s'assit sur le lit avant de tirer le drap sur lui en soupirant. D'un geste las, il repoussa ses cheveux en arrière. Au lieu de reprendre place dans le fauteuil, Severus s'était dirigé vers le bureau. Il saisit le parchemin et commença à le rouler.
-Vous avez reçu une lettre de France ? Demanda Harry d'un ton innocent.
Rogue interrompit son geste.
-Vous l'avez lue ? dit-il avec brusquerie.
-J'ai vu ce hibou, et du coup, j'ai jeté un coup d'œil à la lettre. Je ne comprends pas le français. S'agit-il d'un courrier de votre collègue spécialiste des potions ?
Severus attendit quelques instants avant de répondre.
-Oui. Il m'invite à venir le rejoindre, dit-il finalement d'un ton maussade en terminant de rouler la lettre pour la glisser dans sa poche.
-Quand allez-vous partir ? Interrogea encore Harry.
-Je ne sais pas…dit l'homme sèchement.
Malgré son état de fatigue, le garçon était suffisamment alerte d'esprit pour réaliser que si Rogue retardait son départ, il risquait de commettre une énorme bévue, et de le regretter amèrement par la suite.
-J'espère que ce n'est pas à cause de moi que vous différez votre voyage! Dit-il avec toute la vigueur dont il était capable. Je m'en voudrais de vous retenir, alors que grâce à vous, je suis maintenant tiré d'affaire.
Rogue ne dit rien, mais soudain, il fit quelques pas et s'assit sur le bord du lit.
-Vous ne me retenez pas, dit-il en plongeant son regard dans celui de Harry. Ou plutôt, il ne s'agit même pas de cela. Je n'ai plus aucune envie de me bagarrer pour faire reconnaître l'exclusivité de cette potion.
Harry sentit son sang se figer.
-Oh…mais…pourquoi ? Vous renonceriez à faire valoir votre invention ?
-Ca ne m'intéresse plus, Harry. Ces rivalités entre chercheurs, cette course de vitesse, cette lutte pour la célébrité… Tout cela me fait horreur … Si vous saviez comme…
Effaré, Harry tenta de mobiliser le peu de forces qui lui restaient.
-Mais vous devez assurer votre avenir ! Lança-t-il avec l'énergie du désespoir. C'est une formidable opportunité ! Vous m'avez dit vous même que vous n'avez pas de moyen de subsistance, et que…
-En effet, coupa Severus d'un ton froid. Je ne veux vivre aux dépends de personne, aussi ferai-je malgré tout le nécessaire, rassurez-vous. Mais il est hors de question que je parte tout de suite.
-Plus vous attendrez, plus vous risquerez de vous faire doubler…
Rogue semblait hésiter à formuler sa réponse. Il avança un peu sur le bord du lit, se rapprochant du garçon. Ses yeux noirs brillaient dans l'ombre.
-Harry…, commença-t-il.
Le garçon retint son souffle. Il n'était pas sûr d'avoir envie d'entendre ce que l'homme s'apprêtait à dire.
-Vous pensez être hors de danger…Mais sachez que le maléfice dont vous avez été victime est d'une extrême gravité. Je veux être là pour surveiller votre convalescence, et m'assurer que votre guérison est totale.
-Je comprends, et je vous en remercie, répondit Harry à mi-voix. Combien de temps cela doit-il prendre ?
-Il faut attendre au moins une semaine pour vérifier que vous ne rejetez pas les aliments, et que votre système digestif fonctionne correctement.
-Ecoutez…, dit fermement le garçon. Je ne suis pas seul ici. Mes amis peuvent prendre soin de moi. Hermione suit des études de médicomagie, et s'il y a un problème, je peux également aller consulter à Ste Mangouste. Quelque chose me dit que vous ne devriez plus reporter le moment de faire breveter votre potion.
Il y eut un silence, que seul troublait le tic-tac du réveil sur la table de chevet. Soudain, Severus se pencha en avant et posa une main sur les cheveux du garçon.
-Harry…dit-il à voix basse. Vous ne cherchez pas à m'éloigner de vous, n'est-ce pas… ?
Sa main attirait la tête du garçon vers lui. Tout en cherchant quoi répondre, Harry sentit sa respiration se bloquer. Bien qu'il sût depuis longtemps que cette situation se présenterait tôt ou tard, il avait espéré y échapper d'une manière ou d'une autre. Il songea avec angoisse qu'il n'avait pas le cœur à repousser Severus. A aucun prix il ne voulait le blesser. De plus, il était encore trop affaibli pour pouvoir soutenir contre lui un bras de fer sentimental (1). Le désarroi l'envahit.
La tête de Rogue se rapprochait inéluctablement de la sienne. Il sentit son souffle contre son visage. Quand les lèvres de l'homme vinrent déposer un baiser délicat sur sa bouche, il ne bougea pas, mais son cœur chavira. Il ne savait comment réagir.
-Vous devez me dire, Harry…, murmura Rogue en s'écartant très légèrement. Vous devez me dire si ce contact vous dégoûte ou si, au contraire…
A nouveau, les lèvres de Rogue vinrent effleurer les siennes. L'autre main de l'homme se posa sur son épaule, puis glissa dans son dos, tandis que le baiser se précisait, plus ardent et impatient. Alors, Harry ferma les yeux, hésita encore une fraction de seconde, puis se rejeta en arrière. Il ne pouvait trahir ainsi Ginny, ni surtout, mentir à l'homme en lui faisant croire qu'il trouvait du plaisir à ce rapprochement physique.
Aussitôt, Rogue le lâcha.
-Pardonnez-moi…dit-il d'une voix basse et enrouée.
-Je n'ai rien à vous pardonner, murmura Harry. Je suis entièrement responsable de…ce malentendu.
Severus s'était levé promptement. Il fit quelques pas rapides, les poings serrés, puis revint s'arrêter au pied du lit.
-Je suis un…je…, commença-t-il, cherchant ses mots.
Harry se leva d'un bond à son tour, si bien qu'il faillit tomber et se raccrocha in extremis au montant du lit. Severus ne bougea pas. Visiblement, il n'osait plus s'approcher de lui.
-C'est moi qui suis un idiot, bredouilla Harry d'un ton heurté, tout en luttant contre l'étourdissement qui l'avait repris. Pendant tout ce temps, j'ai fait semblant de ne pas comprendre, je vous ai entraîné sur une fausse piste, en vous laissant croire que…
-Non ! Dit sèchement Severus. Ca suffit, Potter. Recouchez-vous et écoutez-moi. Je suis plus âgé que vous, je savais très bien ce qu'il en était, je n'ai pas voulu voir l'évidence. Je suis un salaud doublé d'un pauvre type. Je pars immédiatement, et je cesserai définitivement de vous harceler.
-S'il vous plaît…écoutez-moi à votre tour…, supplia Harry, toujours debout. Je ne veux pas vous retenir de force, mais je tiens à ce que vous sachiez que mon estime et mon admiration pour vous sont intactes. Je…
-Dites plutôt que vous débordez de pitié pour moi…, ricana Severus. Ne vous inquiétez pas, Potter. J'apprendrai à me passer de vous. Je pars pour la France, comme vous me l'avez sagement conseillé. Mon collègue m'attend et sera ravi de me voir. Prenez régulièrement vos potions, la liste est dans le tiroir de la table de nuit avec les horaires et les doses à respecter. Reposez-vous, ne retournez pas à l'AFDA avant mercredi. Compris ?
-Oui…chuchota Harry.
Severus se dirigea vers la fenêtre d'un pas décidé, attrapa le hibou français qu'il posa sur son avant-bras, puis gagna la porte. Le garçon se sentait misérable.
-Vous n'allez pas partir maintenant, à cette heure de la nuit ? Lâcha-t-il d'une voix mal assurée.
-Et pourquoi pas ?
-Je voudrais encore vous parler…
-Qu'avez-vous à me dire, Potter ? Tout n'a-t-il pas été dit entre nous?
-Non, je ne crois pas.
-Il est trop tard. Je m'en vais.
-Ne m'obligez pas à vous courir après ou à vous jeter un sort ! Venez vous asseoir, s'il vous plaît.
Severus hésita, puis revint plus lentement vers le milieu de la pièce, surveillant le garçon du coin de l'œil comme pour s'assurer qu'il n'allait pas faire une folie. Accablé, Harry s'était rassis sur le lit et lui désignait la chaise, tout près de lui. L'homme resta debout, regardant à présent le hibou et le caressant d'une main tandis qu'il fourrageait du bec entre ses plumes. Il y eut un silence.
-Je voudrais…j'aimerais…que nous restions des amis, bredouilla enfin Harry.
Rogue leva les yeux et le fixa durement.
-Des amis ? Et pourquoi ? N'avez-vous pas suffisamment d'amis comme ça ?
-Je n'ai pas d'ami comme vous.
-Vous n'aimez pas reconnaître vos échecs, n'est-ce pas, Potter ? Vous auriez aimé pouvoir vous féliciter d'avoir réussi à sauver un homme tout en lui offrant le bonheur en prime, et voilà que ce malotru a la mauvaise idée de vous demander plus que ce que vous pouvez donner. Vous vous satisferiez bien que je vous propose mon amitié, et ainsi, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Votre conscience de sauveur de l'humanité serait enfin apaisée.
Harry baissa la tête.
-Peut-être avez-vous raison, dit-il d'un ton incertain. Je suis décidément un incorrigible crétin. Mais…
-Mais ?
-Mais si je vous propose que nous soyons amis, c'est surtout parce que… je tiens à vous.
Severus renifla.
-Je sais, ça fait ridicule, de dire ça après ce qui s'est passé, continua Harry…Oh, et puis zut, je voudrais tant que nous puissions continuer à nous voir !
Cette fois, Severus eut un rire amer.
-Bien sûr. Vous voulez vous assurer que je ne fais pas de bêtises, que vous ne vous êtes pas donné toute cette peine pour que j'aille ensuite risquer ma vie et gâcher le travail !
-Je ne sais plus quoi dire. Vous prenez tout tellement mal…
-Eh oui, que voulez vous, je suis un vieux bonhomme moche et acariâtre. Croyez-moi, vous avez tout intérêt à ce que je m'en aille.
Harry sourit malgré lui. Severus le fixa, puis secoua la tête et fit quelques pas. Déstabilisé, le hibou tressaillit et se raccrocha de justesse à son avant-bras.
-Je vais rentrer chez moi. Mon collègue m'attend demain à Paris, nous devons veiller ensemble à tout préparer pour l'expertise de ma potion.
Harry fit mine de se lever à son tour, mais Severus eut un geste de la main pour l'en dissuader.
-Ne bougez pas. Je n'ai pas besoin que vous me raccompagniez, je connais le chemin. Je vous écrirai de France. Prenez soin de vous !
Il marcha d'un pas rapide vers la porte, l'ouvrit, puis s'arrêta brusquement et fit volte face.
-J'oubliais, dit-il en sortant une baguette de sa poche. Ceci vous appartient.
-La baguette de Sureau ? Gardez la ! Malefoy a pris la vôtre, n'est-ce pas ?
-Je ne peux me servir de cette baguette. Elle vous revient de droit, et elle ne m'obéira pas, vous savez comme moi que je ne l'ai pas « conquise ».
-Je pense que si, au contraire. Comme ce hibou, elle a déjà prouvé qu'elle vous avait adopté. Gardez-la, en souvenir de moi.
Severus hésita un instant, puis fit un signe de tête et sortit de la chambre sans plus se retourner.
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Samedi 19 Septembre-16h- Spinner's End:
Enfin, je m'assieds quelques instants pour écrire dans ce cahier. Ma main tremble et je peine à tenir ma plume, tant je suis laminé par les épreuves que je viens de vivre...
Avant de quitter cette maison, Malefoy et ses hommes de main s'étaient appliqués à tout détruire, à défaut d'être parvenus à nous éliminer, Harry et moi. Heureusement, ils n'ont pu accéder à la cave, et mon labo est intact. Maigre consolation, car en rentrant, j'ai trouvé tout le reste en ruine. Je ne pouvais toucher à rien, je savais que ma plainte contre Malefoy ne pourrait être prise en compte qu'à la condition que je puisse présenter aux aurors une preuve tangible de son passage ici et de ses méfaits.
Il m'a donc fallu patienter plusieurs heures, au milieu du champ de bataille, car il était trop tôt pour aller déposer plainte. La vision de ce naufrage s'accordait à l'humeur sombre qui était la mienne…Seuls les murs tenaient encore debout, à l'image de mon être dont les os et la carcasse ne sont pas brisés, contrairement à mon âme dévastée …
Enfin, à 9h, je transplanai pour le Chemin de Traverse…
Une fois revenu du bureau des aurors, et seulement après que l'expert eût fini de dresser son procès-verbal, je passai des heures à jeter des sorts de réparation et de reconstruction, grâce à la baguette de Harry. Un labeur dur, ingrat, épuisant, qui acheva de dévorer ce qui me restait d'énergie…
En y repensant, je m'aperçois que le fait de m'activer ainsi m'a vidé l'esprit et m'a été somme toute bénéfique. Non seulement je suis finalement parvenu à redonnerun aspect vaguement habitable à cette pauvre demeure, mais j'ai enfin cessé de m'apitoyer sur mon triste destin…
Par chance, ce journal n'avait pas souffert, dissimulé sous le plancher, au premier étage. Hélas, les livres, eux, sont presque tous irrémédiablement gâchés, et c'était ce que j'avais de plus précieux.
Raison de plus pour partir loin d'ici, sans regret...
Je m'en vais demain matin. Jacquot m'attend à Paris, je lui ai enfin envoyé ma réponse. Je ne sais quand je reviendrai, mais certainement pas de sitôt.
Mon cœur saigne, et pourtant, je suis certain de prendre la bonne décision. Plus je mettrai de distance entre le garçon et moi, mieux cela vaudra.
Une fois encore, j'éprouve le besoin de revenir par écrit sur les évènements récents…pour faire le point, pour tenter de canaliser le flot agité des sentiments qui m'agitent encore, au terme de ces quarante huit heures de tourmente.
Commençons par le commencement…
Dès l'instant où je suis descendu lui ouvrir, jeudi soir, après qu'il eût frappé à ma porte, j'ai su que j'étais perdu. Toutes mes bonnes résolutions étaient déjà parties en fumée, même si je me mentais encore à moi-même. Il se tenait sur le seuil avec un air à la fois timide et résolu. Bien sûr, l'inévitable s'est produit : je l'ai fait entrer. Tout en l'écoutant m'expliquer les raisons de sa venue, je me faisais la réflexion qu'il était incroyablement séduisant, et je savais que je ne pourrais soutenir longtemps son regard vert, grave et attentif, si étrangement familier, sans céder au désir de me rapprocher à nouveau durablement de lui.
Après une pitoyable et vaine tentative de le mettre à la porte, je lui ai proposé de rester pour boire un verre... Ses yeux ont brillé de joie. J'étais vaincu. Et heureux. Incroyablement heureux. Très vite, j'en suis venu aux aveux. Je n'en pouvais plus. Mon besoin de parler était irrésistible, exacerbé par la séparation qui m'avait rendu, je le comprenais soudain, si affamé de sa présence! Après tout, il était venu jusqu'à moi…Cela ne signifiait-il pas qu'il était prêt à entendre ce que j'avais à lui dire? D'ailleurs, il m'a mis lui-même sur la voie...
Peu à peu, je me suis enhardi, j'ai osé toucher du doigt son visage, ses lèvres, lui dire qu'il me rendait heureux en étant là, simplement assis à mes côtés. Je n'ai pas honte de ces paroles, elles étaient absolument sincères. Lui, il écoutait tout cela, et il semblait pétrifié, non de surprise, car ce que je lui confiais, il le savait déjà, bien sûr, mais d'une émotion pure et intense.
Je ne mens pas, et je ne pense pas me leurrer : je n'ai lu que de l'émotion dans son regard. Aucune trace de défiance ou de rejet.
Au moment crucial, nous avons été interrompus par ce salaud de Lucius. Avant d'ouvrir, j'ai ordonné au garçon de monter à l'étage, mais comme j'aurais dû m'y attendre, il n'a pas tenu caché plus d'une minute et il a surgi en plein milieu de l'affrontement, bien décidé à en découdre. Harry Potter ne changera jamais, il se croira éternellement investi d'une mission héroïque…Durant l'altercation qui a suivi, il a tenu la dragée haute à Malefoy, avec un aplomb et une intelligence qui m'ont impressionné. Je m'étonne encore d'avoir pu, à Poudlard, méconnaître à ce point les qualités de ce garçon. A l'époque, j'étais aveuglé par la haine et la rancœur, et ses capacités ne trouvaient pas dans ma matière l'occasion de se révéler.
Dans le violent combat qui a suivi, il a fait preuve de l'audace et du courage qui le caractérisent. Quant à moi, j'avoue m'être comporté comme un débutant. Trop occupé à surveiller les agissements de Lucius qui semblait s'acharner tout particulièrement sur Harry, je me suis très vite laissé surprendre et désarmer. Mais le garçon a manœuvré suffisamment habilement pour se rapprocher de moi, jusqu'à venir me toucher, son corps étant presque allongé sur le mien, ce qui, malgré le caractère désespéré de la situation, m'a procuré un vif plaisir et a fait ricaner grassement Malefoy.
Prouvant à quel point il est rusé et dégourdi, Harry est finalement parvenu à me libérer en me donnant cette baguette que je conserverai désormais (ma propre baguette, je ne la reverrai sans doute jamais...)
Et puis il s'est effondré sur moi. J'ai cru qu'ils l'avaient tué. J'ai été saisi à la fois de panique et d'une rage dévastatrice. Mais en entourant sa taille de mon bras dans un geste sauvagement possessif, j'ai compris de quel maléfice il était atteint. Je pouvais encore le sauver, mais il fallait absolument que je le tire de là au plus vite. Il risquait de mourir d'un instant à l'autre.
J'ai agi ensuite comme un automate. Je ne réfléchissais plus, seul l'instinct me guidait. Son corps inerte dans mes bras me rendait fou. Toutes mes forces étaient concentrées sur cet unique objectif: fuir, l'emmener loin d'ici.
Et cette détermination farouche nous a sauvés l'un et l'autre.
Square Grimmauld, Granger et Weasley se sont montrés à la hauteur de leur amitié pour Harry. Bien sûr, j'ai eu droit à un regard accusateur de Weasley qui devait (à juste titre, hélas ) me juger responsable de ce qui était arrivé à son meilleur ami. Mais ils m'ont brillamment secondé, et c'est grâce à l'efficacité de Granger que j'ai pu administrer à temps les bonnes potions au blessé.
Le garçon restait inconscient. Ses blessures abdominales étaient refermées, mais je devais m'assurer de leur bonne cicatrisation, et appliquer régulièrement les onguents nécessaires. J'étais dans une position des plus ambiguë. Seul avec lui, je palpai et manipulai son corps dévêtu. En exécutant ces gestes que n'importe quel médicomage sain d'esprit aurait accomplis en toute bonne conscience, je ressentais une sourde culpabilité. Car le plaisir était bien là, un plaisir d'autant plus intense qu'il était honteux. Le garçon était sans défense, abandonné entre mes mains, et moi, j'abusais de lui. Du moins est-ce ainsi que j'ai vécu ces longues heures passées à le soigner, le toucher plus que nécessaire et veiller sur lui en chuchotant à son oreille des mots passionnés que je n'aurais jamais osé lui dire de vive voix.
Et si j'ai maudit le vieux Black, c'est de la pure mauvaise foi. Car c'est certainement grâce à ce stupide portrait que je n'ai pas franchi plus avant les limites de la bienséance.
Puis le garçon s'est réveillé. Il semblait si innocent... Si fragile…(C'est pourtant bien lui qui a vaincu Voldemort, mais je n'ai pas assisté à cette scène, ce qui explique peut-être pourquoi je m'obstine à voir en lui un être vulnérable). Nous avons parlé, il m'a supplié de lui raconter comment s'était terminé le combat contre Malefoy. Emporté par mon récit, je me suis présenté moi-même sous les traits du héros, c'était de bonne guerre, et du reste, je n'ai dit que la stricte vérité. Après m'avoir fait part de sa gratitude -que je ne suis pas sûr de mériter-, il s'est rendormi, épuisé. Il a eu plusieurs fois encore dans la journée de courtes périodes de lucidité, avant de replonger dans un sommeil réparateur. Le soir venu, j'ai finalement sombré à mon tour, rompu de fatigue, non sans avoir auparavant rédigé une réponse à Jacquot, dans laquelle je lui annonçais que je comptais différer mon départ à Paris d'une semaine au moins...Une sorte de pressentiment m'a fait cependant remettre à plus tard son envoi.
Vers quatre heures du matin, je me suis réveillé en sursaut. Le garçon était debout, tout près du bureau. En voyant sa silhouette gracile et fantomatique, j'ai cru à une hallucination. Je me suis précipité sur lui, comme pour m'assurer qu'il était bien réel. Mais je ne rêvais pas. D'ailleurs, il était mû par des besoins tout à fait terre à terre : boire, uriner... Dans son long T-shirt, jambes nues, il avait l'air d'un enfant perdu...
Ensuite, eh bien… ce moment est venu qui a précipité ma chute. Etait-ce dû à l'épuisement, à l'accumulation de tension, à l'exacerbation du désir, liée à cette promiscuité que nous partagions depuis tant de longues heures? Je ne sais. Peut-être que durant sa période d'inconscience, alors que j'avais eu accès à son corps jusque là interdit, j'avais sans m'en rendre compte franchi un point de non retour.
Voilà ce qui s'est passé : j'ai voulu savoir, enfin... Je ne pouvais plus supporter cette incertitude : ressentait-il pour moi quelque chose de similaire à ce que j'éprouvais pour lui ?
Il s'était rassis dans son lit, et sans réfléchir(car sinon, je n'aurais pas fait un pas de plus), je me suis approché. Nous avons parlé de mon départ pour la France. Il avait vu la lettre de Jacquot et en avait plus ou moins deviné la teneur. D'un air sérieux, il a insisté pour que je parte à Paris dès que possible. Il n'aurait pas dit autre chose s'il avait cherché à m'éloigner de lui. J'ai voulu lui en faire le reproche, et soudain, mû par une force impérieuse … je l'ai attiré à moi, et je l'ai embrassé. Oui, moi, Severus Rogue, moi qui avais muettement juré à Lily de respecter son fils, je l'ai fait. J'ai joint mes lèvres aux siennes.
J'ai fait cela, alors qu'il était gravement affaibli, et donc incapable de me repousser.
J'avais attendu si longtemps cet instant, je l'avais tant désiré...! Hélas, je ne me suis pas contenté de ce baiser furtif, je me suis mis à le caresser, j'ai voulu renouveler et prolonger le baiser…Je le sentais comme hésitant, mais il se laissait faire, si bien que j'ai cru l'espace de quelques secondes que j'avais gagné, qu'il était à moi…
J'ai même osé lui demander de me dire s'il appréciait ou non ce contact...Mon Dieu, je rougis furieusement à l'évocation de ce souvenir...
Et puis, dans un brusque sursaut, il s'est rejeté en arrière, pour échapper à mes mains. C'était pire que s'il m'avait giflé.
Je l'ai aussitôt lâché. Bien sûr, je le savais, je l'avais toujours su. Harry Potter n'est pas attiré par les hommes (moi non plus, d'ailleurs, ou du moins, je ne l'étais pas avant de commencer à l'aimer, lui, bien que j'aie à mon compte quelques expériences avec des hommes remontant à l'époque où j'étais un aspirant-mangemort, expériences pour la plupart avilissantes).
Mais surtout, surtout, ce que j'aurais dû savoir, c'est que personne ne peut ressentir du désir pour moi. Je ne peux inspirer qu'un sentiment de répulsion.
Comment ai-je osé oublier cette évidence et aller aussi loin avec lui ?Comment ai-je pu ainsi profiter de lui, de la confiance qu'il mettait en moi, de sa tendance à me sur-protéger et à vouloir mon bonheur à tout prix ? Et pire, comment ai-je pu me laisser aller au point de profiter de son état de faiblesse? Comment ai-je pu trahir ainsi Lily et la promesse posthume que je lui avais faite ?
Je me suis mal, très mal comporté…
Et pourtant, pourtant, étrangement, malgré ma honte, mon chagrin et mon amertume, je comprends à présent que je ne regrette rien. Le moment où nos lèvres se sont touchées, où ma main a caressé son épaule puis est descendue dans son dos, où mon autre main s'enfonçait dans la masse de ses cheveux, ce merveilleux moment là, je le garderai à jamais en mémoire, et il sera le plus délicieux de mes souvenirs.
Car voilà le paradoxe : son regard n'était pas haineux. Je n'y ai décelé aucune trace de mépris. Ni même de dégoût. Il brillait au contraire d'une lumière surnaturelle, lumière certes assombrie par une profonde mélancolie. Car sans avoir l'outrecuidance de parler de réciprocité, je peux affirmer que j'ai lu sur son visage quelque chose qui ressemblait à du regret. Comme s'il eût sincèrement aimé apprécier autant que moi ce contact. Peut-être même (mais là, j'extrapole) s'y fût-il abandonné s'il n'avait été retenu par trop de liens, ceux qui l'accrochent à sa vie passée, à ses amis… à la petite Weasley.
Quoiqu'il en soit, j'ai compris qu'il m'aime, lui aussi, mais à sa manière. Et je ne dois pas me fustiger pour ce qui s'est passé. Au moins, les choses auront été dites désormais entre nous. J'ai enfin osé laisser parler mon cœur, et mon corps…
Sans doute éprouve-t-il de la pitié pour moi. C'est une idée extrêmement humiliante, et pourtant, je suis heureux d'avoir exprimé une bonne fois pour toutes mon amour et mon désir pour lui. Il ne peut plus nier qu'il sait, et s'il veut continuer à me voir, c'est en toute connaissance de cause. Quant à moi, je suis au clair avec moi-même et avec lui.
Bien sûr, il va me manquer. Il me manque déjà, cruellement. Mais je ne sais pourquoi, j'ai envie de rebondir, de repartir sur un pied nouveau. Est-ce dû à la force de ce baiser ?A cet étrange moment de grâce ? Quoiqu'il en soit, je vais être pris par le travail, les collègues, le tourbillon de la vie. Je me jetterai à corps perdu dans cette aventure professionnelle, moi qui n'ai jamais réellement vécu, qui n'ai jamais été reconnu à ma juste valeur en matière de potions. Je ne regarderai plus par dessus mon épaule, car je sais à présent que je n'ai rien à regretter.
Cette histoire, telle qu'elle était engagée, était forcément une impasse…
Lily, peux-tu m'en vouloir d'avoir aimé ton fils ?
Quant à lui, je ne doute pas qu'il retrouve promptement la santé, et que mon départ soit pour lui un soulagement, quoiqu'il en dise. Que je sois heureux ou non, je lui raconterai dans mes lettres que ma vie est une splendide réussite. Il aura le sentiment d'avoir rempli sa mission. Et il m'oubliera, tout naturellement, parce qu'il n'a que 18 ans et que la vie s'ouvre devant lui comme une merveilleuse invitation au bonheur…
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Bon, ben voilà, j'espère que vous ne vous êtes pas trop ennuyés, et que vous n'allez pas tous vous jeter sur moi pour me lyncher…Ayez pitié d'une pauvre auteure légèrement désabusée. Et que vous soyez ravis ou furieux, mettez-moi des reviews, siouplait !!
(1) Je me suis permis d'emprunter à Archea cette expression de « bras de fer sentimental », avec son autorisation, bien sûr… !
Aulandra17 : Hello ! Que va faire Severus ? Va-t-il renoncer à faire valoir sa découverte ? Tu as raison, ça serait trop dommage ! En tout cas, un grand merci pour ta review !
Odrey : Coucou ! Ah oui, Malefoy n'a pas le beau rôle dans cette histoire. Tu en veux à Harry de ne pas avoir repoussé Rogue ? Je suis curieuse de voir comment tu réagiras à la lecture de ce nouveau chapitre…Tu es accro à ma fic ? Voilà qui me fait très plaisir, miss ! A bientôt !
