Et voilà.
Suite et fin.
Mais avant : merci beaucoup aRaKaSi-001 pour ta review, je suis contente que ma fic te plaise ! Tu m'as remotivé pour poster le dernier chapitre que voici :
Heal Over.
- chapitre 3 -
House aurait voulu dire quelque chose, mais lui qui ne manquait usuellement pas de verve ne trouvait pas ses mots ce soir.
En réalité, il ne savait pas ce qui le perturbait le plus : voir Wilson assis dans son salon alors qu'ils s'évitaient depuis des mois, l'idée que la conversation qui allait - devait - suivre le forcerait à parler de ses sentiments, domaine qui le mettait terriblement mal à l'aise, ou le simple fait d'être si transparent, du moins aux yeux de Cuddy.
Audacieuse décision qu'elle avait d'ailleurs prise ce soir. Elle avait mis le doigt précisément là où ça faisait mal, autant pour lui que pour Wilson. Mais la connaissant, et à en juger par sa tête de déterrée, ceci constituait son dernier recours, et cela ne l'enchantait pas plus qu'eux. Comme souvent lorsqu'elle devait agir dans une situation qui la dépassait mais dans laquelle lui excellait, elle avait calqué ses méthodes : provoquer un choc pour mener à une action en l'occurrence. Il était donc bien placé pour savoir que le résultat se jouerait à quitte ou double.
Son attention se reporta sur son ami - ou ex ami, ou simple collègue, ou quoiqu'il puisse être aujourd'hui. Wilson fixait toujours le sol avec attention, les coudes reposant sur ses genoux. House le connaissait assez pour savoir qu'à cet instant, son cerveau bouillonnait, partagé entre ses émotions qui le prenaient à la gorge et ses réflexions à propos du discours de Cuddy. A nouveau, il eut terriblement envie de briser ce silence oppressant, mais rien à faire, les mots ne venaient pas. Peut-être parce qu'il savait qu'il ne pourrait pas s'en sortir avec une pirouette ce soir, et que ce qu'il dirait serait décisif pour la suite des évènements.
« Elle a raison. »
La voix de Wilson le fit presque sursauter.
« Je pense… que j'ai besoin d'un coupable. »
House soupira. Il détestait ça, ce genre de discussion. Mais il était conscient de ne pas avoir le choix.
« Si pour arriver à faire ton deuil tu dois me détester, alors vas-y. Ce sera mérité. »
Il avait presque l'impression d'entendre parler quelqu'un d'autre. Le sacrifice et l'auto-flagellation, ce n'était pas lui ça ! Quelques mois plus tôt, il lui aurait répondu que, coupable ou non, il ne pourrait jamais oublier de toute façon, alors que le haïr ne l'avancerait à rien. Mais quelques mois plus tôt, il n'aurait jamais imaginé qu'Amber pouvait mourir par sa faute…
« Non, c'est juste… un prétexte. Je t'ai tenu pour responsable parce que c'était facile. En fait ce n'est pas à toi particulièrement que j'en veux, c'est à la terre entière. »
L'estomac de House se noua. La vie était injuste. Wilson méritait d'être heureux, et à peine trouvait-il le bonheur qu'un mauvais enchaînement d'évènements le lui arrachait. C'était son rôle à lui d'être triste et misérable, pas le sien.
« Je suis désolé Wilson. Vraiment. Si j'avais pu faire quelque chose de plus… Ou de moins… »
La banalité de ses paroles le désespéra. A côté de lui, James renifla.
« Je sais House… Bon Dieu, je n'imaginais pas à quel point ce serait dur. »
Sa voix se brisa presque à la fin de sa phrase, et House aperçut une larme dévaler sa joue. Sa main se posa sur son épaule et la serra gentiment. Geste dérisoire, mais il n'y avait rien d'autre à dire. Rien qui puisse atténuer son chagrin.
James se redressa un peu et souffla pour parvenir à se calmer. Il essuya ses joues humides d'un revers de main, et reprit :
« Ce qu'a dit Cuddy est vrai. Je ne peux pas passer mes nuits à boire en espérant me consoler. Amber… n'aurait pas voulu ça. Il faut que j'aille de l'avant. »
Il tourna la tête, et son regard mouillé rencontra à nouveau celui bleu électrique de son ami, mais il ne chercha pas à l'éviter cette fois. House fut presque choqué de déceler tant de tristesse dans ses yeux.
« Et je n'y arriverais pas tout seul. »
Le diagnosticien acquiesça. Une façon silencieuse de lui dire qu'il serait là.
« Je serai là. », murmura-t-il.
Wilson lui fit un pauvre sourire, reconnaissant envers son ami qui, pour une fois, faisait l'effort de s'aventurer sur un terrain qui lui était presque inconnu et affreusement désagréable. Plus que toute parole, cela lui prouvait qu'il estimait leur amitié bien plus qu'il ne le laissait paraître.
« Bon…, commença Wilson, on pourrait peut-être aller chercher Cuddy, non ? »
House sourit et se redressa. La séquence émotion terminée, il se sentait un peu mieux, soulagé d'un poids.
« M'maaaan ??, hurla-t-il soudainement sans se préoccuper des voisins. On a fait la paix, tu peux revenir ! Tu veux qu'on se tape dans la main ? »
Wilson secoua la tête, amusé. House lui avait manqué.
Voyant qu'aucune directrice d'hôpital n'apparaissait, le diagnosticien saisit sa canne et boita à travers le salon.
« Ok, on joue à cache-cache, reprit-il en traversant le couloir. J'ai droit à une gâterie si je vous… »
Les mots moururent dans sa gorge lorsqu'il ouvrit la porte de sa chambre. Cuddy était là, sur son lit, endormie. Il prit un air indigné, mais un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Au bout d'un certain temps, il finit tout de même par s'approcher après avoir abandonné sa canne contre le mur, et, gagné par un élan de bonté, saisit une couverture qui traînait là pour la déposer sur les épaules de la jeune femme en soupirant. Son regard s'attarda sur son visage. Elle paraissait exténuée, même dans son sommeil. Décidemment, lui et Wilson ne l'avait pas épargnée ces derniers temps…
« Mon dieu, Cuddy aurait-elle réussi là où j'ai lamentablement échoué ? »
La voix de James le sortit de sa contemplation. House fit la moue puis s'exclama :
« Je savais pas que tu voulais finir dans mes draps ! »
Wilson roula des yeux.
« Je voulais dire faire de toi une personne… attentionnée et sympathique. »
Le diagnosticien ricana en s'approchant de lui.
« Je ne suis pas sûr qu'elle soit de cet avis bizarrement… Enfin, tu peux toujours lui demander si elle me trouvait attentionné et sympathique hier soir, quand je l'ai appelée à trois heures du mat'. »
Les deux hommes se tournèrent et observèrent leur amie se pelotonner dans le plaid tout en repensant aux mois qui s'étaient écoulés, difficiles pour tout les trois.
« J'ai cru comprendre que c'était devenu une habitude, reprit finalement l'oncologue après quelques instants de silence.
- Quoi ?, demanda House.
- Que Cuddy soit dans ton lit. », répondit Wilson en ne prenant pas la peine de masquer son sourire.
House tourna la tête vers lui et ne put s'empêcher de remarquer que ce sourire là n'avait pourtant rien à voir avec celui qu'il affichait il y avait quelques mois encore. Il paraissait réellement amusé, mais la douleur se devinait encore. Elle semblait le hanter constamment, avoir marqué tous ses traits, comme si, sans le savoir, James lui renvoyait sa propre culpabilité à la figure dès que House posait les yeux sur lui. Cependant, il ne fit aucun commentaire et haussa simplement les sourcils, surpris par sa remarque.
« Les ragots de l'hôpital. », ajouta Wilson en guise d'explication.
Le diagnosticien reporta son attention sur sa patronne qui semblait dormir paisiblement, et sourit à son tour. Il sembla à James que son regard posé sur elle se faisait presque tendre.
« Tu crois que j'étais assez déprimé pour la laisser abuser de moi ? »
Wilson gloussa. Son ami n'avait définitivement pas changé malgré les mois qui avaient passés, c'était rassurant.
« Bon, je vais rentrer chez moi, finit par dire James en étouffant un bâillement. Si je dors au boulot demain en plus d'avoir la gueule de bois, je sens que je vais gagner des heures de consul'…
- Waoo, t'as du courage ! Moi j'aurais peur de réveiller le monstre ! »
House désigna Cuddy du menton avec une mine exagérément terrifiée.
« Non, je la laisse dormir, c'est la moindre des choses. Je vais appeler un taxi. Après tout ce qu'on lui a fait subir ces derniers temps, tu peux bien lui prêter ton lit pour une nuit.
- Héé ! », commença House.
Mais James l'interrompit :
« Comme si ça te posais problème d'avoir Cuddy chez toi jusqu'à demain…
- On sait jamais, peut-être qu'elle va m'attaquer dans mon sommeil ! »
L'oncologue secoua la tête puis soupira après avoir repris son sérieux.
« House, je…
- Je sais Wilson. »
Ils échangèrent un regard entendu. Ils avaient conscience que cela prendrait un moment avant que leur relation ne redevienne telle qu'elle l'avait été. Le choc qui les avait poussé à y mettre un terme était encore trop présent dans leurs esprits, trop douloureux, et ils sentaient encore une certaine gêne l'un envers l'autre, un malaise. Mais avec le temps, ça leur passerait.
« On se voit demain. », dit Wilson avant de s'éloigner.
House répondit par un hochement de tête.
Quand il eut atteint la porte, l'oncologue entendit son ami lui crier :
« Si elle me viole, t'auras ça sur la conscience !
- Ca t'apprendra à la harceler sexuellement depuis plus de dix ans ! »
Lorsqu'il se retrouva sur le trottoir, James ne put s'empêcher de contempler les étoiles, et il repensa à Amber. Il repensa à cette nuit, cinq mois plus tôt, durant laquelle il l'avait perdue. Elle lui manquait terriblement, à chaque seconde. Et il savait que pendant longtemps encore, il ressentirait cet étau lui comprimer la poitrine.
Mais au moins, maintenant, il n'était plus seul.
Merci à ceux qui sont arrivés jusque là. Et un plus grand merci encore à ceux qui auront la gentillesse de me laisser un petit commentaire…
