Merci à toutes les revieweuses, je n'ai pas le temps d'en dire plus, je prefere publier le chapitre rapidement!! Je vous remercies et vous fait d'énooooooooooooooooormes bisous pleins de gratitude!!

Deb


7. Première fois

Comment gérer ça?...Etait-ce gérable, en fait?...Aucun d'entre eux n'aurait pû répondre à cette question, ils étaient plongés dans le même état d'hésitation, fascinés et incroyablement tentés l'un par l'autre. Bien sûr, il y avait des deux côtés cette fierté, cette prétention qu'ils avaient, cette façon de toujours vouloir gagner contre l'autre, quelque soit le jeu...Mais autre chose s'était glissé dans leurs esprits, quelque chose de pire, de bien plus ennuyeux, de bien plus perturbant que ces jeux et ce désir qui les tiraillait.

Les sentiments. Aucun d'eux n'aurait pû définir le terme, en fait. Anna en avait eu pour son père, il y a bien longtemps, mais elle avait inconsciemment effacé tout souvenir de ce qu'elle avait pû ressentir au fond d'elle-même, à cette époque. Quant à Tom, seul depuis toujours, il ignorait depuis sa naissance l'existence même de ce genre de chose, et quand il l'avait apprise, il avait tout fait pour échapper à cette dangereuse épidémie qui rongeait l'humanité. Voilà où ils en étaient: deux jeunes adultes qui ne comprennent pas leurs réactions vis-à-vis l'un de l'autre, et qui refusent interieurement de les comprendre.

Plusieurs indices leur avait mis, à l'un comme à l'autre, la puce à l'oreille. D'abord, il y avait cet admiration qu'ils éprouvaient mutuellement en secret, cherchant et appreciant chaque détail du physique et de la personnalité de l'autre...Ensuite, ce désir, cette tension sexuelle presque insupportable, presque palpable lorsqu'ils étaient tous les deux dans la même pièce...Et puis plusieurs autres symptômes, qu'ils mettaient sur le compte du désir, mais qui n'en faisait pas entièrement partie, comme leur respiration qui s'accelerait, leur coeur qui battait la chamade dès que leurs regards se rencontraient...

La seule réponse plausible à la question, la seule qu'ils s'avouaient docilement du moins, était cette haine profonde qu'ils ressentaient. Car elle était tout de même là, cette fameuse haine, cottoyant et fricotant avec le desir, la peur, la fascination...Le tout devenait un mélange trop complexe pour ces deux allergiques aux sentiments, ces deux qui voulaient avoir des coeurs de pierre, et des regards de glace.


Elle était accoudée à la grande fenêtre de leur salle commune, qu'elle avait laissé grande ouverte. Le vent froid faisait entrer quelques flocons d'une neige cotonneuse, qui venait mouiller les joues d'Anna. Elle tenait une tasse de chocolat chaud qu'un elfe venait de lui apporter, elle n'avait pas envie de prendre son petit déjeuner dans la grande salle, ce matin-là. Elle fixait l'horizon d'un oeil détendu, un des rares moments de la journée où elle n'était pas sur ses gardes.

Au loin, au dessus de faibles reliefs, une ligne rosé recouvrait le paysage, adoucissant le blanc grisatre des nuages qui masquaient le reste du ciel. Au sol, le même blanc recouvrait le parc, scintillant, et c'était une épaisse couche de glace qui enfermait maintenant le calmar géant dans les profondeurs du lac. La forêt aussi, était magnifique, le chapeau blanc des grands sapins verts, les autres arbres aux branches dénudées...Elle était plongée dans cette sereine contemplation, quand elle entendit les pas de Jedusor dans la salle commune.

Bonjour, Tom.

Bonjour, Anna.

Elle ne s'était pas retournée vers lui pour le saluer, mais il n'y attachait aucune importance. Ils se parlaient, depuis le soir où il l'avait enfermé dans cette salle. Pas comme avant, pas de simples "bonjour", "au revoir" ni autres politesses futiles. Ils se parlaient vraiment, maintenant. Parfois, le soir, quand Tom ne ramenait pas de fille avec lui (c'était de plus en plus rare, d'ailleurs) ils passaient la soirée sur le canapé, près du feu, et ils parlaient. Ils ne plaisantaient pas comme des amis, ne jouaient pas avec le feu, comme des amants, ne se disputaient pas, comme des ennemis. Ils se contentaient de parler, des choses les plus banales qui soient. Bien sûr, en dehors de leur salle commune et des cours, ils n'étaient jamais ensemble. Ni pendant les pauses, ni pendant les rondes, ni pour les repas, encore moins pendant les week-ends.

Elle entendit les pas se rapprocher d'elle, et un instant l'espoir la traversa. Un espoir dont elle ne voulait pas, pourtant, mais qu'elle ne contrôlait pas. Elle l'imagina encercler sa taille de ses bras chauds, la protégeant du vent gelé qui s'engouffrait dans la pièce, elle l'imagina prendre possession de sa bouche, planter son regard dans le sien...Elle secoua la tête, mais restait sur le qui-vive, les pas se rapprochant encore dans son dos.

Lui aussi esperait. Il n'avait même pas à fermer les yeux pour la voir se retourner, faire dos au vide, et s'approcher de ses pas à la grâce feline de lui, prendre sa nuque entre ses doigts si doux, demander des caresses, nouer ses mains dans sa chevelure, sentir son parfum si sucré...De là où il était, il n'avait qu'un geste à faire pour que tout parte en vrille...Elle lui exposait sa cascade de cheveux, son dos, ses fesses, et il n'avait qu'à poser ses mains sur l'une de ces trois parties pour qu'Anna comprenne le message et le suive sans hesiter.

Au lieu de ça, il se posta un instant à côté d'elle, puis attrapa chaque panneau de la fenêtre et la referma devant le nez froncé de l'ukrainienne. Elle le toisa un instant, et elle sû qu'il était venu chercher la dispute. Tout cela était un jeu, toujours le même, enivrant, désappointant, à la fois jouïssif et agaçant...Comme une drogue, où à chaque nouvelle défonce, une terrible douleur naissait dans la tête pendant qu'un plaisir fou s'insinuait dans le reste du corps...

Tu veux être malade, c'est ça?

Je ne vois pas ce que ça pourrait te faire...

Je te signale que je vis aussi dans cette pièce, et que moi, je ne veux pas tomber malade.

Elle haussa les épaules, et fronça un peu les sourcils, avec cet air qu'il adorait. Comme ça, on aurait dit une gamine qui se faisait refusait un caprice, après des heures d'argumentation. Elle l'attendrissait, plus qu'il ne le voulait, et il se detesta encore.

En plus, ton nez et tes joues sont rougis par le froid...Ce n'est pas très séduisant...

Il souriait avec son air prétentieux, insupportable. Il ne pensait rien de ce qu'il venait de dire, son nez et ses joues étaient un peu rosis, et cela ne faisait que redonner à son charme cette étincelle de candeur qu'il perdait sous la colère, quand le sang remplaçait le chocolat dans ses yeux immenses. Elle fut blessée par sa remarque. Contrairement à ce qu'elle laissait toujours entendre, elle était très sensible à son avis, et il était très important à ses yeux d'être toujours séduisantes pour Tom.

Je me fous que tu me trouve séduisante, Tom.

Sur ce, elle attrapa Nitch dans un bras (le chaton miaula dans un accent d'incomprehension qui aurait pû être risible dans d'autres circonstances) sa tasse de chocolat dans l'autre, et alla s'enfermer dans sa chambre. Elle marchait toujours de ce pas digne et mesuré, dans cette attitude à la fois effrayante et si seductrice. Il ne pû pas résister à l'envie de la suivre. Il ne l'avait que trop peu vu ce matin, et il voulait profiter encore des courbes douces de son visage, de son regard chaud et de ses lèvres épaisses et rouges.

Il la rattrapa alors qu'elle posait une main sur la poignée de metal. Sa main encercla le bras fin, et il eu l'impression qu'une décharge électrique parcourait son corps, jusqu'à atteindre son coeur et le torturait d'un excitement à la fois jouissif et douloureux. Après un miaulement aigu, Nitch sauta habilement du bras de sa maitresse pour atterir sans bruit sur le tapis moelleux. Anna, faisant virevolter au passage ses longues boucles (et les obligeant à frôler le visage de Tom par la même occasion) se retourna vivement vers celui qui tenait son membre prisonnier.

Elle laissa tomber le mug qui s'éclata au sol, éclaboussant de sa mousse lactée les jambes encore nues d'Anna et le pantalon bien repassé de son colocataire. Celui-ci sourit, mais il fut le seul, comme toujours. Elle avait les sourcils si froncés qu'ils se rejoignaient presque. Il tenait toujours son bras dans sa main, sentant tout le pouvoir qu'il avait sur son os à ce moment précis. Leurs visages étaient incroyablement proches l'un de l'autre, c'était à se demander d'ailleurs comment ils ne se touchaient pas.

Tom rit, de ce rire grave et chaud qui donnait des frissons de plaisir à la jeune ukrainienne. Elle avait appris maintenant que lorsque Tom riait, ce n'était pas toujours parce qu'il se moquait d'elle, il riait parfois de ses propres pensées, comme si elles appartenaient à un autre, un qu'il trouvait ridicule. Alors qu'elle se perdait dans ses souvenirs, Tom respirait plus fort, et il fit descendre encore son visage jusqu'à ce que sa bouche effleure la machoire d'Anna. Il y fit glisser ses lèvres, y déposant de petits baisers où la langue happait sensuellement la peau blanche.

Je croyais que tu ne me trouvais pas séduisante...

Je croyais que tu te foutais de ce que je pensais...

Qu'elle n'était pas séduisante? Elle était plus tentante que Lucifer dans son kimono de satin qui s'arrêtait indescemment à mi-cuisse, revelant la peau ferme et blanche de ses longues jambes. A travers le tissus d'une douceur extrême, il était difficile de ne pas imaginer les seins nus et ronds, le ventre plat, les hanches sexy mais un peu garçonnes, les épaules frêles, et la cascade de boucles chocolatées qui coulait sur le tissus d'or. Il ne voulait plus qu'elle, il ne rêvait plus que d'elle, il la désirait presque plus que le pouvoir, que la célébrité.

Qu'elle s'en foutais? Depuis Septembre, rien ne comptait plus à ses yeux que l'opinion qu'avait d'elle Tom Jedusor. Elle avait beau se battre contre ses instincts, elle ne pouvait pas resistait plus longtemps à l'appel insouttenable de sa sensualité de dandy et de diable moderne. Ses cheveux noirs et épais dans lesquels elle aimait emmêler ses doigts, son visage aux traits d'enfants durcis par ces joues creuses et matures, ses yeux vert sombre qui viraient à ce noir paralysant lorsqu'elle le poussait à bout, son corps finement musclé, son allure assuré et prétentieuse, sa voix chaude et tentante, ses mains parfaites et blanches comme l'agneau...

Les lèvres du futur Seigneur des Ténèbres descendirent dans le cou de l'ukrainienne, plongeant le nez de celle-ci dans les cheveux de son futur amant. Elle s'y accrochait déjà de ses doigts, mais elle prit soin de prendre une grande bouffée de ce parfum masculin qu'elle aimait tant sentir dans la masse de jais de ses cheveux. Soudain, elle se figea, arrêtant Tom dans ses langoureux baisers. Elle retira un peu son visage de leur proximité, puis reniffla encore les cheveux.

Elle repoussa Tom en posant deux bras sur son torse. Il recula impersceptiblement, et l'interrogea du regard. Il eu ensuite un sourire narquois, dans le top 10 de ceux qu'Anna ne supportait pas.

Quoi, tu recommence ton numero de Sainte? elle grogna

Tu as fouillé dans mes affaires, Tom.

Nous vivons ensemble, ça a pû m'arriver par accident...il souriait d'une façon si sûre de lui que c'en devenait insupportable pour elle.

Tu mens! Tu porte MON shampoing, Tom!

Je n'ai pas fouillé dans tes affaires...il commençait à s'emporter...Je reglais ma douche et j'ai aimé cette odeur, c'est tout.

Et tu vas me dire aussi que tu n'as pas reconnu l'odeur de MON shampoing?!!

Si, peut-être, mais ce n'est pas propriété privée, il me semble. il était de plus en plus nerveux, ses mains commençaient à trembler.

TU DEPASSE LES BORNES !!!!!!

Le reste se passa très vite. Trop vite. Pas assez vite pour qu'ils puissent oublier, mais trop vite pour se retenir avant le geste. Elle avait levé la main droite et lui avait assené une gifle magistrale. Le son avait claqué dans toute la pièce, résonnant dans le silence absolu. Elle avait trop forcé, rejetant dans cette gifle toute la rancoeur accumulée ces derniers mois, ce qui n'était pas peu dire. Lui, il en était resté pantois une seconde, mais il avait vite repris consistance. Il avait touché sa joue brûlante et marquée en souriant, puis, en moins d'une seconde, il s'était retrouvé le visage collé à celui d'Anna, une poignée de boucles brunes entre les doigts. Elle gémit, essayant d'étouffer ses rares effusions de douleurs.

C'est toi qui les dépasse, ces putains de bornes, Anna.

Il l'embrassa encore violement, ce même baiser que leur premier, presque écoeurant tant il débordait de haine et de sang. En embrassant Anna, Tom faisait cogner sa tête contre le bois épais de la porte, fortement et plusieurs fois de suite. Elle ne gémit pas, mais il vit ses grands yeux marrons se revulser pendant qu'il l'embrasser. Il ne la soutint pas, et elle glissa contre le mur avant de s'avachir contre le marbre du sol, évanouït, tachant le revetement du sang qui échappait de sa bouche et de l'arrière de sa tête.


C'est le cliquetis de la porte qui la reveilla, mais elle n'ouvrit pas les yeux tout de suite. Elle voulait encore une seconde profiter de la douceur de cette solitude obscure qu'elle trouvait derrière ses paupières, avant de devoir affronter les terribles douleurs du monde réel. Dans ces instants de méditation, elle prit la peine de se remémorer ses derniers souvenirs. La tasse était tombé, et Tom l'avait embrassé, elle en était sûre. Et puis elle l'avait énervé, et il lui avait frappé la tête contre la porte jusqu'à ce que la douleur lui fasse perdre connaissance.

Elle fit papilloner ses yeux, et fut quelque peu surprise que la lumière ressemblait tant à celle qu'elle avait quitté en tombant inconsciente. Elle ouvrit enfin grand les yeux, ses deux perles de chocolat ouvertes au monde. En face d'elle, le miroir lui renvoyait la même image que d'habitude, une jeune fille belle, hautaine, propre. Elle y voyait aussi Tom, assis au pied de ce même lit, qui la regardait à travers le miroir de son regard inquisiteur. Elle tenta de se mettre assise, mais la tête lui tourna immédiatement, et elle dû se réallonger. Elle était toujours en peignoire, mais ele n'avait plus aucune tache de sang collant, Tom avait donc pris la peine de la laver au cas où quelqu'un viendrait s'inquièter de son état (peu probable).

Elle passa une main derrière la tête, et voulut se mordre la lèvre inférieure pour étouffer un cri, mais sa lèvre était tout autant douloureuse et c'est un véritable gémissement qu'elle laissa échapper. Tom n'avait pas bouger, fixant toujours le reflet si parfait de sa colocataire. Il se tourna vers elle, et planta franchement son regard dans celui de la jeune fille de l'Est. Elle l'intimidait, elle le liquiefiait litteralement de ce regard à la fois plein de desir et de reproches, de feu et de glace...Elle le toisa quelques instants, n'ayant plus peur de plonger ses prunelles dans les vertes de Tom. Elle avait une expression concentrée, comme si elle cherchait quelque chose, ou comme si elle essayait de décrypter quelque chose qu'elle venait de trouver.

Tom en fut gêner, il soutint néanmoins les yeux magnifiques. Le combat ne dura pas aussi longtemps que d'habitude. Anna, avec une lenteur excessive, se mis assise, et s'approcha du pied du lit, où Tom lui faisait face, dans son uniforme impecable.

Comment de temps ai-je dormis?

Elle parlait comme si leur conversation était anodine, comme si rien de special n'était arrivé le matin même, comme s'il ne l'avait pas embrassé et ne lui avait pas fracassé la boite cranienne contre la porte de sa chambre. Il répondit sr le même ton, mais sans ce regard rieur qu'il arborait généralement en sa compagnie.

Toute la journée, je viens de revenir des cours.

Quelle est mon excuse?

Tu as une vilaine grippe, mais tu ne souhaite pas être soignée par l'infirmière.

Avec qui as-tu ravaillé en potions?

Kimberley Stanhope.

Elle serra les poings, faiblement, mais assez pour qu'il le remarque et y descele un signe de jalousie qui lui fit revenir son impeteux sourire. Il ne savait pas vraiment quoi faire en ce moment, et pour une des rares fois de son existence, d'ailleurs. Elle paraissait en proie à de profondes reflexions, et prête à lui livrer ses conclusions. Aussi loins de la vérité et farfelues puissent-elles être, il restait curieux de svoir comment fonctionner le cerveau de celle ui obligeait à accelerer les battements de son coeur malgré lui.

Pourquoi tu as besoin de me faire mal, Tom?

Son regard était vraiment curieux, vraiment désireux de connaître les raisons de ce sadisme qui semblait ne s'appliquer qu'à elle. Son visage était serein, détendu, ses jambes repliés sous elle, ses longs cheveux bouclants de chaque côté de ses épaules dans une image d'un angélisme brulant, ses grands yeux curieux et ses sourcils fins legèrement froncés. Elle incarnait à ce moment précis à la fois tout ce qu'il aimait d'lelle, et tout ce qu'il detestait. Car plus il l'aimait, plus il la haïssait. Et ce justement, parce que c'était le fait de l'aimer qui le pousser à la detester, lui qui s'était toujours juré de ne jamais faire de sentiment pour personne. Cette image qu'elle renvoyait, à la fois si candide, et si sexy, elle semblait idéalisée, tombée du ciel, iréelle.

Je ne sais pas...

Sa voix était un peu brisé, comme elle l'était sous le coup de l'excitation sexuelle. Anna adorait cette voix, mais elle s'appliqua à ne rien en montrer, comme toujours. Elle le toisa le pls objectivement possible, essayant de comprendre pourquoi en seulement trois mois et demi de vie commune, elle avait pû devenir le bouc émiscère de son homologue de prefet-en-chef.

Tu crois que ça te donne le dessus sur moi? Tu crois que je n'ai pas de moyens plus forts de pression sur toi?

Il ne savait toujours pas quoi répondre, pesant chaque mot mais couvrant son beau visage de ce masque impassible. Elle était lancé, et elle savait totalement ce qu'elle allait faire ensuite. Pour une fois, elle n'agissait pas sur un coup de tête. En jetant un infime coup d'oeil aux murs autour d'elle, elle pû bien verifier qu'elle était dans la chambre de Tom. Parfait.

Ou peut-être...il sembla encore plus atentif...Peut-être que c'est justement parce que tu sais que j'ai un plus grand pouvoir sur toi, que tu t'obstine à vouloir me détruire?

Question purement rhétorique. Sur ce, elle avança vers Tom, se mit à genoux devant lui, qui était toujours assis sur les draps de soie. Son kimono n'était pas fermé, et il laissait voir l'espace entre ses deux seins, son nombril, et un bout du sous-vêtement noir qui tranchait sa peau blanche. Sans s'en préoccuper, elle passa ses mains de chaque côté du cou de Tom, toujours immobile, et elle alla emmêler ses doigts à la chevelure, juste au-dessus de la nuque froide. Son visage descendit sur celui de son ennemi, et elle posa doucement ses lèvres sur celles du garçon.

Il ne bougeait toujours pas, pétrifié, ou plutôt un peu engourdi. Elle ne savait trop pourquoi, mais cela importait peu, du moment qu'elle pouvait lui assener ce petit coup de grâce personnel. Ses lèvres bougèrent doucement à la surface de celles de Tom, puis elle passa doucement la pointe de sa langue sur sa lèvre inférieure. Il ouvrit immédiatement la bouche, d'un geste lent. Elle y glissa lentement sa langue, et alla rencontré la sienne, avec une tendresse que nul n'aurait pû soupçonner chez Anna. Sa langue passait et repassait sensuellement sur celle de son colocataire, jusqu'à ce qu'elle sente que celui-ci commence à réagir.

Là, elle retira ses lèvres, toujours sans violence, avec cette même tendresse où elle ne cachait même plus ses sentiments. Elle fit alors glisser sa bouche gonflée jusqu'à l'oreille de Tom, et y souffla de sa voix où l'accent était le plus fort, sa voix la plus sexuelle.

Je peux t'atteindre sur des terrains où tu n'as jamais mis les pieds, Tom Jedusor.

Et sur ce, elle sortit de la pièce sans un mot de plus, son kimono miraculeusement resseré autour de sa taille. Jedusor ne réalisait toujours pas, bien que la dernière phrase resonne dans sa tête, et qu'il puisse encore sentir le goût d'Anna sur sa langue. On ne l'avait jamais embrassé. Il avait embrassé des centaines de filles qui y avaient toutes répondu avec une ferveur et un desir plus que présent. Mais jamais on ne l'avait embrassé, et jamais avec une si grande tendresse.