Coucou!!!!

Merci infiniment à toutes les revieweuses, je vous adore, c'est grace et pour vous que j'ecris, et j'epsère que ce chap vous fera autant plaisir que les précédents!!!!

Gros bisous à toutes!!


8. Parole

Deux semaines avaient passé depuis le baiser d'Anna, et il ne s'en remettait toujours pas. C'était à la fois la meilleur et la pire chose qu'il n'ait jamais connu. Et comme d'habitude, il se piegeait lui même dans ses désirs de pouvoirs et d'impassibilité, il privait son corps et son esprit des plaisirs humains, comme il l'avait toujours fait, espérant devenir une bête sans coeur qui mettrait le monde à ses pieds un jour prochain.

La meilleure, parce que Tom venait de recevoir la première marque de tendresse de sa vie. La tendresse est quelque chose de très compliqué à ressentir, car on ne peut en éprouver que si elle est partagée. Une personne peut avoir un geste tendre envers une autre, mais si cet autre n'éprouve rien pour la première, il ne ressentira que du dégoût et de la répulsion. Voilà ce que Tom avait ressenti chaque fois qu'une fille avait posé la main sur lui...Du dégoût, qu'il masquait du mieux qu'il pouvait.

Aucune mère l'avait prit dans ses bras, aucun père ne lui avait serré la main, aucun frère ne lui avait mis de coup de poing, aucun ami ne lui avait donné une tape sur l'épaule, et aucune fille ne l'avait embrassé, pas comme l'avait fait Anna. Découvrir cette sensation de bien-être que provoque un baiser sincère et tendre, chargé d'un message qu'il ne voulait pas entendre...C'était la plus belle chose qui ne lui avait jamais été donnée.

Pourtant, cela restait aux yeux de ce prédateurs une de ses pires expériences. Jamais il ne s'était sentit aussi faible, aussi soumis à une personne. Elle avait eu un instant un contrôle total sur lui. Et encore maintenant, deux semaines après cet accident, son coeur battait la chamade dès qu'elle était dans les parages, et ses nuits étaient peuplées de créatures semblables à l'ukrainienne et qui l'embrassaient de bouches fièvreuses et empoisonnées jusqu'à ce qu'il rende l'âme.

Il n'avait pas trouvé de solution. Il continuait de parler poliment à Anna, et elle le lui rendait bien, sans jamais évoquer une de leurs experiences physiques communes. Mais dès qu'il la voyait, il était intimement torturé. Il désirait trop d'elle pour qu'elle le satisfasse sur tous les plans. Il voulait à la fois qu'elle recommence à l'embrasser, aussi tendrement, et aussi qu'elle disparaisse à jamais dans les méandres de Poudlard et le laisse seul avec sa dignité et son pouvoir.


Allongé sur le canapé, il était encore perdu dans ses pensées, à quelques kilomètres de l'endroit où il était. Elle était habillée en moldue aujourd'hui, il entendait ses talons claquer contre le marbre du sol de sa chambre. Elle devait hésiter, ne sachant pas s'il était décent ou non de sortir dans pareil accoutrement. Bien entendu que c'était indécent, tout chez elle l'était sans même qu'elle s'en rende compte, alors si quelque chose la faisait douter, ca serait surement insupportable aux yeux de Tom. Comme pour répondre à ses pensées, il entendit soudain la porte de la chambre s'ouvrir puis se refermer, et le bruit des talons se rapprocha dangereusement.

Dangereux, tel avait été le mot. Le mot qui correspondait le mieux, sans doute. Elle portait un pull-over de très grosse laine blanche, avec un col roulé énorme qui retombait mollement vers son épaule gauche. Ses jambes étaient couvertes par un fuseau de velours gris qui collait bien trop à sa peau, et à ses pieds, elle portait des bottines de cuir noir à hauts talons, responsables du bruit si sexy qui résonnait dans leur salle commune. Ses cheveux si longs étaient relevés en une queue de cheval très haute et un peu négligée qui rajoutait à son charme, ses grands yeux très peu maquillés, sa bouche rouge comme le sang.

Joyeux Noël, Tom.

Il la regarda d'un air incrédule. Il ne l'avait pas vu de la journée, elle n'était donc pas sortie, comme tous les jours depuis le début de ces vacances de Noël. Elle passait le plus clair de son temps enfermée dans sa chambre ou dans un bain, laissant derrière elle cette odeur saturée de sucre qui était insouttenable pour lui. Alors qu'elle se déplaçât simplement pour venir lui souhaiter un joyeux Noël, ça semblait un peu étrange.

Joyeux Noël, Anna.

Ce qui semblait étrange, c'était cette formalité dans leurs phrases, comme si elles étaient répétées par des acteurs plutôt qu'issues de la vraie vie. Et bien sur, le fait qu'il réponde était étrange. Ils n'aimaient pas Noël, ni un ni l'autre, mais aucun ne le savait, et quelque part ils ne souhaitaient faire aucun mal à l'autre en évoquant des passés douloureux. Ce fut Anna qui brisa cette hypocrisie.

Il ne le sera pas plus que le tiens. Je déteste cette fête.

Elle s'assit dans le fauteuil où prenait habituellement place Tom, ce qui le rendit nerveux. Il regarda ses fesses glisser sur le cuir, ses boucles s'écraser sur le dossier, ses mains s'agripper aux accoudoirs. Il la désirait tellement que des visions aussi simples qu'elle en train de s'assoir sur SON fauteuil devenaient insupportables. Elle était donc venue discuter, elle n'allait pas bien. Peu importe.

Qui te dis que le miens ne sera pas joyeux?

Elle le toisa de ses yeux immenses quelques secondes, puis elle désigna, sans détourner le regard du visage de son homologue, les deux uniques cadeaux qui ornaient le pied du sapin de leur salle commune. Un sourire amer traversa les lèvres de Tom. Puis une autre expression remplaça l'amertume. Presque du sadisme, mais le peu d'experience sociale d'Anna ne pû l'identifier clairement. Il reprit, son fidel cadavre de sourire pendu aux lèvres.

Je sais d'où vient le mien. Mais le tien?

Je n'aime pas parler de ma vie.

Moi non plus.

Je ne t'oblige pas à le faire.

Mais tu désire l'entendre autant que moi.

Possible.

Dans ce cas, faisons un marché. elle se contenta d'attendre qu'il propose. Ta biographie contre la mienne.

Sans mensonge?

Aucun.

Marché conclu.

Commence.

Hors de question.

Dans ce cas, une deuxième condition. encore une fois elle attendit qu'il poursuive. Tu m'embrasse encore.

Elle le toisa encore, le visage plus surpris que jamais. Si elle se souvenait de la manière dont on le faisait, elle aurait sûrement sourit à ce moment là.

Très bien.

Tom se lança alors dans son récit. Bien sur, certains points était incomplets, mais il ne cacha rien de ce qu'il connaissait de sa propre histoire à Anna. Pendant une seconde, avant de commencer à raconter, il se dit qu'il était fou. Il acceptait de livrer des informations susceptibles de l'envoyer à Azkaban à une fille qu'il ne connaissait que depuis quatre mois, et tout ça dans le seul but de connaitre sa vie en retour, et d'obtenir un baiser. Puérile. Idiot. Irresponsable. Les mots fusaient dans sa tête, mais il poursuivit son récit.

Il partit du mariage de sa mère, descendante de Serpentard, avec un horrible moldu. Il raconta tout ce qu'il savait avec un calme légendaire, complètement étranger au caractère qu'Anna lui connaissait. Sa mère qui meure et le confit à un orphelinat moldu, les chuchottements des femmes de l'orphelinat, qui le qualifiaient d'enfant "étrange", ses premières expériences magiques, sa capacité de parler aux serpents, les tortures infligées aux enfants de l'orphelinat, la venue presque attendue de Dumbledore, la découverte concrète de ses pouvoirs, son entrée à Poudlard, l'assassinat de ses grand-parents et de son père, l'ouverture de la chambre des secrets, la mort de Mimi, les accusations qu'il avait porté sur Hagrid...

Il s'arrêta là. Il n'y avait plus grand chose d'interessant à raconter, après cela. N'importe qui de sensé se serait enfuit à ce moment-là. N'importe qui de sensé aurait fuit ce jeune homme déjà assassin de sang-froid, et ne l'aurait embrassé pour rien au monde. Mais pas Anna. Elle le regardait avec ce même air neutre, ses grands yeux chocolats qui paraissaient si innocents. Il ne fut même pas surpis qu'elle ne réagisse pas, après tout, Anna était différente des autres en tout point, à ses yeux.

C'est mon tour, je suppose...

Il acquiesça, comme si les avoeux qu'il venait de faire ne représentaient rien de grave. Bien sûr, elle était plus ou moins dégoûtée par ce qu'elle venait d'apprendre. Après tout, elle restait humaine, et découvrir qu'elle avait un meurtrier comme colocataire ne la réjouissait pas vraiment. Mais comme toujours, elle ne montra rien de ce désappointement. Elle ne montrerait jamais aucun signe de crainte ou de respect, peu importe que Tom mérite un ou l'autre.

Elle se mit donc à déballer son existence, qui semblait bien pâle à côté des frasques de Tom. Elle lui avoua le décès de sa mère à sa naissance, pratiquement comme celle de Tom. Elle lui expliqua comment son père l'avait éduquée, préparée et formée pour devenir une des meilleures sorcières de sang-pur de son pays, et d'ailleurs à l'occasion. Elle lui conta ensuite le suicide de son père, son adoptement par ce couple d'anglais, et ces études à Durmstrang. Elle ne lui épargna rien, même pas le Dotchka Podarounok. D'ailleurs, Tom se tendit pendant qu'elle le lui raconta.

Tu as eu mal?

Elle le regarda, ses grands yeux franchement surpris par autant d'audace. Il ne s'excusa pas, attendant sa réponse avec un regard plus énervé que curieux, et sans aucune trace de sadisme, contrairement à d'habitude. En réalité, il était déçu. Il la croyait vierge, et il aurait aimé lui prendre cette virginité, la dévergonder, la salir, lui apposer sa marque. Il ne pourrait pas le faire. Jamais.

Pas tellement. Je ne m'en souviens plus vraiment...

Ele continua son récit, qui ne fut plus très long. Ses parents adoptifs qui l'entrainent en angleterre, et puis son arrivée à Poudlard, trois jours avant qu'il ne la rencontre. Ils ne parlaient plus, ni un, ni l'autre. Ils s'observaient. Lui. Elle le trouvait tellement irresistible, ses cheveux noirs où scintillaient des goutelettes, restes de la neige qu'il avait reçu lors de sa dernière sortie. Ses yeux verts sombres qui la détaillaient aussi précisément qu'elle le faisait. Sa bouche trop rose et trop pleine pour qu'elle ne la désire pas. Les légers creux en dessous de ses pomettes saillantes, qui lui donnait un physique de trentenaire. Son corps mince, qui ne paraissait que finement musclé, cette carure d'intellectuel, qu'elle assimilait à ses dandy anglais qui faisaient la réputation de ce pays.

Elle. Elle avait laché ses longs cheveux qui cascadaient en boucles soyeuses et interminables, comme si on avait versé un chocolat chaud et épais le long de sa tête, ses épaules, son ventre...Ses grands yeux assortis qui appreciaient ce qu'ils voyaient. Ses pomettes hautes et dignes. Sa peau de soie blanche. Sa mouche sur la joue, toujours aussi chic. Ses lèvres rouges et pulpeuses. Son corps si désirable. Il connaissait et désirait tout d'elle maintenant, depuis la longueur et l'épaisseur de ses cils noirs à la petitesse fragile de ses pieds. Il sourit légèrement.

Il est temps de remplir ta part du marché.

Je la trouve un peu chargée, comparée à la tienne...

Il sourit, dans une expression à la fois incrédule (il avait quand même avoué qu'il avait assassiné 4 personnes de sang-froid) et en proie à une réflexion inquiètante.

Je peux alourdire ma part, si ça peut t'arranger...

Propose. il laissa passer quelques secondes de silence, un sourire pendu aux lèvres.

Tu m'embrasse. elle leva les yeux au ciel. Et ensuite, je t'embrasserai exactement de la même façon.

Elle fronça les sourcils, en proie elle aussi à une intense reflexion. Elle le désirait, elle voulait se persuader que Tom était capable d'être tendre. Mais plus elle le connaissait, plus elle en doutait, et elle voulait éviter un nouveau traumatisme cranien.

Qui te dis que j'en ai envie...

Personne. Ce n'est peut-être pas le cas. Mais tu es curieuse.

D'accord, marché conclu.

Elle faisait une drôle de moue, indéchiffrable pour lui. Elle hésitait entre se laisser entraîner dans ces baisers qui ouvraient de grandes portes aux débordements physiques, et fuir comme le soir du bal. Elle opta pour la première solution, dangereuse mais plus mature. De toute façon elle n'avait plus le choix, il avait sa parole.

Elle se leva de son fauteuil, calmement, et ramena ses cheveux en queue-de-cheval, comme lorsqu'elle était entrée dans le salon. Elle s'approcha du canapé, où Tom était maintenant à demi allongé, le dos appuyé contre le dossier, un bras sur l'accoudoir, les jambes étendues sur la banquette, il ne souriait plus. Elle s'approcha encore de lui, de sa démarche à la grâce féline. Apparement inconsciente de l'effet de son geste sur lui, elle passa une jambe par dessus le bassin de Tom et s'y assise.

Il eu plus de mal à respirer, plus de mal à contrôler le rythme des battements de son coeur. On aurait dit qu'il venait de courir un marathon tant ils allaient vite. Elle était là, à califourchon sur lui, dans une pièce où personne ne pourrait les surprendre, et elle allait l'embrasser. Elle pencha son torse sur celui de Tom, jusqu'à ce qu'ils n'en forment plus qu'un, sa poitrine compressée contre les fins pectoraux. Elle approcha son visage du sien, et passa une main chaude et douce dans la nuque du Serpentard.

Doucement, ses lèvres vinrent s'appuyer sur celles de Tom. Les deux bouches étaient si douces et apétissantes que ce simple baiser devenait orgasmique pour l'un comme pour l'autre. Comme deux semaines auparavant, elle passa la pointe de sa langue sur la lèvre inférieur de Tom, et il ouvrit instinctivement sa bouche. Elle y fit entrer sa langue, qui alla caresser celle de Tom, avec une douceur infinie, comme si tout était acquis, comme s'ils étaient un couple totalement équilibré.

Le baiser ne s'eternisa pas. Elle savait que Tom allait prendre sa revanche dans quelques secondes, et les bouffées de chaleur que ce simple contact avait provoqué en elle n'annonçaient rien de bon quant à la suite des évènements. Ils n'étaient pas essoufflés par l'effort mis dans ce baiser, mais plutôt par le sang qui battait trop vite dans leur veine, par tout leur corps qui s'excitait à l'idée d'un simple baiser. Soudain, le regard hautain de Tom revint, accompagné de ce sourire prétentieux aussi irresistible qu'agaçant.

A mon tour, maintenant.

Le plus important pour lui n'était pas de l'embrasser, mais de voir s'il pouvait avoir le même pouvoir sur elle par un simple baiser. Elle paraissait un peu moins sûre d'elle, mais elle ne quittait pas sa position, son bassin toujours posé sur les hanches de Tom. Elle fronça les sourcils, puis acquiesça calmement. Elle semblait se préparer à une sorte de défis interieur, et cela le fit sourire. Il se concentra ensuite du mieux qu'il pû.

Il passa, le plus doucement possible, une main dans le dos d'Anna. Une fois qu'il fut sur de bien la soutenir sans la faire souffrir (le but de la manoeuvre était quand même de se montrer tendre), il la fit basculer sous lui, d'une façon si rapide et habile qu'il se retrouva entre ses jambes écartées sans qu'elle s'en aperçu. Il la regarda dans les yeux une seconde, et y vit tant le désir bouillir qu'il eu du mal à tenir parole et à ne pas lui arracher ses vêtements sur le champ.

Il posa une main à côté de la taille d'Anna, pour ne pas l'écraser de tout son poids, et l'autre vint prendre sa joue, sans la blesser pour une fois. Comme s'il traiter un objet de porcelaine, il vint poser ses lèvres sur la bouche rougie d'Anna. Instinctivement, il ouvrit la bouche et tenta de forcer le passage, mais une main vint se poser sur son torse, et le repoussa.

Tendre, Tom. C'est un défis, pas un caprice.

Il lui sourit. Elle aurait pû être plus indulgeante, c'était la première fois qu'il était confronté à ce genre de situation. Il reposa ses lèvres sur celles de la préfète-en-chef, encore plus doucement. Sa bouche prit le temps de se mouver quelques secondes à la surface de l'autre, avant de demander (calmement) une ouverture, qui lui fut accordée immédiatement. Pour la seconde fois de la journée, leur langue se touchèrent, se caressèrent, s'habituèrent au goût exquis de l'autre.

Malgré ses efforts, le self-control de Tom n'atteignait pas celui de sa colocataire. Il ne détacha son visage de celui d'Anna qu'au bout d'un certain nombre de minutes, mais ne renonça pas pour autant à elle. Sa bouche alla immédiatement trouver refuge près de l'oreille de l'ukrainienne, avant de parcourir le chemin de sa machoire à son cou en passant par son menton. Ses mains restaient sages, mais plus il entendait la respiration d'Anna augmenter de rythme et d'intensité, plus il en perdait le contrôle.

Stop, Tom.

Elle le repoussa d'une main douce, et pour une fois il ne protesta pas. Il était bien trop sous le choc des...émotions? Il était maintenant à genoux sur le canapé, et la regardait se mettre debout, ses hauts talons claquants à nouveau le marbre. Il était perdu, il n'entendait que les battements de son coeur, tant ils étaient puissants, et il ne sentait plus que l'envie pressante d'Anna, tout le long de son corps.

Deux baisers. C'est tout ce qu'on avait décidé. Respectons nos paroles, au moins cette fois.

Au moins cette fois? Mais c'est précisément cette fois qu'il aurait voulu parjurer. Peu importe les conséquences, il voulait que le corps et l'âme d'Anna lui appartiennent entièrement et pour toujours. Elle le regarda dans les yeux, et encore une fois, elle aurait dû sourire à ce moment là, mais elle ne le fit pas.

Tu t'es bien débrouillé, mieux que je ne le pensais.

Quelques pas résonnèrent sur le marbre, et j'entendis la poignée de métal de la porte de sa chambre se tourner. Un instant, elle s'arrêta. Il ne sut trop pourquoi, si elle avait voulu revenir vers lui, le rassurer d'une phrase, l'inviter dans sa chambre (mais bien sur...), mais elle se ravisa et s'enferma.