9. Oeil pour oeil...
Beaucoup de choses avaient changé depuis ce fameux après-midi de Noël. Ils ne l'auraient jamais avoué, mais cette expérience avait été un moment de faiblesse pour chacun d'eux. Elle, parce qu'elle a cédé à ses demandes purement charnelles et égoïstes, dans l'espoir d'en profiter un peu. Et lui, parce qu'il était allé jusqu'à être tendre, et jusqu'à lui demander un baiser, même si objectivement, cela n'engageait à rien.
Anna, elle, ne s'en inquiètait guère. En y pensant, elle n'attendait rien de sérieux de la part de Tom Jedusor. Il leur restait encore six mois à vivre ensemble, et ils ne se reverraient sûrement plus jamais après les Aspics. Elle se voyait continuer ainsi, entre faire la guerre et faire l'amour, jusqu'à ce qu'une séparation définitive et incontournable éloigne à jamais le problème physique et sentimentale qu'était Tom.
Lui, en revanche, prenait bien moins de recul par rapport à ces débordements. Il était Tom Jedusor, le beau, le grand, l'aimé, et il ne deviendrait jamais Tom Jedusor, la mauviette amourraché de la pute de l'Est. Jamais. Cela lui faisait trop mal, les maux qu'elle provoquait chez lui devenaient insupportables, déchirant son âme, son coeur, son esprit, ses pensées...Et il fallait à tout prix qu'il trouve un moyen de s'en détacher.
Le cours de potions ne se passa pas comme d'habitude. Slughorn avait jugé que Tom et Anna devait être séparés, pour aller aider les élèves les moins doués. Anna devait supporter Agathe Blew, une Poufsouffle complètement abrutie par les vêtements et le maquillage, et Tom était en binome avec Vespa Malfoy, une vieille connaissance à lui, en quelque sorte. C'est là que l'idée lui est venue. Il s'est écoeuré lui-même une seconde, puis c'est elle qui l'a écoeuré, mais il a finit par céder à ses propres suggestions.
Vespa Malfoy était absolument tout ce qu'Anna n'était pas. Grande, ses cheveux blonds platine coupés net au niveau de ses épaules, ses grands yeux aguicheurs oscillants entre un gris froid et un bleu larmoyant, son visage en pointe, d'un blanc crémeux et hautain, son corps aux courbes envoutantes...C'était peut-être la raison pour laquelle Anna ressentait cette énorme poussée de jalousie chaque fois que Tom offrait un sourire charmeur à cette pimbêche.
Tom? Tu pourrais couper les bulbes s'il-te-plait?
Cette voix. Trop aigue, trop crissante, et à la sensualité trop forcée pour être séduisante. Malfoy était sans doute une des filles les plus insupportables du collège. Il la connaissait depuis sa quatrième année, première fois où elle avait visité son dortoir. Bien sûr, elle y avait refait quelques passages, depuis. Elle était de ces filles, qui sont presque incontournables si on veut préserver une réputation de tombeur.
Il lui fit son sourire le plus charmeur, digne d'une publicité moldue pour un dentifrice, et se mit à l'ouvrage avec les bulbes. Il la sentait se trémousser à côté de lui, appuyer ses hanches à la table de bois, jouer avec sa plume, et il savait parfaitement qu'elle reflechissait à un moyen d'engager la conversation. Malheureusement pour lui, elle le trouva rapidement.
Ca fait un bout de temps qu'on ne t'a pas vu dans notre salle commune...
Elle avait eu l'indescence de faire rouler le "notre" d'une façon qui ne laissait plus aucune place au sous-entendu, mais plutôt à la declaration formelle. Il sourit une nouvelle fois, mais elle ne pû pas deviner qu'il se moquait d'elle.
Ho, tu sais, Stavinsky et moi avons pas mal de missions, en tant que préfets-en-chef, je n'ai plus beaucoup de temps libre...
Stavinsky?
Mauvais sujet. Il aurait pû parler de n'importe quoi, alors pourquoi fallait-il qu'elle choisisse Anna? Elle connaissait parfaitement Anna, en plus, vu qu'elles étaient de la même année et dans la même maison, elle connaissait forcément au moins son nom. Il avait prit grand soin de ne pas prononcer son prénom, mais elle l'entrainait sur un terrain qu'il n'appreciait pas du tout. Il ne perdit pas son sang-froid, fidèle à lui même.
L'autre préfète...
Ho. Tu la connais bien?
Question parfaitement bien ficelée au goût de Vespa, et pourtant si stupide et grossière aux yeux de Tom. Elle la croyait sûrement fine et astucieuse, mais même un sourd y aurait entendu l'allusion...Elle ne lui demandait pas réellement si il la connaissait, mais plutôt si il couchait avec. Sans le vouloir, mais sans pouvoir se contrôler, Tom ressera sa main autour de la lame qui tranchait les bulbes. Il sentit sa paume le bruler, et il sû qu'il se l'était coupée.
Pas vraiment...On ne se parle jamais, en dehors des cours...
Ho, le joli mensonge, bravo, Tom! Bien sûr qu'ils se parlaient, bien sur que sa voix basse et chaude envahissait les rêves du Serpentard, bien sur qu'il aurait aimé couché avec...Il secoua la tête pour chasser ses idées, et faire passer l'envie de trancher la gorge à la jeune Malfoy...Pour changer de sujet, il ouvrit sa main sur la lame.
Ho! Mais Tom, tu t'es coupé!
Quelle imbécile...Bien sûr qu'il s'était coupé, d'où le sang sur sa main...Encore une fois, une envie de meurtre se glissa dans les idées de Tom. Ca devenait bien trop fréquent...Vespa s'occupa de nettoyer sa plaie et de lui faire un bandage de fortune, lorsqu'il déclara préférer continuer le cours que d'aller à l'infirmerie. Bien entendu, elle prit soin de caresser son poignet chaque fois qu'elle devait en faire le tour avec le tissus...
Du coin de l'oeil, Tom cru voir des accents de jalousie sur le visage d'Anna, mais il les avait sans doute rêvé...Ses fantasmes l'avaient sûrement emporté sur la réalité, comme trop souvent depuis qu'il connaissait l'ukrainienne.
Elle était assise sur le canapé de cuir où elle avait embrassé Tom, quelques jours plus tôt. Elle avait ramené ses genoux vers elle, et avait passé ses bras autour, serrant ses cuisses à sa poitrine. Elle n'avait même quitté sa veste, tant elle avait la tête ailleurs. Les yeux plongés dans les flammes, ils étaient d'un rouge effrayant, presque comme le sang. C'était la seule solution, se mettre en colère pour ne pas se mettre à pleurer...Elle ne voulait pas pleurer, elle resterait digne jusqu'au bout, peu importe les coups bas que lui ferait Tom Jedusor.
Tout s'était passé très vite, et en même temps, le moment où elle avait passé la porte et celui où elle s'était assise sur le canapé avait semblé durer des années à ses yeux. Elle rentrait de son dernier cours un peu en retard, parce que Dumbledore avait une fois de plus tenu à lui servir un de ses soporifiques discours sur l'apprentissage rigoureux de la métamorphose, qui était pour lui indispensable. Elle ne s'était pas pressée dans les couloirs, n'ayant pas très envie de faire de longues discussions avec Tom. Quand elle y reflechissait, elle aurait mille fois preferé parler avec lui...
Elle avait donné le mot de passe au tableau, qui l'avait laissé entrer non sans mentionner son uniforme incomplet. Anna détestait toujours ces robes noires, et ne manquait pas de les enlever à chaque sortie de cours, comme depuis le début de l'année. Elle était entrée dans la salle commune, vide. Elle avait esquissé un mouvement pour aller dans sa chambre, et s'y déshabiller avant de revenir somnoler près du feu, mais elle s'était stoppée dans son élan. En un bruit, un seul, elle avait compris ce qui se passait. Tom était en train de coucher avec cette satanée Malfoy.
Ses jambes s'étaient mises à trembler, son coeur battait plus fort, et les larmes perçaient le marron bouillant de ses prunelles. Elle s'était assise sur le cuir du divan, et avait ravalé sa tristesse, en la remplaçant par du dégoût et de la colère. Au bout de quelques minutes, ses sentiments se transformèrent encore, pour atteindre ce moment où seule la vengeance est importante. Elle réflechissait à une manière de faire payer ça à Tom...Et quand elle eu trouvé, un rictus apparut sur ses lèvres rouges...Bien sûr, c'était encore loin d'un sourire, mais c'était la première fois depuis des années que sa bouche se tordait en autre chose qu'une moue de dégoût.
Elle se condamnait elle-même à cet enfer. Elle aurait pû sortir de leurs appartements, aller faire un tour dans le parc et ne revenir qu'après l'heure du diner, et puis aller directement se coucher. Mais elle ne voulait pas le faire, elle préférait rester dans le salon, et entendre leurs bruits. Les murs n'étaient pas minces, mais on aurait crû qu'il avait amplifier les sons de sa chambre. Elle entendait le dos de Vespa taper contre la porte de bois à chaque coup de rein de Tom, elle entendait cette imbécile gémir le prénom de Tom, et en écoutant bien, elle entendait même les grognements de celui-ci.
Si elle voulait entendre tout cela, ce n'était pas pour le plaisir de cette musique écoeurante. En revanche, elle était pratiquement sûre qu'en s'éloignant d'eux, sa colère se serait apaisée, et avec elle les envies de vengeances se seraient éteintes. Or, ce n'était pas du tout ce qu'elle voulait...Tom y allait de plus en plus fort pour la faire souffrir, et au jeu du plus puissant elle ne déclarerait jamais forfait. Pour courroner le tout, elle était certaine, quelque part au fond d'elle, que ses attaques envers Tom lui faisaient aussi mal que les siennes, même si aucun d'eux ne l'avouait jamais.
Une demi-heure plus tard, et sans que les bruits ne cessent tout ce temps, Anna entendit la porte de la chambre de Tom s'ouvrir. Les yeux toujours au coeur des flammes, elle ne bougeait pas, comme une statue. Elle entendit le bruit d'un baiser volé, un chuchottement inintelligible, et un ricanement crissant, insupportable. Quelques pas résonnèrent sur le sol de marbre, et Anna pria une seconde pour que Vespa trébuche sur les tapis...Prière non exaucée, malheureusement. La porte d'entrée s'ouvrit, et se referma. Anna aurait sûrement dû se détendre après le départ de Vespa, mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire.
Tom vint s'assoir sur le fauteuil de cuir. Se préparant d'avance au choc qu'elle allait recevoir en voyant son visage, Anna se tourna d'un coup sec vers lui, le visage fermé et les yeux d'une rougeur flamboyante. Il était parfaitement détendu, assis une jambe croisée sur l'autre, le coude appuyé sur l'accoudoir. Il n'était vêtu que d'une serviette blanche, nouée autour de ses hanches, laissant apparaitre 70 pourcents des parties les plus interessantes de son anatomie. Un sourire énorme et prétentieux trônait sur ses lèvres parfaites. Pourtant, son regard assuré se vrilla lorsqu'il croisa celui d'Anna, un peu trop blessé et innocent pour qu'il le supporte.
Tu aimes vraiment me faire mal, hein?
Il opina vaguement, apparement incapable de parler, mais soucieux de continuer sa petite torture perverse. Elle parlait d'une voix basse et chaude, presque un murmure, et son accent était plus que présent. Sans dévier son regard, elle reprit de la même voix dérangeante par rapport à la situation.
Est-ce que c'est...Jouissif?
Le visage de Tom redevint cette caricature sadique. Il était surpris par la rougeur intense des iris d'Anna, mais n'en fit pas cas.
Orgasmique.
Lui aussi prenait des accents feutrés, sensuels, ils jouaient sur ce même terrain insouttenable. Anna détourna son regard, pour fixer le feu à nouveau. Elle acquiesça en signe de compréhension, et ne bougea plus jusqu'à ce que vienne l'heure du repas. Elle alla s'enfermer dans sa chambre, faisant apporter son dîner par un elfe de maison, et ignorant le sourire narquois qui voletait sur la bouche de Tom le reste de la journée.
La nuit arriva bien vite. Il était particulièrement fier de sa journée. Tout avait si mal commencé, avec ces interrogations stupides qui l'obsedaient...Et puis cette imbecile de Vespa Malfoy avait enjolivé son après-midi. Ho, bien sur, cette fille ne valait rien, en profondeur. Elle était parfaitement creuse, et même sa surface n'était pas de très bonne qualité. Elle ne l'avait pas mené à l'orgasme, mais cela ne le surprit pas, il n'avait pas réellement envie de coucher avec elle, son seul désir était de faire souffrir Anna, et il était intimement persuadé qu'il s'agissait de la meilleure façon d'y parvenir.
Il aurait aimé savoir à quel point il l'avait blessée...Malheureusement, ça faisait partie des choses qu'il était impossible de savoir. Les autres filles pleuraient, plus ou moins fort et plus ou moins longtemps selon leur degré de douleur...Elles criaient, ne mangeaient plus, déprimaient, se mettaient à fumer...Tellement de signes susceptibles de le rassurer, mais qui ne viendraient jamais avec Anna. Il n'était sur que d'une chose, c'était qu'il l'avait mise en colère. Il le voyait à ses prunelles qui rougeoyaient d'une façon si étrange et effrayante.
Elle n'avait pas bougé d'un cheveu jusqu'à ce qu'il parte manger dans la grande salle. Il avait diné en ignorant complètement les sourires suggestifs de Vespa, ce qui n'avait pas découragé la jeune Serpentard. Elle s'était assise à sa droite, et tenté chaque fois qu'il la repoussait de poser sa main sur sa jambe, ou de jouer avec ses cheveux. Il apprecia qu'Anna ne vienne pas diner avec les autres, elle aurait sûrement remarqué qu'il n'était pas aussi interessé par Malfoy qu'il voulait le lui faire croire.
Lorsqu'il était remonté dans leur salle commune, elle était dans sa chambre. Il en avait profité pour prendre un bain de plus pour bien se débarasser du goût de la peau de cette Malfoy sur la sienne. Elle avait beau être de sang-pur, elle le souillait. Il ne supportait plus ces contacts avec d'autres qu'Anna, et c'était peut-être cela, le fond du problème. Ses contacts avec elle n'étaient jamais vraiment poussés, et quand ils l'étaient, comme le soir où il l'avait surprise pendant sa ronde, ce n'était pas lui qui en profitait...
Il alla dormir tôt, craignant de supporter ses propres réflexions trop longtemps. Il ne rêva pas, ce qui n'était pas arrivé depuis pas mal de temps...Il se reveilla à deux heures du matin, lorsqu'Anna claqua la porte de la salle commune. Elle partait faire cette fameuse ronde, celle qu'elle detestait tant. Il resta allongé sur le dos, profitant encore quelques minutes de la chaleur de son lit avant de devoir le quitter pour aller à son tour surveiller le chateau.
Anna était, au quotidien, une fille très prévisible. Il savait toujours à quelle heure elle se levait, ce qu'elle prenait au petit-déjeuner, à quelle heure elle prenait une douche, à quelle heure elle sortait pour lire, ou quand est-ce qu'elle avait envie de parler avec lui. Elle était en quelque sorte programmée comme une horloge. Ce qui ne gênait en rien Tom, qui détestait les surprises, en général.
D'habitude, elle rentrait de sa ronde à 2H45. Autant dire qu'elle virevolatait dans le chateau plus qu'elle ne surveillait. Elle faisait un bref tour des lieux, puis passait une bonne demi-heure dans le parc ou près du lac. Il l'avait suivi une fois, et il l'observait par la fenêtre, la plupart du temps. Pas cette fois, cependant. Il tenait à tester ses limites, et il pouvait largement resister à l'envie de se pencher par la fenêtre simplement pour voir ses longues boucles satinés voleter sous la neige.
Ce soir-là, elle se fit plus longue. Cela l'intrigua, car elle n'avait jamais bouleversé ses habitudes, avant cela. Il jugea bien sur que ce n'était qu'un détail, bien que son heure habituelle fut dépassé d'une demi-heure lorsque la porte claqua de nouveau. Elle avait sûrement pris son livre, et s'était attardée dans le parc en le lisant...De toute façon, il s'en fichait éperdument, et puis il avait ses propres affaires à régler.
Il attendit qu'elle regagne sa chambre, puis se prépara à son tour, et sortie faire sa ronde. Rien à signaler, le chateau était aussi calme qu'à son habitude. Quelques tableaux qui râlent contre la lumière de sa baguette, des portes qui claquent, signe que les élèves sortent toujours en cachette...Rien de spécial, donc. Il prit son temps, lui aussi, espérant qu'Anna se ferait du soucis, et peut-être même qu'elle descendrait à sa rencontre.
Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'Anna était loin de se faire du soucis pour lui, à ce moment là. Debout dans sa chambre, elle vérifiait l'heure qu'affichait l'horloge, impatiente de mettre son plan à l'ouvrage. Tellement impatiente qu'elle sautillait presque sur place, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Elle avait tout exagéré. Sa chambre était parfumé au même arôme que ses cheveux, cette odeur saturée de sucre qu'il aimait tant. Elle portait son peignoire de satin doré, et en dessous, des sous-vêtements sexy et de soie noire qui tranchaient comme des lames sur sa peau de porcelaine. Elle avait laché ses longs cheveux, qui bouclaient sensuellement jusqu'à ses fesses, et dont la frange lisse tombait gracieusement au dessus des deux sourcils fins. Elle s'était fait un regard de charbon en noircissant tout le contour de son oeil, ce qui intensifiait encore son regard félin. Elle n'avait pas maquillé ses lèvres, mais les avait tellement mordillé qu'elle étaient aussi rouges et gonflées qu'après une séance de chirurgie plastique. Tout était parfait, elle n'avait plus qu'à l'attendre...
A cinq heures du matin, il jugea qu'il était grand temps de revenir dans ses appartements. Anna dormirait sûrement à cette heure, et il arriverait peut-être à la reveiller, en faisant un peu trop de bruit en ouvrant les portes. Il donna le mot de passe au portrait, qui le gratifia d'un sourire respectueux en le laissant entrer dans la pièce. Le salon était vide, comme il s'y était attendu, seul le crépitement des flammes resonnaient dans la pièce de marbre et de velours.
Il commença à marcher vers la porte de sa chambre. Il ne lui restait que très peu de temps de sommeil avant de devoir aller en cours, et la nuit prochaine ne serait pas meilleure. Heureusement demain,il ne serait pas obligé de coucher avec une groupie pour se convaincre qu'il était plus fort qu'Anna. Soudain, un son l'arracha à ses songes. Pas vraiment un son, mais un mot clair. Pas vraiment un mot non plus, mais un prénom. Et pas un simple prénom, mais son prénom.
Anna...
Une deuxième fois. Il ne le rêvait pas, il ne l'inventait pas...Le prénom était vraiment prononcé par quelqu'un, quelque part dans la pièce. Une sorte de soupire...Une voix masculine...Il ne fallut que trois secondes pour que Tom sorte de ses gonds. Sans plus réflechir, il marcha d'un pas plus lourd jusqu'à la porte de la chambre à coucher de l'ukrainienne, et l'ouvrit à la volée. La vision qui l'y attendait finit de lui faire perdre la raison.
Un garçon était assis sur le bord du lit d'Anna, et la tenait par les hanches. Elle était assise à califourchon sur lui, le peignoire assez ouvert pour que même Tom (qui ne la voyait que de dos) puisse apercevoir quelques carrés de chair blanche. Il voyait même les faibles ondulations des hanches si fines d'Anna sur celles du garçons. Une main du garçon était remontée jusqu'à ce que Tom compris comme la poitrine d'Anna...Quand à elle, une de ses mains appuyait le visage du garçon contre le sien, et l'autre était perdue vers son bas-ventre. Tom repensa aux gémissements du garçon, et il ne tint pas plus longtemps.
Anna!
Celle-ci tourna vivement son visage vers lui, apparemment pas surprise de le voir dans sa chambre alors qu'elle embrassait goulument un autre garçon. Elle vit Tom s'avancer vers eux comme un fou, et elle prit soin de décoller son bassin de celui du garçon. Elle essuya sa main contre le jean de ce dernier, de façon à ce que Tom puisse voir et comprendre son geste. Il poussa un grognement de rage, digne d'une bête de la pire espèce.
Il attrapa le col du garçon, et le fit sortir de la chambre. Il claqua la porte derrière eux. Elle entendit quelques cris étouffés, quelques coups, contre le mur et contre autre chose qui ne résonnait pas dans la pièce (sûrement le corps du pauvre type). Sans prendre la peine de se rhabiller, ni même de refermer son peignoire, Anna se leva du lit et alla coller son oreille à la porte. De l'autre côté, Tom murmurait des choses aux garçons, des choses qu'elle pouvait entendre.
Deux choses, Stew. Ne la touche plus jamais. Ne l'effleures même pas, ne lui parle pas, ne la regarde même pas, ne cherche même pas l'odeur de son parfum...Fais comme si elle n'existait pas.
Il parlait de sa voix cassée, celle qu'il avait dès qu'il perdait le controle des choses. Il hachurait les mots, détachant soigneusement chaque syllabe pour être sûr que l'autre comprenne.
Et la deuxième. Ne raconte à personne ce qu'il vient de se passer. Ni ce qui s'est passé avec elle, ni ce qui se passe avec moi. Jamais.
L'autre ne répondit pas, mais Anna devina qu'il avait acquiescé. Plus aucun bruit ne se fit entendre jusqu'à ce que la porte d'entrée ne claque. Elle alla immédiatement reprendre place sur le lit, au cas où la tempête n'était pas complètement passée. Ce qui fut le cas, évidemment.
Tom ouvrit violemment la porte, et se rua sur elle. En moins d'une seconde, elle n'était plus du tout maitre de la situation, physiquement parlant. Il était allongé sur elle, lourd de tout son poids, lui brisant presque les côtes. Elle écartait un peu le jambes pour qu'il prenne place au milieu et la fasse moins souffrir mais il grogna, peu amène. Il prit sa machoire dans une main, des deux côtés de sa bouche pulpeuse, et la serra si fort qu'elle crut exploser de douleur. Leurs visages se touchaient presque, mais aucune intention de baiser ne les traversa.
Je peux savoir à quoi tu joues?!!!!!
Il s'emportait déjà, et malgré la douleur, elle se sut victorieuse. Il criait, avait cette voix rauque. Alors qu'elle continuait de cette voix basse et feutrée, à laquelle il ne resistait jamais.
Tu as dit que c'était orgasmique...J'ai droit à un orgasme, moi aussi.
Le mot orgasme dans sa bouche, le "r" légèrement roulé, le "a" chaud et le "s" tamisé...Tout cela était bien trop érotique...Pourtant, il devait continuer d'être en colère, car il continuait de l'être, intérieurement.
La prochaine fois que tu as envie d'avoir un orgasme, appelle moi au lieu de faire n'importe quoi...
Je n'avais pas forcément envie que ce soit toi qui me donne cet orgasme...
Il ressera sa prise sur sa machoire et grogna encore. Ses mains tremblaient un peu, et son coeur battait une chamade sans nom.
Reflechis, petite sotte! Tu sais tout ce dont je suis capable, et tu fais ce genre de gamineries? Tu sais jusqu'où je pourrais aller par vengeance, Anna...
Elle se rappella soudain qu'elle s'adressait non pas à un adolescent anglais moyen, mais à un tueur de sang-froid qui était même coupable de patricide! Il risquait de tuer ce garçon à n'importe quel faux pas, maintenant. Ho, elle ne s'interessait pas vraiment à lui, elle ne savait même pas son nom, mais elle ne voulait pas être responsable de la mort d'un élève.
Elle se contracta un peu, et il dessera ses doigts autour de ses joues, qui avaient laissé des marques rondes et rouges. Elle ne tenait pas particulièrement à répondre à cette question, car sur ce plan il lui était supérieur. Elle essaya donc de feinter, de l'embarquer dans un baiser moins chaste que ceux qu'elle lui avait donné jusqu'à présent.
Il sentait son parfum dans sa cheveux, dans toute la pièce, mais il baignait aussi l'odeur de son parfum à lui...Et ça, il ne pouvait pas le supporter. Il la vit approcher ses lèvres, mais il la repoussa avant qu'elle ne le touche. Elle pris un air outré, qu'elle n'avait sûrement pas volé. Il ne sourit pas, contrairement à d'habitude, et son magnifique visage se tordit en une moue dégoutée qui fit s'arrêter le coeur d'Anna.
Tu es souillée, je ne mélangerai pas ma salive ni mon sang au sien...il désigna la porte d'un coup de tête.
Il se releva, saisi la poignée de la porte, puis se tourna vers Anna. Son visage était toujours dégouté, mais il paraissait également curieux, maintenant.
As-tu été plus loin avec lui qu'avec moi?
Elle reflechit quelques secondes, pesant chaque mot qu'elle désirait prononcer. Il lui fallait dire la vérité, car elle ne tenait pas à mentir à Tom, pas après les actes de franchises qu'ils avaient fait l'un envers l'autre. Il fallait aussi qu'elle le laisse dans sa jalousie, mais pas au point qu'il eu envie de tuer l'autre garçon, Stew Peed.
Ca dépend ce que tu veux dire...il parut encore plus curieux...Je lui ai fait plus de choses qu'à toi...ses dents se serrèrent...Mais il ne m'a pas amenée à l'orgasme comme tu l'as fait.
S'il se détendit, il ne le montra pas. Sans lui souhaiter une bonne nuit, il ferma la porte derrière lui et partit dans sa chambre. Elle était fière d'elle, fière de cette journée qui avait si mal commencé, et qui finissait sur une note de victoire, parfaite.
Et voilà pour le nouveau chap!!!!!
J'espère qu'il vous a plut!!!
Un énorme merci au revieweuses: memelyne, maryhe, morticia slytherin, loudee et ayame raving-mad. Si j'écris aussi vite, c'est parce que j'ai vraiment hâte de retrouver vos revoews, qui sont toujours droles et agréables!!!
Je vous fait de très gros bisous, et à bientot pour le prochain!!!
Deb
PS: j'ai appelé la fille Malfoy "Vespa" parce que ça veut dire "guêpe" en latin, et comme donner des noms d'animaux semble être une tradition chez les Malfoy...
