Salut à toutes!!!
Voilà le chapitre 11!! Ce n'est pas vraiment mon préféré, mais bon, il fait partie de l'histoire comme les autres, et j'espère qu'il vous plaira, comme les autres
Merci à toutes les revieweuses, merci à celles qui mettent la fic en favoris ou en alert, merci à ma beta, que je fais galérer la pauvre!!
Le prochain est déjà écrit, alors il arrivera sûrement bientot
Deb
11. Cette torture
Hors de lui. Il était hors de lui. Pourquoi ? Il n'osait même pas se poser la question à lui-même, pourtant, au fond de lui, il savait exactement pour quelle raison cette simple réflexion l'avait fait sortir de ses gonds. En y réfléchissant, il y avait même plusieurs raisons, certaines plus faciles à admettre que d'autres...
D'abord, le rire bas et gras de Slughorn qui avait résonné dans toute la pièce, se répercutant de mur en mur, du sol au plafond, de la porte de bois aux toiles des portraits prétentieux et alignés mollement ...Ce simple son lui avait donné des tremblements de rage, et il aurait facilement envoyé un certain éclair vert en plein dans le ventre proéminent de ce mollasson de professeur de potions.
Ensuite, il y avait eu ces regards insupportables... Tous les autres, tous ceux qui l'adulaient, le vénéraient, le regardaient d'habitude comme un demi-dieu... Les regards en coin, plus qu'éloquents, plus qu'énervants, plus que perturbants pour lui qui voyait absolument toutes les mimiques, tous les gestes, lui qui repérait toujours tout. Bien sur, aucun n'avait risqué un sourire, ça aurait été trop dangereux, mais Tom savait au plus profond de lui que s'ils s'étaient sentis libres, ils n'auraient pas hésité à s'esclaffer, à se moquer de lui...
Et plus que tout, ce qui l'avait blessé, et non énervé, c'était bien elle. Elle, si calme, si impassible, elle avait l'air si honnête... Une phrase anodine, qu'elle avait été pratiquement "obligée" de prononcer, car il ne souhaitait pas non plus qu'elle dise le contraire devant autant de monde, les ragots auraient fusé... Mais elle aurait du être au moins gênée, pas aussi détendue...Pas aussi franche...
Quand elle avait lancé cette phrase, une drôle de sensation s'était emparée de Tom. Comme si une balle de plomb avait passé sa gorge, douloureusement, avait glissé le long de son oesophage, et était allée se loger au creux de son estomac, pour aller y peser une tonne. Il avait tenté de se contrôler, d'avoir un visage impassible et enclin à la plaisanterie qui découlerait forcément de sa tirade. Mais il ne put empêcher son regard de se voiler pour devenir ces deux perles d'onyx qui le font paraître dix ans de plus.
Ils marchaient tous les deux à la même cadence, les deux fronts plissés sous leurs réflexion pourtant bien différentes. Le cinquième étage était désert, mais Anna aurait donné n'importe quoi pour que Tom y rencontre un ami et qu'elle puisse aller s'enfermer dans sa chambre sans sentir son regard inquisiteur brûler son dos. Elle était fatiguée, épuisée par ces montagnes russes sur lesquelles ils jouaient tous les deux, ces plaques de verglas sur lesquelles ils risquaient de glisser à chaque seconde...Elle souhaitait que cela cesse, mais elle savait bien qu'il en serait toujours de même entre elle et son assassin de colocataire.
Elle n'avait pas très bien compris pourquoi il était devenu aussi furieux. Furieux, il l'était, elle en était sûre. Il avait ces yeux noirs qu'elle n'aimait pas, qui lui rappelait qu'il n'était pas un garçon normal, mais un meurtrier au coeur froid. Et puis, il ne lui avait plus parlé depuis, pas une réflexion, ni bonne ni mauvaise, pas un regard en coin ni même un sourire narquois...
Pourtant, elle ne comprenait pas ce qu'elle avait fait de si mal. Après tout, elle était sûre que si elle lui avait demandé conseil avant de répondre à Slughorn, il lui aurait ordonné de souffler la réponse exacte qu'elle avait donné. C'était logique. Elle n'avait pas à dire le contraire, même si ça aurait été plus honnête...Mais depuis quand Tom et elle étaient d'honnêtes personnes ?
Mais peu importe les causes, c'était les effets qui inquiétaient le plus l'ukrainienne. Depuis qu'elle connaissait Tom, il lui avait brûlé la cuisse avec une potion, lui avait arraché la moitié de la lèvre en l'embrassant, l'avait séquestré dans une salle de classe en pleine nuit, l'avait frappée si fort qu'elle avait eu un traumatisme crânien, et avait envoyé le pauvre Stew à l'infirmerie parce qu'elle l'avait simplement embrassé... Qui sait ce qu'il lui ferait cette fois-ci ?
oOoFlash-backoOo
Voilà maintenant une demi-heure qu'ils étaient enfermés dans cette salle avec ces élèves et Slughorn. Chacun avait une tasse de thé et un biscuit à la main, que Slughorn s'empressait de remplacer chaque fois qu'un disparaissait dans leurs estomacs. Trente minutes qu'ils parlaient, parlaient, parlaient... Insupportable. Tom avait été placé à la droite du maître des potions, et Anna s'était installée d'office le plus loin possible de Slughorn, espérant ainsi échapper aux discussions dont elle pourrait devenir le sujet.
Malheureusement, ça n'avait pas servi à grand chose. Quelques dizaines de minutes après son entrée dans le bureau, Anna se retrouva au centre de l'attention. Slughorn avait tourné sa tête grasse vers elle, un sourire carnassier sur les lèvres, elle devait être un sujet très intéressant pour lui, elle qui jamais ne révélait quoi que ce soit sur elle. D'une mainboudinée, il lui servit un nouveau biscuit, avant de commencer à poser ses questions.
Mlle Stavinsky...Puis-je vous appeler Anna ?
Elle se contenta d'acquiescer, peu emballée à l'idée d'une discussion. Pourtant, cette nonchalance ne découragea pas le directeur de Serpentard.
Vous nous venez d'Ukraine, c'est bien cela ? nouvel acquiescement. De quelle ville exactement ?
Oujhorod.
Bien, bien. Votre culture doit être assez différente de la nôtre, je suppose. Les sang-pur ont-ils les mêmes coutumes qu'ici ?
Anna s'était crispée quand il avait évoqué les coutumes, mais seul Tom l'avait remarqué, et seul lui savait pourquoi. Elle aurait volontiers intimé le silence au professeur en lui parlant du Dotchka Podarounok, ce qui l'aurait calmé, mais elle jugea que ça aurait été trop provocateur, et que sa tenue et son maquillage indécents suffisaient bien à cela.
En général, oui.
Slughorn acquiesça, un peu perturbé par le silence, ou du moins le peu de mots qu'Anna prononçait. Pourtant, il continua à la questioner.
Comment se fait-il que vous soyez à Serpentard, jeune fille. Loin de moi l'idée de mettre en doute votre intelligence, mais laquelle de nos qualités est la plus forte, selon vous ?
Par pitié, n'avait-il pas de questions plus stupides encore à lui poser ? Surtout, elle n'était pas responsable de cette répartition, s'il voulait des précisions, pourquoi n'allait-il pas en discuter avec le vieux chapeau ?
Je ne sais pas, j'aime atteindre mes objectifs, et je fais tout pour cela...
Très bien, très bien...sur le visage porcin naissait une moue amusée, il était apparemment heureux d'avoir fait parler la jeune fille...
Et comment se fait-il que vous soyez arrivée directement préfète en chef ? C'est un poste très recherché par les élèves, en général...
Le ton était ouvert, presque amical... Mais ça ne mettait pas Anna à l'aise, elle le voyait comme un loup devant un morceau de viande. Elle ne voulait plus se battre contre cette discussion, et elle donna au loup la chair qu'il désirait tant.
Ce poste me revenait à Durmstrang, mon ancien collège. Le directeur a estimé que je devais poursuivre mes études comme je les avais commencé, et que ce poste était pour moi, ici également. Il a aussi dit que vivre avec une seule personne m'aiderait à me repérer plus facilement.
Un énorme sourire était apparu sur le visage de Slughorn au fil des mots. Il était apparemment ravi d'avoir décroché un semblant de monologue à la jeune Serpentard. Il se racla la gorge, puis rit franchement, quelques éclats de rires gras, avant de reprendre son sérieux et de s'adresser à Tom, lui parlant comme à un fils.
Charmant accent, n'est ce pas ?
Tom ne répondit pas. Il souriait comme les autres, depuis le début de la discussion, mais ne changea en rien son expression quand le professeur s'adressa à lui. Il ne savait pas trop sur quel pied danser, et il préféra s'abstenir de tout commentaire. Mais bien sur, Slughorn ne s'arrêta pas en si bon chemin, et il se tourna vers Anna une nouvelle fois.
Notre Tom est également très charmant, Anna. Sans indiscrétion, puisque vous vivez ensemble, presque détachés de vos camarades, et que vous êtes à l'âge des jeunes amours...Y a-t-il quelque chose caché sous votre relation "professionnelle"?
Et là, le drame survint. Elle était la seule à ne pas sourire, mais cela ne choquait personne, puisque personne ne l'avait jamais vu sourire. Son visage resta impassible, parfaitement calme et détendu. Pas une once de rougeur honteuse sur ses joues, pas d'éclat révélateur de mensonge dans ses grands yeux chocolats, pas de mouvement frénétique qui trahit un stress ou une hésitation... On lui aurait demandé le temps qu'il faisait, elle n'aurait pas été plus calme.
Absolument rien, nous sommes simplement collègues.
oOoFin du flash-backoOo
Ils entrèrent ensemble dans leur pièce commune, extrêmement froide dans cette fin du mois de janvier. Tom alla immédiatement allumer un feu, puis s'enferma dans sa chambre. Anna l'imita. Il était rare que Tom s'isole ainsi, il restait en général dans le salon lorsqu' Anna se cloîtrait dans sa chambre à coucher. Pourtant cette fois, elle eut vraiment l'impression qu'il ne voulait pas la croiser, et cela la blessa autant qu'elle en fut soulagée.
En même temps, ils leur vint l'idée de prendre un bain. Quand elle ouvrit la porte qui conduisait directement sa chambre à la salle de bain, Anna découvrit Tom, penché sur l'immense baignoire, torse nu. Il tourna la tête vers elle, et elle put voir qu'il avait toujours le même regard noir. C'est lui qui ouvrit la discussion.
Tu as déjà pris deux bains aujourd'hui, il me semble que tu es propre.
Son ton n'était pas amusé, mais ferme, dur, et peu enclin à toute négociation. Pourtant, Anna le pris comme si ça avait été une plaisanterie, pas déroutée pour deux sous.
Tu as également pris un bain, tu es aussi propre que moi.
J'ai besoin de me détendre...
Moi aussi. dit-elle, utilisant un ton ferme, à son tour.
Tom soupira. Il n'allait pas abandonner devant elle, pas encore, et pas après ce qui venait de se passer. Il réfléchit une seconde, toujours accroupi devant le bain maintenant plein de mousse parfumée. Il eu une idée alléchante, mais ne sourit pas, il en voulait toujours à Anna, et il ne voulait pas qu'elle croit (ou plutôt qu'elle sache) qu'il retirerait un certain plaisir de la situation si elle acceptait sa proposition.
Je ne compte pas lâcher, alors si toi non plus, tu ferais mieux d'aller chercher ton maillot de bain.
Mon maillot de bain ? il soupira.
Oui, à moins que tu préfères te baigner nue ?
Rêve...
La perspective de prendre un bain avec Tom n'était pas du tout tentante pour Anna. Depuis qu'elle le connaissait, elle baissait de plus en plus la garde, et rien de pire qu'un bain en sa compagnie pour lui faire perdre tout contrôle, physiquement...Néanmoins, elle ne voulait pour rien au monde plier à la volonté du prince des Serpentards, et lui céder la salle de bain. D'autant plus qu'elle avait vraiment besoin d'un bain relaxant...Elle grogna, mais accepta.
Elle leva sa baguette et fit venir de sa valise le seul et unique maillot de bain qu'elle avait acheté avant de commencer l'année à Poudlard. Ses parents adoptifs l'avaient prévenue qu'il y avait un lac dans ce collège et qu'elle était susceptible de s'y baigner pendant les grandes chaleurs. Anna avait douté de la possibilité qu'ELLE se baigne avec les autres pour célébrer l'été, mais elle avait docilement accepté, évitant toute discussion mouvementée, voire toute discussion tout court.
Une fois le bout de tissus arrivé jusqu'à elle par un sortilège informulé, Anna le fourra dans une de ses poches et alla se changer derrière un paravent de toile beige, au fond de la pièce. Tom, lui, profita qu'elle était hors de vue pour se changer et rentrer dans l'eau bouillante. La vue de l'ombre du corps d'Anna à travers le tissus du paravent était bien trop perturbante pour qu'il reste debout, et lui offre la vue de son...enthousiasme.
Une minute plus tard, Anna sortit du couvert du paravent. Elle rejoignit vite Tom dans l'eau, mais elle mit assez de temps pour qu'il puisse l'admirer en maillot de bain. Elle avait lâché ses cheveux, qui ruisselaient le long de son corps, arrivant largement aux fesses, maintenant. Elle n'avait pas encore pu se démaquiller, et ses yeux charbonneux ajoutaient à la pâleur divine de sa peau.
Le maillot était en deux pièces. Le soutien-gorge était fait de deux triangles de tissus, reliés dans le cou et dans le milieu du dos. Le bas, lui, était une culotte de taille très basse, si basse qu'elle cachait à peine ce qu'il fallait qu'elle cache. Le tout d'un rouge sang éclatant, qui donnait des vertiges à Tom, lui rappelant trop la bouche pulpeuse aussi rouge, sur le visage d'ange.
Elle entra dans l'eau par les marches, en face de Tom. Il du ravaler sa salive le plus discrètement possible. D'abord ses jambes, fines, longues et satinées...Puis ses hanches garçonnes qu'il aimait tant, le ventre plat, les seins ronds sous le tissus fin, les épaules frêles, et puis elle plongea entièrement dans l'eau, mouillant sa masse de cheveux lisses, mais ne dérangeant pas son maquillage, étrangement.
Elle émergea un mètre plus loin, et se tourna vers le bord, appuyant ses coudes sur le marbre de la baignoire. Ses épaules étaient entourées par la mousse scintillante. Elle sembla réfléchir quelques secondes, puis se tourna vers Tom, qui n'avait pas changé de position depuis le début. Elle le fixa une seconde, et fronça ses grands sourcils noirs.
Qu'est ce qui ne va pas ?
Tom sourit, un sourire sombre et un peu moqueur. Elle réalisa alors que sa question n'était pas celle d'une adversaire, mais d'une partenaire. Et ce n'était pas ce qu'elle était pour Tom, elle n'était pas son amie, et il n'était pas le sien. Elle se racla la gorge et reprit, se corrigeant.
Je veux dire, qu'est-ce que j'ai fais mal?
Il rit doucement, mais ce n'était toujours pas le rire auquel elle s'était habituée, celui-ci était plus amer. C'était comme si quelque chose avait changé, alors que rien ne s'était passé, rien de grave du moins.
D'abord, on dit "qu'est-ce que j'ai fais DE mal". elle leva les yeux au ciel. Tu m'as... ridiculisé, en quelque sorte...
S'il avait été honnête, quelques adjectifs auraient suivi sa phrase. Il aurait pu ajouter qu'elle l'avait blessé, et que c'était à cause de ça et pas des moqueries sous-jacentes qu'il lui en voulait et que ses yeux étaient plus noirs que l'onyx. Mais Tom n'était pas un garçon honnête, et mieux valait sauver la face qu'avouer la vérité.
Tu aurais préféré que je dise que oui, il y a bien quelque chose...?
Non.
Alors quoi ? elle avança dans l'eau, toujours en longeant le bord de marbre. De toute façon, je ne suis même pas sûre qu'on puisse dire qu'il y a bien quelque chose...
Ce n'est pas ce que tu pensais cet après-midi, dans le salon. Elle grogna.
Tu ne sais pas ce que je pense, Tom. il sourit faiblement. Et tu éludes la question. il soupira.
Ce n'est pas ce que tu as dit qui m'a ridiculisé, personne ne dirait le contraire devant un professeur, c'est évident. il hésita une seconde, puis reprit. C'est la façon dont tu l'as dit...
Elle parut choquée par ses paroles. C'était bien la dernière chose à laquelle elle s'était attendue.
Je ne comprends pas, Tom. il soupira encore.
Ecoute bien. il s'arrêta encore une seconde. Tu as dit ça comme si c'était... vrai. Tu n'étais même pas gênée, comme si c'était une évidence...
Tu n'es pas le seul à savoir mentir convenablement, Tom. Je pensais que le but d'un mensonge était que les autres le prennent pour vrai...
Tom soupira encore, il ne tenait pas particulièrement à tout expliquer en détail à Anna, car il savait que cela créerait quelques...perturbations.
Pas toujours... Les autres élèves, ceux qui étaient présents... J'aurais préféré qu'ils croient autre chose.
Tout à coup, sans prévenir, elle sortit de ses gonds. Elle réalisa, ou plutôt elle crû, que le seul but de Tom avait été de faire croire à la bande d'imbéciles qui lui servait d'amis qu'elle était amoureuse de lui, ou peut-être qu'ils couchaient ensemble. Les yeux de la belle ukrainienne se mirent à rougir, et Tom sut que le moment qu'il voulait éviter arrivait. Elle se rapprocha de lui.
C'est ça? Ta petite fierté stupide? Tu fais croire à tout le monde que je couche avec toi, ou que j'en ai envie, et ça te déplait que j'affirme le contraire en public? Tu me dégoûtes, Tom!
Elle était maintenant à moins d'un mètre de lui, et il n'eut même pas à tendre les bras pour la toucher. Il attrapa son visage en coupe, et le rapprocha au maximum du sien, sans pour autant qu'ils se touchent. Elle fut surprise par la chaleur de ses mains autour de ses joues, et elle ne pu contrôler l'expression choquée qui traversa son visage. Pourtant, Tom ne se dérida pas. Il sentait son coeur fracasser sa cage thoracique à chaque battement, et il devina que celui d'Anna battait la même cadence.
Je n'ai rien raconté à personne, Anna, il n'y a pas grand chose à raconter je te signale... elle fronça les sourcils.
Alors qu'est-ce que ça change? elle crachait presque ses mots.
C'est... C'est une question de réputation, c'est tout. il fermait les yeux en disant cela, se trouvant stupide au possible.Qu'une fille me soit complètement indifférente est inconcevable pour eux, et je ne souhaite pas que cela change, tu comprends ?
Non, c'est idiot, et tu me dégoûtes, toi et ta bande d'abrutis! Dis leur que je suis lesbienne, si ça peut te sauver la face...
Elle était de plus en plus énervée, exactement ce à quoi il s'était attendu. Il abaissa son visage contre celui de l'ukrainienne, et posa son front contre le sien, fermant les yeux une nouvelle fois.
Anna...
Ce n'était qu'un soupir, un soupir suppliant. Contrairement à ce que d'autres auraient pu penser, il ne la suppliait pas de le pardonner, mais de se taire. Et Anna le savait. Il lui demandait de se taire, parce que lorsqu'elle s'emportait, il se laissait également gagner par la colère, et dans ces cas-là, il devenait violent. Mieux valait qu'ils restent calmes.
Elle ne lui répondit pas, elle comprenait très bien le message. Elle sentait toujours le front de Tom appuyé contre le sien, et doucement, elle sentit ses mains quitter ses joues pour aller à ses reins, en caressant sa nuque, ses cheveux, son dos. Sans être brusque, mais en respirant avec une telle lenteur qu'elle devina qu'il essayait de maitriser sa colère, il ramena son corps contre lui.
Il l'embrassa au coin des lèvres, plusieurs fois, et il sentit, sous l'eau, les mains petites et douces de l'ukrainienne venir caresser son dos et se placer instinctivement sur chacun de ses omoplates, ce qui déclencha un frisson de plaisir le long de la colonne vertebrale de Tom. Sans plus hésiter, il fit glisser son visage contre celui d'Anna, et s'empara de ses lèvres. Elles étaient si pleines, si douces, si apetissantes, les embrasser était à la fois le plus beau cadeau et la pire torture au monde.
Avant même que leur baiser ne s'approfondisse, Anna retira son visage, et planta son regard dans celui de son colocataire. Cela requiera un effort immense et douloureux, mais elle enleva ses mains du dos finement musclé, et retira celles de Tom, descendues vers ses fesses pendant leur esquisse de baiser. Il la regardait, surpris, il n'avait plus l'habitude de se faire remballer par Anna, il croyait réellement avoir une certaine emprise sur elle, comme elle en avait une sur lui.
Désolée, je ne te fais pas confiance Tom. Hors de question de...
Elle baissa le regard et secoua la tête, comme si elle regrettait de se voir forcée de refuser ce qu'il lui offrait, ou ce qu'il était susceptible de lui offrir un jour. Elle recula dans la baignoire, comme si elle craignait qu'il ne la ramène à lui. Pourtant, il n'en fit rien, trop surpris, trop frustré. Elle sortit du bain, aussi époustoufflante que lorsqu'elle y était entrée, et partit dans sa chambre sans même récuperer ses vêtements.
Tom, sans changer de position, s'immergea complêtement dans l'eau parfumée. Sous l'eau, plus aucun bruit ne pouvait le perturber. Les yeux fermés, il ne pensait plus qu'à elle, et il ne cherchait même plus à s'en dissuader. Elle était toujours là, la journée dans ses appartements, la nuit dans ses rêves, et tout le reste du temps, dans ses pensées. Une véritable torture, comme si on l'autorisait à renaitre, puis à mourir à petit feu chaque fois que leurs yeux se croisaient, que leurs peaux se frôlaient...
Elle se jeta sur son lit, tête sous son coussin, dès qu'elle se retrouva seule dans sa chambre. Elle ne pouvait plus supporter ça, ce double jeu épuisant. Elle ne savait plus quoi faire, elle marchait sur des oeufs. Une fois elle le voulait, une fois elle avait peur de lui, à d'autres moments il la dégoûtait...Elle voulait que cela cesse, à tout prix.
