14. Surprise à retardement.

Un mois et une quinzaine de jours s'étaient écoulés depuis la première fois qu'Anna et Tom avaient couché ensemble. Première, et unique fois qu'ils couchèrent ensemble pendant ce laps de temps. Très peu de choses avaient changé, dans leur relation. Ils ne se parlaient toujours pas en dehors de leur appartement, et ne se donnaient pas plus de marque d'affection qu'auparavant. La différence était surtout dans leurs regards. Quand ils se voyaient, dans la cours, dans les couloirs, en classe...C'était comme si, pendant une seconde, la terre s'arrêtait de tourner. Dans leurs yeux, ils disaient "on sait quelque chose que personne d'autre ne sait". Personne ne semblait le remarquer, et ils trouvaient ça mieux comme ça.

Tom était encore dans son lit, à cette heure-ci. Une cigarette coincée entre les dents, il pensait. Il s'était mis à fumer des années auparavant. Comme pour tout ce qu'il a découvert dans sa vie, il l'a fait bien avant que ses camarades n'y pensent. Ca ne lui servait à rien, mais ça exacerbait encore sa maturité, aux yeux de sa bandes de fidèles. Et il pensait que ça l'aidait, quand il avait besoin de réfléchir. En fait, il aimait surtout le style intellectuel torturé et incompris que ça lui donnait, puisqu'il se décrivait ainsi.

Anna était assise au bord de la baignoire vide, nue. Les yeux fermés, les jambes se balançant dans le vide, l'esprit errant. Ses mains, vierges de tout bijoux, était agrippées au rebord de marbre. Elle entendait les jets d'eau, mais elle n'ouvrit pas les yeux pour autant. Elle avait programmé les mêmes robinets que d'habitudes, avec exactement les mêmes parfums. Ceux qu'elle aimait. Ceux, les rares maintenant, qui ne l'écoeuraient pas. L'air chaud, ou plutôt la vapeur, remontait par effluve puissante. Les odeurs de canelle, de caramel et de rose se mélangeaient. Toujours la même combinaison, depuis son entrée à Poudlard. C'était ce qui se rapprochait le plus des odeurs qu'elle portait du temps où elle habitait à Durmstrang.

Il était presque midi. Il avait pris un bain, une heure avant, et il n'allait pas tarder à descendre prendre son déjeuner. Mais en attendant, étendu sur son lit à baldaquin, avec cette cigarette pour seule compagne, il pensait. Et comme à chaque fois qu'il tentait de réfléchir calmement, c'est l'image de ses ébats avec Anna qui prenaient le dessus dans son esprit. Tantôt il se régalait de ces flash et de la fierté qu'ils lui apportaient, tantôt ils l'agaçaient au possible. Il avait besoin de penser à autre chose qu'Anna, de temps en temps, et il n'y arrivait pas. Il lui faudrait une pensine, où il plongerait tout ce qui la concerne, pour enfin pouvoir se concentrer sur d'autres projets.

Elle était maintenant immergée dans l'eau bouillante de son bain moussant. La grande pendule fixée au mur affichait midi moins quart. Il ne lui restait que peu de temps de détente avant de devoir descendre dans la Grande Salle, et d'y manger en compagnie de tous ces êtres inconnus. Elle aurait tellement voulu qu'elle et Tom se retrouvent seuls au chateau, une fois dans l'année...Un peu comme le soir de la Saint Valentin, sans avoir peur de se faire prendre la main dans le sac...Une nouvelle fois, alors qu'elle ne voulait que se reposer dans son bain, des images de cette soirée revinrent la perturber. Peu importe à quoi elle voulait penser, seule cette nuit avec Tom s'imposait dans sa tête.

L'avantage des week-ends, à Poudlard, était qu'on n'était pas forcé de porter l'uniforme. Enfin, c'était un avantage pour les trois quart des élèves. Mais Tom, lui, se refusait à porter ces affaires moldues, qui lui rappelaient trop l'orphelinat, et ses origines infames. Et, en bon dictateur, il interdisait à ses "disciples" de s'habiller d'autre chose que de leur uniforme. De toute façon, ils venaient tous de familles de sang-pur, et étaient habitués à porter des robes de sorciers, même pendant les vacances scolaires. Il ne mis pas sa robe noire, mais le pantalon verts sombre, la ceinture de cuir noir, la cravate aux couleurs de son ancêtre, la chemise d'un blanc éclatant et, épinglé sur celle ci, son insigne de préfet en chef. Il ne manquait plus que les chaussures de cuir, et il pouvait quitter l'appartement.

Savonnée, rincée et séchée, Anna attacha haut sur sa tête un chignon bien serré. Elle ajouta des épingles là où les cheveux tenaient moins, et se servit d'une mèche échappée pour se créer une frange sur le côté de son front. Elle adorait les week-ends dans Poudlard. Elle n'avait pas à surveiller l'heure pour ne pas être en retard à ses cours, et elle était libre de se ballader dans le chateau sans porter l'uniforme. Ce dimanche-là, par exemple, elle avait choisi de porter une tenue de coton noir, moulante. Vous savez, un peu le genre que portent les danseurs classique. Manches longues, à col large, et descendant jusqu'à chevilles, très près du corps. Au dessus, une robe vert foncé, qui annonçait à la fois le printemps et la maison à laquelle elle appartenait. Elle enfila ses bottes, et quitta la pièce.

Tout le monde était présent dans la Grande Salle. L'heure du déjeuner est une heure sacrée pour tous, exceptées quelques filles à moitié anorexiques, qui se privent de nourriture dans l'espoir d'avoir un corps de rêve et d'approcher la braguette de Tom de plus près. Lui se moquait bien de ce genre de filles, quand il pouvait voir Anna. En parlant d'elle, d'ailleurs, il avait vu la belle ukrainienne entrer dans la salle et s'asseoir à sa table quelques secondes après sa propre arrivée. Elle était magnifique avec sa robe printannière et son chignon stricte, qui ne faisait qu'agrandir son regard félin...Et une fois de plus, ce 14 février lui revint en mémoire, alors qu'il souhaitait simplement manger.

Les repas de Poudlard sont, ont toujours été, et seront toujours prodigieux. Si les elfes ne sont que des torchons infames, Tom ne pouvait cependant pas nier leur dons culinaires. Et puis, tant qu'ils restaient au service des hommes, il ne pouvait rien reprocher à l'école. En entrée, d'excellentes salades composées, de la charcuterie, des toasts salés. En plat principal du ragout, des pates, différentes viandes et quelques variétés de poissons. En dernier service, une quantité impressionante de fruits, de gateaux et de patisseries...De quoi satisfaire n'importe quel estomac!

Pourtant, vers le milieu du repas, une silhouette se leva de table. Fine et légèrement courbée, Anna s'attira tous les regards. Il n'était pas dans les habitudes des élèves de quitter les tables de Poudlard en plein milieu d'un repas, question de respect et de gratitude. Mais apparemment, Anna n'avait que faire de ces convenances. D'un pas plus précipité que d'habitudes (mais sans courir non plus) elle disparu derrière l'immense porte de la salle. Après quelques secondes de silence surpris, les discussion reprirent bon train, chez les professeurs comme les élèves. Tom aurait bien voulu savoir quelle mouche avait piqué son si désirable homologue. Bien sur, c'était hors de portée. Il devait rester à table, s'il ne voulait pas réveiller les soupçons et les rumeurs parmi les élèves (sans oublier ce vieux fouineur de Dumbledore).

Anna, la peau livide et non plus ivoire, deux grands cernes violets apparus sous ses beaux yeux rougis par l'embarras qu'elle avait ressenti dans la Grande Salle. A genoux, le bas de sa jolie robe verte trainant sur l'eau sale qui recouvre le carrelage noire, elle remis les mèches échappées de son chignon à leur place. Elle faisait face à une cuvette de toilette, et ce qu'elle voyait au fond était peu ragoutant. Elle avait le souffle court, sacadé, le coeur emballé par un rythme fou, et un goût aigre-doux insupportable dans la bouche. Sans parler de son estomac qui ne cessait de se retourner, et de son oesophage qui brûlait comme dévasté par de l'acide.

On a fait des bêtises sans tour de baguette?

La voix suraigue de Mimi Geignarde, et l'air sadique que son visage translucide affichait était de trop pour Anna. Elle attrapa la première chose qui lui tomba sous la main, et la lança à la tête du fantôme. En plein entre les deux yeux, le rouleau de papier toilette la traversa comme un rien. Pourtant, l'esprit adolescent s'adonna à un hurlement de chien battu en disparaissant dans un syphon. Anna soupira. Avec tout ce fracas, elle ne devait pas rester ici, quelqu'un finirait sûrement par arriver. Après s'être rapidement lavé les mains, et d'un pas mal assuré, elle sortit des toilettes des filles et se dirigea vers ses appartements.

A la fin du repas, Avery proposa à Tom d'aller faire une partie de Quidditch. Selon lui, le stade était réservé par les Poufsouffles, et il serait amusant d'aller gâcher leur après-midi d'entraînement. Tom lui répondit qu'il avait passé l'âge de ces idioties, et qu'Avery ferait bien de prendre le même chemin s'il voulait garder ses privilèges. Il n'avait pas vraiment de privilèges, mais faire partie de l'entourage de Tom en était aux yeux de ce garçon, et il aurait vendu son âme pour le garder. Tom dit à tous ses soi-disant amis qu'il voulait se reposer, ce jour-là, avant de passer les interrogations de potions du lendemain. Il remonta donc directement dans les appartements qu'il partageait depuis huit mois avec Anna Stavinsky. Il se mis à la chercher dès qu'il pu entrer dans la pièce commune.

Elle avait sa baguette avec elle. La porte de sa chambre était vérouillée, et même si Tom voulait, il ne pouvait pas entrer. Ca faisait quelques temps qu'elle avait des doutes. Une semaine et demi, peut-être plus...Elle refusait de se l'avouer, elle espérait que tous ces symptomes partent avec le temps, mais c'etait impossible. Et aujourd'hui, après ce qui s'était passé pendant le déjeuner, elle voulait en avoir le coeur net. Elle leva sa baguette, et sans prononcer de sort, donna un coup sec du poignet, les yeux fermés pour mieux se concentrer. Presque instantanément, un filet de brume violette apparut, parsemé d'étincelles dorées.

De rage et de désespoir, Anna jeta sa baguette contre le mur, et celle-ci explosa en une dizaine de petits morceaux de bois, laissant échapper leur contenance magique. La tête entre les mains, les coudes appuyés sur les cuisses et les jambes écartés dans une position qui était tout sauf sexy, elle se mis à pleurer. Comme toujous, au moment où sa vie prenait un sens, au moment où tout allait bien, il fallait que quelque chose vienne gâcher. Elle pleurait sans bruit, et entendit quelqu'un taper contre la porte de sa chambre et crier son prénom. Tom.

Ouvre avec le maléfice de découverte...

Tom leva les yeux au ciel. Anna était peut-être douée, mais elle avait encore beaucoup de choses à apprendre sur la magie noire. Au lieu de suivre son conseil, Tom utilisa un sortilège de son cru, et la serrure émis un cliquetis, ce qui était bon signe. Il poussa la porte de bois et entra, pour la millième fois peut-être, dans la chambre de sa colocataire forcée. Elle était assise au bord de son lit, genoux et poings serrés sur sa poitrine, habillée de la même robe que pendant son bref repas. Si sa coiffure n'avait pas changé d'un cheveux, son visage, lui, était différent. Le tour des yeux et le bout du nez teintés de rouge, des sillons trempés qui partaient de ses cils épais pour descendre jusqu'aux limites de col, le contour de la bouche ridé par la grimace des sanglots...Aucun doute, elle avait pleuré. Mais pourquoi?

Qu'est-ce qui se passe?

Elle secoua doucement la tête. Le ton que Tom n'était ni compréhensif, ni inquiet. Non, il était juste dur et sans appel. Elle ne cessait de secouer la tête, regrettant que ses cheveux ne puissent pas cacher son visage amochés par les longs sanglots. En s'approchant d'elle, Tom marchant sur un éclat de bois. Regardant autour de lui, il compris ce qui s'était passé. Ou plutôt, il compris que la baguette d'Anna était cassée. Il la connaissait assez bien pour savoir qu'un évènement aussi anodin n'aurait pas pu faire pleurer l'ukrainienne, et que quelque chose de plus grave venait de se passer.

Tu vas me dire ce qui se passe, Anna ?!

Le ton de Tom devenait de plus en plus menaçant, et malgré tous ses efforts, elle n'arrivait pas à s'empêcher de pleurer et de secouer bêtement la tête. Il vint juqu'à elle et s'assis à son tour sur le lit moelleux. D'une paume qu'il posa sur la joue d'Anna, il l'obligea à se tourner vers lui. Il attrapa son visage en coupe. Qu'elle était belle, même rabaissée par ces pleurs incompréhensibles. Sa peau d'ange qui devenait bicolore, sa bouche qui laissait échapper des gémissement grotesques, ses yeux tantôt clos tantôt paniqués, son nez froncé, son front ridé par la contraction...

Ses mains descendirent dans le cou de la jeune fille, et ses lèvres allèrent se coller au siennes. Leurs baisers étaient maintenant plus fréquents, et ils ne nécessitaient ni de raison, ni d'explication. Mais là, il n'avait simplement pas pu s'en empêcher. Ses lèvres bougèrent longuement à la surface douce et chaude de celles d'Anna, avant qu'elle ne daigne ouvrir la bouche. Il passa alors dans cet autre monde qu'il adorait et qui était devenu sa propriété peu de temps auparavant. Sa langue qui dansait, avec un air de folie douce, à travers le refuge accueillant de la bouche de l'ukrainienne.

Se laissant emporter par ses envies, il entraina Anna en arrière, jusq'à ce qu'elle dusse s'allonger sur le dos. Allongé à côté d'elle, et le torse reposant entièrement sur sa poitrine, Tom n'abandonnait pas la partie. Quand elle posa ses mains sur chacun de ses omoplates, et y enfonça ses dix petits ongles, il approfondit encore leur baiser, encore plus fougueux, plus langoureux. Puis il laissa trainer sa bouche sur sa machoire, son lobe d'oreille, son menton, sa gorge...Il aspira tellement fort la peau de sa victime qu'un suçon y marqua une empreinte rougeâtre. En remontant vers les lèvres apétissantes d'Anna, il s'aperçut que ses joues continuaient furieusement de se mouiller, et que son corps était encore secoué de ces maudits sanglots.

Dis-moi ce qui se passe, s'il te plait...Il avait adopté une voix plus douce, cassée par le désir qu'elle trahissait. Mais Anna secouait toujours la tête.

Tu...Sa voix fut emporté par un sanglot...Tu ne vas pas être content...

Le visage de Tom se terni. Elle avait fait quelque chose. Elle avait forcément fait une erreur comprométante. Sinon quoi d'autre? Elle n'avait strictement aucun pouvoir sur lui! Elle n'aurait pas du lui annoncer ça de cette façon, elle savait que les mystères et les cachotteries l'insupportaient et qu'il n'hésiterait pas à devenir violent si elle ne lui expliquait pas tout dans les moindres détails. A cette pensée, un nouveau pleur lui échappa, et Tom grogna.

Tu as cinq secondes pour tout me dire, Anna. Sinon tu le feras après avoir longuement souffert. Elle acquiesça, comme pour montrer qu'elle allait coopérer, après qu'elle se soit reprise. Elle ne tenait pas particulièrement à recevoir le Doloris. Elle soupira, à moitié calmée, et complètement résignée.

J'ai fait ce qu'il faut, je te promets, c'est pas ce que je voulais mais...depuis la dernière fois, ça va très mal et puis je suis en retard alors j'ai voulu vérifier...c'est pas une très bonne nouvelle et c'est pour ça quand je me suis énervée je l'ai jetée et elle s'est cassée...

Je comprends rien à ce que tu racontes, Anna! Sois plus claire! Elle faillit repartir en pleurs mais se contrôla au dernier moment.

Je...Je...Je suis enceinte, voilà.

Sans plus de cérémonie, il détacha son corps de celui d'Anna, et s'assis au bord du lit. Maintenant, c'était à lui d'avoir la tête cachée entre ses mains. Elle, toujours allongée sur le dos, n'osait pas bouger d'un milimètre. Tom n'avait pas été violent avec depuis de très longues semaines, mais elle savait qu'à tout moment, il pouvait redevenir ce qu'il avait été. En particulier quand on lui annonçait une nouvelle comme celle-ci. Tous les deux immobiles ainsi, on aurait pu les peindre, à la lumière que filtrait la fenêtre. Ils étaient beaux et torturés, comme l'avait tant désiré Tom.

Il avait besoin de repos et de reflexion. C'est pourquoi il ne bougea pas pendant plusieurs minutes. Si son corps ne l'avait pas fait instinctivement, il en aurait même arrêté de respirer. Enceinte. Elle allait avoir un gros ventre. Elle allait accoucher. Elle aurait mauvaise réputation. Et lui, son colocataire, serait soupçonné d'y être pour quelque chose. Alors les gens parleraient, leur estime pour lui baisserait, et ses projets tomberaient à l'eau. Au lieu de devenir le dieu vivant qu'il espérait, il ne serait qu'un père de famille smicard+1, au passé douloureux. Il secoua la tête. C'était hors de question.

Quand il tourna la tête vers Anna, un mince sourire étira ses lèvres pales. Dans la position où il l'avait laissée, les paupières closes, la respiration lente et silencieuse...Elle le connaissait bien et savait adapter son comportement au sien. Il la détailla du regard, dans un état d'esprit beaucoup plus pratique et critique que les fois précédentes. Elle avait une peau pâle qui s'accordait parfaitement à la sienne. De beaux cheveux, des traits fins qui marquaient son aristocratie. Son corps était magnifique, juste assez féminin pour faire jalouser les hommes, mais pas assez pour paraitre vulgaire...Son seul défaut était son accent trop prononcé, mais avec le temps, il s'aténuerait forcément.

Est-ce que tu as couché avec quelqu'un d'autre que moi. Elle ouvrit les yeux et les posa sur Tom. Elle faisait son regard dur mais semblait blessée, ça le rassura.

Non. Sa voix n'était pas calme mais tremblante. Elle redoutait sûrement ce qui allait suivre.

Est-ce que tu veux le garder? En fait, il se moquait de ce qu'Anna voulait. En cas de force majeure, plus rien ne comptait. Il serait le seul à décider. Il voulait simplement connaitre ses intentions, voir s'ils étaient sur la même longueur d'ondes. Elle soupira.

Honnêtement, je n'ai pas envie de le tuer. Mais je ne suis pas folle. Je sais très bien qu'avoir un enfant ne fait pas partie de tes priorités...

Elle croyait donc qu'il voulait qu'elle avorte cette grossesse. Il en était hors de question. C'était vrai, avoir un enfant n'était pas une des priorités de Tom, mais il était hors de question de tuer un heritier de Salazar, d'autant plus qu'avec une mère de sang-pur, cet héritier là pouvait voir le jour sans honte. Tom secouait la tête, et tentait de réfléchir. Elle était forcément tombée enceinte le 14 février. Donc, en toute logique, elle accoucherait aux alentours du 14 novembre. A la fin du mois de Juin, quand l'année scolaire se terminerait, elle n'en sera qu'à son cinquième mois, elle arrivera peut-être encore à cacher son ventre...

Est-ce que tu serais capable de passer ta vie avec moi? Il fixait le fond de ses merveilleux iris chocolat en lui demandant ça. Elle semblait embarassée, mais elle répondit tout de même.

Oui, j'en serais capable. Après tout il n'avait pas demandé si elle en avait envie...

Il se rapprocha d'elle, sur le lit. Il se plaça entre ses jambes ouvertes, et fit fondre son torse sur la poitrine gonflée de l'ukrainienne. Elle soupira doucement. Quand il pris ses lèvres, elle lui répondit avec ardeur. Elle se sentait désirée. Elle savait que Tom ne l'aimait pas, mas peut-être qu'un jour il aimerait l'enfant qu'elle portait.

Ouvre bien tes oreilles Anna, parce que j'ai des choses à t'expliquer.

Le quart d'heure de confession qui s'en suivi fut bien plus riche en révélations que les mois passés à vivre avec Tom. Il lui expliqua qu'en tant qu'héritier de Salazar Serpentard, il était de son devoir de remettre le monde sorcier en ordre. D'affirmer la souveraineté des sang-purs, et de traiter les autres comme ils le méritaient. Pour cela, il lui faudrait devenir fort. Il lui raconta comment il avait caché une partie de son âme dans une bague ayant appartenu à son ancêtre. Il lui dit qu'il avait compté en faire plusieurs autres, des horcruxes, mais qu'avec un enfant, le problème était réglé: il survivrait en lui, puis en son futur enfant et ainsi de suite.

Pour devenir un sorcier respecté et craint, il lui fallait des alliers de taille. Ceux qu'elles appelaient ses amis étaient en fait des disciples qui lui avaient promis fidélité jusqu'à la mort. Ensemble, ils se cultivaient au maximum sur la magie noire comme blanche, et l'enseignaient aux réguliers nouveaux arrivants. Il expliqua à Anna comment tout roi avait besoin d'une reine. Selon lui, ils pourraient se marier au mois de Juin, à la fin des examens. Et ensuite, en novembre, l'heritier naitrait, en tant qu'enfant légitime.

Quand est-ce qu'est la prochaine sortie à Pré-au-Lard?

Pour Pâques, il me semble. Elle n'en revenait pas de ces histoires de sang-pur et d'héritier. Elle venait de s'imposer dans la vie future du plus grand mage que la terre ai porté. Elle en eu des frissons.

Alors on y trouvera un docteur pour t'examiner. Je veux absolument connaitre le sexe et l'état de santé de mon héritier.

Tom lui caressa le bas du ventre comme s'il refermait côte à côte le plus grand trésor et le poison le plus infecte. Il pensait décider de quel côté faire pencher la balance avec la visite chez le médicomage, mais...