Salut!!

Oui, ça a mis du temps, et oui, 3000 mots, ce n'est pas très long. Je suis désolée, et j'espère que certaines d'entre vous n'ont pas oublié de l'histoire, et ne se sont pas lassées de mon Anna...Merci de suivre, je vous dis à bientot, cette fois


17. L'appat du gain

Le mois de juin s'était en fin terminé. Pour Tom et Anna, il avait parut comme un des mois les plus longs de leur vie. Le dernier mois où ils habitaient dans ce chateau, le dernier mois qu'ils devaient passer à torturer le ventre d'Anna pour cacher sa grossesse vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le dernier mois qu'ils passeraient sans le sous.

Tom avait eu de la peine en quittant Poudlard, même s'il avait tout fait pour le cacher. Pour lui, cette école n'avait pas du tout le même symbolisme que pour Anna. L'ukrainienne la voyait simplement comme une montagne de pierres où elles avait passé une dizaine de mois, enfermée avec un homme qu'elle haissait en septembre, et avec qui elle se marierait en juillet. Alors que pour lui, le futur seigneur des ténèbres, Poudlard repésentait ce par quoi tout avait commencé. L'amélioration de la maitrise de sa magie, ses envies grandissantes de pouvoir, ses premières connaissances en magie noire, son rôle de coqueluche et de maitre parmi les élèves, son interessement pour les filles, sa rencontre avec Anna...Tout était passé par là.

Mais tout ça était du passé. Quelques jours plus tôt, Anna avait fêté ses dix-huit ans, âge de la majorité en ukraine sorcier. Dès lors, il lui était possible d'aller retirer l'argent épargné par ses parents biologiques. Et c'est exactement ce qu'ils partaient faire. Main dans la main, devant le lit de la chambre qu'ils occupaient dans la maison de la famille d'accueil d'Anna. Ils n'avaient même pas penser à prendre les transports moldus, bien sûr, et Anna ne pouvait pas transplaner. Après tout ce que son ventre endurait déjà, il était hors de question de risquer de perdre les jumeaux.

D'ailleurs, annoncer à sa famille qu'elle était enceinte n'avait pas été chose facile pour les futurs mariés. Pas que leur opinion ne comptait vraiment mais ils avaient besoin d'être logés gratuitement au moins jusqu'à ce qu'ils aient récupéré l'argent en Ukraine. Et c'est Tom qui s'en était chargé. Avec sa façon incomparable d'argumenter et ses talents de persuasion, il se les était mis dans la poche en moins de cinq minutes. Un sourire enjoleur à la mère, une poignée de main rassurante au père, et le tour était joué.

Il la regarda une dernière fois. Il n'était pas encore heureux, mais il se sentait sur le bon chemin. C'est vrai, pour l'instant, il n'avait rien de concret. Il lui fallait encore attendre pour avoir une épouse, des enfants et de l'argent. Pour l'instant tout ça n'était que du vent. Mais il était confiant. Il regardait avec envie la bouche pulpeuse de sa fiancée, ses longs cheveux bouclés qui cascadaient jusqu'à la naissance de ses fesses, son nez d'aristocrate, sa peau immaculé, ses grands yeux chocolat...Comment ne pourraient-ils pas avoir les enfants les plus parfaits du monde avec une femme pareille?

Il serra la main plus fort dans la sienne et ferma les yeux. Heureusement, ses capacités de Legilimens s'étaient encore développées cette année, à force de travail. Il pouvait voir dans l'esprit de sa femme comme il aurait regarder une peinture sur un mur. De cette façon, il pouvait voir la ville de Kiev dans les moindres détails, à travers les souvenirs de la sorcière. Il lui murmura de fermer les yeux à son tour, puis il l'emmena dans la capitale ukrainienne par transplanage d'escorte.

Ce n'était pas leur premier transplanage, à l'un comme à l'autre. Mais cette fois, première depuis qu'elle était tombée enceinte, sembla encore plus désagréable à Anna. L'espèce d'étau cylindrique dans lequel elle se sentait passer à chaque voyage avait l'air d'être encore plus étroit, encore plus noir et oppressant qu'il ne l'était d'habitude. Elle ne savait pas si c'était en rapport avec la grossesse ou si c'était simplement dû au stress qu'elle éprouvait pour ses bébés en cet instant, mais elle n'a pas du tout apprécié.

Heureusement, le voyage ne dura qu'une demi seconde. En réouvrant les yeux, ils se retrouvèrent bien à Kiev. Cela aussi, c'était une expérience étrange, et pratiquement tous les sorciers mettaient plusieurs années avant de s'y habituer. Quitter un endroit, une odeur, des couleurs, un climat, des gens, pour se retrouver l'instant d'après dans un environnement parfois complètement opposé, ce n'était pas chose facile.

L'économie sorcière d'ukraine se portait bien mieux que celle moldue. Les quartiers sorciers de la capitale n'étaient d'ailleurs pas différents de ceux qu'on trouvait en Angleterre ou en France...La plus grande différence était en fait l'apparence des sorciers. Ici, presque tous ceux qu'ils croisaient étaient vêtues de robes magnifiques, souvent de soie ou brodés d'or...Ou bien, foncièrement différents, des gens en guenilles, qui guettaient la moindre noise à économiser dans les vitrines des magasins.

Pour une fois, c'est Anna qui prend les commandes. La main toujours coincée dans celle de Tom, elle part la première, tirant avec elle son futur mari. C'était vraiment inattendu. Elle n'avait jamais manqué d'argent, ni avec son père ni chez sa famille d'accueil, mais de là à hériter d'une somme comme celle là à sa majorité...Et ses parents adoptifs, qui auraient pu essayer de lui mettre des batons dans les roues, lui ont simplement conseillé de s'en servir à bien, pour ses bébés. Etrange...Anna ne pouvait pas s'empêcher de se demander si Tom n'avait rien à voir là-dedans.

Bientôt, ils se retrouvaient ensemble devant la porte gigantesque de la banque sorcière de Kiev. Rien de dirigé par des gobelins, comme celle de Londres, le gouvernement ukrainien n'aurait jamais idée de laisser une si grande responsabilité à ces créatures. Pourquoi pas faire garder des dragons par des elfes, tant qu'ils y étaient? Ca faisait des années qu'Anna n'était pas entrée dans cette banque, mais elle n'avait pas du tout changé...

Les murs, le sol, les bureaux et même les portes: tout était coulé dans le plus pur des ors. Si Tom trouvait cela fascinant et luxueux, Anna éprouvait simplement du dégout pour ces gens qui jetaient par les fenêtres l'argent dont certains manquaient pour se nourrir! Elle ne voyait pas les choses de cette façon avant de tomber enceinte, mais s'apprêter à donner la vie avait réveiller en elle des instincts insoupçonnés. Tout comme les marques d'affection qu'elle faisait, ou réclamait, à Tom.

C'est à moi de le faire, n'est-ce pas? Il lui sourit.

Et oui, tu n'es pas encore ma femme...Etrangement, Tom n'avait pas l'air moins confiant que cela de laisser Anna s'occuper des affaires d'argent. Même si, bien sur, il avait insisté pour l'accompagner à la place de ses parents. C'était son rôle, d'après lui.

Ils s'avancent ensemble jusqu'au premier comptoir, celui de l'accueil. C'est un grand sorcier noir, habillé d'une somptueuse robe rubis, à laquelle un badge "Agent de la sécurité" était épinglé. Si les vigies étaient habillés de cette façon, ils n'osaient pas imaginer l'accoutrement du directeur de la banque! Tom lui serra la main le premier, et c'est lui qui les présenta. On ne perdait pas les bonnes habitudes, malgré tout.

Bonjour, je suis Tom Jedusor et voici ma fiancée Anna Stavinsky. Nous venons pour une histoire d'héritage. Il ajoute un sourire qui veut faire croire "On n'est pas ici pour l'argent, mais on n'a pas vraiment le choix...". Il pourrait vraiment faire avaler des couleuvres à des têtards, celui-là. L'homme n'est pas très bavard, mais il offre tout de même un léger sourire au couple après leur avoir imprimé deux badges "visiteurs autorisés" sur leurs robes bon marché.

Il n'aimait pas qu'Anna ai quoi que ce soit sous son contrôle. Elle avait déjà beaucoup de responsabilité avec cette grossesse, il avait du mal à accepter de rester au second plan sur d'autres projets. Mais enfin, ici il n'avait pas le choix, puisqu'il valait mieux pour eux toucher l'argent avant de se marier...Et puis ce n'était pas comme si elle y allait réellement seule, il serait tout de même à côté pour la conseiller.

Ils ont du attendre leur tour un bon bout de temps, assis sur les chaises d'or massif. Impossible de les déplacer sans utiliser la magie, c'était certain. Dans la salle d'attente, les gens se toisaient les uns les autres, se demandant si quelqu'un allait se précipiter et violer le tour des précédents. Que le genre humain est pathétique parfois...Au moins une chose que les moldus et les sorciers ont en commun!

Enfin, c'est une petite femme grassouillette qui les a accueillit avec une poignée de main enthousiaste. Elle avait des cheveux d'un blond cendré, relevés en un chignon travaillé, dont aucune mèche ne pouvait espérer s'en échapper. Son rouge à lèvres tranchait sur sa peau blanchâtre, et ses grands yeux d'un bleu délavé papillonaient devant Tom, bien qu'ils furent séparés d'une trentaine d'années au moins. Il jugea tout de même qu'elle devait être plutôt jolie, du temps où elle n'était pas encore ridée.

Qu'est-ce que je peux faire pour vous, messieurs dames? Sa voix est un peu nasillarde, mais rien de trop gênant.

Elle désigne les deux fauteuils face au sien pour les inviter à s'asseoir. Ce qu'ils font. Tom regarde Anna avec appuis, et elle se met à chercher un papier dans son sac à main. Elle a beau ne pas vouloir être complètement sous l'emprise de Tom, elle avait fini par s'y habituer, et elle avait maintenant du mal à assumer ses propres responsabilités sans que la nourriture soit pré-machée par son fiancé. Elle qui avait toujours détesté parler aux gens, en plus...

J'ai reçu un courrier de votre banque il y a quelques semaines...Elle continue de chercher dans son sac sans regarder la conseillère...Qui me disait que je devais passer à votre banque récupérer de l'argent que mon père avait laissé pour moi.

Possible. La femme sourit et feuillète ses dossiers en agitant sa baguette. Quel est votre nom?

Anna Stavinsky. Tom se raidit un peu, peut-être aurait-il aimé qu'elle précise son futur nom d'épouse, même si cela aurait été parfaitement inutile.

Stavinsky, Stavinsky...Ha oui, vous êtes bien là! Un sourire leur dévoila une dentition si parfaite qu'elle avait l'air artificiel. Veuillez signer en bas de ces...Elle feuilleta encore le dossier...Trois pages et les dater, s'il vous plait.

Anna pris les papiers entre ses mains. "Certificat de Possession d'Or". Un titre plutôt étrange. Elle survola le contrat, en prenant bien soin de détailler les petites lignes en dessous de l'emplacement réservée à sa signature. Tom se pencha sur l'épaule de sa fiancée pour vérifier que tout était bien en ordre, mais il fut bien sur incapable de déchiffrer l'alphabet cyrillique dans lequel étaient édifiés les différents accords. Il en fut agacé mais fit de son mieux pour le cacher aux deux femmes. Elle signa et rendit les documents.

Parfait, parfait. La quincagénaire agita sa baguette, et une clef d'or apparu. Voici la clef de votre coffre.

Merci. Tous trois se levèrent successivement, Anna en dernier. La femme leur tint la porte de son bureau et leur désigna un corridor, à leur gauche.

Vous trouverez une porte de bronze au bout de ce couloir, c'est la seule. La personne qui se tient devant cette porte vous indiquera où récupérer votre or, Mlle Stavinsky. Sur ce, elle leur offrit un dernier sourire, auquel Anna répondit mollement.

Immédiatement après être sorti du bureau, Tom rattrapa la main d'Anna et la serra dans la sienne. Anna ne savait jamais si elle devait interpreter ces gestes comme de l'amour, ou une possessivité à outrance. D'instinct, elle penchait pour la seconde solution. Elle ne se faisait aucune illusion. Sans sa grossesse, Tom aurait sûrement disparue de sa vie, à cette heure ci.

La femme blonde n'avait pas menti. Au bout du couloir marbré, une porte de bronze, qui semblait épaisse de plusieurs décimètres, était cachée derrière une sorte de gardien. L'homme, un masse de plus de deux mètres, au crane rasé, portait une minuscule paire de lunettes rondes qui rendait son visage ridiculement sot. Tom s'en approcha, mais avant qu'il ne lui tende la main, l'homme lui fit un simple signe de tête, rigide, et tendit la main, avec l'intention de récupérer une clef, ou un document.

Anna, qui ne voulait avoir aucun contact avec cet homme, donna sa clef à Tom, qui la donna lui même à l'employé. Même les langues de plomb du ministère auraient l'air agréable à côté de cette brute épaisse, songea Anna. Sans utiliser la clef, l'homme ouvrit la porte, qui donnait sur une descente incroyablement longue d'escaliers d'ardoise. Le couple n'était pas très enthousiaste. Si Anna glissait sur la pierre rendue humide par les sous-sols, il serait difficile de l'empêcher de se blesser, et de perdre les bébés. Tom lui tint donc la main plus fort, plus près de lui.

Heureusement, cette descente aux enfers ne fut pas bien longue. Quelques mètres en dessous de leur point de départ, l'homme vira à gauche, suivi par les fiancés. Dès lors, c'est un magnifique sol dallé, parfaitement sécurisé, qui remplaça les dangereux escaliers. Ils passèrent devant plusieurs portes: de bois, de pierre, de bronze, d'or, d'argent, et parfois même de platine. Tom pensa que le métal dans lequel les portes était coulé retranscrissait les trésors qu'on y avait caché.

C'est devant une porte d'argent que l'homme se stoppa. Le nom et le prénom d'Anna étaient formés par une multitudes de rubis, incrustés dans le métal. L'homme glissa la clef d'or dans la serrure, et murmura ce qui ressemblait à une incantation, sans baguette aucune. Après deux secondes qui leurs semblèrent interminables, la porte émit un cliquetis retentissant, et s'entrouvrit. L'homme attrapa la poignée à deux mains et la tira vers lui. Vu comme son visage et ses biceps s'étaient contractés, elle devait peser son poids, la porte.

Anna entra dans la pièce, immédiatement suivie de Tom. L'homme les attendait à l'extérieur. Grande comme la salle commune des Serpentards, cette pièce aurait suffit à les faire vivre pendant trois siècles. Des montagnes de pieces d'or, hautes comme des ifs, de l'argent, du bronze, des objets de valeur ou non...Tout ce qui avait tenu assez de place dans la vie des Stavinsky était maintenant légué à leur unique fille et à leur sanguinaire beau-fils. Elle caressa le bras de son amant, attendant qu'il se manifeste.

Tu veux tout prendre? Elle hocha la tête doucement, ses lèvres épaisses toujours entrouvertes.

Je ne compte pas revenir ici tous les ans...Elle se força à sourire, mais la vue de cette richesse, de cette puissance qui était maintenant la leur la troubla.

Tom, qui avait déjà vu plus époustoufflant, mais qui restait sous le choc, prit à nouveau les commandes. Il sortit sa baguette sous l'oeil confiant de sa fiancée, et en un tour de passe-passe, le tout de sa fortune se retrouvait enfermé dans une bouse qui parraissait trop petite pour contenir dix Gallions d'or. A nouveau souriante, et soulagée que tout cet air soit dans la main de Tom, elle se laisse conduire vers la sortie.

Il eu la présence d'esprit de glisser la bourse dans sa poche à elle. Ce qui était à elle était à lui, mais jusqu'à leur mariage, ça n'était pas encore officiel. Il ne voulait pas qu'elle se méfie de lui, en pensant qu'il partirait avec l'argent et la laisserait seule. De toute façon, il ne la laisserait jamais, sachant que c'est d'elle que seraient venu ses heritiers souverains. Lorsqu'ils sortirent du monument banquaire, il l'entraina un peu vite dans la ruelle la plus proche.

Pavée, humide, vide de toute vie, elle ressemblait vaguement à ce qu'on imaginait de l'angleterre de la fin du dix-neuvième siècle, à la grande époque du Ripper et autres hommes diformes. Il plaqua son dos contre un mur, avec puissance, mais pas assez fort pour la faire souffrir. Ce n'était plus ce qu'il voulait, il ne supportait plus la peine ou la douleur déformer ces traits si parfaits.

Il planta ses pupilles dans celles devenues moins sauvages de l'ukrainienne. Elle n'en était pas moins désirable. Elle se laissa vriller par le vert sombre et envoutant qui l'avait faite chavirer des mois plus tôt. Il l'embrassa fougueusement, dans un élan attendu, qu'elle connaissait par coeur. Ses lèvres épaisses et sa langue mouillée, habile, ne changeait pas avec le temps. Les coeurs battaient fort, la température ambiante explosait le mercure, et leurs esprits se vrillaient d'un desir qui n'avait rien de concient. De façons différentes, pour des raisons différentes, et d'une manière qui ne pouvait être comprise que par eux, ils s'aimaient.