Mais non je n'ai pas (tout à fait …) abandonné Rodney le chat ! Disons que mes intérêts ont un peu divergé : je suis tombé raide dingue d'un autre Geek télévisuel, j'ai nommé le professeur Charlie Eppes de la série Numb3rs.

Tout ça, c'est de la faute à Alhenorr qui m'a fait découvrir la série, alors si je ne finis pas mes fics SGA, prenez vous en à elle, na !

Euh, et donc à part ça, suite des aventure de Rodney …

Châtiment, Chatouille et … Chabichou !

Châtiment, subst. masc. Punition sévère donnée à celui qui a commis une faute, pour le corriger.

Caché sur la passerelle surplombant un des longs couloirs d'Atlantis, Rodney guettait sa proie. Les yeux fixes, la pupille si dilatée que l'on distinguait à peine le bleu de son iris, tous ses muscles tendus dans l'attente de l'offensive finale, Rodney était prêt. La proie était en vue, enfin ! Elle avançait vite, entrant en courant dans le couloir, sûre d'elle, ne se doutant pas qu'elle était épiée, ignorant qu'elle allait au devant de l'affrontement ultime. Rodney sourit. Ooooh, oui, il souriait. Lui, Rodney le chat, souriait. Le mouvement de ses babines et le frémissement de ses moustaches lui donnaient tout du chat de Cheshire.

Ah, elle était presque là ! Rodney la sentirait bientôt sous ses griffes (armes redoutables dont il faisait un usage fréquent et non discriminatoire, il adorait les sentir sortir et se rétracter à la demande et se demandait vaguement pourquoi Wolverine détestait ses griffes, peuh, quel idiot ! La griffe, c'était l'arme suprême … et c'était aussi super pratique pour piquer discrètement un morceau de poulet dans l'assiette de Sheppard), et sous ses crocs. Il la déchiquetterait sauvagement, savourant les cris, les mouvements désordonnés, la lutte pour la survie, les derniers soubresauts … Rodney sentit son arrière train remuer. C'était plus fort que lui. L'instinct du chat. Il était temps et son corps le lui rappelait. Là, maintenant, c'était maintenant …

Rodney sauta.

Le cri de la bête retentit dans le couloir. Rodney mordit à pleines dents. Les cris redoublèrent. La bête tenta de le désarçonner : elle se mit à ruer ! Qu'à cela ne tienne, Rodney était près. Il sortit ses griffes et les entendit avec plaisir s'enfoncer dans la masse noire et fournie sur laquelle il était assis. La bête ruait toujours. En vain. Enfin, exténuée par le combat, elle tomba à terre.

Victoire ! Miaula Rodney. Il arracha son trophée d'un coup de dents sec puis disparut dans les coursives sans même un regard pour la bête qui était à terre.

oOo

- Oula fit John en regardant Ronon qui venait d'entrer, boitillant, dans le réfectoire. Huhu, laissez moi deviner : Rodney ?

Ronon s'écroula sur une des chaises et lança un regard mauvais à John. Il écarta une des dreads qui avaient échappé au massacre d'un geste de la main. Il fit la grimace. La tresse avait été mâchouillée à mort. Car il ne faisait aucun doute qu'il lui faudrait l'enlever, ainsi qu'une bonne demi-douzaine d'autres qui n'avaient pas résisté à l'attaque de Rodney.

- Hey, ne dites pas que je ne vous avais pas prévenu, gloussa John. Ne jamais se mettre entre Rodney et son repas. Ca vous servira de leçon ! Ne vous inquiétez pas pour votre réputation, vous n'aurez qu'à dire que vous avez été attaqué par une horde de wraiths. Je suis sûr que les Marines, vous croiront …

Sur ce, les rires de John redoublèrent et la moue boudeuse de Ronon, se renfrogna davantage.

oOo

Sur un des balcons d'Atlantis, Rodney savourait un bain de soleil bien mérité tout en admirant d'un air satisfait les reflets de son trophée posé près de lui : une des perles dont Ronon se servait pour ses dreads.

Le crime avait été terrible, le châtiment aussi.

Satisfait par la justice ainsi rendue, Rodney se mit à faire tranquillement sa toilette.

Chatouille, subst. fem. Fam. Synon. De chatouillement. (Source : CNRS)

C'était bizarre. Non vraiment, c'était super, super, super bizarre. Partager ses quartiers avec Rodney. A moins que le plus étrange ne soit de partager ses quartiers avec un Rodney transformé en chat par un prêtre fou ? De toute manière, la vie de John avait largement perdu de sa normalité depuis qu'il avait accepté de faire partie du contingent pour l'expédition Atlantis.

Et donc, présentement, l'étrangeté résidait dans le fait qu'il avait un chat pour colocataire. Un chat qui pouvait résoudre des équations complexes, lire le wraith et s'amuser à réécrire la texture de l'univers rien qu'en clignant des yeux (encore que les chats n'ayant pas de paupières externes, cette dernière tâche pourrait s'avérer difficile). Un chat pas comme les autres, vraiment.

Sauf lorsqu'il ressemblait exactement à ça. Un chat. Juste un chat …

John savait que ce n'était que la « forme » : c'était Rodney qui était là derrière ces yeux bleus, vifs et intelligents. C'était Rodney qui crachait sur Kavanaugh, tenait une conversation avec Zelenka rien qu'en miaulant (là, John se demandait si Radek ne leur cachait pas quelque chose, comme des super pouvoirs, ou quelque chose dans le genre …) et minaudait avec Sam.

C'était Rodney bien sûr, mais c'était aussi un chat. Et justement, là, Rodney était davantage un chat que Rodney et -- et John ne savait pas très bien ou son pauvre cerveau voulait en venir mais tant pis. Il craqua. Il était certain que ça allait lui valoir des douches froides pour des jours et des jours. Peut-être même jusqu'à la fin de son séjour sur Atlantis. Mais comment pouvait-on lui en vouloir ? Comment résister à -- à ça !

Ca, c'était Rodney, allongé de tout son long sur le dos, les pattes de devant et de derrière complètement écartées, offrant la vision d'un petit ventre duveteux. Ca avait l'air doux, chaud et -- argh, c'était trop tentant !

John s'agenouilla près du lit sur lequel dormait Rodney et se pencha doucement au-dessus de lui, puis il laissa ses doigts effleurer les poils du ventre de Rodney. Pas de réaction. John s'enhardit. Il posa sa main sur le ventre de Rodney. Yep, il avait eu raison, doux, comme du velours. Douillet. Le ventre de Rodney lui rappelait une polaire, ou une couette. Il évoquait … la douilletude ! Et franchement, qui pouvait résister à l'appel de la douilletude, hein ?

Comme il n'y avait toujours aucune réaction, John tenta sa chance. Il se baissa sur le ventre et … plongea le nez dedans et souffla doucement. Il sentit une vibration désormais familière sous les poils et continua jusqu'à ce qu'elle transforme en ronronnement sonore.

John souffla encore, une, trois, quatre fois. Les ronronnements augmentèrent crescendo. John leva les yeux vers le petit minois de Rodney (mon Dieu, qui eut cru qu'il utiliserait un jour cette terminologie pour désigner le visage de McKay !). Il souriait. Rodney le chat souriait (10).

John sourit à son tour. Avoir un chat comme colocataire, c'était plutôt cool. Avoir Rodney le chat, c'était encore mieux !

Chabichou : fromage de chèvre !

Rodney avait faim. Il avait vraiment, très, très faim. Il avait si faim qu'il risquait certainement une chute de sa glycémie ! S'il ne mangeait pas immédiatement, il perdrait connaissance. Et qui sauverait la Cité s'il était dans le coma, hein, qui ? Il fallait qu'il mange, la survie de tous les habitants d'Atlantis en dépendait. C'était une question de vie ou de mort !

Sauf que ce n'était pas l'avis du docteur Jennifer Keller. Oooooh que Rodney détestait les médecins. Elle avait décidé qu'il avait pris trop de poids depuis son « petit incident » (petit incident ! Bah voyons, il avait juste été transformé en CHAT ! Décidément, les médecins étaient tous des idiots) et l'avait donc mis au régime. REGIME !!!! Il avait bien entendu énergiquement protesté contre cette décision mais tout le monde s'était rangé du côté de cette sorcière vaudou !

C'est Sheppard, le traître, qui avait été à l'origine de ce fiasco en prétendant qu'il « pesait un peu plus lourd tous les jours, perché sur son épaule ». L'ingrat ! Est-ce que Rodney lui en avait voulu du fiasco sur Nólaquen ? Oui, bon, il lui avait fait la tête quelques jours mais ç'avait été tout. S'il avait été plus vigilent, Rodney ne se retrouverait pas dans la peau d'un Felix Catus. Un Felix Catus que l'on était en train d'affamer (ils ne perdaient rien pour attendre tous autant qu'ils étaient. Ils verraient ce qu'ils verraient lorsqu'il retrouverait sa forme humaine ! Ooooh oui. Keller ferait mieux d'éviter d'utiliser son fer à cheveux si elle ne voulait pas ressembler à la version année 70 de Michael Jackson).

Grrrrrmmmbbbllle.

Son estomac était à l'agonie ! Plus le choix : il fallait qu'il mange, et MAINTENANT !

Rodney sortit prudemment la tête de sa caisse (faite spécialement pour lui par Teyla, tout en bois, le tout matelassé). Ok, Sheppard était toujours assis à son bureau. En fait, il avait littéralement piqué du nez sur un de ses rapports. Il le comprenait, les dits rapports étaient ennuyeux à mourir. Ah, la bureaucratie de l'armée américaine ne lasserait jamais de surprendre Rodney. D'ailleurs, Rodney venait souvent au secours de Sheppard, en s'allongeant de tout son long sur les dits rapports. Et si Sheppard en profitait pour le caresser et lui faire des gouzi gouzi, ce n'était pas de sa faute, n'est-ce pas ?

Grrrrrrrrrrrrrbble

Gah, c'était maintenant ou jamais. Rodney sauta par terre et longea les murs, silencieux comme … et bien comme un chat. Pattes de velours contre sol froid atlantéen. Aha, nous y voilà ! Il leva la tête vers le bureau pour estimer la hauteur. No problem. Il avait déjà sauté bien plus haut. Il remua un peu le fessier puis s'élança.

Première phase de l'intervention réussie. Quant à la seconde …

Toujours silencieux Rodney s'avança vers l'assiette d'où provenait le fumet qui l'avait réveillé. Il huma l'air. Aaaaaah divin, tout simplement divin.

Du fromage. Au lait entier au plus. Et frais. Un cadeau d'il ne savait plus trop quel peuple moyenâgeux (difficile à dire, puisque tous les peuples de pégase semblaient entrer dans cette catégorie ; du moins ceux qui acceptaient de faire commerce avec les atlantes. Les autres étaient généralement trop occupés à chercher à les tuer, mais passons …).

Rodney se lécha les babines et fondit sur le morceau de fromage. Malheureusement, son geste déséquilibra la fourchette qui se trouvait posée contre l'assiette et celle-ci tomba sur le bureau avec un cling cristallin.

- WOUUUUUUUUAAAAAAAA ! Cria Sheppard réveillé en sursaut.

- SCRIIIIIIIIIIIIIICHHHHH ! Renchérit Rodney qui fit un bond en arrière, heurtant la pile de livres et de rapports qui étaient sur le bureau. Le tout – rapports, livre et chat – firent un superbe vol plané vers le sol.

- OHMONDIEU, Rodney ! S'alarma Sheppard.

Sheppard fut auprès de Rodney en un instant. Il s'agenouilla auprès de lui et le retourna doucement. Rodney était encore groggis et lui répondit avec un miaulement tout enroué.

- Et bien, et moi qui croyais que les chats retombaient toujours sur leur patte, hein ? Vous pouvez me dire ce que vous faisiez sur le bu--

Le regard de Sheppard tomba sur l'assiette qui se trouvait toujours sur son bureau. Une assiette vide.

- RODNEY ! Vous savez très bien ce qu'a dit Keller à propos de votre diète. Et surtout des conséquences que peut avoir sur votre l'organisme l'abus de nourriture trop grasse … trop grasse, comme le fromage, non de non ! Et dire que vous prétendez être un génie !

Oula, pensa Rodney, comment allait-il se sortir de ce guêpier ? Il opta pour la technique du footballeur : se rouler par terre et faire croire que l'on était aux portes de la mort. Il resta allongé par terre et se mit à miauler piteusement.

- Rodney … grogna Sheppard.

Aïe, le ton de Sheppard laissait entendre que cette technique ne rencontrait pas le succès escompté (elle fonctionnait pourtant très bien sur Keller, enfin, sauf en ce qui concernait ce fichu régime !). Hu, temps de sortir la grosse artillerie. Sa seconde arme absolue après ses griffes.

Les yeux du Chat Potté.

Il leva donc vers Sheppard la frimousse de chat la plus adorablement poignante qui soit et poussa un petit miaulement désespéré.

Sheppard le regarda un long moment, les yeux ronds lui aussi, et un air pas très adorable sur le visage. Il avait plutôt l'air ahuri pensa Rodney qui essayait de rester concentré sur sa composition. Malheureusement, sa belle prestation fut complètement réduite à néant par l'éclat de rire tonitruant de Sheppard.

- Oh, bon sang Rodney, franchement, il n'y a que vous pour faire ça, je vous jure ! Parvint à dire Sheppard entre deux gloussements.

Rodney décida qu'il en avait assez d'être humilié de la sorte : non seulement ces gens décidaient de ce qui était bon pour lui ou pas mais en plus ils se moquaient de son infortune. Bande d'ingrats. Il tourna le dos à Sheppard et l'ignora. Ostensiblement.

L'effet ne se fit pas attendre.

- Rodney, hey, ne faites pas la tête.

Rodney continuait à fixer le mur devant lui, droit comme le sphinx.

- Rodney, allez …

Silence de Rodney.

Soupir bruyant de Sheppard.

- Rodney, s'il vous plaît … ok, ok, je m'excuse.

Rodney porta sa patte droite à sa gueule, la mouilla puis la passa derrière son oreille, se lavant méthodiquement.

Nouveau soupir de Sheppard.

- Hey, Rodney. Je sais où Ronon planque ses réserves de lard séché, ça vous intéresse ?

Rodney se tourna immédiatement vers Sheppard. John le fixait avec un petit sourire amusé sur le visage.

- Mais, attention on partage et pas plus d'une seule tranche. Je ne tiens pas à ce que Ronon m'utilise pour faire ces exercices de lancer de couteaux. Pire, je ne veux pas que Keller m'utilise pour exercer ses talents de proctologue.

Rodney miaula énergiquement. Sheppard comprit immédiatement le message et l'aider à grimper sur son épaule.

Manger c'était bien, mais manger avec son meilleur ami, c'était encore mieux. Et puis le lard se mariait merveilleusement avec le fromage.

A suivre …

(10) Non, les chats ne sourient pas ; en revanche, la couleur de leur pelage autour du visage, et notamment de leur gueule, peut faire penser qu'il sourit. C'était le cas de mon Gimli, dont tout le monde disait qu'il souriait.