Titre : A la découverte de nous-mêmes

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à JK Rowling, il n'y a que l'histoire qui est mienne.

Rating: M / NC 17

Paring: Harry/Draco

Cette histoire est un UA, c'est-à-dire un Univers Alternatif. Il n'y a pas de magie, et l'histoire se passe dans notre monde. De plus, beaucoup de personnages ressemblent peu, voire pas du tout à ceux qui sont dans Harry Potter.

Cette histoire est un slash, donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, vous savez ce qui vous reste à faire.

Merci à Vif d'or pour sa correction! ;)

Merci à tous ceux qui ont lu, merci pour les reviews! Les réponses des anonymes sont sur mon blog.

Exceptionnellement, je répond au début d'une review, à celle de Justine: Hello! Pour trouver mon blog, tu tappes sur Homepage dans ma fiche de présentation. Le lien dont tu ma parlais est celui d'adultfiction qui est en effet en anglais. C'est là que j'ai trouvé la fic "could you love me?". Je te laisse suivre mes indications et je finis de te répondre sur le blog.

Je retirerai ce message d'ici quelques jours. En théorie, ce n'est pas autorisé de répondre aux reviews sur le site.

Bonne lecture!

Chapitre quatorze : Redescente sur terre

La journée suivante eut l'effet d'une douche froide pour Harry.

Son enthousiasme était retombé aussi vite qu'il était apparu.

Depuis la veille, il avait l'impression que tous les regards se portaient sur lui, que les gens se retournaient sur son passage pour l'observer et qu'ils ne cessaient de chuchoter à son sujet. Il n'en avait pas tenu compte parce que Draco était là, à ses côtés, prêt à prendre sa défense s'il le fallait. À présent, il avait du mal à le supporter et faire comme si de rien n'était, comme le blond savait si bien le faire. Sauf que tout le monde savait depuis des années qu'il était homo, contrairement à lui.

La situation avait légèrement dégénéré quand les deux garçons s'étaient retrouvés face à Lavande Brown. Son ex l'avait très mal pris, ce qui était certes plus que prévisible, mais Harry n'y avait jamais réfléchi non plus, il s'était seulement préoccupé de Justin Flinch-Fletchey. La jeune fille s'en était prise violement à Draco, tentant de le gifler, l'accusant de l'avoir rendu homo et avait hurlé encore d'autres amabilités dans la même veine en plein couloir.

Il devait bien admettre que tout cela l'angoissait à présent… Mais le pire, c'était son cousin…Comme un idiot, il ne prenait conscience de sa famille que maintenant, comme si celle-ci avait disparue durant les mois précédents. Et soudainement, elle était réapparue, comme par magie, alors qu'il était rentré la veille chez lui. Il aurait dû plus y réfléchir et en parler à Draco comme celui-ci lui avait reproché…Dudley n'avait fait aucune allusion pendant la soirée. Il ne l'avait même pas regardé de travers ou provoqué. Peut-être qu'il ne savait pas encore… Chose peu probable… ses copains avaient dû l'apprendre d'une manière ou d'une autre. Ils devaient sans doute en avoir parlé des heures sur internet…

Il aurait aussi voulu parler à Ron, s'expliquer avec lui, lui faire comprendre la situation, l'entendre dire que quoi qu'il arrive, il restait son meilleur ami et qu'il l'aimerait toujours comme un frère. Mais Ron avait jusqu'à présent affiché un air distant, ne lui adressant que très peu la parole pour lui demander des choses banales, comme un effaceur ou une cartouche d'encre. La situation lui paraissait de plus en plus incontrôlable face aux restes de sa classe. Aussi bête que cela puisse l'être, il aurait aimé être sourd et aveugle pour une fois dans sa vie. Seul Neville s'était montré ouvert à son encontre. Il avait eu le plaisir de voir le jeune homme venir le saluer alors qu'il tenait la main de Draco, et il lui avait proposé de manger avec lui le lendemain midi.

oOoOo

Le mardi midi, dès que la sonnerie avait retenti, Harry s'était dépêché de remballer ses affaires et de quitter la salle de classe, sans jeter un regard en arrière.

Il dévala les escaliers, se mêlant à la foule d'élèves qui se pressaient soit vers la cantine ou la cafétéria, soit vers une cinquième heure de cour qui s'annonçait pénible.

Le jeune homme entra dans la cafétéria et chercha Neville qui devait déjà être arrivé.

« Harry ! »

Le dit appelé essaya de trouver la personne qui venait de crier son prénom à travers la salle, faisant tourner vers lui plusieurs têtes curieuses. Harry rougit et essaya de faire comme si tout allait bien. Il aperçut finalement Neville quelques tables plus loin et vint s'asseoir à côté de lui.

« Désolé, je n'ai pas été très discret…Murmura le jeune homme, ses joues rondes se colorèrent immédiatement par l'embarras qu'il venait de commettre. Ajoutés les cheveux châtain clair soigneusement coiffés le matin même, emmêlés à présent, les yeux noisette, Neville faisait beaucoup plus jeune que son âge.

- C'est pas grave…Souffla-t-il en réponse.

- Tient, je t'ai pris un sandwich au thon, ça ira ?

- Oui, oui, merci… »

Ils mangèrent silencieusement, Harry essayant de se concentrer sur son sandwich alors que Neville lui lançait des regards inquiets toutes les deux bouchés.

« Alors, ça va ? » demanda-t-il enfin pour dissiper le silence plus que gênant qui c'était installer entre eux depuis le début du repas.

Harry devina tout de suite où il voulait en venir.

« Pour l'instant, ça va à peu près… Enfin… Si, ça va. »

Harry aurait voulu lui parler de sa situation mais il avait du mal à trouver les mots justes et expliquer vraiment ce qu'il ressentait face à tout ça. Quelque part, avoir révéler sa relation l'avait soulagé, et c'était vrai, il se sentait mieux. Mais d'un autre côté, il redoutait toute confrontation avec ses amis, tout du moins Ron, Dean et Seamus, et le regard des autres devenait de plus en plus oppressant. Finalement, il avait le sentiment d'être impuissant face aux autres, incapable de se défendre, faible même.

Neville n'ajouta rien de plus. Bien qu'il ne parla pas, le jeune homme semblait fort agité : au lieu d'être à l'ouest comme souvent il l'était, son visage était beaucoup plus animé, il mangeait rapidement. Harry pensa bien sûr que ça devait être à cause de lui et que son ami devait être gêné…

« Ah ! Finit-il par s'exclamer. Il faut absolument que je te parle de quelque chose Harry ! »

Sans attendre de réponse, il continua sur sa lancée : « Hier, en rentrant du lycée, un colis m'attendait. C'était ma commande de plantes carnivores ! Ça faisait un mois que je l'avais fait ! Un mois, tu te rends compte ! Je commençais à désespérer. »

Harry se rappela qu'en effet, Neville lui en avait parlé, mais il n'avait pas fait très attention à ce moment là et depuis, il avait complètement oublié.

« Je suis trop content ! » S'exclama son ami.

Le jeune homme sourit. Neville était toujours exalté lorsqu'il s'agissait de botanique ou de la nature. Lui qui était si timide, il était capable de parler pendant des heures d'une fleur avec beaucoup de précision et de passion.

« Là, je suis en train de me renseigner avec ma grand-mère pour l'école que je veux faire l'année prochaine. Je dois me dépêcher de renvoyer le dossier d'inscription.

- Déjà ? Fit Harry, surpris. L'inscription pour la fac de droit ne se fait qu'en avril ou en mai, je ne sais plus trop.

- Oui, oui, il faut s'y prendre tôt, il n'y a pas beaucoup de places. En fait, demanda-t-il plus soucieux, les sourcils froncés, tu as le droit à une bourse ou non ?

- Écoute, j'en sais rien. Normalement, les Dursleys ne seront plus mes tuteurs car je serai majeur. Je suppose que oui.

- Oui, c'est vrai… Car ça ne dépend pas du nombre d'enfants ou du revenu des parents ? »

Harry n'en savait rien car il n'avait jamais bénéficié d'une bourse scolaire jusque là : les Dursley avait toujours assuré sa scolarité. Mais maintenant qu'il approchait de la majorité, sa famille ne serait plus là pour subvenir à ses besoins, ou moins en tout cas. Le jeune homme aux cheveux d'ébènes pensa qu'il devrait se préoccuper un peu plus de la question s'il ne voulait pas finir à la rue ou squatter chez des copains.

Il décida donc d'aller se renseigner avec Neville au CDI, dès qu'il aurait fini de manger.

La bibliothèque du lycée était une vaste pièce, haute de plafond. En entrant dedans, on pouvait voir sur la droite de hautes étagères remplies de livres, rangées par catégories et par ordres alphabétique. Ces étagèrent s'étendaient jusqu'au mur opposé à l'entrée. De l'autre côté, de grandes baies vitrées éclairaient la pièce. De ce côté-là étaient installés les ordinateurs et imprimantes, ainsi que le bureau personnelle de Mme Pince, la documentaliste. De son aire revêche, elle jetait des coups d'œil suspects à un groupe d'élèves qui parlaient trop fort à son goût alors qu'elle s'occupait en même temps d'un autre élève qui désirait emprunter un livre. Les élèves pouvaient s'installer au centre, sur des tables rondes colorées. Les murs étaient de couleurs jaunes. Cela avait sans doute été fait pour rendre le lieu accueillent et chaleureux mais ce n'était pas vraiment le cas. La pièce étant grande, elle n'était pas facile à chauffer surtout que les radiateurs fonctionnaient mal. On aurait pu croire qu'au printemps, les choses s'arrangeaient. Que nenni, on arrêtait tout bonnement de faire marcher le chauffage et la température était souvent fraîche. De plus, le lieu était habité par la redoutable Mme Pince et par les quelques surveillants qui apparemment, n'avaient que ça à faire.

Mr Rusard avait à peine la cinquantaine et pourtant, il faisait beaucoup plus âgé. Toujours habillé de vieux pantalons de velours marrons, les cheveux gris et pendants, les yeux perçants, la face ridée, personne ne comprenait ce qu'il baragouinait sauf quand il se mettait à hurler après les élèves. Personne n'aimait s'y frotter… Sauf sa vieille chatte grise qui marchait sur ses pas.

Le surveillant Lockhart était un jeune homme de vingt-cinq ans. Un bellâtre qui exerçait toutes les professions sauf celle de surveillant : il pouvait aussi bien être infirmier que professeur de math ou encore conseiller d'orientation. Et d'après lui, il parlait tout plein de langues, il était donc tout à fait capable de remplacer les professeurs de langues si besoin. De toute façon, il ne cessait de le dire, il était le meilleur. Beaucoup de filles le trouvaient formidables, surtout grâce à son physique avantageux, mais il faisait surtout rire et il irritait les autres professeurs qui ne voyaient là qu'une mascarade.

En s'installant à un ordinateur, Harry se rendit compte que l'élève qu'il avait vu de dos et qui parlait à Mme Pince n'était autre que Colin Crivey. Le jeune homme, en se retournant, le reconnut tout de suite. Mais contrairement à ce que Harry croyait, l'autre garçon ne se précipita pas sur lui pour lui dire bonjour. Il lui fit une sorte de sourire hypocrite qui cachait comme une gêne.

« Hé ! » Fit-il de loin.

Harry, soulagé qu'il ne se soit pas jeté sur lui, ne savait pas trop comment réagir à présent.

« Salut Colin ! Ça va ?

- Ça va, ça va ! Répondit-il toujours avec un certain malaise. Excuse-moi mais je dois y aller ! » Puis il tourna les talons et s'en alla rapidement.

« N'y prête pas attention Harry, lui dit Neville, les yeux rivés sur l'écran. Ce type est un petit merdeux… Un parfait idiot.

- Ouais… Tout le monde n'est pas comme lui, c'est vrai. »

Il n'osa pas le dire à Neville, mais Harry était beaucoup plus pessimiste que lui sur le comportement des gens. C'était toujours facile de dire ce genre de propos quand on n'était pas concerné, tout le contraire de lui.

oOoOo

Les deux premières heures de l'après-midi passèrent rapidement pour Harry. Il s'était concentré sur les cours et avait réussi à faire abstraction des autres. Et malgré tout, il était content car il allait avoir sport. C'était un bon moyen de faire passer tout cette tension qui s'accumulait et de se défouler un bon coup. Il avait encore passé la récréation avec Neville, Draco étant en DS, et il se dirigeait vers les vestiaires après que la sonnerie ait retentit.

Alors qu'il entrait dans la petite pièce qui servait de vestiaire pour les garçons, tous se turent en l'apercevant. Harry sentit encore la gêne lui monter aux joues. Puis il aperçut Ron installé au fond de la pièce. Il se dirigea vers lui sous les regards de ses camarades et déposa ses affaires à côté du roux. Celui-ci lui jeta un rapide coup d'œil, prit ses sacs et alla s'installer en face, à côté de Dean.

Harry était abasourdi, choqué. Alors que les autres garçons se remettaient à discuter, il sentit des picotements dans le coin de ses yeux et n'osa pas se retourner pour affronter les regards des autres garçons. Il resta dos à eux et se changea à la hâte, une larme coulant le long de sa joue, rapidement effacé par un geste de la main.

Pendant les deux heures qui suivirent, Harry se sentit horriblement seul et exclu. Il avait l'impression de se retrouver quelques années plus tôt, à l'école primaire, lorsqu'il n'avait pas d'amis et qu'il était persécuté par Dudley et ses copains. Ses partenaires de jeux ne lui adressaient pas la parole, le regardait et lui souriait à peine. La prof de sport avait limite le même comportement…

Il fut très heureux, ce soir-là, de quitter le lycée.

oOoOo

Quand il rentra enfin chez lui, une note dans la cuisine lui indiqua que la tante Pétunia était partie à une réunion et qu'il devait faire réchauffer un plat dans le frigidaire vu qu'elle ne rentrerait pas avant 21 heures. Dudley était déjà rentré et écoutait à tue tête sa musique dans sa chambre ; Vernon n'était pas encore rentré de son travail et ne devrait plus tarder.

Après avoir rapidement goûté, Harry passa le reste de la soirée dans sa chambre à travailler pour tenter d'oublier ce qui c'était passé pendant la journée. Et surtout ne pas penser aux réactions inattendues de Ron. Lui qui le considérait comme son meilleur ami, son frère… Il devait bien se l'avouer, il était bien plus que déçu. Ça lui faisait mal au cœur d'imaginer que leur amitié allait se terminer de cette façon, si soudainement. Bien sûr, il avait d'autres amis comme Neville, Seamus ou Dean. Il considérait même Zacharias Smith comme un ami à présent. Mais ce n'était pas du tout la même chose… Heureusement, il lui restait encore Hermione, qui lui avait été bien fidèle ces dernières semaines, qui avait su l'écouter et le conseiller.

Il se frotta les yeux, fatigué. En les ouvrants, il aperçut le chargeur de son portable posé un peu plus loin à terre. Et s'il appelait Hermione ? Elle saurait le réconforter et lui indiquer le meilleur comportement à adopter vis-à-vis de Ron. Puis, il appellerait Draco pour lui raconter sa journée. Celui-ci lui avait envoyé un message alors qu'il était sorti de DS. S'il ne le contactait pas rapidement, il allait s'inquiéter à tous les coups. Mais où était son portable ? Il fouilla dans ses poches, puis dans son sac mais il n'en trouva aucune trace. Où avait-il bien pu le mettre ? On lui avait peut-être volé dans les vestiaires… Ou bien était-il tombé de sa poche quand il était dans le bus ? Non, impossible, il en était quasiment sûr, il l'avait encore quand il était rentré… Peut-être dans la cuisine alors… Il descendit pour aller vérifier mais il ne mit pas la main dessus. L'horloge du micro-onde indiquait 19h15. Il avait encore le temps pour faire à manger, mais il décida quand même de mettre la table, vérifiant au passage si son portable n'était pas dans le frigidaire ou dans un buffet, distrait comme il était…

Il continua à travailler sans se soucier de l'heure quand il se rendit compte que presque une heure s'était écoulée, que son oncle devait être rentré depuis un moment et qu'il n'avait rien préparé du tout en fin de compte !

Il descendit en trombe l'escalier et entra dans la cuisine. Il s'arrêta net quand il vit son oncle et son cousin déjà attablés. Il n'avait même pas entendu son cousin descendre avec sa musique… Harry s'assit à son tour en marmonnant des excuses, qu'il n'avait pas vu le temps passé et qu'il était désolé.

Seulement une fois assis, Harry remarqua l'air courroucé de son oncle et la face extatique de son cousin. Soudainement, le sort de son portable ne l'inquiétait plus du tout.

« Lève-toi. » Ordonna sèchement Vernon, le visage tout rouge, la moustache frémissante.

Harry ne fit pas part de son étonnement, comprenant seulement maintenant la tournure que prenait les choses.

Il se leva doucement de sa chaise, une peur sourde s'insinua dans son corps au même rythme que s'accéléraient les battements de son cœur. Mais son oncle semblait ne pas supporter sa lenteur. « Tu vas te dépêcher oui ! » Rugit-il et en moins de deux, il était debout à son tour, agrippa le bras de son neveu et le secoua comme un prunier.

« Non mais t'as pas honte !! T'afficher comme ça !! »

Puis il repoussa violemment le garçon qui tomba par terre, se cognant le dos et la tête contre le buffet. Le choc lui coupa la respiration et il eut du mal à la reprendre, devenant totalement erratique. La peur qui l'avait assiégé se transforma en panique. Une panique qui le tétanisa.

En relevant la tête, il vit son cousin qui semblait jubiler et son oncle hors de lui, les points serrés…

Harry se redressa fébrilement, en s'accrochant tant bien que mal au meuble derrière lui.

« T'es vraiment anormal comme gamin ! Jamais été foutu de faire comme les autres ! Tu te rends pas compte de ce que tu fais !!

- Je vois pas … Tenta Harry, mais il fut interrompu par une gifle que venait de lui mettre brutalement son oncle.

- Et tu crois que tu vas pouvoir t'asseoir à notre table en sachant ce que tu fais. Les pédés, c'est dégueulasse !! Je croyais pourtant que tu savais comment ça marchait et non, même pas !! »

Harry ne savait pas quoi dire ni faire. Puis, Dudley prit la parole :

« Tu sais, ça ma fait plaisir d'annoncer à mon père qu'en fin de compte, t'étais qu'une tapette. Bien sûr, il ne m'a pas cru tout de suite. Mais, j'ai heureusement trouvé les preuves qui me manquaient… J'ai mis la main sur ton portable tout à l'heure et j'ai découvert quelques photos très intéressantes… »

Harry devint cramoisi. Avec Draco, ils s'étaient pris en photo. Bien sûr rien de très scandaleux, juste des photos d'eux ensemble, s'embrassant. Mais preuve irréfutable de son homosexualité…

Il ne savait plus où se mettre et préféra regarder la table que d'affronter leurs regards. À cet instant, il aurait voulu se trouver à des milliers de kilomètres…

« On va devoir refaire ton éducation ! À ton âge ! Tu m'exaspères à la fin ! Vociféra-t-il en agitant les bras dans tous les sens. T'as toujours été qu'un crétin, mais plus ça va, pire c'est. Un crétin doublé d'un pédé ! Sale pédé ! »

Sous la colère, son oncle l'attrapa par le bras et le repoussa contre le meuble, mais sans le lâcher pour autant, puis il le jeta au sol. Harry tenta de reculer mais il reçut un coup dans les côtes. Sous la douleur et la peur, il se recroquevilla par réflexe et se mit à crier.

« Oh ! Et tu vas la fermer !! Hurla-t-il. Tu cries comme ça quand tu te fais prendre ! Comme une tafiolle !

- Arrêtes ! Non, arrête ! Supplia-t-il quand il vit son oncle se rapprocher. Apparemment l'insulter ne suffisait pas et il savait ce que cela signifiait quand son oncle était en colère…

- Les vieilles méthodes sont les meilleurs !! »

Il l'attrapa et le traîna hors de la cuisine jusqu'au placard sous l'escalier. Là où son oncle l'enfermait quand il était petit et qu'il avait fait une bêtise ou quand il l'ennuyait tout simplement. Ce placard était le symbole de ses plus jeunes années, où il restait enfermé des heures, voir des nuits entières, à pleurer silencieusement. Développant ainsi sa claustrophobie et son sentiment d'abandon.

Son oncle ouvrit la porte, le poussa dedans et claqua la porte derrière lui avant de la verrouiller. Harry se recroquevilla sur lui-même et commença à pleurer. Il n'entendit même pas les insultes que son oncle débita encore avant de s'en aller.

Il en avait marre. Il n'en pouvait plus… Pourquoi les gens ne comprenaient pas ? Pourquoi Ron était-il comme ça ? Mais qu'est-ce qu'il lui avait fait au fond ? Pourquoi on lui reprochait d'être heureux, d'être aimé et d'aimer en retour ? Qu'est ce qu'il aurait pu lui arriver de mieux ? Pourquoi vivait-il dans une famille de dingue ? Pourquoi n'avait-il plus ses parents comme les autres ? Pourquoi était-il tout seul ? Pourquoi ?

Toutes ces questions tourbillonnèrent dans son esprit et il ne savait pas depuis combien de temps il était enfermé dans son placard. Sa lèvre était fendu et était devenu douloureuse et gonflée. Il entendait juste en sourdine le bruit de la télévision. Mais la porte finit par s'ouvrir. Harry essaya de se tasser dans l'espace réduit mais c'était peine perdue.

Ce n'était pas son oncle. C'était Dudley. Il le fit sortir du placard et le tira par les cheveux jusqu'aux toilettes, et là, sans préambule, il le mit à genoux, lui mit la tête dans la cuvette et tira la chasse d'eau.

Il allait se noyer ! Il avait tenté de crier mais l'eau était entrée dans sa bouche et il ne pouvait plus respirer ! Il essaya de se débattre, mais Dudley l'écrasait de tout son poids contre la cuvette. Finalement, son cousin daigna lui relever la tête en le tenant toujours par les cheveux.

« Alors tu baises avec la pédale ? C'était ça que tu cachais ? Dis, à chaque fois que tu partais c'était pour te le faire ?»

Il replongea la tête d'Harry dans la cuvette et actionna de nouveau la chasse d'eau.

« Arrêtes… Articula-t-il difficilement, la tête hors de l'eau.

- Pourquoi ? J'aime pas les pédés et j'en ai un sous la main. Je vais en profiter.

- Non, arr… »

Les secondes passèrent, mais ce fut une éternité pour Harry. L'eau lui irritait les yeux et il était persuadé qu'une poignée de ses cheveux allait partir dans la main de son cousin à force de tirer dessus.

Dudley finit par le repousser contre le carrelage. La petitesse de l'espace l'empêchait de se dégager de son cousin. Celui-ci se mit à le frapper et prenait un malin plaisir à le faire souffrir. Les coups le percutaient avec force, heurtant ses muscles endoloris. Au fond de lui, Harry maudissait de tout son être son oncle d'avoir inscrit Dudley à des cours de boxes. Le résultat était très efficace. Son cousin savait où frapper.

Vernon finit par les rejoindre au pas de la porte.

« Bon suffit, allez hop ! » Il fit un geste à son fils que Harry ne perçut pas.

Dudley le souleva par les aisselles et le tira hors des toilettes. Dans les vapes, Harry tenta de marcher mais il avait la tête qui lui tournait et ses jambes se dérobèrent sous son poids. Il était comme prit de vertiges, sa tête lui faisait mal et sa vision était trouble, une de ses lentilles était parti quelque part dans son oeil.

En fin de compte il se retrouva au milieu du salon, entre la télé et le canapé. L'oncle Vernon et Dudley étaient tout les deux assis sur le canapé, et lui, enfin debout, les bras croisés, l'eau lui dégoulinant le long du visage et du dos. Étrangement, il n'avait plus peur de les regarder en face à présent.

« Bon, on va mettre deux, trois choses au point mon garçon ! Il est hors de question que tu répandes la honte sur la famille en t'affichant de la sorte. Des gens de notre rang ne se comportent pas ainsi ! »

Des gens de leur rang ? Pensa-t-il amèrement, la famille Malfoy était beaucoup plus noble que les Dursley ! Et eux ne se conduisaient pas comme des barbares.

« Tu vas retourner voir ta copine que tu avais ramené ici et arrange les choses avec elle ! Je ne veux plus jamais entendre… »

Vernon s'interrompit quand il entendit le bruit mat d'un objet qui tombe par terre. En se retournant, il découvrit sa femme, abasourdie, son sac à main à ses pieds, les observant, ses yeux allant de son neveu à son mari et son fils.

« Mais qu'est-ce qui se passe ici ? S'exclama-t-elle inquiète. Qu'est-ce que vous avez fait ? » Demanda-t-elle encore en constatant l'état de son neveu.

« Ce qui se passe ? Eh bien tu devrais le demander à ton neveu ! Lui répondit son mari

- Qu'est-ce qu'il a encore fait cette fois ? Elle pensa un instant qu'il avait dû faire exploser un robinet au quelque chose du même acabit pour se retrouver trempé de la sorte.

- Il est pédé ! Voilà ce qu'il a fait ! Il fait des trucs bizarres et pervers ! Voilà le problème ! Vociféra Vernon.

- Mais qu'est-ce que tu racontes enfin !!

- Ah bah, je vais te montrer une photo et tu vas me dire si c'est une nana ou un mec qui est dessus ! Va la chercher Dudley ! » Lui ordonna son père.

Harry voulut l'empêcher d'y aller, mais son cousin n'eut pas de mal à lui faire lâcher prise et le projeta par terre.

« Dudley ! S'offusqua sa mère. Toi, dit-elle en montrant Harry du doigt, dans ta chambre et n'en sort plus ! »

Harry était tombé sur les fesses et il se releva difficilement. Il sortit sans rien dire. Dans l'escalier, il entendit son oncle et sa tante se disputer à nouveau. Les larmes jaillirent d'elles-mêmes et il ne fit rien pour les retenir.

Il se laissa tomber sur son lit, dans le noir. Il retira son pull trempé avec des gestes fébriles. Il se hissa jusqu'à son coussin, attrapa un mouchoir et se moucha bruyamment. Il arriva avec peine à s'emmitoufler dans sa couette, et continua de pleurer, en laissant parfois échapper quelques hoquets. Son mal de tête s'était aggravé, Harry avait l'impression que quelqu'un martelait son crâne et qu'à tout instant, il allait se briser. Sa lèvre était toujours aussi gonflée et chaude.

Il entendit quelques minutes plus tard, quelqu'un monter les escaliers, et instinctivement, il resserra la couette autour de lui, dans une veine tentative de se protéger.

La porte s'ouvrit et sa tante alluma le lustre. La lumière l'éblouit et il plongea son visage dans l'oreiller.

« Tu es vraiment in… Commença-t-elle sur un ton sec.

- Tais-toi…Marmonna-t-il.

- Pardon ? Fit-elle outrée. J'ai mal entendu.

- Je t'ai dis de te taire ! Il ne put s'empêcher de s'énerver subitement. Tu comprends:se la fermer ! J'ai pas besoin de tes commentaires, alors TA GUEULE ET DÉGAGE !» Hurla-t-il de toutes ses forces.

Sa tante était choquée. Elle regardait son neveu, les bras ballants, la bouche ouverte, ne sachant pas quoi répondre. Jamais Harry n'avait osé lui parler de cette façon, même pas son propre fils, alors qu'il était réputé pour être violent et vulgaire.

Harry avait besoin de parler, de lui dire tout ce qu'il lui reprochait, de lui faire comprendre sa douleur et sa peine, peu importe les conséquences qui pourraient en découler.

« Tu vois, quand on adopte un enfant, c'est pour l'aimer comme son propre fils, cria-t-il. Toi… Toi, tu ne m'as jamais donné un tant soit peu d'affection ! Vous m'avez toujours traité comme un fardeau, limite comme un objet, un objet encombrant, et ça n'a rien à voir avec le fait que je sois homo, c'est juste une excuse supplémentaire!! Un putain objet que tu foutais au placard quand t'en avais marre ! Tu ne m'aimes pas et d'ailleurs, tu ne m'as jamais aimé ! J'aurais pu te considérer comme ma mère, mais tu m'as toujours rappelé que je n'étais qu'un orphelin, alors que t'étais sensé remplacer ma mère, essayer tout du moins, mais non, même pas !! »

Pétunia ne disait rien. Ça lui faisait sûrement mal de se prendre la vérité en pleine figure.

Ne sachant pas quoi répondre pour se justifier, elle baissa la tête, éteignit la lumière et ferma la porte derrière elle en silence.

Avec dégoût, Harry avait pu constater durant les quelques instants de luminosité qu'il saignait du nez. Il enfonça comme il put un mouchoir dans sa narine et en prit un autre pour essuyer les larmes qui continuaient de couler.

Une demi-heure plus tard, il retira enfin son pantalon mais ne prit pas la peine de se mettre en pyjama et finit par se blottir dans sa couette.

Ce soir-là, il serra très fort contre lui le petit lion en peluche qui venait de ses parents.

Jamais il ne s'était senti aussi seul, là au fond de son lit.

Si ses parents n'étaient pas morts dans ce foutu accident de voiture. Si ces jeunes ne leur avaient pas rentrés dedans… Ils seraient ensembles, avec peut-être des frères et sœurs.

Mais comme toujours, il préféra chasser ces pensées hors de son esprit. Cela ne servait à rien d'imaginer ce qu'aurait pu être sa vie.


Et voilà!

Je sais que la chapitre n'est pas très joyeux, mais je ne voyais pas comment faire autrement. De toute façon, les choses s'arrangeront dans les prochains chapitres.

En attendant la suite, vous pouvez appuyer sur le petit bouton à gauche pour me dire ce que vous en pensez:)

Je vous souhaite déjà de bonnes fêtes de fin d'année, je ne pense pas updater d'ici là.

Bisous!