N.A. :Wouah, ca faisait tellement longtemps que je n'avais pas relu ça, sans me rendre compte que je m'étais arrêtée comme ça en plan, pendant la réécriture des premiers chapitres…
Pour me justifier, je peux dire que je travaille plus sur quelques one-shot et sur le coloriage de mes scans préférés...
Bonne lecture.
Premiers pas
--------(Eriol)
« Eriol j'en ai marre. C'est trop tranquille. »
Je vois à la manière dont il tourne autour de moi dans la pièce qu'il est comme un lion en cage. Il déteste rester enfermer et ni les cours ni notre boulot ne peut remédier à cela. Cependant, j'espérais intérieurement, qu'il se passerait plus de temps avant qu'il me dise cela. Cela ne fait que trois semaines après tout que le lycée a repris.
J'essaye de l'ignorer en continuant à fixer le poste de télé, Kyo ne dit rien non plus.
« - Eriol !
- Je te comprends.
- Non ce que je veux dire, c'est que j'ai besoin que tu m'arranges...
- Tu sais que la réponse sera non. Nous sommes venus ici pour nous faire oublier. Cet endroit est parfait. » La télé continue de faire du bruit en arrière-fond. J'ai bien vu qu'il se retenait pour ne pas exploser complètement.
« - Il faut que je sorte.
- Et ben vas faire du sport. Il y a un gymnase près de l'école. Tu peux y aller. Te défouler. Pas de courses en tout cas. Pas avant un moment. Laisse-moi regarder tranquillement ce truc maintenant…
- Mais il y doit bien y avoir un plouc dans le coin...
- J'ai dit non, je ne t'organise rien, je n'ai pas envie que ça remonte jusqu'aux oreilles de Ichihara.
- Bon si tu ne veux pas l'organiser, je le ferai. »
Il sort en claquant la porte. Je sais qu'il en a besoin mais c'est dangereux, Ichihara doit avoir des pions partout… Je tourne la tête vers Kyo qui hausse les épaules et reporte son attention sur cet épisode de téléréalité.
Je suis assis à la table de la cuisine, en train de préparer le repas, quand j'entends la clef dans la porte signalant le retour de Shaolan. Il n'a pas l'air plus calme du tout…
« - Alors ?
- Il est nul, vraiment rien à voir avec celui d'Hong Kong.
- J'ai le droit à plus de précision ?
- Il y a une piscine, pas de salle de musculation, ni de salle d'entraînement. Heureux ?
- Plutôt oui. » Il soupire et je souris. « Samedi soir, à la sortie de la ville voisine. C'est lui qui a choisi. Tu dois avoir ta voiture. Le gars s'appelle Toshi et pour toi c'est Haku. » Il me regarde, surpris. « Pas besoin de me regarder comme ça. J'ai le droit à quoi en échange? »
Il ne dit rien, se contente de me sourire. Il marche vers sa chambre avant de se retourner avec un sourire mesquin : « Une invitée? » Il referme sa porte et je secoue ma tête.
« - Alors Hiiragizawaa. Ou allons nous
- Arrête avec le nom de famille, c'est Eriol pour toi.
- Je prends note mais ça ne répond pas à ma question...
- C'est une course de voitures. Je sais que les filles normalement...
- Je ne suis pas comme les autres filles. » Elle m'a coupé et je ne sais pas quoi dire de plus.
Nous sommes maintenant près de ma moto et je lui tends un casque. J'essaye de ne rien laisser paraître, prétendre que c'est normal, la routine et j'espère que je ne rougis pas. Je la vois sourire et cela suffit à me rendre joyeux. Je n'ai jamais ressenti ça auparavant. Il faut que je revienne sur terre. Pour le moment, c'est juste un sentiment passager. Inutile de se monter la tête pour rien.
« - Tiens. Monte. Ah oui, une précision. Il faut faire gaffe à qui tu parles. Tu ne dois pas prononcer nos noms. Et Shaolan est inscrit sous le nom de Haku. Tiens-toi à ce prénom. Ne dis pas le tien non plus. Choisis en un autre. Ce que tu veux.
- Ran Singh?
- Un tout droit sorti de ton imagination serait mieux. » Je ne peux m'empêcher de sourire. Je lui fais signe de monter derrière moi. Je la vois remonter sa jupe, et je n'arrive pas à détourner le regard. Même après avoir senti ses bras autours de moi, je ne démarre pas, mes yeux n'arrivent pas à décoller de ses jambes… Il faut qu'elle me frappe légèrement avant que je reprenne mes esprits. Elle pose sa tête contre mon dos et j'essaye de ne pas y penser.
--------(Tomoyo)
C'est lundi matin. Et comme chaque semaine, je raconte à Sakura mon week-end.
« Il m'a embrassée » Je l'ai dit d'une toute petite voix.
« Il a quoi? » Elle avait presque crié et certains regards se tournaient vers nous.
« Super Sakura. Super! Tu ne veux pas crier plus fort encore pendant que tu y es? » Elle se retourne et me regarde en souriant bêtement.
« - Je suis désolée. Alors tu me racontes la suite?
- Rien. Je suis descendue, je lui ai rendu son casque, souhaité bonne nuit, et je suis rentrée chez moi. » Sakura siffla, puis rigola.
« - Tu dois bien l'aimer dis moi. Ce n'est tellement pas ce que la Tomoyo que je connais ferait.
- Qu'est-ce qu'elle aurait fait la Tomoyo que tu connais? » Je la regarde avec des yeux interrogateurs, je le sens, mais je n'arrive pas à me reprendre. Elle me sourit.
« Déjà elle aurait redemandé de gouter à ses lèvres. Qu'est-ce que je raconte? Elle n'aurait pas demandé, elle aurait ordonné. » Je lui lançais un regard noir, qu'elle ignora. « Et puis tu lui aurais lancé de manière très Tomoyo-esque: on va chez moi... » Elle s'est arrêté et me regarde avec insistance. « ...ou chez toi? » Puis elle éclate de rire. Je la frappe sur le bras.
« Ce n'est pas vrai. Je ne suis pas comme ça, tu me fais passer pour une fille facile. » Mais elle continue à rire. Finalement, je ris aussi. Ca faisait longtemps qu'elle ne s'était pas laissée aller de cette manière.
« Non, plus sérieusement Tomoyo, je suis contente pour toi. »
Elle me sourit simplement, des sourires qui ne sont réservés qu'à moi. Et ça me fait plaisir, car je la sens sincère. Nous arrivons en classe et prenons nos places habituelles sans un mot de plus.
------- (Shaolan)
Les filles viennent de nous rejoindre à notre table habituelle, celle près de la fenêtre.
« - J'ai entendu pour ta course par Tomoyo. Bravo.
- Ce n'était pas grand chose. » Je lui réponds sans lever la tête.
« - Ce n'est pas ce qu'elle m'a dit. A moins que c'était autre chose qui la rendait si excitée.
- Si ça t'interesse, je te préviendrais la prochaine fois.
- Je pense que Kinomoto n'a pas tort sur la deuxième raison. » C'est Kyo qui a rajouté son grain de sel. A nous trois, je pense sincèrement que nous allons faire craquer Eriol et Daidouji.
Les deux concernés rougissent légèrement. Et en un instant, l'air est rempli du rire de Sakura.
« Tu devrais sourire plus souvent. Ca te va bien. » Je n'ai pas pu m'en empêcher. Elle est plutôt mignonne. Et maintenant que Daidouji est définitivement hors de portée... Je lui ai soufflé ces quelques mots en me penchant pour prendre la carafe d'eau. Je sens bien qu'elle est surprise.
« Alors Kinomoto, tu viendras la prochaine fois? » Kyo prend la parole et me tire de mes pensées.
« - Je ne pense pas. J'ai envie de rester entière au moins jusqu'à mes 20 ans.
- Ce n'est pas dangereux pour toi là-bas, tu sais? » Je la regarde dans les yeux et elle cherche sa réponse. Ses pupilles s'assombrissent.
« Je m'en doute. Je pensais plutôt à mon père. »
Le silence suit ses paroles. Elle a baissé la tête et recommencé à manger. Ses traits sont tirés. Je regarde Daidouji qui essaye de rétablir la situation. Mais avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, Kinomoto s'est levée.
« Sakura, tu veux... » Daidouji est interrompue par Kinomoto.
« Non, ce n'est pas la peine. J'ai piano maintenant. On se voit en cours tout à l'heure. » Je la regarde sortir puis recommence à manger, alors que Daidouji hoche la tête mécaniquement.
« Elle est tout le temps comme ça ? » Kyo, comme toujours, est le premier à se lancer à l'eau.
« - Comme ça quoi?
- Ben timide, réservée, bizarre, je ne sais pas moi, le contraire de toi?
- Elle l'est maintenant. Elle ne l'était pas autant quand je l'ai connue. Il faut juste éviter autant que possible de parler de sa famille. Son père ne veut pas qu'elle sorte. Alors le lycée est un peu son refuge. Il faut donc essayer au maximum de ne pas lui rappeler qu'elle retourne à la prison le soir même.
- Tu connais son père?
- Jamais vu.
- Et celui qui vient la chercher?
- C'est son frère, Toya. Elle ne me parle pas beaucoup de sa famille. Et je ne lui demande pas non plus. Je ne sais pas grand chose. A part que son père s'est mis dans la tête de la faire devenir pianiste professionnelle. »
Sur un coup de tête, incapable de me l'expliquer, je me lève.
« Je vous rejoins en cours les gars. Daidouji. »
Je me fiche de ce qu'ils pourront dire. Je ne sais pas ce qui me pousse mais j'ai une envie folle de comprendre Kinomoto davantage. Elle m'intrigue. Et puis finalement, on se ressemble assez.
Je trouve la salle de musique et rentre doucement, sans faire de bruit.
« Bien mademoiselle Kinomoto. Reprenons ce morceau maintenant. »
Elle ne m'a pas vu, puisqu'elle me tourne dos et je m'appuie sur le mur. Cette ambiance me rappelle mon enfance, quand mère jouait pour nous au piano. Finalement c'est Futie qui a repris le flambeau et qui charmait par son aisance lors des soirées données par mère. Le morceau se termine, je suis sûr de l'avoir déjà entendu. C'est un air familier.
Je l'observe de dos : elle se tient droite, ses longs cheveux suivent chaque pli de son pull. Elle est jolie, sans aucun doute. Je crois deviner ce qu'elle ressent. Car c'est finalement ce que je ressens. Et je sais comment l'aider à vivre autrement. Il faut qu'elle parte. Comme je l'ai fait. Pour qu'elle puisse vivre de la manière dont elle a envie…
« C'est bien mademoiselle. Je vous vois demain, à la même heure. » Il se lève et m'aperçoit. Mais il ne dit rien et quitte la pièce.
---------(Sakura)
« Tu es douée. » Je me retourne, surprise de découvrir quelqu'un d'autre dans la salle.
« - Li. Que fais-tu là?
- Je passais dans le coin. Tu sais jouer autre chose que du classique? » Elle secoue la tête, ce qui ressemble à un non catégorique.
« Tiens pousse toi un peu. Ma sœur m'avait appris un peu à jouer rapidement. Je suis beaucoup plus attiré par le jazz que le classique. Tu n'as pas le droit de te moquer. » Je crois que c'est le plus de mots qu'il n'a jamais prononcé. C'est comme s'il était tout autre. Les quelques mots qu'il m'a chuchoté au repas me reviennent à l'esprit, mais je les chasse tout aussi rapidement. Je le laisse prendre place à côté de moi, alors que mon cerveau énumère les raisons pour lesquelles je devrais m'éloigner de lui. Mais pour une raison inconnue, je reste assise, scotchée à mon siège, à ses côtés.
Ses mains glissent le long du piano dans un rythme plutôt entraînant.
Je l'observe. Mes yeux n'arrivent pas à se détacher de lui. La sonnerie retentit et me tire de ma transe.
« - Alors?
- J'aime assez. On a le piano en commun.
- Non, on a beaucoup plus en commun. » Je croise son regard mais je comprends qu'il ne dira rien de plus.
« J'ai cours. A demain, Li. » Alors que j'allais passer la porte, je me retourne vers lui. Je ne sais pas comment il a fait, mais il est juste derrière moi. « J'aimerai bien apprendre. » Il hoche la tête. Je ne sais pas comment mais nos mains s'effleurent ce qui me fait frissonner. Je ne me retourne pas. Je sens son regard sur moi. Je me dépêche d'aller en cours.
J'ai repris cette histoire, que j'avais vraiment oubliée, car j'ai reçu un commentaire dessus sur ff-fr, comme quoi les commentaires servent ! J'en profite pour remercier celles qui avaient commenté les chapitres précédents...
J'espère que ça vous a plu, Saeko.
Au prochain chap, qui sera dans moins de temps, sur!
