Comme toujours Iness me rappelle à l'ordre et je la remercie !
Voila donc un nouveau chapitre, et j'espère qu'il vous plaira. Désolée pour l'attente. Du coup, je l'ai fait un peu plus long…Du moins je crois.
Ah ! Et bonne année à toutes (avec du retard aussi…)
Bonne lecture.
Un début.
------(Sakura)
J'avais suivi Tomoyo tout le long du chemin, sans dire un mot. Et j'étais plutôt contente qu'elle soit restée silencieuse également.
Avant de m'en rendre compte, nous étions déjà sur le perron de sa maison. Bizarrement la mère de Tomoyo ouvrit. Mon amie fut surprise plus que moi je crois.
« - Maman ? Il se passe quelque chose ?
- J'ai reçu un appel cet après midi. Je voulais te parler aussi vite que possible… » Elle me regarde avant d'ajouter « En privé. » Tomoyo hoche de la tête, s'excuse d'un regard et suit sa mère.
Je commence à angoisser sans raison. Je ne suis jamais allée chez Tomoyo, mais j'avais croisé sa mère quelques fois, en particulier aux représentations de l'école.
Je pars m'asseoir dans le salon, observe les différentes photos de Tomoyo et de sa mère encadrées et accrochées au mur. Il n'y en a aucune de son père. J'ai l'impression de pénétrer dans un endroit interdit en quelque sorte.
Même si nous sommes amies depuis longtemps, cela consiste simplement à être ensemble en cours ou se soutenir quand on a des baisses de régimes. Mais je ne pensais pas que l'on puisse devenir plus proche que cela. Cependant, tout a basculé depuis la visite de mon père tout à l'heure.
J'entends que le ton monte dans la pièce d'à côté. Tomoyo ressort, furieuse. Elle me prend la main et m'entraîne dans l'escalier vers ce que je devine être sa chambre. Elle sort un sac de son armoire. Elle frappe des pieds, s'énerve sans raison.
Elle ignore à la fois mes appels et les cris de sa mère de l'autre côté de la porte. Je me lève du lit et m'assois par terre, commence à plier les fringues qu'elle jette par-dessus son épaule et à les ranger dans le sac. Quand elle ressort, elle semble visiblement surprise.
« Pas d'explications. Ce n'est pas ce qu'on a toujours dit ? » Elle me sourit faiblement.
« Oui, tu as raison, merci Sakura. » Je continue de plier ses affaires. « Il y a encore plein de choses que je souhaite prendre. Mais je ne sais plus où je les ai mises. » Je la regarde s'asseoir par terre à côté de moi et prendre sa tête entre ses mains.
« Ton père a appelé. » Je me mure dans mon silence et la laisse parler. « Je crois que ma mère me déçoit un peu. Une histoire avec sa marque de vêtements. » Tomoyo avait hérité de sa mère en ce qui concerne la mode, elle fabriquait ses propres robes depuis le début du lycée. Et je dois avouer qu'elle était douée…
« - Ma machine à coudre. Et les tissus. Comment va-t-on faire ? Tu te souviens quel est le nom de l'hôtel de ce bled ?
- Tomoeda Inn, je crois. Dans la rue de l'Empire. Respire. »
Quelques minutes plus tard, elle a obtenu le numéro de l'hôtel et le compose.
« - Bonjour monsieur, je me demandais s'il vous restait une chambre pour deux personnes pour ce soir ?
- …
- Bien. Merci quand même. Au revoir. »
« Plus de place à l'hôtel. Attends, j'ai une meilleure idée. Je vais appeler Eriol. » Je regarde l'heure. 6 heures déjà. 2 heures se sont écoulées depuis la fin des cours. C'est la première fois que je rate un cours de piano. Père doit être furieux.
« Ils travaillent jusqu'à 11 heures en semaine. Tu le sais, non ?
- Oui, mais je vais profiter de sa pause pour qu'il m'aide à déménager.
- Leur place est trop petite pour nous deux en plus.
- Le canapé du salon est un clic-clac. C'est toujours mieux que l'infirmerie. » Je hoche la tête. « Jusqu'à ce qu'on trouve mieux… Ok ma belle ? » Je hausse les épaules. Je ne lui ai pas dit pour Shaolan. « On pourra même aller prendre un verre, en profiter pour sortir un peu. Qu'est-ce que tu en dis ? » Je lui souris.
Il est bientôt huit heures maintenant et Tomoyo vérifie que tout est en place. Un coup de klaxon retentit : Eriol nous signale ainsi sa présence. J'aide Tomoyo à porter les sacs et elle passe devant sa mère sans un regard. Je vois bien que Daidouji-san s'en veut. Mais que peut-elle face à mon père, qui gère environ la totalité de la ville…
« - Alors, qu'est-ce qu'il se passe Tomoyo, on se fait la belle ?
- Bonsoir à toi aussi Eriol.
- Je vous propose d'aller poser vos affaires. Et si ça ne vous dérange pas de venir là où on travaille. On serait plus rassurés de vous savoir avec nous.
- C'est en rapport avec ce qui est arrivé à Shaolan ce matin ? » Je demande, question à laquelle Hiragisawaa répond par l'affirmative.
Il est juste à l'heure pour la reprise de son boulot. Tomoyo a insisté pour qu'on se change. Elle m'a passé certains de ses vêtements pour remplacer mon uniforme de lycéenne. En passant, elle n'a pas arrêté de me gonfler sur le fait que je pourrais être mannequin si « je me libérais de mes poids et prenais confiance en moi et ma beauté ».
Pour la faire taire, j'ai accepté de mettre des fringues que je n'aurais même pas regardées en vitrine d'habitude. Il s'agit d'une de ses créations bien évidemment : une robe qui ressemble assez aux costumes de spectacles de danse classique, avec des tissus qui en donnent un look plutôt décalé mais qui me plait assez.
Elle me maquille dans la voiture et je suis plutôt heureuse, sans pouvoir me l'expliquer. Peut-être parce que demain j'ai cours et que c'est la première fois que je sors.
Hiragisawaa nous a fait passer par la porte de service et je rentre pour la première fois dans un tel établissement. La première chose que je vois, c'est le bar. La deuxième, Li. Il sert les clients alors que Chung s'occupe du bar. Quelques souvenirs me reviennent, du temps passé avec mon frère qui se vantait de faire les meilleurs cocktails de la ville. J'avais servi de cobaye. Je devais avoir douze ans. Et à cette époque mon père était souvent en voyage, construisant son empire. Je me retrouvais donc seule avec mon frère, sous la garde de nourrices que nous arrivions toujours à semer. J'étais encore plongée dans mes souvenirs quand Tomoyo prit ma main dans la sienne et m'attira vers le bar.
« - Alors, qu'est-ce que tu en dis ? Je n'étais jamais venue, je trouve l'endroit plutôt cool.
- Bonsoir les filles, je vous sers quelque chose ?
- Une pina pour moi. Tomoyo ? » Mais celle-ci me regarde, étonnée. Tout comme Chung d'ailleurs.
« - Tu bois ? Ca c'est quelque chose que je n'aurais jamais deviné !
- Je ne bois pas, je m'y connais un peu en cocktails, c'est tout.
- C'est tout… Je prends la même chose, Kyo. Je veux gouter ce que prend Kura. » Je laisse passer le surnom.
La salle est construite un peu comme un théâtre. Sur les deux étages, du côté du balcon des tables sont arrangées de manière à surplomber la scène, où se trouve à la fois un piano mais aussi des platines.
« L'ambiance va changer du tout au tout dans peu de temps. Vous voyez les tables sont en train de se vider. Il n'y a qu'un seul service, généralement des personnes plutôt aisées, d'où cette ambiance. Vous savez, un gars au piano qui chante… Mais bientôt, toutes les tables du bas vont être poussées, transformant cette partie en piste de dance. J'étais assez impressionné au départ... » nous dit Chung en déposant nos verres devant nous. Il repart tout aussi vite, interpellé par les jeunes accoudés au bar.
Li se dirige vers moi, et je vois Tomoyo lever ses sourcils d'une manière interrogatrice. Je ne lui ai pas dit pour les baisers, seulement l'agression de Li.
« S'il y a bien quelqu'un que je ne m'attendais pas à voir ici, c'est toi. » Je ne réponds pas.
« - Jolie robe.
- C'est Tomoyo qui l'a faite. Une sorte de première en quelque sorte… » Il se sert dans mon verre, et me regarde.
« - Et tu bois… Du rhum !
- C'est le seul alcool que je supporte.
- C'est aussi un des plus forts. Je ne tiens pas à te retrouver inconsciente par terre.
- Tu me sous-estimes. » Il me regarde à nouveau. D'une manière qui me fait frissonner et qui me met surtout mal à l'aise : au point que je décide de reporter mon attention sur ma boisson, alors qu'il part aider à installer la piste de danse.
Je sens Tomoyo me faire du coude. Je l'ignore mais elle ne s'arrête pas.
« - Que s'est-il passé entre vous deux ? Son dernier regard n'avait rien d'une amitié platonique comme tu essayes de me le faire croire depuis quelques mois…
- Il se peut qu'il m'ait embrassée. » Tomoyo se tait quelques minutes avant de marmonner un « Et Eriol ne m'a rien dit ! » avant de se tourner à nouveau vers moi.
« - Et c'est la première fois que tu le vois depuis ? Parce qu'entre nous, cet échange était plutôt bizarre…
- Non à midi aussi, mais apparemment, il souhaite faire comme si rien ne s'était passé.
- J'ai plutôt l'impression du contraire. Tu sais que tu peux être déroutante comme fille ? » Je lui tire la langue.
« - En tout cas, même si c'est pour lui que tu changes autant, j'aime bien la nouvelle Sakura...
- Arrête de dire des bêtises. Ce n'est pas pour lui. C'est un peu pour toi, surtout pour moi.
- Je ne sais pas ce que tu attends.
- Ce que j'attends quoi ? Je n'attends rien.
- Pour Shaolan. Il en pince clairement pour toi. Et d'après ce que je peux voir, il ne te laisse pas indifférente. S'il n'y avait pas Eriol, je peux te dire que je ne me serais pas gênée.
- Justement, elles lui tournent toutes autour. Que ce soit ici ou au lycée. Je ne suis pas sure qu'il n'ait pas juste envie de s'amuser. Et dans ce cas je suis plutôt hors course. »
La piste est maintenant totalement dégagée et l'espace véritablement mis en valeur. Il reste encore quelques tables occupées à l'étage. Et peu à peu, la transition se fait sentir dans le style de musique. Le pianiste a l'air de plus s'amuser et je le trouve beau à regarder. Il entame un morceau plus rythmique.
Du jazz. Je regarde alors Li sans le vouloir, et j'intercepte son regard. Il me fait un signe de tête pour me désigner la piste. Je hausse les épaules et me retourne vers Tomoyo qui me sourit et m'encourage à y aller.
Sans le savoir, sans le vouloir, je suis dans les bras de Li, et il me guide sur cette musique. Heureusement que je connais quelques pas de swing qui me permettent de me débrouiller. Quelques couples nous rejoignent, et j'ai moins l'impression d'être dévisagée. De vieux souvenirs ressurgissent. Paris, mon père, mon frère et moi dans un caveau de Saint Germain. Qu'est-ce que j'aimais y passer la soirée et observer des couples de tout âge se déhancher sur cette musique endiablée. Il m'arrivait quand mon père n'était pas fatigué de danser avec lui. Je donnerais beaucoup pour retrouver cette époque.
Li a du ressentir quelque chose à travers mon expression car il me chuchote en se penchant :
« Ca va ? » Je hoche la tête sans rien dire de plus. Mais tout d'un coup, je n'ai plus envie de danser. Il le sent et me dirige vers l'extérieur de la piste, vers Tomoyo. J'ai envie de crier mais ça ne sort pas. J'ai envie de pleurer aussi… Finalement, aussi bête que cela paraisse, je ne vois que l'alcool pour m'aider temporairement. De toute façon, il me semble que c'est la journée des premières fois. Je descends le fond de pinacolada qu'il me reste, sous le regard de mon amie.
« - Chung ! Tu me sers quelque chose de plus fort s'il te plait ?
- Sakura, écoute, je ne sais pas ce qui se passe… » Tomoyo essaye de me raisonner mais pour une fois je ne l'écoute plus et me dirige derrière le bar pour me servir moi-même.
J'attrape une bouteille que je lance en l'air en la faisant tourner et la rattrape, prête à servir. Je regarde la bouteille et ne vois pas les regards ahuris posés sur moi. J'ai l'image de mon frère faisant cette même boisson, la seule à laquelle il ne m'avait jamais fait gouter.
Je sors de mon sac de quoi payer et pars avec mon verre dans les étages. J'entends rapidement Chung demander à Tomoyo de me suivre, mais je crois qu'elle a compris que ce n'était pas le moment. Je m'affaisse sur un canapé deux étages plus haut.
-----(Tomoyo)
Sakura vient de partir son verre à la main. J'ai bien entendu Kyo, mais je ne suis pas sure d'être celle dont elle a besoin. Je ne connais pas cette Sakura là. Et aussi bête que cela puisse paraître, je n'ai pas envie d'admettre qu'elle m'était restée inconnue, que je n'avais pas réussi à deviner son existence. Certes nous n'avons jamais été si proches mais qu'elle ne m'ait rien dit du tout et le découvrir aussi brusquement me laisse sans voix.
Je sens une main sur mon épaule, je me retourne et vois Eriol. Je lui souris.
« - Tout va bien ? Je n'ai pas vraiment vu Sakura de la soirée. Je l'ai bien aperçu sur la piste avec Shaolan, mais…
- Elle vient de se faire un verre avec je crois suffisamment d'alcool pour assommer un éléphant et de monter avec.
- Shaolan fait ça tous les jours.
- Ce n'est pas drôle, je m'inquiète vraiment.
- Je ne crois pas. Parce que tu sais qu'au bout du compte on va s'en occuper. Je dirais plutôt que tu es surprise.
- Rappelle-moi pourquoi il faut que tu aies toujours raison ? Je gagnais toujours à ce jeu là avant. Mais avec Sakura, je viens de m'apercevoir que je m'étais plantée sur toute la ligne.
- Elle vient de s'engueuler avec son père. Je pense que ça doit être plus difficile qu'on ne l'imagine. » Il m'embrasse rapidement. « Il faut que j'y aille. Si tu comptes danser, pas avec un autre que moi. Viens me chercher, d'accord ? »
Je n'ai toujours pas bougé du bar et Kyo me regarde en soupirant et en me demandant pour la énième fois pourquoi je ne danse pas.
Nous sommes interrompus par une jeune fille qui peine à marcher droit.
« Dites mademoiselle. Je crois que c'est votre amie qui s'est endormie sur un des canapés du deuxième étage. Je ne sais pas si vous vous êtes disputés mais je ne la laisserai pas toute seule inconsciente… »
Je comprends le message qu'elle essaye de me faire passer. Les garçons ont bientôt fini et je dis à Kyo que je vais rester avec elle jusqu'à la fin de leur boulot. Je lui demande également de m'envoyer Shaolan quand il aura fini. Je cours retrouver Sakura, et fais ainsi déguerpir les quelques garçons qui s'étaient assis à côté d'elle. Je me demande comment elle a fait pour s'endormir avec cette musique.
Une vingtaine de minutes plus tard, je vois arriver Shaolan. Je lui fais signe de ne pas faire de bruit et je vois bien qu'il se moque de moi en me faisant remarquer que je veux peut-être qu'il demande de baisser la sono aussi.
Il prend Sakura dans ses bras sans dire un mot.
« - Je lui avais dit que le rhum était fatal. 'Ne me sous estimes pas' qu'elle m'a dit !
- Je crois qu'elle a bu bien plus que du rhum. Mais il faut demander à Kyo, je ne m'y connais pas du tout. Elle par-contre maniait les bouteilles comme je l'ai rarement vu faire. »
Il ne dit rien et se contente d'avancer. Le trajet dans la voiture est silencieux. Une fois la porte passée, Shaolan la porte directement dans sa chambre.
« - Et tu vas dormir où Shaolan ?
- Dans le canapé ou le fauteuil selon que Daidouji dorme avec toi ou pas Eriol… » Je me sens mal à l'aise. J'avais envie de dormir avec Eriol, mais Shaolan l'a banalisé en quelques mots, comme si ça n'avait aucune importance. Il parle de moi comme si je n'étais pas présente et après ce soir, cela m'atteint plus que je ne le voudrais.
Eriol me prend dans ses bras et me chuchote à l'oreille.
« Ne l'écoute pas. Moi ça me ferai plaisir de t'avoir à côté de moi cette nuit et de me réveiller avec ton visage et tes baisers. » Je resserre son étreinte autour de moi. Je sens que quelques larmes coulent. Kyo les voit et ne sait pas quoi faire.
« J'aimerai tellement que tout soit comme avant. Je sais que quoiqu'il arrive, je n'ai qu'à rentrer chez moi et tomber dans les bras de ma mère. Pour Sakura, je ne sais pas. Et puis je n'aime pas la Sakura torturée de ce soir… » Le silence accueille mes quelques mots. Bien sur qu'ils ne peuvent pas me répondre. Personne ne sait ce qui se passe à l'intérieur de la tête de Sakura. Eriol prend lentement mes affaires et me montre leur appartement. Une fois arrivée dans sa chambre, je plonge sur le lit, le regarde s'allonger à côté de moi. Je sens que je m'endors même si je n'en ai aucune envie.
------(Shaolan)
J'ai déposé Sakura sur mon lit. Je n'ai pas tout compris ce soir, je ne sais même pas où on en est, tous les deux. Je passe une mêche de ses cheveux derrière ses oreilles pour dégager son visage et je m'insulte presque aussitôt pour ce geste. Je la regarde longuement puis me décide à quitter la pièce quand je sens sa main dans la mienne.
« Reste avec moi, s'il te plait »
Je la regarde, elle a ouvert les yeux. Faisait-elle semblant de dormir ? Je hoche la tête et elle se pousse un peu pour que je puisse m'allonger à côté d'elle.
« - Je crois que j'ai fait des bêtises aujourd'hui. Premier baiser. Première sortie. Première cuite. » Elle se tait avant de murmurer en me regardant droit dans les yeux :
« - Première fois ?
- Non, tu ne me dirais pas ça sans l'alcool.
- De toute façon, tu as l'habitude, je ne suis qu'une de plus, je ne vois pas pourquoi ça te dérange. » Je n'aime pas le ton qu'elle emploie. Elle est la première que j'ai juste envie de protéger. Elle se retourne de l'autre côté. Je me redresse et caresse son bras.
« Je veux que tu te souviennes de notre première nuit ensemble, Sakura. » Elle ne répond pas et je soupçonne qu'elle s'est endormie. Je la regarde encore un moment, avant de m'endormir moi aussi un bras sur elle.
Je me réveille brusquement au milieu de la nuit parce qu'il fait froid. J'aperçois la fenêtre ouverte et Sakura accoudée. Elle ne bouge pas, frissonne légèrement. Je prends la couverture et la pose sur ses épaules. Elle tourne son visage vers le mien et me sourit faiblement.
« - Je suis désolée pour tout à l'heure. Et pour ton lit aussi, mais il est très confortable.
- Ca va mieux ?
- Je ne suis pas sure, non, mais ça fait moins mal je crois.
- Ca s'estompe avec le temps, tu verras. Si tu as besoin de parler, je suis là tu sais.
- Oui, mais si je voulais parler, ce ne serait pas toi. » Je la regarde fixement, lui demandant silencieusement d'expliquer pourquoi. « Je déteste paraître fragile. Et puis si je te racontais tout, il n'y aurait plus de mystère pour la suite. » Elle m'embrasse furtivement et s'apprête à se recoucher. Je la retiens et la garde dans mes bras quelques instants.
« Laisse-moi rester avec toi. Ce n'est pas un jeu Sakura. Je veux être là quand tu en auras besoin. » Elle me regarde encore quelques instants avant de sourire plus franchement.
« Je n'avais aucune envie que ce soit un jeu. » Je la serre plus fort contre moi puis m'éloigne afin de fermer la fenêtre. Je vais m'allonger contre elle. Elle se retourne pour me faire face et je l'attire vers moi.
Je me réveille par le bruit d'un appareil. Je ne sais pas quelle heure il est mais je vois le visage de Tomoyo se dessiner plus clairement devant mes yeux.
« Il fallait que j'immortalise le moment. » Elle secoue l'appareil. Je sens Sakura s'étirer contre moi. « C'est le polaroid d'Eriol. » Elle secoue la photo, sors de la chambre et reviens quelques minutes plus tard, alors que Sakura a remonté la couverture sur sa tête et s'appuie contre mon torse. Je la repousse en lui faisant comprendre que j'ai toujours mal. Tomoyo nous lance donc la photo avec comme seule inscription sur le bas : '5 février 2002' et je me sens sourire. Quelque chose de nouveau vient de commencer.
J'espère que je n'ai laissé passer aucune faute.
J'attends comme toujours vos commentaires !!
Rendez vous au prochain chapitre.
Saeko
