Bonjour, bonsoir... Nous nous retrouvons pour ce petit OS dédié à Scribouillarde. Parce que tout est de ta faute, haha. J'espère réussir à vous faire apprécier ce pairing plutôt canon (ou pas ? à vous de me dire). Enjoy !


Severus, t'engages-tu à veiller sur mon fils Drago lorsqu'il tentera de réaliser les souhaits du Seigneur des Ténèbres ?

Oui, répondit Rogue.

Une mince flamme étincelante jaillit alors de la baguette et s'enroula autour de leurs mains comme un fil de fer chauffé au rouge.

Et t'engages-tu à faire tout ton possible pour le protéger du danger ?

Oui, répéta Rogue.

Une deuxième langue de feu fusa de la baguette et s'entrelaça avec la première, formant comme une chaîne fine et luisante.

Et si cela était nécessaire... s'il semblait que Drago ne puisse réussir..., murmura Narcissa (la main de Rogue tressaillit dans la sienne mais il ne la retira pas), t'engages-tu à accomplir toi-même la mission que le Seigneur des Ténèbres a confiée à Drago ?

Il y eut un instant de silence. Bellatrix, les yeux grands ouverts, les regardait, sa baguette posée sur l'étreinte de leurs mains.

Oui, répondit Rogue.

Le visage stupéfait de Bellatrix brilla d'une lueur rougeâtre lorsque jaillit de sa baguette la troisième flamme qui s'entortilla autour des deux autres et serra étroitement leurs mains jointes, telle une corde, tel un serpent de feu.


Rogue regarda les deux femmes revêtir leur cape afin de protéger leur identité et repartir. L'image des yeux bleus baignés de larmes dansait devant ses paupières. Leurs mains jointes. Les liens créés par la magie du Serment Inviolable.

Il baissa les yeux vers ses mains à peine tremblantes. Chaudes, au toucher sensible, comme si la magie crépitait encore là où elle avait circulé sur leur épiderme, dans leurs veines. Un phénomène plus qu'étrange.

Posté à la fenêtre, il attendit. Il se doutait qu'elle reviendrait.

-Severus...?

-Narcissa. Pourquoi es-tu revenue ?

-J'ai agi au plus vite. Bella ne sait pas que je suis ici.

Elle était si pâle, même entourée de l'obscurité de la nuit. Ses traits tirés et son regard hagard lui donnaient l'air d'un fantôme, impression contrecarrée par la dimension hâtive de ses gestes.

-Je t'en prie. Quelque chose ne va pas. Il faut que tu m'aides...

Entrant pour la seconde fois dans la maison de l'Impasse du Tisseur, elle lui agrippa le bras sans réfléchir. Les sorciers sursautèrent de concert, comme si la peau là où ils s'étaient touchés était incandescente, créant une brûlure. Une brûlure forte, mais pas désagréable.

Son regard se porta jusqu'au sien.

-On dirait que ça brûle. Mais toi aussi, tu en souffres ! s'écria-t-elle. Oh Merlin. Ça doit être le Serment…

-Ou une invention sournoise de ta sœur afin de me tester.

-Impossible. Nous l'aurions su... Ce genre de magie - elle grimaça en repensant à la brûlure et à cette tension qu'elle ressentait - est trop puissant, trop ancien. Bella n'est pas l'autrice de ce genre de sorts...

Il s'écarta vivement de la femme blonde. Ils étaient beaucoup trop proches et la tension devenait de moins en moins supportable. Rogue se sentait petit à petit étouffer dans sa propre maison. Concentrant son attention sur la fenêtre pour calmer sa respiration, il déclara d'un ton qui se voulait égal :

-La magie ancienne n'a que peu d'alternatives. Si c'est le Serment qui agit ainsi, qui réclame... la complétion du lien afin de sceller la promesse, il n'est pas certain que cela... puisse être évité.

-Tu veux dire que... hoqueta Narcissa, cependant coupée par la voix de l'homme aux cheveux noirs.

-Ce n'est qu'une théorie basée sur des observations. Il est possible que d'autres phénomènes se produisent à notre insu...

Il se déplaça dans le minuscule salon alors que Narcissa s'était assise sur le canapé, ses mains se tordant nerveusement. D'un coup de baguette, un livre sortit de la bibliothèque, atterrit dans les longues mains blanches.

-...mais d'après les récents événements, dont le Serment que j'ai pris pour ton fils, cela ne laisse que peu de doute sur la nature du... problème.

Le doux bruit des pages se tournant rapidement interrompit le silence frappé d'urgence qui avait envahi la pièce. Le lieu, sombre et étroit, accueillait leurs respirations heurtées comme la confidence de ce contre quoi ils étaient déjà en train de lutter.

-Tu le sens, n'est-ce pas ? souffla-t-elle d'une voix blanche.

Rogue sentit son regard doux comme un battement d'ailes de papillon se poser sur lui. Regard qu'il évita, se concentrant sur la lecture. Jamais aveu n'avait été aussi criant dans cette maison qui ne connaissait que calme et solitude.

Narcissa émit un léger bruit. Un soupir désespéré, qui arriva à ses oreilles comme le chant d'une sirène, ravivant l'attraction entre eux. Il ne répondit que bien plus tard, posant le livre sur la table ronde du salon.

-Ce lien... le lien formé par un Serment Inviolable peut demander un accomplissement à l'issue mentale, voire physique dans certains cas.

-Alors c'est bien de cela dont il s'agit, c'est bien le Serment qui brûle ainsi, qui nous consume..! s'écria-t-elle de nouveau avant de se prendre la tête entre les mains.

Rogue daigna enfin se retourner vers Narcissa, qui ne put faire autrement que de soutenir son regard, et ce qu'elle y vit la surprit.

Il y avait une ombre de regret dans les prunelles foncées. Mais il y avait aussi une lueur, celle qui vit en chaque homme lorsqu'il est confronté à ce qu'il désire, consciemment ou inconsciemment, artificiellement ou naturellement. Une lueur qu'elle ne lui avait encore jamais vue derrière son regard toujours neutre, calme.

Ainsi, la femme de Lucius Malefoy comprit qu'elle allait désormais apercevoir une nouvelle facette de cet homme, qui ne lui était pas réservée. Qui était censée lui être interdite.

Elle ne savait pas si cela l'effrayait ou l'attirait encore plus. Mais le lien était là, ardent sur leur peau, titillant leurs terminaisons nerveuses, testant leur volonté. Il ferma un instant les yeux, et son inspiration un peu heurtée n'échappa pas à la femme.

-Narcissa. Tu n'aurais pas dû revenir...

Son ton la fit frissonner d'une nouvelle manière. Elle ne pipa mot. La tension ne faisait que s'accroître. Non en termes de chaleur, mais de pression. Dans peu de temps, l'un d'eux craquerait.

-Pense à ton mari. Pars tant que tu le peux encore. C'est la seule solution.

-Il doit bien y avoir un autre moyen... Je ne vais pas t'abandonner ainsi !

Les poings de la noble épouse se serrèrent contre ses genoux. Elle se leva, n'y tenant plus. Mais c'était pire. Un vertige la saisit et elle se sentit irrémédiablement attirée vers Rogue, comme s'il y avait une chaîne qui menait à lui dont on tirait les maillons, un à un.

-Lucius...

Son petit cri désespéré alluma une braise en lui, qu'il se garda de laisser s'enflammer.

-Si cela peut t'être utile, je pense que l'on peut difficilement interpréter la volonté d'accomplissement du Serment comme un adultère. Je t'en conjure, pars avant que l'un de nous commette une erreur qu'il regrettera...

Elle ne l'avait jamais entendu supplier sur ce ton. Le même ton affligé sur lequel elle l'avait imploré de prendre le Serment.

Défié par Bellatrix, il avait accepté. Il aurait certainement aidé Drago quoi qu'il arrive -l'enfant devait être protégé- mais il n'aurait pas été jusqu'à la promesse la plus extrême -risquer la mort en cas d'échec.

Et maintenant, voilà que Narcissa elle-même le mettait au défi, les soumettait au supplice par le même Serment, bien que sans volonté aucune de nuire de sa part. La magie est imprévisible.

Mais pourquoi, pourquoi restait-elle là, figée comme une statue au beau milieu de son salon, le dévorant des yeux comme si elle découvrait d'un coup toutes les facettes de son âme ?

Il n'y avait qu'une réponse. Il n'était pas sûr de vouloir l'entendre. Jusqu'à ce qu'elle se rapproche de lui. Encore, et encore, et encore. Jusqu'à ce que ce soit à la limite de la douleur, de l'insoutenable.

-S'il te plaît... aide-moi. Je t'en supplie...

Les soupirs douloureux de Narcissa attirèrent sa commisération. Qui était-il pour demeurer stoïque à ses tourments ?

C'était un homme de devoir. Il ne refusait jamais une demande d'aide. Elle devait le savoir. Mais elle n'était pas lucide. Et lui non plus, manifestement, lorsqu'il céda à sa requête, l'attirant à lui pour un long baiser.

Ce fut comme réunir la braise et son combustible, l'embrasement violent de tout leur corps d'un seul coup, d'un seul rapprochement de leurs lèvres.

Ses mains passèrent sans qu'il s'en aperçoive dans ses cheveux, une autre se posant sur sa taille à travers l'ourlet de sa robe sorcière. Elle faisait naviguer les siennes sur ses épaules, sa poitrine, sa nuque.

Brisant un instant le baiser, il l'attira plus près et leurs langues se rencontrèrent, s'apprivoisant avec une fièvre peu commune. Elle lâcha un petit cri et il l'embrassa plus avidement encore alors que son contrôle cédait à l'appel physique du Serment.

Il ne sut pas quand ils avaient suffisamment reculé afin de permettre à Narcissa de s'asseoir sur le canapé, Rogue suivant le mouvement, mais ça s'était fait, et la femme blonde s'affairait à défaire la redingote noire tandis qu'il dévorait sa nuque gracile, marquait son passage par de petites morsures le long de son cou. Lorsque la femme Malefoy en fut arrivée à la fine chemise du Mangemort, il avait retiré sa robe d'un coup de baguette, ne lui laissant que le superbe body de dentelle noire doublé de bas reliés par un porte-jarretelles qu'elle portait habituellement pour son mari. Qu'il le voie... et l'apprécie -son regard sombre passait sur elle comme sur une friandise particulièrement prisée- la fit geindre, sentant une flamme descendre le long de son corps jusqu'au point le plus bas. Les liens entre eux s'enflammaient, se multipliaient. C'était comme s'ils naissaient là où le contact s'établissait entre leurs peaux. Il l'embrassa de nouveau et l'épingla sur le modeste canapé après que la chemise sombre ait atterri au sol.

La dentelle noire offrait le contraste le plus sublime contre sa peau laiteuse, flattant sa taille de guêpe et son ventre plat, tonique, comme si elle n'avait pas eu d'enfant. Severus sortit du corset les monts de chair de la femme, faisant rouler la pointe sous ses doigts. Narcissa se cambra, frémissante, avant de soupirer.

-Severus...

Mais sa supplication resta comme lettre morte. Défaisant lentement la magnifique lingerie, il s'appliquait à embrasser chaque partie de son corps comme si c'était une offrande divine accordée lors d'une occasion unique -ce qui était peut-être le cas, au demeurant. Les filaments brûlants étaient presque tangibles, s'enroulant autour d'eux comme de minuscules rubans contenant des spirales de feu, une lave brillante dont le commencement et la fin était le corps de l'un et de l'autre. Narcissa passa une main dans les cheveux noirs, l'autre cartographiant avec douceur la silhouette de l'homme désormais obligé envers elle.

Il releva lentement les yeux vers elle. Ces onyx brillants, qui reflétaient la lumière rougeoyante des liens… Ils les voyaient tous deux, ressentant également leur chaleur, celle qui parcourait tout leur corps, leurs veines avant de se jeter dans ces filaments incandescents, nourrissant l'un et l'autre de leur propre feu.

-Narcissa. Tu… tu brilles.

Sa voix, devenue plus grave, fit frissonner un instant la femme Malefoy. Elle l'attira pour un nouveau baiser, auquel il répondit avec plus de ferveur désormais, toute volonté de plus en plus annihilée par l'exigence urgente du Serment. Rogue haletait, à bout d'air, incendié par leur étreinte.

Il se redressa légèrement et la sorcière en profita pour se repositionner, offrant l'entièreté de son corps au Serpentard. L'homme sembla comprendre le message car son visage et ses mains firent un voyage orienté plein sud, entrecoupé de caresses et de légères morsures.

-S'il te plaît.

Le ton insistant de la femme blonde le firent aller droit au but. Narcissa soupira, emportée par la sensation, son esprit se remplissant de rien d'autre que d'une satisfaction liée au Serment. Ses hanches bondirent vers l'avant alors que Rogue lui prodiguait ses soins, testant ses réactions. Une nouvelle vague de chaleur faillit l'étouffer lorsqu'il engouffra sa tête entre ses jambes. Assaillie par les sensations qui réveillaient une boule de flammes en elle, faisant battre les liens entre eux d'une énergie nouvelle, sa jouissance lui échappa d'un cri, tout son corps tremblant des assauts du Mangemort.

Elle n'eut pas le temps de se sentir honteuse ou de penser à son mari lorsque le Serment se rappela à elle de nouveau, exigeant sa complétion la plus entière et intime. La sorcière aida l'homme aux doigts tremblants à se débarrasser de ses derniers vêtements avant qu'il ne vienne recouvrir de son corps le sien, se pressant contre elle d'un mouvement impératif.

Il enfouit sa tête au creux de son épaule, incapable de soutenir son regard.

-Tu peux encore… dit-il et sa voix mourut dans un souffle trop court. Tu peux encore tout arrêter si tu le décides.

-Tu sais que c'est impossible, lui rétorqua Narcissa.

La froide femme de Lucius n'avait pas perdu toute raison, mais elle comprenait, et semblait mieux accepter que lui le fait qu'ils n'avaient pas le choix de porter cette union à son terme, sans quoi le Serment les consumerait. Elle n'osait pas contempler les dégâts que ces rubans de flammes feraient s'ils se retournaient contre eux, une fois brisés.

-Soit. Pardonne-moi, lui lança l'homme au visage retranché derrière ses cheveux noirs avant de joindre leurs corps, faisant frissonner leurs âmes à l'unisson dans une symphonie de respirations erratiques et de plaintes extatiques. Passant ses jambes autour de sa taille pour l'aider, ils finirent par adopter un rythme lent mais puissant, qui charriait avec lui la brûlure des liens sur leur peau tout entière mais aussi à l'intérieur de leur corps. Chaque mouvement était comme une minuscule implosion qui menaçait de les faire s'effondrer d'un moment à l'autre. Mais chaque mouvement leur apportait de plus en plus de plaisir, le Serment se satisfaisant petit à petit de l'union dont il avait imposé la consommation immédiate.

Poussés par le besoin, les amants accélérèrent leur danse, s'agrippant là où ils le pouvaient, les cheveux noirs se mélangeant à la crinière blonde et aux peaux diaphanes, l'air manquant peu à peu dans cette bulle de chaleur intense à couper le souffle. Les liens explosèrent un à un, partant en fumée dans une libération semblable à la renaissance d'un phénix au moment où les amants furent secoués par la libération charnelle, ponctuée d'éclats d'extase, qui les laissa sans voix, ni énergie, ni oxygène.

Ils se laissèrent quelque moment afin de se remettre de ces événements, qu'ils considéraient unanimement comme une mésaventure à temps unique, avant de sauver ce qu'il leur restait de dignité, s'aidant mutuellement à se revêtir - comme s'il ne s'était rien passé. Mais pourtant, Narcissa, les joues encore rosies alors qu'elle s'apprêtait à franchir le pas de la porte, ne put s'empêcher de se retourner vers Rogue.

-Je ne saurais comment te remercier pour… ces sacrifices que tu as faits afin de protéger mon fils. Je n'oublierai pas. Tu as ma parole.

Lorsqu'elle comprit qu'il ne répondrait pas, elle sortit, la porte se refermant derrière elle sur un Severus Rogue au regard hagard et au visage affreusement neutre, où les dernières marques d'un fort trouble ondulaient encore sous la surface.