Disclaimer: les personnages de Naruto ne m'appartiennent pas, malheureusement. Tout ce qui m'appartient, c'est le scénario de cette fic. Voilà.
On m'a posé la question des pairings. Eh bien, ils seront on ne peut plus conventionnels, c'est tout ce que j'ai à dire ; vous verrez bien assez vite :)
A FEU ET A SANG
Chapitre 4
Sakura fut réveillée de son demi-sommeil troublé par un rayon de soleil qui chatouillait sa paupière. Il devait être dans les environs de dix heures et elle pouvait entendre le bruit des pas des servantes qui vaquaient à leurs diverses occupations. Elle tourna la tête et vit que le fûton de Shizune avait déjà été rangé ; elle était donc debout et, d'après les voix qu'elle pouvait entendre filtrer à travers les écrans, en train de parler avec Tsunade. Ces histoires de nouvelles lois, sans nul doute. Depuis que la rumeur avait atteint les oreilles vigilantes de l'Okaa-san, c'était le sujet de conversation principal de toute l'okiya, et pas seulement des geisha.
Elle se redressa et laissa son esprit vagabonder quelques instants, sans pouvoir réprimer une sorte d'espoir invincible que aujourd'hui Hatake Kakashi la contacterait enfin. Cela faisait quelques jours qu'ils avaient parlé et il n'avait pas encore donné le moindre signe de vie , mais elle ne pouvait pas s'empêcher, chaque matin, de se réveiller en se disant que ce jour là était le jour.
La porte coulissante s'ouvrit doucement et la tête d'une jeune servante – Naomi, se souvint-elle – apparut dans l'encadrement. Un sourire vint illuminer son visage poupin lorsqu'elle vit que Sakura était déjà réveillée.
- Bonjour, Sakura-san. Avez-vous bien dormi ?
Elle hocha de la tête et Naomi entra, aussi légère qu'un moineau. Elle portait une boîte de kimono à une main, qu'elle posa près du fûton de la jeune geisha. Ses yeux en amande brillaient, vifs, de la même couleur lumineuse que deux châtaignes qui viennent de sortir de leur cosse. Depuis qu'elle l'avait remerciée, devant la maison de thé, Sakura avait vu sa prévenance envers elle s'accroître d'une manière presque alarmante : elle pourvoyait au moindre de ses besoins avant même qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, lui massait la tête et lui préparait des onguents contre le mal de ventre et autres maux.
- Aurais-je déjà un client ? demanda Sakura en voyant la boîte.
- Il se peut, répondit-elle en étouffant un rire. Shizune-san ne m'a rien dit, mais je l'ai entendue parler avec Tsunade-hime. Apparemment, c'est le même client que l'autre soir, quand je vous ai escortée jusqu'à la maison de thé, vous vous rappelez ?
Le cœur de Sakura fit un bond dans sa poitrine. Hatake-san ! Il avait demandé à la revoir ! Bien sûr, ils avaient convenu, à mots couverts, que ça se déroulerait ainsi… S'il tenait à lui parler, c'était qu'il avait eu une idée, un plan, pour la faire sortir de la ville avant les premières neiges. Elle avait elle même résolu qu'elle partirait seule s'il ne la contactait pas d'ici là, car elle ne pouvait tarder : les Uchiha ne souffriraient aucun retard, eux, et elle ne devait pas les laisser la devancer.
Elle se leva et ouvrit la boîte : un kimono de soie pourpre orné de fleurs d'un rose tendre y était plié, aussi méticuleusement que par sa propre main et elle sut que Naomi s'en était occupée.
- Vite ! dit-elle à la jeune servante. Habille-moi et coiffe-moi. Je ne veux pas être en retard.
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Vers midi elle fut fin prête à partir. Il ne pleuvait pas mais le ciel était voilé et l'air lourd d'humidité et Shizune, craignant qu'il ne se mette à pleuvoir, avait ordonné que Umeko l'accompagne, Naomi étant liée par d'autres obligations. Sakura la vit les regarder partir d'un air malheureux et regretta presque sa présence gaie, comparée à celle austère d'Umeko ; mais son esprit était autrement engagé et elle glissa bientôt de ses pensées.
De toute évidence, personne ne partageait les craintes de Shizune quant au temps. Les rues étaient si bondées qu'elles durent à plusieurs reprises se frayer un chemin à coup de coudes. Le contraste avec la dernière fois qu'elle avait dû emprunter ces ruelles était saisissants : les marchands s'étaient métamorphosés et des gamins piaillaient de tout les côtés.
Les pensées de la jeune femme tournoyaient comme les feuilles mortes d'automne qui gisaient en ce moment même sur la chaussée. Elle essayait bien de les attraper au vol mais elles lui échappaient, insaisissables, ne laissant derrière elles qu'un goût parfumé de miel : celui de l'espoir. Il ne lui était pas nouveau mais pour la première fois elle put le savourer comme il se devait, parce que dans quelques semaines elle serait partie et libre – enfin, aussi libre qu'on ne peut l'être quand les obligations vous enchaînent. Du moins, elle échapperait au rôle de bibelot, d'œuvre d'art. C'était en soi un confort.
La maison de thé était toute autre, baignée par la lumière pâle qui réussissait à se faufiler entre les nuages. Les lanternes étaient éteintes et les rires, bien qu'ils raisonnaient toujours, semblaient plus réels, plus consistants. Sakura y vit un signe que son bonheur était à portée de main.
La femme l'accueillit avec son sourire habituel et la mena jusqu'à la pièce principale, fermant la porte derrière elle avec un sourire entendu. La jeune geisha l'ignora superbement : son opinion l'indifférait, puisqu'elle même ne serait plus une geisha d'ici bien longtemps. Elle avait l'impression qu'on venait de lui enlever une lourde entrave.
Elle chercha Hatake Kakashi des yeux et l'aperçu, agenouillé près d'une table basse. Elle fit quelques pas en sa direction, contenant avec difficulté son sourire, les yeux baissés. Puis elle les releva et vit qu'il était accompagné d'un jeune homme aux cheveux noirs qui la fixait d'un regard pénétrant, insistant.
Il était trop tard pour faire demi-tour en prétendant qu'elle se dirigeait vers une autre table : ils l'avaient vue. Son cœur tambourinait dans sa poitrine tant et si bien qu'elle en avait mal. Kakashi avait parlé, il avait informé quelqu'un d'autre de ses plans, ils voulaient l'emmener au château pour qu'elle soit exécutée. Elle n'aurait pas dû lui faire confiance, avec ses airs de faux-semblant et son excentricité : il avait accepté bien trop rapidement pour que ça soit plausible mais elle avait été aveuglée par son but. Elle n'avait pas vu ce qui aurait dû lui crever les yeux.
Elle s'inclina et s'assit, gardant la tête baissée. Elle était sûre que d'un moment à l'autre ils allaient l'empoigner – mais dans ce cas, pourquoi ne pas être allé la chercher à l'okiya, où elle était complètement vulnérable, entourée comme elle l'était par des femmes ? Ici elle était en présence d'autres hommes qui pourraient la protéger et a fortiori réussir…
- Sakura-san.
Elle ne répondit pas mais leva la tête, étonnée. Son regard rencontra celui amusé de Kakashi, puis celui inexpressif de son camarade. Ses yeux était d'un de ces noirs qui semblent absorber la lumière au lieu de la refléter, tel un ciel tourmenté ou les vagues qui vont s'écraser contre les rochers avec rage. Elle ne put s'empêcher de se sentir intriguée, comme si quelque chose en elle faisait écho à sa fureur et, plus que ça, à sa nature profonde.
- Hatake-san, osa-t-elle répondre et sa voix, à son plus grande surprise, était posée.
- Ah, Sakura-san, dit-il avec un petit rire. Vous craignez Sasuke-san, je vois.
- Je ne le crains pas ; sa présence me surprend. Votre invitation ne le mentionnait aucunement.
Sakura pouvait entendre le reproche qui se cachait sous sa remarque anodine et espéra que Kakashi aussi. Sa peur initiale avait laissé place à l'insidieux soupçon qu'il n'avait amené ce Sasuke avec lui que parce qu'il avait un rôle à jouer dans son épopée et qu'il le lui révèlerait sous peu, ayant préféré ne pas l'en avertir afin de l'effrayer.
Ce fut en effet ce qu'il fit.
- Quoiqu'il en soit, Sasuke-san pourrait nous être utile. Trois voyageurs valent toujours mieux que deux, surtout que les bandits foisonnent en cette saison.
- Nous allons donc partir bientôt ?
- Aussi tôt que possible.
Elle retint un soupir de soulagement. Il n'y avait pas de contretemps, pas de souci de ce côté là. Par contre, pour les brigands, restait à savoir… Sakura, comme tout le monde, avait entendu parler de rônin devenus bandits et des extorsions qu'ils commettaient. Elle s'était dit qu'elle partirait seule mais elle se rendit soudainement compte de quelle folie ça serait : une femme sur les routes, sans personne pour la protéger, était une proie bien facile.
- Comment voyagerons-nous ? demanda-t-elle après réflexion. Nous ne pouvons pas partir à pied, les premières neiges nous couperaient le chemin…
… Et nous mourrions affamés et congelés, à moins que les loups viennent finir la besogne, finit-elle silencieusement. Pour la première fois depuis le début de l'entrevue elle leva la tête et soutint leur regards.
- En charrette, c'est le seul moyen. Les routes sont praticables en cette saison. Sasuke-san sera à cheval – c'est un bon moyen de dissuasion.
- Et aussi un bon appât pour un voleur potentiel.
Sasuke parla pour la première fois. Sa voie était moins grave que celle de Kakashi mais indubitablement masculine ; c'était une voix de jeune homme. D'ailleurs, maintenant qu'elle le voyait de plus près, Sakura put constater qu'il ne devait pas être plus âgé qu'elle, peut-être même un peu plus jeune.
Les deux hommes échangèrent un regard. La tension était palpable entre eux, comme si l'air se solidifiait lentement. Ce fut Kakashi qui baissa les yeux le premier, à la plus grande surprise de Sakura. Il ne lui avait pourtant pas paru être le genre d'homme à concéder facilement une défaite.
- Sasuke-san ira à cheval, reprit-il néanmoins et cette fois l'intéressé ne daigna pas répondre.
Sakura les regarda tour à tour. Il lui semblait que le duel de volonté qui les avait opposés n'avait pas grand-chose à voir avec le cheval ; la réaction de Kakashi le prouvait. C'était plus comme une querelle ancestrale où chacun essayait d'asseoir son autorité sur l'autre. Elle devina que Sasuke devait être haut-placé dans la société, pour qu'il ose parler ainsi à son aîné, et que les deux se connaissaient depuis longtemps.
- Nous voyagerons simplement, lança abruptement le jeune homme.
- C'est-à-dire… ? demanda-t-elle.
- Pendant ce voyage, nous ne serons rien de plus qu'une famille de pêcheurs nous rendant à l'enterrement de notre aïeul. Kakashi-san est votre père, je suis votre cousin que vous avez adopté lorsque j'étais enfant.
Elle se tourna vers Kakashi, lui lançant un regard interrogateur. Il hocha légèrement de la tête et renchérit :
- Les bandits seront moins tentés d'attaquer une famille pauvre. D'autre part, il est possible que le clan Uchiha aie vent de vos projets et envoie des guerriers pour nous arrêter. Ceci assurera qu'on ne nous reconnaîtra pas.
Elle était encore tournée vers le rônin et ne vit donc pas le tic qui vint animer la mâchoire de Sasuke, ni ses poings qui, posés négligemment sur la table, s'étaient brièvement crispés. Cela n'échappa par contre pas à Kakashi ; le guerrier le fixa un instant avec insistance jusqu'à ce que le jeune homme ne rencontre son regard. Lui-même était à nouveau totalement impassible.
- Les premières neiges ne devraient pas tarder, faisait remarquer la jeune femme.
- Nous partirons demain, annonça subitement Kakashi.
Sakura ne cacha pas sa surprise mais elle ne fit aucun commentaire sur cette décision subite : les deux hommes s'occupaient de la préparation du voyage, elle ne devait faire que suivre en essayant de ne pas les gêner. C'était un rôle simple, d'un ennui mortel, mais nécessaire ; ils n'arriveraient à rien si elle contestait toutes leurs décisions et, de toute façon, elle ne possédait aucune connaissances pratiques qui pourraient justifier ces interruptions.
- Rendez-vous demain, au petit matin, à la porte Est. Habillez-vous le plus simplement possible – empruntez des habits aux servantes mais soyez discrète.
Elle ponctua les paroles de Sasuke d'un nouvel hochement de tête. Kakashi et Sasuke la scrutaient et elle sentit comme une main glacée qui courait dans son dos. Les deux, à leur manière, étaient aussi dangereux l'un que l'autre et elle commençait à se demander si elle avait bien fait d'accepter leur aide.
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Lorsqu'elle rentra à l'okiya un peu plus tard dans l'après-midi, Naomi l'attendait sur le pas de la porte. Sakura lui sourit, attristée par cette fidélité qu'elle allait devoir trahir ; qui pourrait la protéger quand elle serait partie ? Les autres servantes abuseraient de sa gentillesse et de sa bonne volonté et elle doutait fortement que Shizune ou Tsunade s'occupent de régler ces querelles de servantes. Peut-être même serait-elle mise à la porte sous un faux prétexte.
Que le monde était-il dur. Jusque là, elle avait accusé les hommes de tous ses maux – ils déclenchaient des guerres auxquelles les civils se trouvaient immanquablement mêlés alors qu'ils étaient innocents, ils réduisaient les femmes à un ventre pour produire des enfants, ils gouvernaient souvent injustement ou de manière tyrannique – mais les femmes pouvaient être tout aussi cruelles. Rendues amères par leur manque de liberté et de pouvoir, elles s'en prenaient à ceux qui ne pouvaient pas se défendre, les blessaient avec tout les moyens à leur disposition.
Cette constatation lui rappela avec une clarté éblouissante pourquoi elle devait absolument saisir cette chance qui s'offrait à elle : elle devait se sortir de ce cercle vicieux de méchanceté, réussir à transcender tout cela, sinon elle deviendrait folle. La vie de geisha n'était pas faite pour elle ; elle n'était pas assez passive, trop battante, tout comme Tsunade devait l'avoir été, pour se laisser sombrer ainsi dans le désespoir de l'alcool.
- Naomi, commença-t-elle, puis elle se reprit. Ce n'était pas le moment de commencer à s'excuser.
- Sakura-san ? Que puis-je faire pour vous ?
- Viens avec moi.
Elle l'entraîna à sa suite dans sa chambre, s'arrêtant de temps en temps pour répondre aux questions des servantes ou à la salutation de Shizune, qui était en train de se maquiller devant son miroir – elle avait un rendez-vous avec un client qui durerait jusqu'à tard dans la nuit. En passant devant le bureau de Tsunade elle perçut un ronflement sonore et ne put réprimer un sourire. Il y avait quelques jours, elle serait entrée dans la pièce pour la réveiller mais pour le moment son état d'ébriété lui convenait tout à fait.
Elle s'assit sur un coussin devant la fenêtre et attendit que Naomi fasse de même, quelques mètres en retrait. Des nuages lourds se massaient au dessus de la ville et la pluie qui avait menacé toute la journée n'allait pas tarder à tomber.
- Sakura-san… ?
- Naomi-chan. J'ai besoin d'aide et tu es la seule en laquelle j'ai totalement confiance.
Sakura se retourna vers l'adolescente et la vit qui levait les yeux avec un sourire, pétillante de joie. Elle savait que c'était un grand compliment qu'elle lui faisait là mais c'était vrai ; elle était sûre que jamais Naomi ne la trahirait. Elle se sentit un instant coupable de la manière dont elle allait devoir exploiter cette loyauté.
- Je ferais tout ce que je pourrais.
- Merci, répondit-elle avec un sourire. Nous allons jouer à un jeu. Tu veux bien ?
Elle put lire la surprise au fond des yeux de la jeune servante avant qu'elle ne réponde par un 'oui' étonnant de clarté.
- Nous allons échanger de vêtements. Je vais faire semblant d'être toi, et tu vas faire semblant d'être moi. Va tout de suite prévenir Tsunade-hime que je suis malade et que je ne pourrais pas manger avec elle comme d'habitude.
Si Naomi avait exprimé de l'étonnement auparavant, ce n'était rien comparé à maintenant. Son visage s'était figé en un masque de stupeur et Sakura songea qu'elle n'avait probablement jamais porté des habits aussi riches que les siens. Ce qu'elle lui proposait devait lui sembler impensable ; la jeune geisha douta un moment elle-même de ses actions. Peut-être avait-elle été trop abrupte.
Quoi qu'il en soit, Naomi sembla se reprendre. Elle s'inclina jusqu'au sol et sortit de la pièce, aussi vive qu'un courant d'air, laissant Sakura seule à ruminer ses pensées, ses remords et son espoir. Ce répit fut de courte durée ; quelques minutes plus tard elle fut de retour, le visage comme illuminé par la joie et l'enthousiasme.
- Qu'allons-nous faire ?
- D'abord, tu vas m'aider à me déshabiller, dit Sakura en riant. Puis nous allons échanger d'habits et je vais t'aider à t'habiller, te coiffer, te maquiller, te parfumer même, si tu veux !
- Comme une geisha ?
Ses yeux pétillaient.
- Oui, comme une geisha. Et moi, je vais être ta servante. C'est un jeu, mais n'en parle à personne, les autres servantes seraient jalouses.
- Bien sûr.
Elle hésita un moment avant de reprendre :
- Pensez-vous que je pourrais devenir une geisha, moi aussi ? Peut-être Tsunade-hime voudra-t-elle m'envoyer à l'école pour en devenir une ?
C'était fort peu probable ; Tsunade n'avait sûrement même pas remarqué l'existence de cette jeune servante. Sakura soupira en son fort intérieur. Cela lui faisait mal de devoir lui faire miroiter tant de choses et de la décevoir après, mais c'était crucial. Elle ne devait pas faiblir ; il en allait de son avenir à elle. Pour la première fois, elle comprit que l'égoïsme était des fois nécessaire : il fallait absolument qu'elle fasse passer son propre intérêt avant celui cette jeune servante qui lui était dévouée corps et âme.
Elles se déshabillèrent et, comme convenu, échangèrent de vêtements. Sakura se glissa rapidement dans ceux de Naomi – un kimono gris et bleu à deux couches, usé mais proprement rapiécé. Ils n'étaient pas très chaud mais elle devrait faire avec ; elle ferait face à de pires ennemis que le froid en chemin. Elle détacha ses cheveux puis autorisa Naomi à les lui nouer en une coiffure toute simple. Vêtue ainsi, elle ne put que s'émerveiller de la liberté de mouvement que ces vêtements lui permettaient, comparés aux siens.
Ceci fait, elle aida sa servante à se vêtir de son propre kimono. Le pourpre de la soie tranchait ave sa peau dorée et Sakura dut admettre qu'il lui allait bien. Naomi se regardait dans la glace, abasourdie et la jeune femme, riant de sa surprise, la coiffa comme elle avait vu les servantes le faire tant de fois. Le résultat était bien un peu brouillon mais l'adolescente ne semblait pas s'en rendre compte ; ses bonne joues étaient rosies de plaisir et sa personne toute entière semblait irradier la joie.
Elle entreprit alors de la maquiller et Naomi-la-servante disparut sous un masque blanc, laissant place à une jeune fille si semblable et pourtant si différente d'elle.
- C'est bon, tu peux regarder.
Naomi ouvrit les yeux et vit son reflet. Sa bouche s'arrondit, ses yeux s'agrandirent légèrement tandis que Sakura, postée derrière elle, admirait son chef-d'œuvre. La jeune servante ne semblait pas avoir de mot pour qualifier ce qu'elle voyait et elle tendit la main, hésitante, jusqu'à ce que le bout de ses doigts touche la glace.
'Si peu de choses qui peuvent changer une personne,' se dit Sakura en la voyant faire. 'Un accoutrement différent, quelques accessoires, du maquillage pour transformer le visage. Et on se retrouve tout autre.' Elle savait que sa propre métamorphose ne serait pas si facile.
Naomi se tourna vers elle, subjuguée et intimidée à la fois et Sakura lui sourit, un peu tristement, un peu amèrement peut-être, écœurée par le rôle que jouait l'apparence dans la vie d'une personne. Shizune l'avait toujours encouragée à laisser pousser ses cheveux car ils faisaient partie intégrante de sa beauté exotique, avec leur couleur plumage de flamant rose. Mais en s'engageant sur la voie qu'elle avait choisie, elle renonçait à tout ça. Ce masque de beauté, elle allait le déchirer, révélant au jour ce qu'elle était vraiment.
Sa compagne, épuisée par les évènements de la journée, ne tarda pas à s'endormir. Alors, elle prit le poignard que Kakashi lui avait donné ('parce que ça peut toujours servir'), tint ses cheveux en une queue de cheval et, d'un seul mouvement ample, les coupa.
Elle regarda avec satisfaction les mèches roses s'éparpiller sur le sol. La machine était mise en route désormais, et plus rien ne pourrait l'arrêter.
Chapitre un peu plus long cette fois… Presque 3000 mots à la place des 2000-2200 de d'habitude. J'espère que vous avez aimé ! En tout cas, j'ai adoré l'écrire.
Ah, oui… j'ai changé de pseudo, comme vous avez pu le constater.
DeliriousPen
