Rose était couchée sur son lit silencieuse. Elle fixait le plafond d'un regard vide et sans émotion. Rose ne pouvait s'empêcher de songer à son cousin. Le lit à côté d'elle était occupé par Lith et les deux autres par Valentine et Charlotte. Lith regardait sa meilleure amie d'un regard désolé. Elle aurait aimé pouvoir effacer cette douleur qui la prenait à la poitrine. La jolie Rose laissa un soupire s'échaper hors de ses lèvres et se tourna vers Lith pour la regarder. Lith se leva de son lit et vint s'asseoir près de son amie, puis lui caressa les cheveux. A ce contact Rose laissa couler quelques larmes silencieuses le long de sa joue. Elle aimerait retourner dans le temps, juste analyser la situation problématique un petit instant pour y retrouver la formule miracle. Lith lui caressait cette crinière brune qui faisait rêver tant de garçon. De sa voix douce et réconfortante Lith regarda son amie en murmurant.

« - Rosie, tu sais que tu pourras toujours compter sur moi, peu importe ce qu'il t'arrive, et que jamais je ne dévoilerais l'un de tes secrets. Tu le sais non ? Alors je t'en pris, dis moi pourquoi vous ne vous adressez plus la parole lui et toi ? Cela fait quatre ans que vous avez officiellement '' rompu '' vos liens d'amitié, mais jamais tu ne m'en as glissé un mot. S'il te plaît... » Implora Lith.
« - C'est compliqué. » Marmonna si faiblement Rose que Lith eu peine à entendre.
« - Rosie j'ai tout mon temps. »
« - Très bien... » Rosie se releva et se blottit contre sa meilleure amie, prête à lui raconter cette histoire qui lui déchirait le coeur chaque fois qu'elle y songeait.

***

C'était le jour de Noël 2018. La famille Weasley au grand complet avait été invitée chez les Potter, c'était leur tour cette année. Seulement il manquait quelques choses, un élément important à la famille : Molly Weasley. Cette dernière, une grand-mère et une mère aimante avait été victime d'un attaque dans sommeil et ne s'était malheureusement pas réveillée. Cet évènement tragique s'était produit il y a environ un mois, à quelques jours près. La famille essayant tant bien que de mal de surmonter cette épreuve, mais l'absence de Molly lors de cette réunion de famille se faisait lourde et très présente. Rose, âgée de douze ans, était très bouleversée par la mort de sa grand-mère paternel, probablement plus que tous les autres, puisqu'elle avait tissé avec sa grand-mère un lien indescriptible qui en rendait quelques uns un peu jaloux, pour ne pas nommer son frère cadet Hugo. Rose était assise à sa place habituelle et fixait le siège vide où aurait du sièger sa grand-mère. Albus, qui de son côté regardait sa cousine, s'approcha d'elle et lui pris la main pour lui apporter du réconfort.

Un peu plus tard dans la soirée les deux jeunes adolescents se retrouvèrent dans la chambre d'Albus. Tout deux discutaient de tous les sujets imaginables et s'efforçaient de rire l'un comme l'autre. Autant dire que ce n'était pas la grande joie en ce moment. Rose, qui fréquentait son premier petit ami, Nathan Brennan, étudiant à Serpentard avec Albus dans la même année, demandait à Albus des nouvelles de celui-ci.

« - Tu sais Rosie il n'y a pas que Nate dans la vie. » Ronchona Albus, très mécontant que sa cousine et son ami sortent ensemble.
« - Je sais, mais il ne m'a pas écrit aujourd'hui. » Dit-elle de sa voix angélique.
« - Il a peut-être d'autres choses plus importantes à faire que de t'écrire Rose. »
« - Pourquoi tu me dis ça ? » Demanda-t-elle, soudainement inquiète que son petit ami lui fasse défaut.
« - J'en sais rien Rosie, sauf que vois-tu, Nate c'est pas le genre de garçon pour toi. Il n'est pas comme tu crois. »
« - Au contraire je crois qu'il est exactement comme je crois. Je crois plutôt que c'est toi qui est jaloux que tu n'aies pas encore de copine. » Dit-elle avec un sourire mesquin sur les lèvres.
« - Rose ne dis pas de conneries. »

Alors que Rose allait répliquer quelque chose, un hibou, frappa à la fenêtre d'Albus. Rose aurait reconnu ce hiboux entre mille ; il s'agissait de l'hibou de Nathan. Avant même qu'Albus n'aie pu faire un mouvement Rose s'était précipitée vers l'oiseau et s'était emparée de la lettre. Lorsqu'elle l'ouvrit cependant, son sourire s'estompa aussitôt et elle regarda son cousin le regard remplit de chagrin.

« - Pourquoi... ? » Demanda-t-elle, la voix fébrille.
« - Rose... je t'en pris. » Implora-t-il, sachant très bien où elle voulait en venir.
« - Très cher Albus.
Je suis heureux d'enfin pouvoir t'annoncer que j'ai finalement décidé de sauter le pas. Lindsay et moi avons finalement fini de jouer au chat et au serpent. Nous nous sommes vus quelques heures avant de quitter Poudlard et nous nous sommes embrassés.
» Rose pris une légère pause avant de recommencer à parler, la voix remplit de haine. « - Je voulais simplement te remercier de ton aide, sans toi jamais je n'aurais pu approcher Lizzie. J'ai l'intention de rompre avec ta cousine en rentrant des fêtes, je ne voudrais pas lui gâcher les vacances. M'enfin bref, je tenais vraiment à te remercier, sans ton aide jamais je n'aurais rencontré Lizzie.
Avec toute mon amitié, Nate.
» La voix de Rose s'était complètement métamorphosée. Comment avait-il osé lui faire ça ? Albus voyait le regard de sa cousine se transformer.
« - Rose laisse moi t'expliquer... »
« - M'expliquer quoi hein Albus ? Comment tu as préféré aider ton ami à sortir avec Lindsay au lieu de me le laisser ? Comment tu es incapable d'accepter que je sois heureuse avec un autre garçon que ta petite personne ? Hein Albus ? Tu veux m'expliquer tout ça ? M'expliquer comment tu as pu oser me trahir à ce point ? J'aurais accepté qu'il me largue pour elle sans broncher tu sais ? Mais jamais je n'accepterai et jamais je ne te pardonnerai de l'avoir envoyé dans ses bras. Non jamais tu comprends ? Je l'aimais ce garçon et toi tu as tout gâché. » Rose avait les larmes qui coulaient le long de sa joue et sa voix tremblait, mais malgré tout elle était tranchante comme une lame. « - Comment... pourquoi Albus... ? Pourquoi t'as fait ça... »

Rose regardait Albus, les yeux rouges. De colère ou de larmes ? Les deux peut-être. Rose avait le coeur brisé, se sentait trahie et utilisée. Elle avait une folle envie de le giffler, mais une voix au fond d'elle-même lui disait de plutôt faire la jeune fille mature, qu'elle était. Elle se contenta de le regarder, un regard plein de mépris, ce regard qui hanterait Albus pour de nombreuses années. Albus ressentait une certaine culpabilité vis-à-vis de la situation, seulement voilà, une autre part lui disait qu'il avait bien fait, qu'un jour elle le remercirait, elle le savait. Au bout d'un certain temps Rose s'avança et posa son visage à quelques centimètres de celui d'Albus, elle pouvait sentir le souffle court de son cousin lui réchauffer le cou. D'un geste brusque elle tourna la tête et sortit de la pièce sans un mot, sans un regard ...

***

Rose avait fondu en larmes après avoir raconté son histoire à son amie. Elle avait le coeur gros. Malgré les années la blessure était restée. Pas celle de sa rupture non, plutôt celle de la trahison de son meilleur ami, son cousin et avant tout, celle de la personne en qui elle croyait pouvoir avoir une confiance aveugle. Rose sanglotait, Charlotte et Valentine avaient écouté l'histoire et toutes les deux étaient parfaitement émues. C'était si triste de voir Rose malheureuse, elle qui pourtant paraissait forte et courageuse. Pour Rose, il ne s'agissait pas du fait qu'il est poussé son petit ami vers une autre fille, c'était plutôt qu'il est trahie la confiance qu'elle lui portait en s'attaquant à ce qu'elle chérissait le plus. La brunette éprouvait pour Albus un mépris et une peine si grande qu'elle n'arriverait probablement jamais à la surmonter. Laetitia caressait la chevelure de son amie en lui murmurant des mots à l'oreille.

« - Oh Rosie. Si j'avais su, si seulement j'avais su, j'aurais été te voir, j'aurais annulé mon voyage de ski. Tu sais que tu es ce qui compte le plus dans ma vie Rose et te voir si triste me brise le coeur tu comprends ? On va surmonter cette épreuve à deux d'accord ? Jamais tu comprends, jamais je ne te laisserais tomber. » Dit-elle en passant une main sur le visage humide de Rose.

L'amitié entre Rose et Laetitia était inexpliquable. Les deux amies étaient unies par le coeur. Elles étaient les deux parties d'un tout. Certains jalousaient leur amitié et le lien qui les unissait. Les deux brunettes étaient affectueuses l'une envers l'autre et démontraient toute l'affection et l'amour qu'elles ressentaient l'une pour l'autre. Rose était contente d'avoir découvert en Lith une amie aussi exeptionelle qu'elle. Charlotte et Valentine durent sortir de la chambre, trop gênées et embarassées par ce lien aussi fort. Rose regarda Laetitia dans les yeux et souris.

« - Merci Lith... »

Rose lui sauta au cou et lui fit une accolade. Au bout d'un certain moment elles se séparèrent et descendirent dans la salle commune. Elles se dirigèrent vers la grande salle. Là-bas elles retrouveraient Daisy et Logan, sûrement en train de se dévorer des yeux. Probablement qu'elles croiseraient Nathan au bras Cherry, sa copine depuis plus d'un an maintenant. Nathan et Cherry étaient le couple le plus amoureux de Poudlard jusqu'à présent. L'un comme l'autre semblaient plus qu'attachés. Peu de temps après que Rose ait rompu avec Nathan, ce dernier avait laissé tomber Lindsay et avait supplié Rose de le reprendre. Malheureusement, malgré tout l'amour qu'elle éprouvait, et éprouve toujours, pour lui, il représentait pour elle une souffrance impossible à surmonter. D'ailleurs, parfois, même si lui et Cherry semblaient amoureux, Laetitia avait l'impression qu'il regardait Rose de manière plus qu'amicale. Laetitia posa un regard sur Rose qui fixait le couple. Elle savait qu'elle n'avait pas fait une croix sur lui, mais elle savait aussi qu'elle refuserait de faire à une autre fille ce qu'elle avait vécu. Lorsque Nate remarqua que Rose le regardait il afficha un sourire, un de ces sourires que seule Rose arrivait à lui décrocher. Ce sourire qu'il avait perdu lorsque Rose avait rompu, ce sourire qu'il retrouvait qu'en présence de cette Rose de Serdaigle. Laetitia les regardait et savait qu'au fond d'elle-même, qu'ils n'avaient pas oubliés l'autre...