Voici le dernier chapitre…
Un grand merci à Tigrou19 pour la correction. Je devrais dire pour l'ensemble de la correction. Mercii, merci beaucoup.
Bonne lecture.
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Chapitre 6
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Naruto se trouvait dans la chambre, un verre d'alcool dans la main. Assis sur le bord de lit, il dégustait lentement le liquide ambré tout en fixant la porte de la salle de bains. Sasuke prenait en cet instant même sa douche… Depuis que celui-ci s'était enfermé dans cette pièce, Naruto n'avait plus qu'une idée en tête : le rejoindre. Cependant, ses pensées l'amenèrent très vite vers un autre chemin.
Quand il repensait à ce qu'il s'était produit une heure plus tôt, un sentiment d'inquiétude le saisissait. Il avait tout fait pour que Sasuke se rende compte de son erreur, mais était-il parvenu à chasser tous ses doutes et incertitudes ? Il n'en était pas totalement certain… Las, il se passa la main dans les cheveux et lâcha un profond soupir. Puis, lentement, il porta sa main à la hauteur de ses yeux et la fixa.
— Si chaud…
La sensation était toujours présente. Il l'avait maintenu contre lui pendant de longues minutes, sentant son corps se détendre peu à peu et son cœur se calmer tout doucement. À ce moment-là, il aurait souhaité que le temps s'arrête, que la terre cesse sa course et que cette chaleur reste contre lui pour toujours. C'était bien plus qu'un simple désir charnel, c'était nouveau et en même temps terriblement étouffant.
Il voulait plus, et il aurait plus.
Il dirigea de nouveau son regard sur la porte de la salle de bains, le bruit de l'eau lui parvint comme s'il était dans la pièce. Il s'imagina ce liquide translucide caresser le corps de Sasuke. Lentement, sensuellement, telle une dance provocante, il se glissa sur son torse, pour se frayer un chemin vers son ventre, puis encore plus bas vers son organe masculin pulsant d'un désir contenu. Il jalousa cette eau, voulant être à sa place…
— Je suis tellement en manque ?, s'enquit-il dans le silence de la pièce. Être obsédé à ce point par ce corps que j'ai à peine eu le temps de toucher…, souffla-t-il tout en vidant son verre.
Il se passa la main dans les cheveux et se leva. À peine avait-il fait un pas que la porte s'ouvrit.
Sasuke était déjà habillé. Un tee-shirt et un pantalon d'intérieur, ceux qu'il s'était empressé de mettre dans le sac plutôt dans la journée.
Naruto promena son regard sur l'homme debout devant lui puis, tout doucement, comme une évidence, il lui tendit la main.
— Viens.
Pendant de longues secondes, Sasuke fixa cette main puis, sans qu'il ne s'en rende compte, il la saisit. Naruto la serra fortement dans la sienne et l'attira à lui.
— Pourquoi ces vêtements ?
— Je…
— Tu ne fuiras pas, hein ?
— Je… Non, souffla le brun.
La chambre était plongée dans une légère pénombre. Les seules sources de lumière étaient celle de la lampe de chevet et l'écran de l'ordinateur portable placé sur la table basse. Naruto s'écarta et considéra son compagnon pendant de longues secondes.
— Tu as peur ?, demanda-t-il enfin.
— Un peu… Je ne…
Mais Naruto ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. D'un baiser léger, il captura sa bouche tandis qu'il pressait contre lui les muscles fins de son torse magnifiquement bien dessiné. Il n'avait pas de temps à perdre, il ne fallait pas qu'il lui donne le temps de changer d'avis. Sasuke ne put que se coller davantage à lui. À la fin du baiser, le brun souffla :
— Tu as bu…
— Juste deux verres.
D'un geste lent, Naruto enleva le tee-shirt de son compagnon. Demi-nu devant lui, il promena un regard gourmand sur le torse du brun et murmura :
— Tu es terriblement beau, tu le sais ça ?
— A-arrête de me regarder comme ça…
Sasuke tenta de se soustraire à la prise du blond car il ne parvenait plus à avoir une seule pensée cohérente. Le regard de Naruto le consumait à tel point qu'il avait l'impression de fondre sur place. Depuis leur conversation un peu plus tôt, tout s'était accéléré. Il le désirait ; c'était une évidence maintenant, mais ça allait vite, beaucoup trop vite…
Quand les lèvres du blond prirent les siennes de nouveau, il vacilla. Un baiser plus profond cette fois, un tendre assaut qui le laissa pantelant. Les lèvres de Naruto allumaient en lui un feu brûlant. Il le serra contre lui et ils se fondirent l'un dans l'autre jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien entre eux que cette vague chaude et douce. Il y avait dans ce baiser un désir ardent et inavoué, qui parlait à leurs cœurs plus que toutes les caresses.
Sans se poser plus question, Sasuke ouvrit ses poings serrés, toujours emprisonnés entre leurs corps et posa ses mains sur le torse chaud et fort de Naruto. Il se laissa aller à cette caresse et commença à explorer ses muscles tendus totalement exposés. Toutes ses défenses, le peu qu'il avait pu dresser, cédaient les unes après les autres. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas touché un corps… Mais dans son cas, tout était nouveau. Maintenant, c'était la force et la puissance qui se dégageaient de son amant, et non la tendresse et la douceur des formes généreuses d'une femme contre lui.
Et ces mains, ces mains qui se promenaient à leur gré sur lui, comment avait-il pu se passer d'elles ?
Ces mains si expertes et si douces, dont les caresses les plus simples faisaient courir en lui un frisson de feu…
Comment avait-il succombé si vite après simple un baiser ?
Il avait menti… Il avait peur, terriblement peur même…
Mais en même temps, il le désirait, totalement.
Peu à peu, sans qu'il ne puisse s'en rendre compte, cette peur disparaissait. Et Sasuke savait qu'elle était sûrement le seul moyen qu'il avait d'échapper à cette exquise torture que Naruto lui faisait subir.
Avait-il encore la force de dire non ?
Pourrait-il prononcer ce simple mot tout en regardant Naruto dans les yeux ?
— Naruto, attends…, murmura-t-il.
Il avait tenté de s'éloigner, mais c'était trop tard. Il suivait seulement le mouvement de ce corps contre lui, la douceur et la volupté de ses lèvres gonflées et frémissantes.
— Il est trop tard… Et tu n'as pas le droit de me fuir.
— Tu m'effraies.
— Tu crois que je n'ai pas peur ?
C'était la première fois qu'il avait autant envie de faire l'amour à quelqu'un et c'était une sensation vraiment étrange. Mais en même temps, son corps parvenait à réagir de lui-même sans qu'il n'ait besoin de trop réfléchir à ce qu'il était en train de faire. Il voulait simplement qu'il soit sien. Maintenant, plus rien ne les empêchait d'aller plus loin et surtout d'assouvir ce désir qui les consumait tous les deux.
Naruto s'assit sur le lit tout en attirant Sasuke dans son mouvement. D'un geste rapide, il s'allongea sur lui. Sous ses caresses impérieuses, sous son baiser à la saveur piquante et si virile, le brun sentit son corps s'enflammer et s'abandonner enfin à ce désir si nouveau et intense. Posant ses avant-bras de part et d'autre de sa tête, sans cesser son baiser, Naruto se frotta contre lui jusqu'à ce que leurs respirations ne fussent plus qu'un halètement. Sasuke sentit son corps tendu contre lui ; un corps passionné et exigeant. Il laissa échapper un gémissement quand l'érection dure et chaude de son amant rencontre la sienne.
Le baiser de Naruto avait changé. Sa force le laissait désarmé et brûlant. Il ouvrit les lèvres pour le recevoir. Le frôlement satin de sa langue conte la sienne fit courir dans tout son être un frisson d'un plaisir intense. Il jouait avec sa bouche offerte sans y plonger complètement. Quand Naruto comprit qu'il avait mis fin aux réticences de Sasuke, quand il entendit ses gémissements impatients, il cessa de l'embrasser. D'un mouvement rapide, il retira le seulement vêtement encore sur lui et le jeta au loin puis, enfin totalement nu, il demeura un instant immobile au dessus du brun.
À sa vue, la voix de Sasuke ne fut plus qu'un murmure :
— Naruto…
Il n'était plus possible de fuir. Son esprit tout entier était tourné vers cet homme au-dessus de lui et son sexe gorgé de désir.
Les paroles de Sakura lui revenaient en mémoire.
« Ne réfléchis pas trop. Tu verras tout de suite si tu en as envie ou pas, laisse-toi aller et regarde ou tout cela va te mener. »
De toutes ses forces, Sasuke s'agrippa au drap du lit, comme si c'était là son dernier recours, sa dernière résistance. Naruto se mit à s'approcher lentement vers lui. Il sentit contre la sienne le frottement de sa peau, le doux supplice de ses lèvres et de sa langue sur son torse, sur son ventre. Il descendit encore et en comprenant ses intentions, il se figea. Le souffle coupé, à la fois choqué et impatient.
— Naruto, s'il…
— Chut…
Les mains de Naruto se posèrent sur sa taille et glissèrent sur ses hanches. Lentement, il promena son regard sur ce qui s'exposait devant lui. Le sexe d'un autre homme était en pleine érection et c'était lui qui avait engendré ça. Il s'humecta les lèvres et combla le dernier espace qui les séparait.
Il saisit la chair ferme de ses mains et l'attira vers sa bouche pour l'embrasser. Un gémissement tremblant s'échappa de la gorge de Sasuke lorsque, du bout de sa langue experte, Naruto vint lécher le sommet de sa verge si sensible. Le brun fit une ultime tentative pour échapper au plaisir sauvage que cette caresse déchaînait en lui, mais il ne pouvait déjà plus rien contre le bouleversement qui l'envahissait. Naruto continua sa caresse, mais d'une manière plus profonde et délicieuse. Il le prit pleinement en bouche et les mouvements de va-et-vient débutèrent.
C'était une torture, une agréable et exquise torture…
Une fièvre encore jamais ressentie saisit Sasuke, le consumant tout entier. Son sexe était prisonnier de cette cavité buccale des plus expertes. Il montait et descendait de plus en plus vite, augmentant la sensation étrange qui consumait le brun. Quand la main du blond se mit à caresser ses bourses, le désir le submergea au plus haut point. Naruto poussa un râle profond qui fit suffoquer le brun. Sans qu'il ne puisse alerter son tortionnaire, il explosa en lui. Et soudain, le monde disparut totalement. Ce fut comme une explosion de lumière, comme un saut dans le vide… Une sensation forte et imposante. Sasuke fut assailli par une vague de plaisir si intense et puissante qu'il crut un instant en mourir. La chaleur qui avait pris naissance au creux de ses reins le consumait maintenant absolument.
Le cœur battant à tout rompre, la tête renversée sur les coussins, il murmurait des paroles incompréhensibles. À présent, il ne parvenait plus à distinguer la réalité du rêve tant sa jouissance était violente.
Il était toujours sous l'emprise de ce cataclysme lorsque Naruto glissa sur lui, corps brûlant et tendu.
— Je te veux, souffla-t-il d'une voix rauque. Dis-moi que tu me veux aussi…
Sasuke, encore étourdi par l'intensité du plaisir qu'il venait de lui donner, essayait de reprendre ses esprits. Cette voix le touchait plus profondément qu'il n'aurait cru cela possible.
Lentement il posa son regard sur son amant, et répondit :
— Oui…
— Tu es sûr ?
— Oui, je te veux, fit Sasuke avec faible un sourire.
Ce sourire et ce regard encore sous les effets de la jouissance furent une réponse plus que convaincante.
Pourquoi lui posait-il la question ? C'était un peu tard après ce qu'il venait de se passer… Il avait joui dans sa bouche, son sexe avait été entre ses lèvres, chaud et dur.
Il avait été terriblement beau et désirable en cet instant de jouissance.
Naruto embrassait sa gorge. Il était tout à la fois, la douceur et la sauvagerie, le calme et l'impatience. Sasuke lui offrit ses lèvres et passa ses bras autour de son cou.
Un baiser léger, mais passionné.
Naruto s'écarta légèrement et tendit le bras vers le tiroir de sa table de chevet. Il en sortit un flacon et l'ouvrit.
Pourquoi y avait-il ce genre de lotion dans cette chambre ?
Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions lorsqu'il vit Naruto plonger deux doigts dans le flacon pour les présenter entre ses fesses.
— Qu'est-ce… Que tu fais ?
— Je vais te préparer…, dit-il en lui écartant les jambes.
— C'est qu…
— Si je ne te prépare pas correctement, demain tu ne pourras pas te lever, le coupa Naruto en introduisant un premier doigt.
— Naruto, atten-… Ahhh !!!
Sasuke n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, qu'une douleur le fit taire. Le doigt de Naruto bougeait en lui, il allait et venait lentement et profondément.
— Détends-toi. Relâche tes muscles, l'encouragea Naruto tout en ajoutant un second doigt.
Pour toute réponse, Sasuke gémit de nouveau.
La sensation était étrange. Passé les premiers instants de douleur, sentir les doigts de son compagnon se mouvoir en lui engendrait un étrange plaisir. Cela faisait mal, mais en même temps un étrange plaisir le saisit.
C'était bon… Pourquoi ?
Grâce au lubrifiant, Naruto enfonçait de plus en plus ses doigts à travers cet anneau de chair encore vierge quelques secondes auparavant. Sasuke sentait le désir le gagnait de nouveau. Sans comprendre la raison, il voulait plus. Beaucoup plus.
— Arrête… Arrête avec tes doigts.
— Mais, il faut que je te prépa…
— Je te veux en moi, haleta Sasuke.
Naruto cessa sa délicieuse - mais tout aussi douloureuse - torture et fixa son amant.
— Sasuke… Je ne veux pas te faire mal…
— Tu ne le feras pas, répondit-il tout en invitant le blond à le prendre.
Naruto n'hésita plus. Il déposa un coussin sous les reins du brun qui écarta davantage les jambes et en sans plus attendre, il le pénétra.
— Naruto !, cria-t-il tout en l'étreignant.
— Tu es si étroit…
Sentir le sexe du blond en lui, si chaud, dur, et palpitant lui coupa le souffle. Naruto prit les lèvres de son amant et l'embrassa avec fougue. Peu à peu, celui-ci se détendait et se laissait aller. Le blond se retira et puis le pénétra de nouveau avec force. Sasuke en perdit presque la respiration. Jamais il n'avait imaginé que quelque chose d'aussi fort, brutal et terriblement délicieux puisse le faire réagir ainsi. Instinctivement, il l'attira à lui pour approfondir la sensation. À cet instant, Naruto se laissa lui aussi aller, débutant les mouvements de va-et-vient en cherchant à les satisfaire tous les deux le mieux possible. Le désir qu'il avait ressenti ce jour-là l'anima de nouveau, mais cette fois-ci, il pouvait enfin le satisfaire, surtout, en Sasuke.
Naruto prit les lèvres du brun avec les siennes, un baiser doux et passionné tout en accélérant le rythme de leur danse amoureuse. Les coups de reins du blond devinrent plus forts et impétueux, les gémissements de ces deux corps emportés par les ardeurs du plaisir accompagnèrent leurs mouvements chauds et enflammés.
— Plus… Plus vite…
— Tu es bien impatient tout d'un coup…
Sasuke n'en revenait pas, il réclamait plus !
Naruto se mouvait en lui avec force et passion. Il sentait le sexe de celui-ci se fondre en lui à chaque mouvement, plus loin de plus en plus loin. La douleur qu'il avait éprouvée un instant plus tôt avait disparu pour se transformer en une sensation de plénitude frémissante et passionnée. Les coups de reins se firent plus énergiques et profonds, Sasuke sentait le sexe de son amant toucher quelque chose en lui et à chaque geste, un grand plaisir le saisissait. Il voulait plus.
— … Vite… S'il te plait… Plus vite.
— Sasuke…
À la voix si exquise et rauque de son compagnon, Naruto laissa échapper un râle. Remuant ses hanches puissantes, il écrasait son ventre contre celui de son amant pour plonger toujours plus loin. Puis il fit monter en lui une vague de plaisir qui le dévasta.
— Naruto !!, cria Sasuke tout laissant le désir explosé.
Totalement perdus dans leur désir, ils coururent ensemble jusqu'aux portes de la jouissance. Naruto se laissa tomber sur Sasuke, complètement épuisé, des gémissements étouffés s'élevant dans la chambre. Leurs corps en sueur, totalement épuisés, ils tentèrent de reprendre pied dans la réalité. Peu à peu, les étoiles s'éloignèrent, le feu d'artifice ne s'anima plus, la danse s'arrêta…
D'un geste lent, Naruto se retira et s'allongea aux côtés du brun tout le prenant dans ses bras.
— Pardon, je… Suis venu en toi…, fit-il, tout en tentant de reprendre sa respiration.
Sasuke se tourna vers lui et murmura :
— Tu… C'était bon.
— J'ai l'impression que je me suis laissé guider par mon désir et que je suis venu à un peu trop vite…, ajouta-t-il tout en détournant le regard.
— Non…, souffla Sasuke tout en lui caressant la joue. Je n'ai jamais éprouvé autant de plaisir… Je ne pensais pas que ça pouvait être aussi intense, termina-t-il, gêné.
À la réponse du brun, Naruto sourit.
— Je t'ai fait mal ? s'enquit-il en l'attirant encore plus près de lui.
— Non…, mentit-il.
— Menteur, lança le blond avec un sourire.
— Bon, d'accord, un peu…
Peu convaincu, Naruto le fixa un moment et finit par se contenter de cette réponse.
— Tu sais, reprit Sasuke.
— Hm ?
— Ta question, « qu'est-ce que j'ai bien pu te faire ? », je pense avoir la réponse.
— Je le pense aussi, fit Naruto en déposant un baiser sur le front du brun.
Oui, ils l'avaient trouvée.
Jamais ils n'avaient éprouvé un tel plaisir en faisant l'amour avec une femme. Pourtant, le désir était tout aussi présent, mais étrangement beaucoup moins puissant.
Leurs cœurs étaient sur la même longueur d'onde et leurs corps l'étaient tout autant. Ce n'était pas une simple relation sexuelle ; ce qu'ils venaient de partager était bien plus que ça.
Il y avait un sentiment…
Un sentiment refoulé et mis de côté…
Ils avaient fait l'amour…
Cela voulait tout dire.
— Naruto ?
— Oui ?
— Promets-moi de protéger ton nom et tout ce que tu as construit.
— Je ne comprends…
— Promets-le-moi !, le coupa Sasuke.
Naruto le fixa pendant un instant. Il comprit que cela ne servirait à rien de discuter. Son compagnon avait sa décision et il devrait s'y conformer.
— Je te le promets.
— Merci.
Pour toute réponse, le silence fut sa réponse.
— Tu trouves que c'est une mauvaise idée, n'est-ce pas ?, s'enquit le brun.
— Je ne sais pas… Tu as sûrement raison…
— Vous savez, Monsieur le président, vous n'êtes pas seul.
— C'est faux, je l'ai toujours été…
— Non… Tu as la plus grande et loyale des familles, mais tu ne l'as jamais le temps de la voir.
Naruto le serra davantage contre lui. Il ne voulait pas réfléchir à tout ça maintenant. Il avait beaucoup mieux à faire, surtout en sentant ce corps contre lui.
— Je crois que j'ai envie de recommencer, lança-t-il au bout d'un moment.
— Quoi ?!
— Pas toi ?
— Si, mais tu m'as…
— Oui, très envie même !, le coupa Naruto tout en capturant les lèvres de son amant.
« Et dire qu'on parlait des choses sérieuses… » Se dit Sasuke tout en se laissant entrainer de nouveau dans un monde de pur plaisir et de luxure.
oOoOoOo
Le réveil indiquait cinq heures du matin. La nuit avait été longue et plus que délicieuse. Naruto ne parvenait pas dormir, du coup il avançait un peu dans son travail. Cependant, son regard ne cessait de se poser sur le corps endormi non loin de lui. Sasuke était allongé sur ce grand lit, partiellement couvert. Il semblait serein et heureux, mais surtout totalement épuisé. À regret, il quitta sa contemplation et reprit son travail. Ces dernières semaines, il devait avouer qu'il avait délaissé sa société… Il rentrait plus tôt, annulait des rendez-vous et parfois même laissait tout à Sakura…
Comment arrivait-elle à le supporter ? Elle était plus conciliante que d'habitude… Plus à l'écoute sur le plan privé, elle ne le jugeait pas et surtout elle le soutenait.
Cependant, après ce que Sasuke lui avait dit et surtout où celui-ci travaillait, il se demandait si elle savait… ?
C'était sûrement le cas…
La connaissant, elle devait le savoir. Cependant, pourquoi ne lui avoir rien dit ?
Enfin, peu lui important maintenant…
Il soupira légèrement et se concentra sur son écran. Après avoir relu le contre-rendu que Sakura avait établi sur la dernière réunion entre services, il se décida à aller consulter ses e-mails. Un en particulier retint son attention. Il l'ouvrit et se mit à le lire.
« Salut Monsieur le déserteur,
J'espère que tu ne vas pas prendre goût à ça… Le client était mécontent de me voir arriver sans toi. J'ai pris un autre rendez-vous pour que vous puissiez mettre le reste en place. Il est d'accord pour s'implanter ici, mais les commissions risquent de nous faire défaut… Enfin, tu verras ça.
Ne sois pas en retard demain, OK ? On a une réunion avec les administrateurs et, dans l'après-midi, une avec les actionnaires. Alors, sois à l'heure !
Sinon pour le reste, j'ai remarqué que notre chef de service juridique n'était pas là cet après-midi.
Ah, oui ! Je sais que Sasuke est ton chéri, mais pas depuis longtemps, rassure-toi. J'espère qu'il ne l'a pas mal pris. Il peut être têtu parfois… Mais je te fais confiance pour ne pas lâcher l'affaire, c'est l'une de tes nombreuses qualités, de ne jamais abandonner.
Tu sais, il tient à toi, bien plus que tu ne le penses, rassure-le et écoute-le. Et toi ! Ne garde rien pour toi, parfois, on a besoin de dire les choses avec des mots, même si on sait pertinemment ce que l'autre éprouve. Si tu fuis ce que Sasuke t'apporte, tu le regretteras et ça, je ne veux pas.
Je t'embrasse,
À demain 9h.»
P.S. : j'espère que tu ne l'as pas trop fatigué :p.
À la fin de la lecture, Naruto sourit.
— Les femmes…, murmura-t-il, amusé.
À cet instant, un faible gémissement lui parvint. Il quitta son bureau de fortune et se plaça près du lit. Il observa les légers mouvements du brun avec une grande attention. Le drap dévoila une épaule fine et un cou qui ne demandait qu'une chose : être parsemés de baisers. Il le regarda dormir pendant des longues minutes en se demandant ce qu'il aurait fait si Sasuke avait répondu non. Si sa réponse avait été négative, cela voudrait dire qu'il l'aurait quitté…
La maison et le travail… Tout…
À cette pensée, il frissonna. Il lui était impossible de concevoir sa vie sans lui… Maintenant, il était le centre de tout, il le savait.
Tout doucement, Naruto s'avança vers lui et s'assit sur le bord du lit. De sa main, il lui remit une de ses mèches de cheveux en place, puis il murmura :
— Ne Sasuke, crois-tu au pouvoir des mots ?
Sasuke gémit de nouveau. Naruto lui caressa la joue et sourit.
— Moi, je n'y crois pas trop, mais… Je veux que tu saches que…
La main du bel endormi se posa sur celle de son amant et d'une voix faible il répondit :
— Je sais. Tu n'as pas besoin de les dire.
Naruto sourit davantage, heureux d'être compris. Cependant, pour une fois, il voulait les exprimer. Au moins une fois, rien qu'une fois…
Il s'approcha de son amant, tout en réduisant la distance il murmura :
— … aime…
Pour toute réponse, Sasuke l'attira à lui et l'embrassa avec passion.
Il avait succombé si facilement… Sans qu'il ne puisse s'en rendre compte, ses sentiments pour lui avaient changé pour se transformer au-delà du possible. Cela avait commencé par un baiser cruel et douloureux, pour se métamorphoser par la suite en une étreinte passionnée et amoureuse.
Leur relation débutait à peine. Pourtant, jamais ils n'avaient éprouvé une telle émotion suite à une caresse, un baiser, un murmure… Ils partageaient le même sentiment mais étaient d'un monde plutôt différent… Néanmoins, Sasuke savait qu'il ne pourrait plus jamais le quitter, ou tout simplement lui dire non…
Après avoir goûté à ce plaisir, à cette plénitude, il ne voulait qu'une chose : que cela ne s'arrête jamais.
— Moi aussi… fit-il d'une même voix.
oOoOoOo
Pendant le trajet de retour…
Un silence pesant régnait dans la voiture. Naruto conduisait tout en jetant des coups d'œil inquiet sur le siège arrière.
— Écoute… Tu ne…
— Tais-toi !
— Mais…
— Je ne veux pas t'entendre ! Vieux Pervers !
— Vieux ?! J'ai à peine cinq ans plus que toi…
Naruto se tut et se contenta de fixer la route.
« Je l'ai pourtant prévenu… »
Pourquoi était-il de cette humeur ? La réponse était simple…
Après leur étreinte et confession mutuelle, l'heure du départ avait sonné. Cependant, au moment où Sasuke s'apprêta à se lever pour aller prendre sa douche, il se rendit compte qu'il lui était difficile de faire un pas sans qu'une douleur lancinante ne le saisisse au niveau des reins. Et depuis qu'ils avaient pris la route, celui-ci se retrouvait en position inconfortable sur le siège arrière…
Naruto reporta de nouveau son regard sur son amant et ne put s'empêcher de se sentir coupable. Ils avaient pris un énorme plaisir, mais pour leur première fois, il aurait dû faire preuve de retenue. Il s'apprêta à s'excuser quand la voix de Sasuke s'éleva :
— Excuse-moi…
Surpris par les mots de son compagnon, Naruto fixa le reflet que le rétroviseur lui exposait sans trop savoir quoi répondre. C'était à lui de s'excuser, pas le contraire.
— Pourquoi tu dis ça ? C'est à moi de te demander pardon…
— Non… Hier soir c'était tellement fort et le plaisir a été si intense…, commença-t-il en détournant le regard. J'ai aimé faire ça avec toi… Mais je me rends compte aussi que ça va me prendre un peu de temps pour m'habituer… Alors, ne fais pas cette tête.
— Quel genre de tête ?!
— Avec ce regard coupable et cette mine désolée…
Un rire léger se fit entendre dans la voiture.
— Arrête de rigoler, je souffre moi…
— Pardon, pardon, répondit Naruto sans pourtant autant cesser de rire.
Sasuke observa son compagnon un court instant et finit par sourire. C'était la première fois qu'il l'entendait rire, du moins de bon cœur, et cela le touchait.
— Ce soir, je te prépa…
— Ce soir ? Tu rêves !
— Quoi ?!, s'exclama le blond en se tournant vers Sasuke.
— Regarde la route !
Naruto s'exécuta, mais à peine avait-il aperçu l'aire de repos, qu'il s'engagea vers la sortie. Une fois garé, il détacha sa ceinture et se retourna vers son amant qui s'était redressé.
— À quoi tu joues ? Tu oublies que tu as une réunion ?
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Ce que tu as compris…, fit Sasuke en quittant le siège arrière.
Il regagna la voiture et s'installa tout doucement au côté passager.
— Mais… Pourquoi ? Je te promets que je te…
— On l'a fait combien de fois hier soir ?, s'enquit le brun, en attachant sa ceinture.
— Trois fois…, répondit Naruto avec un sourire fier.
— Tu as ta réponse…
— Mais…
Sasuke déposa sa main sur la nuque de son compagnon et l'attira à lui. D'une voix légèrement froide, il dit :
— Je ne suis pas une machine. Ce soir, tu n'auras rien !
— D'acc… D'accord…
Naruto n'en revenait pas. Le regard qui s'était posé sur lui, l'avait transpercé de toute part. Il frissonna de plaisir.
Honteux de sa réaction, il détourna le regard et reprit la route. Sasuke avait raison, il n'était pas une machine.
Mais comment était-il supposé faire avec un corps aussi désirable que le sien ?
Même maintenant, il éprouvait une envie folle de le prendre sur place.
Cependant, il devrait agir autrement. Sasuke n'était pas un coup d'un soir, il était bien plus que cela. Il éprouvait des sentiments pour lui et il souhaitait partager bien plus que du sexe.
Alors, il patienterait.
— Demain soir alors ?, fit-il avec un air candide.
oOoOoOo
D'un pas assuré, Naruto pénétra dans le hall de sa société. Il prit la direction de l'ascenseur et d'une voix joyeuse, il lança :
— Bonjour !
— Bon… Bonjour Monsieur !
Surprises, les deux jeunes femmes à l'accueil se regardèrent.
— Il souriait ?, soulignèrent-elles d'une même voix.
Elles suivirent la démarche assurée de leur président avec une énorme attention. Une fois qu'il eut disparu derrière les portes de l'ascenseur, elles murmurèrent :
— Il souriait vraiment…
— Oui, répondit un jeune homme.
— C'est la première fois que je le vois sourire…, ajouta un autre.
— Pareil.
— Je me demande pourquoi…
— Un nouveau contrat ?
— Non, le contredit une.
— Je ne pense pas aussi. La société a toujours été prolifique, ce n'est pas nouveau, renchérit un autre.
— Si ce n'est pas le travail ? C'est…
— Il est peut-être tombé amoureux ?, le coupa une.
— Non… tu crois ?, s'enquit un.
— Mince alors ! Je me demande qui a réussi à le dérider…
— Va savoir…
Au dernier étage, Sakura était en train de consulter ses dossiers quand la porte de son bureau s'ouvrit avec un certain fracas.
— Toi !, lança-t-il en la pointant du doigt.
Son sourire semblait s'être envolé…
— On ne pointe pas les gens du doigt, répliqua la jeune femme.
— Tu as intérêt à avoir une bonne explication, fit-il.
— Bonjour à toi aussi… Et tu es en avance, en plus !
— Tu aurais dû me le dire, dit-il en s'installant sur un fauteuil.
— Te dire quoi ?
— Arrête ça…
Avec un soupir, Sakura ferma le dossier sur lequel elle travaillait et porta toute son attention sur son ami et accessoirement patron.
— Tu le penses vraiment ?
— Bien sûr !
— Pas moi… Car tu n'aurais sûrement pas agi de la même façon, je me trompe ?
— N'importe quoi…
— Ben voyons… Sasuke est arrivé avec toi ?
Tout en déboutant les boutons de sa veste, Naruto regarda la jeune femme dans les yeux et répondit :
— Non. Il veut que les choses restent comme avant.
— C'est compréhensible.
— Pfff…
Il ne voulait pas l'avouer, mais c'était vrai. Il comprenait les raisons de Sasuke et partageait son point de vue sur certaines choses, mais c'était difficile à accepter. Ils se trouvaient sous le même toit, cependant ils ne pouvaient pas se permettre que leur relation soit connue de tous. Pour l'un comme pour l'autre, cela n'engendrerait que des problèmes.
Il avait tenté de le dissuader… Néanmoins, Sasuke lui avait rétorqué qu'il devait penser à tous ses employés et partenaires qui subsistaient par le biais de sa société et de son nom.
Ce nom qui avait fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui.
Un homme d'affaires intraitable, puissant et droit.
Grâce à ce même nom, sa vie avait pris un tournant inattendu. Il s'était façonné peu à peu, que ce soit professionnellement ou personnellement.
Alors…
Il n'avait pas le droit d'agir de manière égoïste.
Et finalement, il avait dit oui…
Il devait protéger tout cela.
Sa famille.
Leur vie à eux se construirait en dehors de ces murs…
Il y aurait sûrement de bons côtés à tout ça…
Oui… Il y en aurait.
Il ferait tout pour ça.
— Tu sais…
— Pas de sermon…
— Écoute et tais-toi !
— Oui, maman…
— Idiot !, répliqua-t-elle en lui lançant un papier roulé en boule.
Amusé par sa réaction, Naruto esquiva et se mit à rire.
— Pourquoi tu ris ?
— La vie est étrange.
— Je… Je ne te suis pas…
— Qui aurait cru qu'un jour je tomberais sous le charme d'un homme et surtout l'un de mes employés...
— Tu l'as dit… Mais tu dois sa…
— Tu n'as pas besoin de me sermonner, l'interrompit-il. J'avais déjà compris, mais tout à l'heure dans l'ascenseur, les portes se sont ouvertes sur son étage et une colère sourde m'a envahi… Il était là, une dizaine d'étages nous séparant, et je ne pouvais pas aller le voir ni même prendre un café avec lui…
— Naruto, rien ne t'empêche de le faire venir dans ton bureau, je peux même le faire pour toi…
— Je sais… Mais on devrait se cacher, ce n'est pas facile à supporter… Il me faudra du temps pour y parvenir, mais je n'ai pas le choix, non ?, termina-t-il avec un sourire.
— Sûrement, concéda-t-elle avec un même sourire. En rentrant à la maison ce soir, je pense que tu comprendras que tous tes efforts auront servi à quelque chose et que cela balayera tous tes doutes aussi facilement qu'une feuille au pied d'un arbre par une brise d'été.
— Hm… Tu le crois vraiment ?
— Oui.
— J'aurais aimé que ce soit autrement…
— Je le sais.
Il porta son regard sur le ciel bleu que la fenêtre lui exposa et dit :
— Je dois protéger ma famille, n'est-ce pas ?
— C'est ce que tu as toujours fait.
— Mais cette fois, je dois la protéger de moi-même. J'ai toujours cru que j'étais seul. Cependant, je me rends compte que ce lieu, ces personnes qui travaillent pour moi, toi, ta famille et maintenant Sasuke… Vous êtes ma famille. Je pensais que cela m'était égal…
— Quoi donc ?
— J'ai crié à Sasuke que peu importait mon nom, ma société, tant qu'il était avec moi… Tout cela m'était égal. Tant qu'il était près de moi.
— Il a répondu quoi ?
— Il m'a passé un savon, et il a ajouté que j'étais un idiot, répondit-il avec un rire.
— C'est vrai. Tu es un idiot. Si tu pensais que personne ne se souciait de toi, tu es vraiment un imbécile. Les gens qui travaillent pour toi te sont fidèles. Pas parce qu'ils te craignent, mais parce qu'ils te respectent. Ils n'oseront jamais te l'avouer, mais ils te le prouvent chaque jour en travaillant dur.
— Pendant toutes ces années, je me croyais sans lien… Sans repère.
— Ça t'a pris beaucoup de temps pour te rendre compte du contraire.
— Oui. Beaucoup trop, si tu veux mon avis, conclut-il avec un sourire.
Le silence s'installa entre eux. Étrangement, ce n'était pas un silence lourd et oppressant, non. C'était plutôt apaisant et léger.
C'était agréable.
— Bon, ce n'est pas tout, fit-elle au bout d'un moment en consultant sa montre. La réunion nous attend.
— On est obligés d'y aller ?
— Tu as trop flâné, bouge feignant !
— Oui, oui…
Il devrait travailler deux plus.
Pour le bien de tous, il devrait être fort.
Pour le bien de tous…
oOoOoOo
Il était vingt-trois heures quand la réunion avec les actionnaires se termina. Cependant, pour Naruto, la journée de travail ne semblait avoir de fin. Une fois dans sa voiture, il ouvrit un dossier et se mit à le parcourir. Ces documents auraient dû quitter son bureau deux semaines auparavant, déjà…
Décidément, il s'était vraiment laissé aller…
— Je vous conduis chez vous, Monsieur ? S'enquit Rei.
— Hm ? Je dois retourner au bureau avant, répondit-il en consultant son ordinateur. J'ai oublié un dossier.
— Bien.
Très vite, il se reprit et lança :
— Finalement, ça attendra demain. Je veux être chez moi, j'ai déjà trop tardé.
— Très bien, Monsieur, lui sourit l'homme.
Le trajet en voiture continua en silence. Le portable était éteint, les dossiers rangés dans sa mallette. Toute son attention était focalisée sur le décor que la nuit lui exposait. Ce même décor qu'il avait contemplé sans réellement le voir quelques semaines auparavant, à l'instant où il avait pris conscience de l'importance de Sasuke dans sa vie.
Ce soir-là, il avait agi de façon irréfléchie et stupide.
Ce soir-là, il avait goûté à ses lèvres de la plus cruelle des façons.
Ce soir-là, il avait senti une étrange émotion naître en lui.
Ce soir-là, où tout avait commencé…
Et ce soir où tout se poursuivait.
Rentrer à la maison, c'était sa priorité.
— Je viens vous chercher à la même heure, Monsieur ?, lança Rei une fois arrivée.
— Non, sept heures.
— Bien, bonne fin de soirée.
— Merci, à toi aussi.
Naruto sortit de la voiture et, d'un pas rapide, gravit les premières marches qui se présentaient devant lui. Il composa son code d'entrée et se précipita vers l'ascenseur. Il appuya sur le chiffre de son étage et attendit.
Pourquoi était-il impatient de rentrer, tout d'un coup ?
Le fait d'avoir pris conscience des sentiments pour Sasuke y était-il pour quelque chose ?
Sûrement.
Cet homme lui avait ouvert les yeux sur beaucoup de choses, mais la plus importante était sûrement lui-même.
Il s'apprêta à sortir ses clés quand la porte s'ouvrit.
Surpris, Naruto fixa son ami, ne sachant quoi dire. Alors avec un sourire, il leva légèrement le bras pour lui montrer ce qu'il était sur le point faire.
— J'allais ouvrir…
— Je vois ça, fit Sasuke.
— Tu m'attendais…
Avec un sourire, Sasuke lui prit le bras et l'attira à l'intérieur.
— Naruto.
— Oui ?
— Okaeri.
À ce simple mot, une émotion perdue depuis des années le submergea.
Combien de temps cela faisait-il depuis qu'il avait entendu quelqu'un lui dire ça pour la dernière fois ?
Combien de temps cela faisait-il qu'il ne s'était pas senti chez lui en rentrant quelque part ?
Mais là… Pour la première fois depuis plus de dix-neuf ans, il se sentait heureux de retrouver la maison. Il avait quelqu'un auprès du quel rentrer.
« En rentrant à la maison ce soir, je pense que tu comprendras que tous tes efforts auront servi à quelque chose… »
Sakura avait raison…
Peu lui important qu'il soit avec lui la journée, tant qu'il le retrouvait chez eux une fois celle-ci finie.
Il avait un chez lui.
Il avait un foyer.
Il avait Sasuke.
Tout en fermant la porte derrière lui, il répondit :
— Ta… Tadaima !
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Fin.
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Certaines personnes seront peut-être déçues par cette fin, mais pour moi c'est la meilleure pour cette histoire.
J'espère que vous vous n'êtes pas trop ennuyés… merci pour toutes vos reviews, je vais répondre très vite.
Merci d'avoir tenu jusqu'ici.
Kain
