Disclaimer: Naruto n'est pas mien. Gneuh. Mais j'y travaille.
Tout d'abord, désolée du retard. Ca fait plus d'un… deux… trois mois que je n'ai pas posté de chapitre parce que je n'avais ni le temps, ni l'envie d'écrire (damned). Mais je m'y remets ! Un gros merci à ishime, qui a relevé méticuleusement toutes mes fautes dans le premier chapitre. J'espère que ce chapitre sera plus... propre^^ Merci aussi à kaghiyyami pour m'avoir livré tes impressions honnêtement.
A FEU ET A SANG
Chapitre 9
Ils franchirent la frontière entre les terres Uchiha et les terres Haruno trois semaines, jour pour jour, après qu'ils soient partis de la capitale. Sakura ne se lassait pas de s'emplir la vue de ce qui serait, dans un futur proche, sien ; il lui semblait que les paysans de ce côté-ci de la frontière avaient des mines plus heureuses, et leurs enfants des vêtements plus propres et des joues plus rondes. Il ne fallait pas qu'elle laisse les Uchiha (elle crachait ce mot, ce nom qu'elle éxecrait, même mentalement) envahir ses terres, tuer ses sujets, piller ses villages.
La route principale devenait de plus en plus fréquentée au fur et à mesure qu'ils approchaient de Haruyama, la capitale des seigneurs Haruno. De nombreux marchands y affluaient, bloquant la route avec leurs ânes et leurs véhicules, et c'était un flot de couleur, un flot bruyant et vulgaire au dessus duquel fusaient les réparties salasses et les rires gras. Sakura se sentait hors de son monde, différente, intimidée par ces hommes inéduqués et par leur femmes, larges bonnes vivantes aux mains rudes et à la langue aiguisée.
Kakashi et Naruto, au contraire, semblaient tout à fait à l'aise dans ce milieu. Il arrivait souvent que ce dernier bondisse hors de la charrette pour aller donner un coup de main à un homme, ou pour rendre à un enfant un jouet qu'il ne pouvait atteindre. Kakashi, quoique plus méfiant, échangeait parfois des plaisanteries avec eux autour du feu de camp, lorsqu'ils s'arrêtaient la nuit ; mais Sasuke, comme Sakura, restait à l'écart, sauf quand Naruto, avec son entrain habituel, l'entraînait dans la conversation.
Les marchands parlaient souvent politique ; et en ces moments Sakura, qui d'habitude ne prêtait qu'une oreille distraite à leurs paroles, écoutait attentivement.
Les Uchiha étaient souvent sujets d'insultes.
« Des vautours, » grommela un jour un marchand, un gros homme, au teint rouge et au nez épaté.
Il se tenait affaissé, comme si la graisse qui pendouillait en bourrelets autour de son ventre était un poids énorme qui le tirait vers l'avant inexorablement. Ses petits yeux porcins, noirs, presque entièrement cachés par ses abondants sourcils, et qui d'ordinaire brillaient d'avarice au dessus de joues blanches et flasques, lançaient un regard impérieux à l'assemblée présente, défiant silencieusement les autres marchands de le contredire.
« Ce serait notre ruine à tous s'ils envahissaient cette terre, ajouta un autre, qui était, lui, petit et malingre.
- Que les corbeaux mangent leurs entrailles ! proféra les premier. »
Les autres acquiescèrent ; Kakashi hocha brièvement de la tête mais garda ses yeux plongés dans les flammes. Sakura lui jeta un coup d'œil : ses sourcils étaient froncés, il réfléchissait. Puis il secoua légèrement la tête et, d'une voix calme, posa la question suivante :
« Qu'est-ce que cela changerait pour nous s'ils envahissaient ces terres ? »
Les hommes le regardèrent, silencieux et médusés. Il était clair qu'aucun d'entre eux n'avait essayé de voir la situation sous cet angle-là. Sakura se mordit la langue pour ne pas répliquer : ce ne serait pas considéré comme naturel venant d'une fille de marchand – elle était censée se taire, s'affairer autour du camps et surtout, ne rien connaître à la politique, au monde des hommes. Elle se risqua tout de même à tousser discrètement. Elle voyageait désormais avec Kakashi depuis des semaines, et elle le savait corps et âme anti-Uchiha : ce n'était donc pas une hypothétique traîtrise qui l'inquiétait, mais plutôt le fait qu'ils ne pouvaient pas se permettre de se mettre les marchands à dos.
Kakashi se contenta de lui jeter un coup d'œil sévère, comme un père disant à sa fille de se tenir tranquille. Elle comprit qu'il lui disait d'être patience, qu'il savait ce qu'il faisait, mais elle n'en fut pas rassurée pour autant.
« Ce que cela changerait ? C'est évident, évident… marmonna le gros marchand, s'essuyant le front avec sa manche - il n'y avait pourtant pas de quoi : le froid glacial de l'hiver commençait à se faire sentir.
- Ils tueraient nos enfants, nos femmes, et pilleraient nos villages, voilà ce que cela changerait ! dit un homme, petit de taille mais large d'épaules, et avec un cou de taureau. Sakura le remercia silencieusement pour son bon sens.
- Rien de tout cela sous les Haruno, renchérit un autre. Le commerce est prospère. On gagne bien notre vie. Cela fait des années qu'il n'y a plus eu de famines.
- Mais qui vous dit que les Uchiha amèneraient la guerre et la misère ? »
Cette fois-ci, les hommes restèrent perplexes. Sakura crut bien qu'ils n'allaient pas répondre, et se lèveraient un à un pour rejoindre leur charrettes, bêtes et famille, si famille ils avaient. Mais le gros marchand se leva d'un bond et s'écria :
« Espion ! Traître ! »
Ce à quoi Cou-de-taureau répondit :
« Il n'est pas pensable de tenir de tels propos !
- Ce sont nos maîtres, répondit simplement le petit marchand malingre. Nous leur devons notre loyauté inconditionnelle ; cela fait des années qu'ils nous gouvernent. Personne n'a envie de les voir remplacés par d'autres, aussi justes et bons soient-ils. »
Sakura fut étonnée par son ton paisible et équivoque : elle pensait qu'il serait au contraire un des premiers à s'énerver, à sautiller sur place, son visage maigre habité par des tics nerveux. Elle se promit mentalement de ne plus jamais juger qui que ce soit sur leur apparence, aussi ingrate fut-elle.
« Et ce sont les miens également. Il n'y a pas lieu de s'énerver ; je suis aussi peu désireux que vous de voir les Uchiha s'accaparer le pouvoir dans ce pays, répliqua calmement Kakashi ; mais plusieurs marchands quittèrent le cercle d'un pas raide, et le reste partirent peu après, s'excusant d'un air gêné et maladroit.
Sakura s'approcha vivement de Kakashi.
« Que pensiez-vous accomplir par là ? Il serait extrêmement endomageant que nous soyons pris pour des fauteurs de troubles !
- Je voulais simplement tester la profondeur de leur loyauté envers les Haruno.
- Et quel est le résultat de cette enquête ? exigea-t-elle en essayant de modérer sa colère.
- Ce ne sont pas des penseurs de premier ordre, mais leur loyauté est véritable. Ils soutiendront le prochain héritier des Haruno. »
Il croisa son regard furieux et ajouta, avec un demi-sourire mystérieux :
« Qui qu'il soit. »
« Même si c'est une femme ? » se demanda Sakura. Elle avait vu comment ces marchands traitaient leur épouses. Même ici, même en terre Haruno, elles avaient un statut inférieur. Sakura avait grandi en terre Uzumaki, avant qu'elle ne soit conquise par les Uchiha, et elle était bien placée pour savoir que, qui que soit le seigneur, la situation des femmes restait la même. Un être humain seul ne pouvait pas se dresser contre le flot de la culture et de la tradition : mais si elle était acceptée comme chef de clan, ce serait un grand pas vers une liberté, si pas complète, au moins partielle de son sexe.
« C'est une bonne chose, murmura Naruto : Sakura ne fut pas surprise de l'entendre s'exprimer ainsi ; depuis qu'elle l'avait rencontré elle sentait bien que lui non plus n'était pas pro-Uchiha – et même bien le contraire.
- En quoi est-ce une bonne chose ? demanda brusquement Sasuke. Si le clan Uchiha venait à envahir ce pays, ils seraient exécutés pour cette loyauté.
- Je ne te savais pas capable de compassion, Sasuke, dit Naruto d'un ton qui se voulait amusé, mais qui apparut plutôt cassant.
- Ce n'est pas de la compassion : c'est un fait.
- Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir d'un peuple, Sasuke, dit alors Kakashi d'une voix neutre. Les seigneurs ne peuvent pas gouverner seuls. Il leur faut l'appui du peuple, sans quoi ils s'exposent à une révolution.
- Je pense que père a raison. »
Sakura parlait pour la première fois. Les trois hommes se tournèrent vers elle, prêts à écouter ce qu'elle avait à dire, comme souvent désormais lorsqu'elle prenait la parole.
« Les nobles, et même l'armée, sont beaucoup moins nombreux que tous ces marchands, sans compter les paysans et les artisans. S'ils venaient à se lever contre leurs dirigeants, ils gagneraient sûrement.
- Ils n'ont pas d'armes, fit remarquer Sasuke.
- Tout de même, persista-t-elle. Le nombre finirait par l'emporter.
- Mais tous ces paysans, tous ces marchands, comme tu dis, se dresseraient-ils contre leurs souverains, même s'ils ne sont pas légitimes ?
- Les pauvres ne sont pas aussi peureux que tu sembles le croire, dit-elle en rencontrant son regard. »
Elle était elle-même étonnée de la force de sa conviction. Ce voyage l'avait transformée, c'était un fait. De geisha mécontente de son existence, elle était passée à une fille un peu perdue et surprise par le monde qui l'entourait, puis à ce qu'elle était désormais. Elle n'étais pas encore souveraine en pratique, mais dans le faits elle avait acquis confiance en elle et avait pris conscience des réalités de son monde, deux qualités qui lui serviraient plus tard. Elle savait désormais se faire d'acier lorsque les circonstance l'exigeaient, afin de mieux pouvoir convaincre ses auditeurs.
Sasuke ne répondit pas, et, d'un commun accord, ils décidèrent de se coucher. Ils n'étaient plus qu'à quelques lieues de la capitale : ils arriveraient le lendemain, si tout se déroulait comme prévu. Malgré sa nouvelle détermination, Sakura se sentait anxieuse. Durant ce périple tout entier elle avait été focalisée sur son but et maintenant qu'elle l'atteignait, elle ne savait plus quoi penser ; sans compter qu'elle redoutait également la dissolution de leur petit groupe. Du fait de leur arrivée à la capitale, il n'y avait plus de raisons pour qu'ils restent ensemble : or, elle ne voulait pas les quitter. Avec eux, avec Naruto, Sasuke et Kakashi, elle s'était senti en sécurité.
Elle soupira et se retourna plusieurs fois, s'enroulant dans sa mince couverture, avant de trouver le sommeil.
--
Le jour se leva paresseusement ce matin-là. Sakura, Sasuke, Naruto et Kakashi furent debout bien avant le lever du soleil, remballant leurs affaires avec les gestes précis et efficaces des gens qui voyagent depuis des semaines : Sakura roula les nattes de paille et les couvertures, Naruto attela l'âne et Sasuke rangea leur bric et brac au fond de la charrette tandis que Kakashi préparait en vitesse un maigre repas. Ils mangèrent en silence, avalant sans mâcher, pressés de partir. Quand ils eurent fini, Naruto étouffa les braises encore rougeoyantes du feu et ils se mirent en route.
Une ou deux heures plus tard, Sakura, que le froid et l'appréhension commençaient à glacer, sauta à bas de la charrette pour marcher aux côtés de Naruto. Ils n'étaient pas censés arriver avant plusieurs heures encore mais il lui semblait que quelqu'un avait fait un nœud à son estomac ; elle se sentait à la fois fiévreuse et fatiguée, comme si ses sandales étaient faites de plomb : elle avait du mal à lever les pieds pour avancer. L'air frais et la conversation décousue qu'elle entretenait avec Naruto finirent par la calmer.
Vers midi, à un détour du chemin, Haruyama apparut enfin. Adossée contre une montagne raide et rocheuse, pelotonnée au bord de la mer, nichée comme un joyau sur un lit de velours vert, elle s'offrit aux yeux ébahis de Sakura, si grande, si impressionante, comme une mère qui accueille en riant ses enfants en son sein, tous autant qu'ils fussent. De là où elle était, la jeune femme pouvait voir le cortège des voyageurs serpenter à travers les rizières pour aller se noyer dans le flot de la ville, riant, jurant, tous aussi heureux et émerveillés qu'elle d'apercevoir, enfin, la capitale, Haruyama, la ville du printemps, jeune encore, et pleine d'espoir – si différente, à ses yeux, de tout ce qu'elle avait vu jusque là.
Et puis, dans l'air vif de l'hiver, retentit le grondement d'un gong. Le bruit – oh si familier ! – amena des larmes aux yeux de Sakura, et instinctivement elle se tourna vers le temple qu'on devinait, caché au milieu du brouillard des montagnes, quelques centaines de mètres au dessus de la ville ; elle adressa alors à tous les dieux qu'elle connaissait la prière muette que son entreprise réussisse.
Ils avançaient plus lentement désormais : le flot de gens était compact. Naruto grimpa dans la charrette et aida Sakura à faire de même, afin de ne pas perdre Kakashi et Sasuke de vue. Laissant leur jambe pendre hors du véhicule, ils parlèrent de tout et de rien, partant de temps en temps de grands éclats de rire. Sasuke, qui avait mis pied à terre et marchait à côté de son cheval en le tenant par la bride, contribuait de temps en temps à la conversation. Sakura remarqua cependant sur son visage une tension inhabituelle, et il semblait plus fermé, plus comme quand elle l'avait rencontré. Son expression semblait confirmer que leur voyage presque irréel touchait à sa fin.
« Sakura-chan ! la suppliait Naruto. Tu ne veux pas m'épouser ? »
Et à cette question qu'il lui posait si souvent, depuis qu'elle l'avait rencontré, en riant, elle donnait sa réponse habituelle :
« Non ! Ca ne serait pas convenable ! Je suis déjà fiancée.
- A qui ?
- A un grand seigneur.
- Mais je suis un grand seigneur, répondit-il alors avec tout le sérieux du monde. Je suis le chef du clan Uchiha !
- Et moi je suis l'héritier des Uzumaki, répliqua alors Sasuke, pince-sans-rire.
- Et qui de vous deux aura ma main, au final ? » demanda Sakura en souriant : Naruto éclata de rire, et même Sasuke consentit à montrer son amusement, malgré son air morose.
C'était étrange : il lui semblait qu'en ces moments où elle leur parlait, il n'y avaient plus qu'eux qui existaient dans le monde. Le bruit des passants en semblait modifié, attenué, comme relégué en second plan. Naruto. Sasuke. Sakura. Leur amitié défiait toute logique, car elle allait à l'encontre des lois de méfiance, presque de paranoïa, du monde dont elle faisait désormais partie. Encore une fois, elle sentit clairement combien ils allaient lui manquer. Ils ne se connaissaient que depuis trois semaines, peut-être un peu plus, mais elle se sentait liée à eux ; ils partageaient beaucoup plus de chose qu'elle n'avait partagé avec les filles de l'okiya. Il n'y avait rien d'autre à expliquer.
Ils entrèrent sans difficulté dans la ville : à Haruyama, seul le quartier le plus ancien, celui où était situé le palais des Haruno, était fortifié. Ils trouvèrent rapidement une petite auberge gaie, avec des rubans de plusieurs couleurs attachés à son avant-toit et flottaient dans la brise, aux côtés d'une petite lanterne en papier rouge. Le ciel pâle de l'après-midi d'hiver commençait déjà à s'assombrir. Ils louèrent deux chambres, une pour Sasuke et Naruto, et l'autre pour Kakashi et Sakura - ils fonctionnaient ainsi, par un arrangement tacite, quand ils passaient une nuit dans une auberge, ce qu'ils avaient déjà fait en chemin – et s'installèrent rapidement, s'allongeant sur les fûton avec un soupir de contentement.
Kakashi lui jeta un coup d'œil :
« Tu es prête, pour demain ? demanda-t-il à mi-voix, pour éviter que Naruto ne l'entende à travers la fine cloison
- Oui – mais comment ferons-nous pour… murmura-t-elle en indiquant la chambre du blond d'un signe de tête.
- Tu oublies que nous allons payer nos respects à ton grand-père, demain. Ca devrait être suffisant pour expliquer notre absence et tes habits : s'il est vraiment ce qu'il prétend être, il n'y trouvera rien de suspicieux.
- Vous vous méfiez de lui.
- Évidemment, dit-il en haussant les épaules. Je me méfie de tout le monde. »
Et à nouveau, il rencontra ses yeux, mais si rapidement qu'elle ne réussit pas à déchiffrer son expression. Elle se demanda ce qu'ils feraient, lui et Sasuke, si jamais elle réussissait. Naruto, elle savait, disparaîtrait de son côté, soit pour rendre visite à sa mère comme il le prétextait, soit pour une autre raison. Mais Sasuke et Kakashi seraient obligés de rester en ville, au moins pour le reste de l'hiver. Elle ressentit à nouveau un pincement au cœur – elle ne pourrait pas les voir de toute façon – mais se concentra derechef sur leur plan.
Le lendemain, Sakura sortirait de son bagage le seul kimono présentable qu'elle aie apporté, et qu'elle avait conservé loin de la poussière spécialement pour sa rencontre avec le conseil du clan Haruno. Elle n'était absolument pas anxieuse quant à son apparence : une geisha savait comment s'habiller et se coiffer avec goût, quelque soient les circonstances. Sasuke irait demander une audience auprès du conseil, et Kakashi louerait un palanquin ; par contre, elle irait seule, elle y était résolue.
Ils descendirent manger ensemble, une dernière fois, bien qu'il fut encore tôt. Sakura fit de son mieux pour mémoriser leur sourires, leurs expressions, tout en profitant de ce dernier repas qu'elle passerait en leur compagnie. Puis ils remontèrent dans leur chambres, et le reste de la soirée fut consacrée au repos.
Son cœur battant d'un quelconque pressentiment, elle se réveilla au beau milieu de la nuit. Il était cette heure où le noir est absolu, où même les étoiles n'arrivent pas à percer l'encre du ciel et où les oiseaux nocturnes chassent. Inquiète sans savoir pourquoi, elle alluma la lampe que le propriétaire de l'auberge lui avait donnée, et se tourna du côté du matelas de Kakashi, s'attendant à le voir tourné sur le côté, respirant lentement et silencieusement, un bras plié sous sa tête, comme toujours lorsqu'il dormait.
Les couvertures étaient rejetées en arrière et le lit était vide.
Elle se leva rapidement et, ne prenant même pas le soin d'enfiler un vêtement au dessus de son yukata de nuit, traversa la chambre, ouvrit la porte coulissant, hésita un moment avant d'entrer dans la chambre de Naruto et Sasuke sans plus de cérémonie.
A la lueure tremblotante de sa lampe, elle vit Sasuke ouvrir les yeux et s'emparer du katana qu'il avait laissé à côté de son fûton.
« Sasuke-kun ! souffla-t-elle hâtivement, et il arrêta son mouvement.
- Qu'y a-t-il ?
- Ka – Père n'est pas dans son lit.
- Quoi ? »
Elle suivit son regard jusqu'au matelas de Naruto qui était, lui aussi, vide. Elle hoqueta de stupeur et de soulagement mêlés : ils étaient forcément ensemble. Pourtant, cette pensée lui laissa un sentiment bizarre, comme une inquiétude sourde.
Sasuke se leva, et elle détourna pudiquement le regard tandis qu'il enfilait un pantalon ample par-dessus son vêtement de nuit et qu'il attachait son sabre à sa ceinture. La jeune héritière Haruno sentit ses joues s'enflammer comme celles d'une jeune fille amoureuse en songeant à cette silhouette qu'elle n'avait qu'entr'aperçue et, furieuse contre elle-même, agrippa la lampe si fort que ses articulations blanchirent.
Elle se retourna en l'entendant prononcer son nom. Il se tenait près d'elle, une main posée négligemment sur son sabre et elle ne put ignorer ni le désir sous-jacent dans son regard, ni celui qu'elle sentait naître en elle. Ce n'était pas la première fois qu'elle sentait cette connexion entre eux et il lui semblait qu'elle allait finir par y succomber. Elle avait beau essayer de réprimer ces sentiments, cette voracité, il en restait qu'elle n'avait pas la même relation avec Sasuke qu'avec Naruto, et encore moins avec Kakashi.
« Oui ?
- Viens. »
Ils sortirent de l'auberge comme des voleurs. Le cœur de Sakura battait à tout rompre, non pas de peur et d'inquiétude comme avant mais d'excitation et de désir. Elle ne pouvait pas voir à un mètre devant elle et devait marcher tout près de Sasuke. Il sentait les épices ; ils avaient lavé toute la poussière et la sueur des chemins le soir-même, en prévision du lendemain. Elle ne savait pas vers où ils se dirigeaient mais cela ne lui importait guère.
« Sasuke ? Sakura ? Que faites-vous ici ? s'exclama soudainement une voix.
- Nous vous cherchions.
- Naruto-kun, Père. C'est plutôt à vous que nous devrions poser cette question, répliqua-t-elle. »
Son sang se calmait, comme si elle se réveillait d'un rêve, en entendant les voix de Naruto et de Kakashi.
« Naruto n'arrivait pas à dormir, donc nous sommes sortis, dit la voix de Kakashi dans l'obscurité.
- Vous nous avez fait peur !
- La prochaine fois, Naruto, pense à laisser un mot… »
Dans son état presque second, Sakura ne remarqua pas qu'ils portaient tous les deux leur sabres, ni qu'il n'était pas logique que Naruto vienne chercher Kakashi au lieu de réveiller Sasuke et qu'ils sortent de l'auberge – ensembles - au lieu de discuter à voix basses. Et elle ne vit pas non plus que Naruto, à plusieurs reprises sur le chemin du retour, lui lança des regards étranges, pensifs et lourds de sens.
Y'avait vraiment des énormes fautes... Mon dieu. Je me choque moi-même. Enfin, au moins c'est réglé, maintenant.
DeliriousPen
