Chapitre 2 : Conseils paternels
Lorsque Ryoma revint aux vestiaires, tout le monde lui trouva un air inhabituel. Il paraissait soucieux. A l'accoutumée, la déclaration d'amour d'une jeune fille ne l'aurait pas mis dans cet état. Après tout, il avait bien l'habitude de les entendre murmurer à son passage, même s'il donnait l'impression de vivre dans son monde.
Le problème avec Sakuno était qu'il l'appréciait, et que de ne pas s'être rendu compte combien elle pouvait souffrir par sa faute, le faisait culpabiliser. Ses grands yeux bleu, et sa timidité le touchait et avait eu le don de l'exaspérer par la même occasion, car il ne comprenait pas ce comportement. Ou qu'il n'avait pas voulu comprendre.
Il fut tiré de ses pensées par un Momoshiro narquois :
« C'est la déclaration de la jeune Ryuzaki qui te met dans cet état ? »
Il ne reçut comme réponse qu'un regard noir.
« Eh je plaisante mon vieux, pas la peine de prendre la mouche ! »
Ryoma sortit du vestiaire en repensant à la comparaison qu'avait faite Sakuno. C 'était celle-ci qui faisait toute la différence. Imagine un peu ce que te procurait le fait de ne plus pouvoir jouer au tennis ! Et dis toi que c'est ce que je ressens quand tu m'ignores quasiment. Le peu d'expérience qu'il avait connu avec les jeunes filles des Etats Unis, c'étaient qu'elles étaient de vraies sangsues, voulant être privilégiées face à son amour du tennis.
Sakuno semblait comprendre combien le tennis avait de l'importance à ses yeux, elle ne souhaitait pas lui arracher sa passion mais seulement, vivre de son bonheur. Il comprenait enfin comme cela faisait d'elle quelqu'un exceptionnel. Il avait seize ans, l'âge d'aimer, comme cherchait si bien à le convaincre son père, Sakuno l'aimait sincèrement, et ne souhaitait pas qu'il s'occupe à plein temps d'elle, alors pourquoi pas ? Et puis pourquoi se cassait-il tant la tête avec cette histoire ?
Il secoua la tête comme un chat pour chasser toutes ces pensées, et courut jusqu'à chez lui. Il fila prendre sa douche et rejoint par la suite son père derrière le temple.
Leur match débuta.
L'ex-professionnel, au jeu de son fils, remarqua tout de suite qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Ryoma était rêveur, jouait encore plus mal que d'habitude, et le pire, c'était qu'il ne répondait même pas à ses provocations.
Ryoma se sentait mal, il avait comme un nœud dans la gorge. Il s'imaginait privé de ce plaisir, jouer contre son père, jouer au tennis tout simplement, ce serait l'équivalent de la mort. Il ne faisait pas vraiment attention au déroulement du match, jusqu'à ce qu'il se prenne un service twisté dans la figure.
« Eh mais ça ne va pas ? dit le prince du tennis en se frottant le front.
-Ca te fera porter plus d'attention à notre match ! Tu es encore plus médiocre que d'habitude.
-Mmmh ouais, mais c'est pas une raison pour chercher à me tuer ! La prochaine fois, mets-y moins de force » siffla Ryoma.
Il sortit du court, prit une bouteille d'eau et s'en aspergea le visage.
« Fiston, qu'est ce qui ne va pas ?
-Tout va bien.. »
Il se prit un coup de raquette dans la tête.
« Ne mens pas à ton père ! Puis il lui fit un sourire moqueur.
Il y a une fille dans l'histoire n'est-ce pas ?
-Peut-être que oui, peut-être que non, lui répondit Ryoma avec un sourire provocateur.
-Ok ok, si tu ne veux pas m'en parler, c'est toi ! Mais ne va pas te plaindre ensuite, si tu reçois des services dans la tronche.
Il allait s'éloigner, quand son fils le rappela. Il tordait sa casquette avec sa main, prenant sur lui-même pour lui demander quelque chose. Nanjiroh sourit, qu'il pouvait lui ressembler, son fils, ils avaient la même fierté, ce même orgueil qui les empêchait de facilement demander des conseils.
« Papa, une fille t'a déjà fait une déclaration d'amour ? dit-il mal à l'aise
-Mais des centaines voyons répondit-il avec un grand sourire. C'est ça ton problème ? se mit-il à rire doucement avant d'éclater de rire pour de bon.
Ryoma avait le poing crispé, sur sa casquette
Mais qu'est ce qu'il m'a pris de lui en parler, mais quel idiot, je suis !D'ici, qu'il aille me raconter toutes ses conquêtes dans le passé !
« Et qui est la jeune fille en question ?
-Euh.. la petite-fille de notre entraîneur, Ryuzaki Sakuno !
-QUOI ? Ben j'espère qu'elle a un meilleur caractère que sa vieille chouette de grand-mère cria Nanjiroh en pensant à son ancien entraîneur.
-Elle est plutôt du genre timide..
-Je vois, le contraire de Sumire. Mais la question est : Te plaît-elle ?
-Je n'en sais rien moi ! Comment veux-tu que je le sache ? » s'énerva Ryoma
Nanjiroh se gratta la tête en se disant que son fils, de ce côté-là ne tenait vraiment pas de lui. A son âge, il était un grand coureur de jupons, d'ailleurs il l'était toujours.
« Comment ça, tu ne sais pas ? Sa compagnie t'est-elle agréable ? La trouves-tu jolie ? As-tu un comportement avec elle qui soit différent de celui que tu as avec les autres ?
-Bon merci pour les conseils Papa, j'y réfléchirais ! »
Seigneur ! Mais qu'aie-je fait ? Maintenant c'était sûr, il l'aurait sur le dos à tout moment avec cette histoire ! Depuis le temps que son père la rabâchait de ramener une fille à la maison !
Il alla dans sa chambre et prit Karupin pour le caresser laissant son regard se porter vers le soleil couchant. Demain c'était le week-end, il irait s'entraîner un peu pour décompresser et réfléchir à cette situation qui, il en était certain, prendrait une tournure très particulière.
