Right Kind of Wrong
Chapitre 3
« Sirius, » la voix essoufflée de James résonna directement dans l'oreille de Sirius, et le garçon aux cheveux longs sursauta, surpris. « Sirius, bouge. »
James poussa Sirius dans la salle de classe et entra, Peter à sa suite.
« Nous sommes vraiment désolés d'être en retard, Professeur, » dit James avec une grimace repentante tout en gardant son souffle sous contrôle. « Nous avons eu quelques ennuis dans le hall. »
Les yeux ambrés effleurèrent le visage de James, parcourant brièvement du regard les cheveux remarquables du garçon. « James Potter, » dit-il, presque pour lui-même.
James, ayant entendu malgré le ton calme, tressaillit. « Oui, Professeur. Nous nous sommes déjà rencontrés ? »
Les yeux ambrés clignèrent deux fois successivement, et Sirius reconnut le mouvement, celui montrant que le châtain s'obligeait à réfléchir vite.
« Tu es Préfet, » dit-il, après une pause à peine notable. Il pointa l'insigne mis en évidence sur la poitrine de James. « Dumbledore m'a mis au courant. »
« Oh, » James se détendit, ses doigts touchant doucement l'insigne. « Bien sûr. D'accord. » Il jeta un rapide coup d'œil à ses compagnons. « Erm, voici Peter Pettigrow et Sirius Black. »
« Je suis le Professeur Lupin. »
« D'accord, euh... » James regarda le reste de la classe.
Tout le monde lisait le manuel, ou, du moins, faisait semblant de lire le manuel. Il était clair que la plupart des étudiants essayaient subtilement de regarder la première rencontre entre les fauteurs de trouble les plus connus de l'école et le nouveau professeur.
« Pouvons-nous nous asseoir, Professeur ? » demanda James, indiquant de la tête les trois sièges au fond de la classe qui avaient été laissés vides pour les Maraudeurs.
« Oui, bien sûr. Je vous en prie. » acquiesça le châtain, et les trois garçons se dirigèrent vers leurs sièges.
Sirius pouvait sentir les yeux ambrés dans son dos alors qu'il se dirigeait vers un coin derrière ses amis. Il s'assit et ses yeux rencontrèrent une nouvelle fois ceux de l'homme au devant de la classe. Le châtain détourna le regard rapidement, tournant son attention vers le reste de la classe, mais Sirius continuait de garder ses yeux fixés sur le nouveau professeur.
Le double cours se passa dans le brouillard. Sirius n'en avait pas écouté un seul mot, absorbant simplement le son de la douce voix et se noyant dans chaque mouvement et dans chaque geste. Son esprit était un maelstrom de questions.
Le son de la cloche sortit Sirius de son hébétude.
« Mr. Potter, Mr. Pettigrow, Mr. Black, si vous pouviez rester un instant, » la voix douce du professeur était d'une façon ou d'une autre clairement audible au-dessus du bruit soudain lorsque la classe rassembla ses affaires pour sortir.
Les trois garçons attendirent jusqu'à ce que les autres étudiants soient partis avant de se diriger au devant de la classe.
« Je ne vais pas vous demander d'explication sur le pourquoi de votre retard, » dit le professeur aux yeux ambrés alors que James ouvrait la bouche. « Je ne veux pas entendre d'excuses. »
La bouche de James se ferma avec un claquement sec, et un regard de respect mesquin apparut dans ses yeux noisette.
« Je vous demanderai simplement de ne pas être en retard à mon cours la prochaine fois, » continua-t-il. « Je suis sûr que ce n'est pas trop demander. »
Peter et James secouèrent rapidement la tête. Sirius les imita un moment plus tard, toujours incapable de détourner les yeux de l'homme devant lui.
« Je vais demander à l'un de vous de rester pour m'aider à ranger, et je vais vous laisser avec un avertissement. » Les yeux ambrés effleurèrent les trois garçons. « Mr. Potter, je suis sûr que vous avez quelque chose d'important à faire. Dumbledore m'a informé que vous et la nouvelle Préfète, Miss Evans, aviez beaucoup de responsabilités. Vous ne voudriez pas devoir la laisser s'en occuper seule. »
Les yeux de James s'écarquillèrent mais il acquiesça.
« Mr. Black, si vous pouviez rester, Mr. Pettigrow peut partir s'il veut. »
Peter et James n'eurent pas besoin de se le faire dire deux fois. Après un rapide coup d'œil à Sirius, ils partirent tous les deux en vitesse.
La porte se ferma derrière les deux garçons, et le bruit de leurs pas décrut dans le couloir.
La salle de classe était si clame que la respiration des deux hommes sonnait presque trop fort alors qu'ils se fixaient simplement l'un l'autre. Sirius était sûr que les battements de son cœur pouvaient s'entendre.
« Je vois que tu as pu revenir de France finalement, Remus, » s'entendit enfin dire Sirius. Il grimaça à l'amertume dans sa propre voix.
« Ne fais pas ça, Sirius, » murmura Remus.
« Que veux-tu que je fasse ? » demanda Sirius. « Tu m'as menti. »
« Je ne t'ai pas menti, » cassa Remus. « Je ne savais pas que je venais ici jusqu'après ton départ. Dumbledore m'a demandé une faveur. J'ai juste accepté. Je t'ai dit que voulais enseigner. »
« Oui, mais ici ? » éclata Sirius. « A Poudlard ? Tu ne m'as même pas dit que tu étais un sorcier ! »
« Tu ne m'as jamais dit que tu étais un sorcier non plus ! » éclata automatiquement Remus en retour. « Qu'étais-je supposé faire ? T'écrire et te dire que je venais ? Tu ne m'as jamais donné ton adresse, à part que tu vivais à Londres. Et je ne pouvais pas vraiment t'envoyer un hibou, puisque je pensais que tu étais un Moldu ! »
« Oui, bon. » La mâchoire de Sirius se serra.
« Oui, bon. » fit Remus en écho, se moquant légèrement.
Ils continuèrent de se regarder férocement pendant un long moment. Puis, incapable de rester ainsi plus longtemps, Sirius franchit la distance entre eux et attira l'homme plus petit en un baiser meurtrissant.
Remus répondit, retournant le baiser avec une familiarité ardente, les mains se levant pour s'emmêler dans les longs cheveux de Sirius, tirant avec une délicieuse insistance alors que l'homme plus âgé essayait d'écraser leurs corps encore plus étroitement ensemble.
Sirius gémit dans la bouche du châtain alors que leurs langues dansaient. Ses bras se glissèrent auteur du corps de l'homme plus petit, à l'intérieur de la robe ouverte. Presque de leur propre volonté, ses doigts commencèrent à déplisser la chemise blanche bien tenue et à s'insinuer sous le tissu craquant, caressant la peau douce, traçant les cicatrices bien connues. Une main chut jusqu'à la ceinture de l'homme plus petit, se battant maladroitement avec la boucle.
Soudain, à peine une seconde avant que la ceinture soit défaite, Remus s'écarta. Haletant, il recula si rapidement qu'il se cogna dans le large bureau de professeur derrière lui.
Sa poitrine se souleva alors qu'il cherchait de l'air, Sirius le regarda avec confusion. « Rem ? » réussit-il à dire.
« On ne peut pas faire ça, » grinça Remus, luttant clairement pour respirer.
« Quoi ? Pourquoi ? »
« N'importe qui pourrait entrer – »
En un clin d'oeil, Sirius avait sorti sa baguette et l'avait pointé vers la porte, lança silencieusement deux charmes, un sort de verrouillage et un sortilège d'insonorisation. Il rangea sa baguette à nouveau et se retourna vers son professeur.
Mais Remus secouait la tête. « Non, Sirius. Tu ne peux pas simplement verrouiller la porte et espérer que tout ira bien. »
« J'ai mis un sort d'insonorisation – »
« Ça n'a pas d'importance. » Le visage de Remus était un masque sans émotion, mais ses yeux avaient l'air peinés. « On ne peut toujours pas faire ça. Nous ne pouvons pas être ensemble. »
Sirius eut l'impression qu'il allait vomir (1). C'était la fin de l'été à nouveau, sauf que cette fois il n'y aurait pas de dernière nuit. « Pourquoi pas ? » sa voix était étranglée.
« Je suis ton professeur, Sirius. Et je... » Remus hésita, puis détourna les yeux. « Tu es trop jeune. »
« J'aurai dix-huit ans cette année ! » éclata Sirius, entendant un écho d'argument précédent dans sa tête. « Je suis déjà majeur. »
« Tu es toujours trop jeune. »
« Tu as à peine deux ans de plus que moi. »
« Ça n'a pas d'importance, » cassa Remus. « Tu es toujours mon élève. »
« On était ensemble avant que je devienne ton élève. »
« Et si nous nous faisons prendre, penses-tu que les gouverneurs le verront de cette manière ? Penses-tu que le Ministère le verra de cette manière ? »
« On ne se fera pas prendre. »
« Ne sois pas désinvolte, Sirius. Tu ne peux pas garantir ça. Quelqu'un le découvrira. »
« Comment ? »
« Je le révèlerai involontairement. Tu le révèlera involontairement. » (2)
« Tu ne le révèlera pas. Je ne le révèlerai pas. Je suis diplômé à la fin de l'année. Nous pouvons faire attention pendant tout ce temps ! »
« C'est mal ! »
« Pourquoi ? Si nous voulons être ensemble, pourquoi est-ce que c'est mal ? »
« C'est illégal ! »
« Qui le saura ? » demanda Sirius, désespéré à présent, craignant que la dispute ne tourne en rond. (3)
« Je le saurai ! » éclata Remus.
Sirius recula d'un pas à la véhémence de l'exclamation du châtain.
Remus se mordit la lèvre et baissa le regard, refusant de rencontrer les yeux de Sirius. « Je suis désolé, Sirius, » dit-il, la voix pleine de douleur. « C'est fini. » Il se détourna et marcha vers la porte, tirant sa baguette. Il tapa sur le pommeau et la porte s'ouvrit. Il hésita un moment, comme s'il allait se retourner, mais alors ses épaules se carrèrent et il sortit, la porte se balançant pour se fermer avec un clak (4) creux derrière lui.
(1) "Sirius felt as though the bottom had fallen out of his stomach.", j'ai mis la traduction de Tayplayrock – légèrement modifiée – mais la littérale serait "Sirius se sentit comme si le bas était tombé hors de son estomac"...pas très français donc. Si vous aviez une meilleure trad et qui correspondrait à la version originale ?
(2) "I'll slip up. You'll slip up." donne en français « Je laisserai échapper. Tu laisseras échapper. », j'ai juste changé pour que ça passe mieux.
(3) "...fearing the circling quarrel." donne « craignant la dispute encerclante » j'ai mis ce que je pensais bon.
(4) "Thud" est le son anglais quand on ferme une porte, j'ai juste marqué clak à tout hasard.
Merci à Tayplayrock pour l'aide avec la traduction ! ;)
Je ne sais pas quand arrivera la suite, j'ai repris les cours et donc mon rythme de publication redeviendra sûrement très irrégulier...j'en suis désolée, je ne peux rien vous garantir.
Sorn
