Right Kind of Wrong
Chapitre 8
Après un moment, Potter commença à ranger tout le contenu tombé de la boîte. Tous les bouts de tickets et reçus dataient de l'été. La plupart des photos – toutes moldues – montraient un Sirius endormi, même s'il y en avait quelques unes de Sirius et Remus au parc, au musée ou à la sortie du cinéma, prises à l'évidence par quelqu'un d'autre à l'insistance de Sirius, car les images de Remus montraient clairement qu'il était loin d'être ravi de se faire tirer le portrait. Mais les photos de Sirius...
Remus voulait dire au jeune homme d'arrêter de toucher à tout, que ces photos étaient privées, des moments capturés d'innocence, de brefs flashs d'un Sirius calme et en paix, comme il n'était jamais réveillé, mais les mots ne voulaient pas sortir de sa bouche.
« Putain mais c'est quoi ça ? » redemanda Potter, le dégoût à présent évident dans sa voix. La photo qu'il observait montrait Sirius qui dormait sur le ventre, ses cheveux couvrant en partie son visage, une couverture enroulée bas sur ses hanches, une jambe nue en partie non-recouverte. Il était clairement nu sous la couverture, et, à la base de son cou, on pouvait voir la trace un peu effacée d'un suçon.
Des souvenirs, pensa Remus, mais il ne parvint pas à le dire. Sa gorge ne marchait pas convenablement. Ses mains se resserraient convulsivement. Les bouts pointus de la tasse brisée entraient dans la peau des paumes de Remus, mais il remarquait à peine la douleur. Il regardait les tessons dans ses mains, à moitié conscient qu'ils étaient à présent éclaboussés des gouttes de son propre sang. C'était comme si le temps s'était arrêté, mais que tout continuait de se briser, s'émiettant jusqu'à la poussière.
« Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ? » La voix dure de Potter brisa la bulle dans laquelle Remus semblait s'être plongé.
Il releva le regard et réalisa que les yeux noisette n'étaient plus fixés sur le contenu de la boîte mais sur Remus lui-même.
Remus ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il la referma, se sentant jeune et perdu, et baissa les yeux sur les morceaux de céramique rouge et or dans ses mains en sang.
« C'est juste une tasse, » fit sèchement la voix de Potter, mais on aurait dit qu'il y avait un soupçon de quelque chose en-dessous du dégoût et de l'antagonisme dans son ton.
Remus sentit son visage s'échauffer avec quelque chose apparenté à de la colère alors qu'il fixait le préfet en chef une nouvelle fois, et il sentit sa voix revenir. « Ce n'est pas "juste une tasse". » gronda-t-il, tenant les morceaux encore plus près de sa poitrine.
Potter recula, surpris, puis ses sourcils se froncèrent. « Alors, réparez-la. »
Remus cligna des yeux, ne semblant pas comprendre ce que le jeune homme brun voulait dire.
Le froncement de sourcils derrière les lunettes se fit un peu plus prononcé, et, en un clin d'œil, Potter avait tiré sa baguette, s'était penché, avait attrapé et tapé les restes de la tasse du bout de sa baguette. « Reparo. » lança-t-il, et les morceaux se remirent ensemble, comme s'ils n'avaient jamais été séparés.
Remus fixa la tasse réparée, puis releva le regard. « Je... » tenta-t-il, mais sa gorge se bloqua. Ses yeux retournèrent à la tasse reconstituée. Ses doigts la caressèrent doucement, comme s'ils cherchaient seuls des fissures.
La porte claqua et la tête de Remus se releva soudain. Il était seul.
Précautionneusement, il replaça la tasse dans la boîte, et commença à ramasser le reste du contenu éparpillé, s'attardant sur une facture, un menu, une photo tout en combattant de nouvelles larmes.
– – – – –
Sirius était assis sur le sol du couloir, la tête reposant sur ses bras pliés autour de ses genoux. Il avait l'impression que cela faisait des heures qu'il attendait, mais la lumière du jour filtrait encore à travers la fenêtre, à l'extrémité du hall, et il n'avait pas été capable de se débarrasser de son frère avant tard dans l'après-midi.
Sa tête se releva au son de pas qui approchaient. La silhouette familière d'un châtain émergea des escaliers et Sirius était sur ses pieds avant même qu'il ait réalisé qu'il avait bougé.
« Sirius ? » Remus avait l'air surpris. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Je t'attendais. Où est-ce que tu étais ? »
Remus fronça les sourcils, et, pendant un moment, Sirius craignit qu'il lui dise que ce n'était pas ses affaires – comme il l'avait si souvent fait ces premières semaines quand Sirius lui demandait quelque chose de personnel – mais alors, sa bouche se tordit et il haussa les épaules. « La bibliothèque. »
« Je pensais que tu travaillais seulement... »
« Ils avaient besoin de moi pour retrouver un vieux livre. » expliqua Remus avant même que Sirius puisse finir sa phrase. « Ça a pris un peu plus de temps que ce à quoi je m'attendais, et puis...mon attention a été détournée. » Il lança à Sirius un sourire oblique qui le fit fondre de l'intérieur. « Tu sais comment je suis avec les livres. »
« Ouais. » souffla Sirius.
Remus le fixa pendant un long moment puis se secoua et commença à farfouiller dans ses poches. « Je pensais que nous nous retrouvions au restaurant pour dîner. » fit-il remarquer, sortant ses clés et en insérant la bonne dans la serrure. Il secoua la clé jusqu'à ce que la serrure cliquette et il ouvrit la porte.
« Je ne voulais pas attendre. » répondit Sirius, suivant l'autre homme à l'intérieur. « Et tu es généralement de retour du boulot au moment où mes parents disparaissent pour la journée. »
Remus le regarda, surpris. « Tu es resté assis dans le hall tout l'après-midi ? »
Sirius secoua la tête. « Non, Regulus faisait des...trucs, et voulait pas me laisser tranquille. » Il tritura l'ourlet de sa chemise. « Je suis ici depuis même pas une heure. »
« Je vois. » acquiesça Remus. Ses yeux étaient fixés sur les mains de Sirius.
Sirius sourit en remarquant la direction du regard de son compagnon et se rapprocha de lui, jetant un coup d'œil rapide à la porte afin de s'assurer qu'il l'avait verrouillée en entrant. « Tu portes une cravate. » fit-il remarquer, plus du tout surpris de voir à quel point sa voix s'était fait basse, jusqu'à ne plus devenir qu'un murmure rauque. Il tendit un doigt et le fit glisser sur le tissu soyeux, se délectant au sentiment de la peau frissonnante de Remus sous son contact, assez près à présent pour qu'il puisse sentir le souffle chaud de l'autre homme sur sa peau.
« Le boulot. » répondit Remus, le seul mot sonnant avec douceur tout en étant légèrement écorché.
« Hm. » acquiesça Sirius, en se rapprochant de lui. Sa main se referma sur le nœud de la cravate, qu'il utilisa pour tirer le châtain contre lui. « Ça te va bien. » murmura-t-il contre les lèvres douces, puis mordilla légèrement celle du bas.
Le menton de Remus se releva légèrement, les lèvres entrouvertes, les yeux voilés. « Ouais ? »
« Ouais. » La langue de Sirius donna un léger coup aux lèvres entrouvertes.
Ensuite, les mains de Remus s'emmêlèrent dans ses cheveux, le tirant à lui plus étroitement, la bouche chaude et sucrée contre celle de Sirius alors qu'ils titubaient à l'aveuglette vers la chambre.
Le creux des genoux de Sirius cognèrent le côté du lit et il tomba en arrière, atterrissant avec un doux thwump(1) sur le matelas, Remus au-dessus de lui. Ils se séparèrent avec un halètement. Remus s'agenouilla, écartant les jambes de Sirius, et défit avec hâte les boutons de sa chemise. Sirius utilisa ce moment pour passer sa propre chemise par-dessus sa tête. Remus tira sa chemise et la laissa tomber à côté du lit, ses mains se mouvant pour aller dénouer sa cravate.
Les mains de Sirius rejoignirent celles de Remus sur le nœud, les immobilisant. « Attends. » murmura-t-il alors que le nœud se détachait.
Remus releva la tête, les yeux ambrés rencontrant les gris.
Pendant un long moment, aucun d'eux ne bougea.
Ensuite, Remus inclina légèrement la tête. « Tu veux... »
« Ouais. » le coupa Sirius. Son cœur battait deux fois plus vite qu'en temps normal mais... « Ouais. » répéta-t-il tout en glissant en arrière, vers la tête du lit.
Remus le regarda, une lueur étrange dans les yeux. « Tu es sûr que tu... »
« Je te fais confiance. » le coupa une nouvelle fois Sirius, la voix rauque.
Remus ne dit rien, mais soutint le regard de Sirius alors qu'il rampait en avant, jusqu'à ce qu'il écarte les jambes de Sirius une nouvelle fois.
Sirius leva ses bras au-dessus de sa tête, les yeux gris toujours accrochés avec les ambrés.
Lentement, Remus glissa la cravate dénouée de son cou, laissant le bout traîner à travers le torse de Sirius alors qu'il se dirigeait vers ses poignets.
Sirius frissonna au chatouillement de la soie sur sa peau, puis frissonna une nouvelle fois quand Remus noua ses poignets puis, lia le bout de la cravate à la tête du lit.
Remus recula pendant un moment et fixa simplement Sirius. « Magnifique. » murmura-t-il doucement. « Tu es magnifique. »
Sirius sentit ses joues s'échauffer, mais avant qu'il puisse dire quoique ce soit, Remus l'embrassait, et il oublia comment parler.
De chaudes lèvres traçaient un chemin le long de la gorge de Sirius et il gémit, s'arquant au toucher. Des baisers brûlants traînèrent sur le torse de Sirius, s'arrêtant brièvement pour tenter un téton, ensuite l'autre, avant de descendre plus bas.
De fins doigts firent un rapide travail sur la ceinture de Sirius, et, à présent, Sirius se tordait franchement sous le contact du châtain, des marmonnements déjà incohérents tombant de ses lèvres.
Le bout de la langue de Remus darda rapidement dans le nombril de Sirius avant que...
BANG !
Sirius sursauta violement, se cognant presque la tête sur la colone du lit. « P'tainkeskipass ? » demanda-t-il, jetant un regard confus à la chambre.
Peter, qui se tenait à à peine un pied de la porte offensante, se tapit. « Désolé, s'excusa-t-il, les joues rouge vif. « J'ai pas réalisé que tu dormais. »
Sirius se renfrogna, et se leva inconfortablement sur son lit.
« J'ai vu James sortir il y a un petit moment. » continua Peter, balbutiant légèrement avec nervosité. « Il était seul, alors j'ai supposé qu'il était juste parti aux cuisines... » fit-il d'une traite, transférant anxieusement son poids d'un pied à l'autre plusieurs fois de suite.
Sirius frotta son visage, essayant de se retenir de s'adresser d'un ton sec au garçon maladroit. Ce n'était pas comme si c'était sa faute s'il avait interrompu...et puis, la conversation de Sirius avec James lui revint brusquement à l'esprit. Il tourna la tête brusquement. « James est sorti ? » demanda-t-il.
« Euh, oui. » Peter se tapit un peu plus sous l'examen minutieux de Sirius. « Il est sorti y'a un moment... »
Ils entendirent tous les deux les bruits de pas dans les escaliers quelques instants à peine avant que la porte ne s'ouvre.
Peter sauta de côté juste au bon moment pour éviter d'être frappé quand James entra, essayant clairement de ne faire aucun bruit.
Peter et Sirius fixèrent tous deux le préfet en chef.
« Oh. » James grimaça, et il laissa la porte claquer avec un bang, juste un peu moins "coup de canon" que celui de Peter. « Tu es réveillé. »
Sirius fronça les sourcils. « Oui. Merci à Peter et à la Porte Qui Fait Un Bruit de Tonnerre. »
James haussa un sourcil en direction de Peter – qui lui donna un sourire plutôt douloureux – avant de revenir à Sirius. « C'est une porte assez bruyante. » concéda-t-il.
« Merci, Professeur. » fit sèchement Sirius.
Les deux sourcils se haussèrent cette fois. « Professeur ? » s'enquit-il.
Sirius le fixa, l'air choqué, pendant un long moment, puis ses yeux s'étrécirent. « Où est-ce que tu es allé ? » demanda-t-il, soupçonneux.
« Affaires de préfet en chef. » répondit vaguement James tout en se dirigea vers sa male pour en tirer son pyjama. « Pete, tu veux la salle de bains d'abord ? » demanda-t-il, retournant au garçon plus petit.
« Ouais, bien sûr. » marmonna Peter, et prit rapidement ses affaires dans sa male avant de disparaître dans la salle de bains, lançant un dernier regard "je suis désolé" à Sirius avant que la porte ne se ferme.
« James. » Sirius se sentait tendu et méfiant quand il demanda d'un ton mordant (2) : « Où est-ce que tu es allé ? »
James évita de regarder Sirius pendant qu'il changeait de robes, se préparant à aller au lit.
« James. »
Finalement, James se retourna. « Tu sais où je suis allé. »
Merde. « James, tu n'as pas fait ça. »
« Bien sûr que si ! » fit sèchement James. « T'es comme un frère pour moi, Sirius, et je...je ne savais pas quoi faire d'autre ! »
« Qu'est-ce que tu as fait ? »
« Rien ! Bon, je ne l'ai pas frappé ou lancé de sort, ou un truc du genre. C'est un prof. Je suis pas stupide. Mais...putain, je voulais le faire. »
« James. »
« Je voulais juste...lui parler. A lui, je suppose. (3) » James baissa la tête, croisant ses mains maladroitement. « Je voulais juste qu'il sache que je savais, et que tu as des amis. Et je... » Il s'interrompit. « Tu savais qu'il avait des photos de toi ? »
Sirius sursauta. « Quoi ? » Il se secoua. « Oui. J'ai acheté un appareil photo au début de l'été et on se l'ai passé. J'ai aussi des photos de lui. Est-ce qu'il t'a montré les photos ? »
James secoua la tête, rougissant légèrement. « C'est par accident que je les ai vues. Mais, je veux dire...des photos. Pas juste des photos de toi qui pose pour lui, ou de vous deux ensemble. Des photos de toi. Endormi. Tu sais. Sans vêtements. »
TBC
(1) On est censé faire quel bruit quand on tombe sur un lit ? Parce que j'ai du mal à traduire ce "thwump" en un son plus français, lol
(2) "bit out the words". Cette expression m'intrigue, je ne la trouve pas dans mon dico (qui est ridiculeusement petit en même temps) mais je verrais bien le sens "mâchonner" plutôt que "cracher" (que m'a conseillé ma bêta), j'ai essayé de faire un mélange des deux.
(3) "I just… talked to him. At him, I suppose." Je ne comprends pas la différence -.-'
Je viens de me rendre compte d'un détail. J'ai toujours eu du mal à traduire "Head Boy" et j'ai souvent chipoté entre préfet et préfet en chef. Après quelques recherches, je confirme que James est préfet en chef, excusez-moi pour mes possibles erreurs dans les chapitres précédents.
Je m'excuse MILLE FOIS de mon retard ! Je sais, je suis impardonnable, depuis le mois de février pas udapté cette traduction T.T Manque de temps, de motivation, trop de boulot,...vous connaissez tous ça je suppose ? Encore une fois je suis désolée ! J'ai honte du temps que j'ai mis :s (et pour I'm not jealous! c'est mille fois pire...argh)
Merci à dark et devil time qui m'a corrigé ce chapitre à la vitesse de l'éclair !
Sorn
