Les quatre maraudeurs et Lily étaient horrifiés, jamais ils n'auraient pensé voir un spectacle pareil. Lucius gémissait de douleur tandis que Julia s'abreuvait de son sang. Au bout d'un certain temps, alors que les gémissements s'estompaient, Julia se releva en jetant à terre Lucius, à moitié conscient. Elle était très calme et les regardait, le sang coulant de sa bouche. Elle esquissa un sourire démoniaque et disparu en une seconde. Tous sursautèrent de peur, puis Lily couru près de Lucius pour le réveiller et fut très vite rejointe par tous les autres.
-Lucius, cria-t-elle en le secouant. Lucius réveille-toi !
-Lily pousse-toi et donne-moi ton châle, lui dit Remus.
Il vérifia son pouls et lui banda le cou. Lucius était complètement désorienté.
-Peut-être faudrait-il lui donner quelques petites tapes sur la joue, fit Peter.
-Bonne idée, dit James en souriant. Je peux m'en charger ?
-Écrase, James, le rembarra Sirius. Là, on va se la jouer gentil entre nous, d'accord ?
-Quelqu'un a du sucre, demanda Remus. Du chocolat… N'importe quoi !!
-Bien sûr et tu veux une crêpe aussi ?
-James, t'es horrible quand tu as peur.
-Il y a un prunier juste là ! Peter Va vite nous en chercher !
-Pourquoi moi ? Pourquoi t'y va pas Lily ?
-T'es déjà monté en robe sur un arbre avec un groupe de garçon juste en dessous de toi ?
-Ah euh… d'accord.
Peter couru jusqu'à l'arbre, cueilli deux prunes et revint aussi vite qu'il était parti. Remus les partagea en deux et les amena près de la bouche de Lucius.
-Lucius, ouvre la bouche. Il faut que tu manges quelque chose.
-Non… laiss.. Julia !
Sirius se pencha vers lui.
-Eh fais ce qu'on te dit, ou bien tu vas claquer rapidement.
Après quelques secondes, Lucius se décida à obéir. Peu à peu, il reprenait ses esprits.
-C'est bon avec les prunes, fit-il. Je ne peux plus rien avaler.
-Maintenant que tu es conscient, on va t'amener à l'infirmerie, dit James.
-Non, il faut retrouver Julia.
-On la cherchera, toi t'es pas capable de te tenir tout seul. On va à l'infirmerie, dit Sirius.
-Et on dira quoi à l'infirmière, demanda Lily.
-Comment ça quoi, l'interrogea Remus.
-Lily a raison, dit Peter. Si on raconte que Lucius s'est fait mordre par une élève-vampire, ça va pas le faire !
-L'infirmière est au courant, dit Lucius faiblement. C'est comme ça que je l'ai appris.
-Raconte, demanda James.
-Plus tard. Il faut la retrouver, elle est dans un sale état. Il faut à tout pris l'amener à l'infirmerie, là-bas il y a tout ce qu'il faut pour la ramener à la raison.
Il se leva et s'appuya sur Remus et Sirius. Tous l'accompagnèrent jusqu'à l'infirmerie. Sur le chemin, Remus essayait de comprendre pourquoi elle ne lui avait rien dit.
-Tu te demande pourquoi elle ne te l'a pas dit, lui dit Sirius.
-Exactement. Je ne comprends pas. Elle aurait dû me le dire ! On se faisait confiance.
-Tu lui a dit pour ton problème mensuel, demanda Lucius.
-Quel problème ?
-Bon, Remus. Tu penses que je suis un con fini, d'accord. Mais ne me traite pas d'imbécile. Tu tombe malade chaque mois et bizarrement c'est toujours à la même période.
-Woa, Malfoy, je suis impressionné par tant de connaissance, fit Sirius.
-Merci bien. Au moins un qui me reconnaît à ma juste valeur. Bref, Remus ?
-Non… Je ne lui ai pas dit.
-Aha… Pourquoi ?
-Parce que… Oh tais-toi le monarque !
Il avait touché juste. Lorsqu'ils arrivèrent à l'infirmerie, madame Pomfresh se précipita sur Lucius, le coucha sur un lit et lui donna plusieurs potions pour le remettre en état. Tout en le soignant, elle cria aux autres d'aller vite retrouver Julia, car un vampire assoiffé, lâché dans un château remplis de jeune gens plein de sang n'était pas la meilleure des choses.
Ils partirent en courant, se séparèrent et cherchèrent partout. Le parc, les classes, la salle de bal (en priant qu'elle n'y soit pas), les donjons… Sirius et Remus montèrent alors dans la tour d'astronomie. La salle était vide, mais Sirius fut attiré sur le balcon par un bruit. Personne. Pourtant, il entendait bien un bruit étrange, Remus aussi l'entendait. Cela ressemblait à des battements d'ailes et des milliers de petits cris. Soudain, ils aperçurent une forme étrange dans le ciel, et entre les nuages, ils distinguèrent le corps de Julia. Elle semblait nue, recouverte d'une peau blanche comme la lune, mais toujours avec ses longs cheveux, ses jambes fines, ses formes gracieuses. Dans son dos, deux gigantesques ailes blanches s'étaient déployées et elle était entourée d'une multitude de chauve-souris qui poussaient des petits cris sans jamais s'arrêter. Puis le temps sembla se suspendre.
La lueur de la lune soulignait la blancheur de sa peau. Comme si elle avait senti les deux hommes la regarder, elle pencha sa tête dans leur direction. Ses yeux étaient noirs, sans pupille et avaient l'air de les supplier de l'achever. Elle plissa les yeux et vola jusqu'à eux, ce qui les fit reculer de peur. Elle se posa sur le balcon avec grâce et les regarda avec envie. Peut-être voulait-elle les vider de leur sang car elle avança avec un sourire terrifiant aux lèvres. Mais elle s'arrêta brusquement apeurée.
Sa peau redevenait normale et ses ailes rentrèrent dans son dos lui arrachant un cri de douleur, puis elle tomba à genou, exténuée et s'effondra.
Sirius et Remus se précipitèrent vers elle pour la secourir, et l'amenèrent à l'infirmière qui leur ordonna de l'amener sur le lit d'une pièce, pour le moins étrange, apparue de nulle part.
Elle était carrée et ressemblait à un donjon, sans fenêtre. Appuyé contre un mur, se trouvait un énorme lit en bois massif avec des couvertures rouges en satin avec des chaînes ancrées dans le mur au-dessus. Une table ronde trônait au milieux de la pièce, une boule en verre sur un socle doré dessus. Sirius et Remus la déposèrent délicatement sur le lit quand Madame Pomfresh leur dit brusquement de lui attacher les poignets avec les chaînes. Ils la regardèrent horrifiés.
-Le faut-il vraiment, demanda Remus inquiet.
L'infirmière soupira.
-Je le crains, jeune homme. Les vingt-quatre heures qui suivront vont être terriblement douloureuses pour elle. Afin d'éviter que cela empire, on l'attache.
-Que ça empire, s'écria Sirius. Vous voulez dire quoi par là ?
-Ce que je veux dire, c'est que…
Elle fut coupée par un gémissement de Julia.
-Oh nous ferions mieux de sortir…
Ils se dirigèrent vers la sortie quand tout à coup Julia cria et se releva brusquement, tirant sur les chaînes. Elle les regardait un air bestial, ce qui inquiéta encore plus les deux amis.
-Vous devez savoir, poursuivi l'infirmière, que le corps de Julia n'était plus habitué à ingérer autant de sang de cette façon. Elle en buvait, si je puis dire, à très petite dose.
-De quelle façon, demanda Sirius.
-De la poudre. Enfin… Du sang séché. Elle en mettait trois fois quotidiennement dans son verre.
-Oui, dit Remus. Son médicament ! Elle n'en avait plus depuis un bon moment. C'est pour ça que son état se dégradait.
Des cris s'élevaient de la pièce. Apparemment, elle devait souffrir énormément. Ils virent Lucius arriver d'un pal mal assuré vers eux qui leur demanda comment Julia allait bien que les cris le renseignaient déjà.
-Voyez par vous-même, Malfoy, répondit l'infirmière en désignant une boule en verre, pareille à celle qui se trouvait dans la chambre.
Les trois garçons s'approchèrent de la sphère et regardèrent à l'intérieur. Dans une étrange brume, ils distinguèrent le corps de Julia secoué par les convulsions. Quand elle ne tremblait pas, elle bougeait anormalement. Alors que ses jambes restaient collées au matelas, son buste se cambrait et se levait avec la tête rejetée en arrière. Ce spectacle était insoutenable pour Remus qui détourna le regard en se tenant la tête, la voir dans cet état lui donnait la nausée. Sirius se releva aussi et lui posa la main sur l'épaule pour le réconforter. Lui aussi ne supportait pas cela. C'était inimaginable. Son cœur se serrait à chaque cri.
-M. Mal Foy, il faut vous reposer. Demain nous aurons besoin de vous et en bonne santé. Sinon, je refuse de vous faire entrer dans cette pièce, fit l'infirmière.
-Pourquoi rentrerait-il dans la chambre, demanda Remus.
-Pour lui donner du sang, M.Lupin.
-Pourquoi lui, fit à son tour Sirius. Il est trop faible… Pourquoi pas l'un de nous deux ?
-Oui, j'aimerais l'aider, s'écria Lunard.
L'infirmière les regarda en souriant.
-Je vous crois sur paroles, messieurs. Malheureusement ce n'est pas possible. Vous, Mr. Lupin. Vous ne pouvez pas donner votre sang à cause de votre problème. Quand elle absorbe le sang, Julia l'assimile à son corps. Elle emmagasine toutes les informations qu'il contient. Tous les souvenirs et les propriétés du sang. Vous n'êtes pas sans savoir que les loups-garous et les vampires se font la guerre depuis des années et cela est ancré dans leurs sangs respectifs. Vous comprenez ?
-Pas trop en fait, lui dit le jeune homme.
-La haine qui entre ses deux peuples se trouve dans leurs sangs. Si elle buvait votre sang cette même haine la détruirait de l'intérieur. C'est comme pour les dons de sang chez les moldus, sauf qu'il n'y a que votre sang qu'elle ne puisse pas accepter.
-Mais et moi alors, dit Sirius. Pourquoi je ne pourrais pas lui donner mon sang ?
-Comme je l'ai dit avant, reprit l'infirmière, quand elle boit le sang de quelqu'un, elle absorbe sa mémoire. Cela fait longtemps qu'elle n'avait pas bu le sang de quelqu'un et voyez comment elle a réagi. Si on vient rajouter vos souvenirs en plus, elle ne va pas le supporter. Pour un bon moment, son seul donneur sera Mr. Malfoy. S'il le veut bien. Car même si, au premier abord, l'acte peut paraître agréable, ce n'est pas une partie de plaisir.
Lucius sourit.
-Oui, je le veux. Je ferais n'importe quoi pour elle.
Remus et Sirius le regardèrent surpris.
-Bien, fit l'infirmière. Maintenant messieurs, il faudrait monter vous coucher. Vous avez cours demain et je ne veux pas que vous arriviez chez moi les mains brûlées parce que vous vous serez endormis en préparant une potion !
Ils acquiescèrent et dirent bonne nuit à Lucius. En partant, ils eurent un dernier regard vers la pièce où se trouvait Julia et leurs cœurs se serrèrent aux cris qu'elle poussait.
En remontant, ils croisèrent Lily, James et Peter.Ils étaient tous essoufflés, les joues rouges, le regard inquiet. Remus et Sirius les rassurèrent sur son état.
-J'irai lui rendre visite demain, dit Lily.
-Oui et on lui amènera des fleurs et des choco-grenouilles, fit Peter à son tour.
-Euh du calme, leur dit James. Vu la tête de ces deux messieurs, c'est pas la meilleure idée… Ai-je vrai ?
Remus soupira.
-Elle n'est pas tellement en état… Vraiment, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Elle est très faible, tu sais.
-Franchement, lui rendre visite serait très stupide. Cela l'affaiblirait encore plus, dit brusquement Sirius.
Lily voulu lui répondre, mais discuter ne servirait à rien, il fallait que Julia guérisse au plus vite. Ils l'avaient retrouvée et amenée à l'infirmerie, ils étaient donc plus au courant qu'elle. Après avoir réconforter Lily, ils allèrent tous se coucher en silence.
Leurs songes furent peuplés de cauchemars. Des chauves-souris, des cris, du sang…
Lily se réveilla en sursaut, tremblante de peur. Elle se leva, enfila sa robe de chambre et se dirigea vers le dortoir des garçons, où ils semblaient tous dormir. Elle s'approcha du lit de James et le regarda un instant.
Ses cheveux étaient en bataille, comme tout le temps, et il avait l'air paisible car il souriait en dormant. Lily se glissa sous sa couverture et passa ses bras autour de sa taille ce qui le réveilla. Il la serra fort, déposa un baiser sur son front et ils s'endormirent l'un dans les bras de l'autre.
Au même moment, Lucius Malfoy se réveillait en sursaut à l'infirmerie.
Il venait de faire un effroyable cauchemar, tremblait et était en sueur. Il se leva et se dirigea vers un lavabo pour se rafraîchir. Il se passa de l'eau sur le visage, garda les yeux fermés et appuya son front contre le miroir. La nuit était très calme, le silence régnait dans l'infirmerie. Ce silence n'était pas normal. Où étaient passés les cris et les gémissements de Julia ? Il se redressa et alla regarder dans la boule en verre, pour voir si tout allait bien, et malheureusement, ce ne fut pas le cas.
Il vit Julia, étendue par terre complètement exténuée. Elle avait arraché ses chaînes du mur dans un accès de folie, laissant deux trous dans le mur. Elle avait les yeux ouverts, bougeait les mains faiblement et pourtant, elle semblait ne plus respirer. Lucius couru à l'intérieur de la pièce, et dès qu'il la toucha, il eut un sursaut de terreur. Elle était glacée comme la mort et ne respirait quasiment plus. Il la porta jusqu'à son lit et la coucha sous les draps. Puis il se glissa à son tour dans le lit, la prit dans ses bras et lui dit à doucement l'oreille :
-Julia, il faut que tu reprennes des forces. Il va falloir que tu me mordes.
À ces mots, il enleva le haut de son pyjama. Julia essaya de le repousser, mais elle était trop faible.
Elle le repoussait tant bien que mal jusqu'au moment où il pris sa tête entre ses mains et plongea son regard dans le sien. De son pouce, il lui caressait la joue et il déposa un baiser sur sa bouche. D'abord, il fut chaste, mais dès qu'elle lui laissa le passage, leurs langues se mêlèrent et leur baiser se fit plus passionné. Puis il rompit le contact et l'invita à descendre plus bas. Julia embrassa sensuellement la gorge de Lucius, lui arrachant quelques râles de plaisir. Il s'attendait à ce qu'elle le morde d'une seconde à l'autre, ce qui ne fut pas le cas. Elle le poussa sur le dos et s'assit sur lui. Lentement elle enleva sa chemise de nuit et repris ses baisers sur le torse du jeune homme. Au bout de quelques minutes, il ne pouvait plus tenir. Il la prit et la plaqua sur le matelas. Il était maintenant sur elle, maître de l'action. Il l'embrassa avec ardeur en parcourant son corps de ses mains. Il arrêta le baiser et la regarda essoufflé. Bien qu'elle ait l'air d'aller bien, il fallait qu'elle boive du sang. Elle était très pâle et très froide.
-Il faut que tu t'abreuves, lui dit-il en la faisant s'asseoir.
Mais elle refusa d'un signe de tête. Il poussa un soupire et regarda autour du lit à la recherche d'une idée, qui ne tarda pas à venir. Il vit que le socle de la boule de verre comportait des éléments pointus.
Il le prit donc et se griffa jusqu'au sang sur son torse. Puis il se retourna vers Julia, lui prit la tête de ses deux mains et avec un geste doux mais ferme, l'amena à sa blessure. Attirée par l'odeur du sang, elle en lécha une goutte qui perlait aux abords de la blessure. Après s'être délectée de son goût, elle mordit cette fois dans la chair de Lucius qui ne pu retenir un cri de douleur. Il sentait son sang se faire aspirer par la bouche de Julia. Pendant qu'elle le vidait de son énergie, il continuait les caresses, prenait la main du vampire et l'embrassait fiévreusement. Il paraissait comme drogué, tout ses sens étaient en extase. Il sentait les dents de Julia dans sa chair, mais ne sentait plus la douleur. Elle releva la tête et voyait qu'il prenait du plaisir à cela. Elle allait l'embrasser quand soudain, Lucius fut projeté en arrière.
C'était en fait madame Pomfresh qui l'avait arraché de ses bras. Elle le sortit tant bien que mal en le traînant par terre. Julia voulu le récupérer, mais elle arriva trop tard et cogna contre la porte plusieurs fois en criant.
-Qu'aviez-vous en tête, lui cria l'infirmière.
Mais Lucius ne pouvait pas répondre, il était en état de choc et avait juste assez de sang dans le corps pour survivre.
L'infirmière le coucha sur son lit et lui mis une perfusion de sang. Durant la nuit, elle dû l'attacher car à plusieurs reprises il essaya de se lever pour rejoindre Julia.
À la venue du jour, les cris s'arrêtèrent. Remus et Sirius vinrent rendre visite aux deux malades. Ils pouvaient voir quelques améliorations. Julia buvait de moins en moins de sang, Lucius était de moins en moins sujet à ses ballades nocturnes. Au bout de quelque temps, les quatre maraudeurs et Lily purent même rendre visite à Julia, dans la pièce. Elle redevenait « humaine ». Son médicament arriva et deux semaines avant Noël, Lucius et elle put sortir de l'infirmerie et on fêta son retour royalement.
Quelques jours plus tard, alors qu'ils étaient dans la salle commune de Gryffondor, Peter demanda à Julia quand elle était née.
-Peter, c'est quoi cette question stupide, dit James.
-Mais je me demandais ! Peut-être qu'elle est née il y a longtemps… Les vampires étant immortels…
-Ce n'est pas stupide comme question Peter, dit Julia. Ne t'en fait pas.
-Tu as quel âge alors, demanda Lily.
-Je sais que je suis née à Venise le 3 mai 1779.
