-Avada… Kad…
-SIRIUS !
Tout s'était passé très vite. Erwan avait pris peur et tira sur Sirius l'un de ses pieux en argent. Au même moment, la voix du directeur coupa le jeune homme dans sa formule et protégea, en lançant un sort, son élève.
-Erwan, lâchez votre arme s'il vous plaît, dit doucement le directeur.
L'homme terrifié montra Sirius d'un signe de tête.
-Et lui ? Il me tuera.
-M.Black, auriez-vous l'obligeance d'abaisser votre baguette, demanda le directeur.
-Non, fit le jeune homme en lançant un regard noir à Erwan.
A ce moment-là, Dumbledore figea Erwan, qui tomba raide comme un tronc sur la glace.
-Il ne peut plus rien faire maintenant. Et le plus important, il me semble, est l'état de votre amie.
Sirius eut un déclic qui le fit s'agenouiller aux côtés de Julia qui suffoquait. Elle était dans les bras de Remus qui, les larmes coulant le long de ses joues, la berçait et lui caressait le visage.
-Professeur, dit James la voix nouée, vous en ne pouvez pas faire quelque chose ?
-Je crains que non, M.Potter…
-Mais vous n'allez pas la laisser crever, cria rageusement Sirius.
L'homme le regarda d'un air grave à travers ses lunettes en demi-lune puis s'agenouilla à côté de Julia et posa une main sur son front.
-Elle ne meurt pas, Sirius. Elle ne peut pas…
-Pas de cette manière, le coupa Remus dans un sanglot. Il faut… il faut…
-Lui couper la tête, termina le directeur.
Julia les regarda terrifiée. Elle suffoquait, s'étranglait et respirait bruyamment.
-Endormez-moi, dit-elle dans un souffle.
-Ne parle pas mon amour, dit tendrement Remus.
Mais elle s'agrippa au bras de son ami et insista.
-End… endormez-moi !
-Mais qu'est-ce qu'elle veut dire, demanda James dans un murmure.
Le directeur se releva et se dirigea vers Erwan.
-M. Lupin, vous savez transplaner n'est-ce pas ?
-Oui professeur, mais…
-Prenez Julia et transplanez dans le parc du château, vers le saule.
Il se pencha vers Erwan et lui saisit le bras.
-Ne posez pas de question, faîtes ce que je dis.
Là-dessus, Dumbledore disparu avec le corps d'Erwan.
-Il nous fait quoi là, demanda Sirius toujours de mauvaise humeur.
James se leva à son tour et marcha en direction du château.
-Sirius, si on se transforme, on arrivera assez vite au saule. Magne-toi.
-Mais…
-Ta gueule et fais ce que je te dis !
James se transforma en un cerf majestueux et se retourna, attendant Sirius, lequel se dépêcha de prendre la forme d'un chien.
Remus resta seul avec Julia dans les bras.
-Re… Remus… J… j'ai ma… al, gémit-elle.
-Je sais… Mais le professeur a trouvé un moyen de te guérir. Tu verras, tu iras mieux...
Il essuya les larmes qui coulaient le long de ses joues.
-Et on terminera notre année, après tu viendras chez moi et on vivra ensemble, sanglota-t-il.
-Imp... possible… On va p-pas se voir pendant un… long mom…ent
-Ne dis pas ça !
-Vous al…lez m'end… ormire…
-Non !
-Et je… je ne me rév..eillerai… que si.. on m'appelle…
Remus explosa en pleurs et serra fort son aimée.
-Non tu dois rester avec moi ! Tu m'entends ? C'est moi ! Je t'aime !
Julia s'étrangla et toussa douloureusement.
-Je suis la personne qui t'attend ! Je m'inquiète de savoir comment tu vas, je me demande à chaque seconde où tu es, je…
-Co… comment tu sais… ça ?
Il sourit tristement.
-Apparemment, les tableaux sont plus que des images…
-Rem..
-Ne me laisse pas. Pitié.
-Remus !
Elle s'agrippa à lui juste avant de s'étouffer une fois de plus. Le moment de partir était venu. Remus la serra dans ses bras et transplana là où le professeur Dumbledore les attendait.
Il se tenait à côté du saule cogneur, l'air grave. À ses pieds se trouvait un cercueil en bois de cerisier sculpté finement, avec à l'intérieur un matelas blanc en soie et un coussin de la même couleur.
-Remus aidez-moi à la mettre à l'intérieur, lui demanda le directeur alors que James et Sirius arrivaient vers eux.
L'élève essaya de soulever Julia, mais la douleur du pieu resté dans son bras l'en empêcha. Voyant cela, le directeur s'approcha doucement du jeune homme, entoura le pieu de ses mains noueuses et l'enleva d'un coup sec, ce qui arracha un cri douloureux au loup garou. Puis avec un sort, il soigna la blessure d'où le sang s'écoulait.
Après avoir retiré le pieu qui était resté dans le dos de Julia, ils la mirent délicatement dans le cercueil en bois, avec l'aide de Sirius
-Il faut se dépêcher, dit James. Des élèves vont venir voir ce qu'il se passe.
-Ne vous en faites pas, dit alors Dumbledore. J'ai interdit l'accès à cette partie du château et j'ai lancé un sort de protection. Personne ne peut voir ce qu'il se passe.
Puis le directeur prit un sourire triste.
-Maintenant, il faut faire vos adieux à votre amie. Je crains que vous ne la revoyiez pas avant longtemps.
Les trois jeunes hommes le regardèrent avec des yeux remplis de larmes. Ce fut James qui se pencha sur elle en premier.
-Julia… Je regrette de ne pas t'avoir connue plus.
La jeune femme sourit doucement.
-Tu es quelqu'un de très important pour nous, continua-t-il. Je ne sais pas quand tu te réveilleras… Mais j'espère qu'on se reverra…
La tristesse noua sa gorge et il fut incapable de dire un mot de plus. Il décrocha le collier que Lily lui avait offert pour Noël de son cou et le mis dans la main de Julia avant de déposer un baiser sur son front. Puis il se leva et recula pour faire place à Sirius.
Il tremblait de rage et de tristesse et se mordait la lèvre pour ne pas faiblir, mais commença à pleurer et posa sa tête sur le ventre du vampire.
-Je suis désolé, dit-il entre deux sanglots. Je n'ai pas pu te protéger !
Puis il l'embrassa tendrement et chuchota au creux de son oreille :
-Ne nous oublie pas… Ne nous oublie pas, je t'en supplie.
Pour toute réponse, elle posa une main fragile sur la tête aux cheveux noirs et laissa une larme glisser le long de sa joue.
Quand vint le tour de Remus, le directeur le pressa.
-M.Lupin, il faut faire vite, dit-il. Elle se fatigue beaucoup.
Le loup garou aquieça et se pencha sur Julia. Il lui prit la main et déposa un baiser sur ses lèvres.
-Julia je serai toujours à toi, murmura-t-il.
Elle ferma les yeux et des larmes rcouleur sang en coulèrent.
-Je t'attendrai. Je penserai sans cesse à toi, je… je m'inquiéterai pour toi…
Sa respiration se fit plus lente et plus calme.
-Et un jour… un jour tu te réveilleras…
Elle rouvrit faiblement les yeux.
-Et je serai là, à t'attendre…
-Je vous aime, souffla-t-elle.
Elle referma les yeux et sa respiration s'arrêta.
Le directeur s'agenouilla à côté de Remus qui tremblait et sanglotait et posa la main sur son épaule pour le réconforter, puis il demanda aux garçons de refermer le lourd cercueil. La partie du dessus était une œuvre d'art. Une rose y était sculptée avec d'autres ornements au tour.
-Il faut l'enterrer maintenant, dit-il après avoir sellé la magnifique pièce en bois.
Ils déposèrent le cercueil au fond d'un trou creusé au pied du saule et l'ensevelirent les larmes coulant le long de leurs visages.
-James, Sirius, Remus, dit doucement Dumbledore lorsqu'ils eurent fini. Vous allez passer des temps difficiles. Il va falloir consoler Lily ainsi que vous-même. Vous aurez une semaine de congés.
Il laissa passer quelques secondes.
-Aucune de mes paroles ne pourra vous réconforter, je le sais, mais si vous avez besoin de quoi que ce soit, venez vers moi. Ne laissez pas la tristesse envahir votre cœur et se transformer en haine. Ne vous détruisez pas. Vous reverrez Julia, j'en suis convaincu.
Là dessus il enleva le sort de protection et partit dans le château, laissant seuls les trois amis.
Ils restèrent là encore de longues minutes.
Le vent s'était arrêté, la neige ne tombait plus et le soleil était réapparu dans le ciel et ils se ressaisirent tous les trois et se regardèrent en souriant tristement.
-Dumbledore a raison, dit James. Il ne faut pas se laisser aller… C'est pas comme si elle était morte pour de bon.
Sirius lui donna un coup dans le ventre.
-Arrête de dire des horreurs Potter.
Les deux marchèrent lentement en direction du château, mais ils s'arrêtèrent en voyant Remus, toujours immobile sous le saule.
-Je t'attends, murmura-t-il. Je t'attends…
Et il rejoint ses amis en respirant une grande bouffée d'air frais.
