Horreur, désolation, désastre. Hermione regardait, dépossédée de tout pouvoir d'action, ce champ de ruine. Il n'y avait plus rien du magnifique parc de Poudlard, de l'herbe autrefois si verte qui les avait si souvent accueillie… que des corps morts, agonisants. Des enfants pleins d'espoir et d'idéaux que la guerre avait trop subitement interrompue. Des hommes, des femmes qui s'étaient battus pour un monde meilleur, pour un futur prospère… tout cela réduit à l'état de cendre ou de chair en décomposition. Malgré la nausée qui lui venait à la vue de ce sinistre spectacle, Hermione devait aider les autres survivants à regrouper les morts et à soigner les blessés, triste tâche dans un monde ingrat. Elle voyait Ron au loin, soulevant un corps mort et le ramener à l'intérieur du château. Où était Harry ? Personne ne l'avait vu revenir, était-il mort ? Dieu seul savait…

La jeune fille aperçut une chevelure blonde, presque blanche sous un tas de terre à quelques mètres d'elle…

« Malefoy !

« Hermione… aides moi !

Le serpentard était en piteux état : sa jambe était enterrée sous terre, son bras semblait cassé en trois, son ventre avait une énorme plaie béante s'étalant de la hanche à la clavicule et dire qu'il respirait péniblement était un euphémisme…

« Hermione… Je n'ai pas arrêté de te surveiller pendant la bataille… Ce que je t'ai dit la dernière fois n'était que l'entière vérité… Je n'ai jamais aimé que toi mon Hermione, ma douce griffondor, je ne sais pas comment j'ai fait pour tenir aussi longtemps sans te toucher tellement mon désir dépassait ma volonté. Je t'ai promis de t'attendre jusqu'à ma mort, malheureusement, celle-ci est arrivée beaucoup trop vite pour que je puisse honorer correctement ma promesse… Je sais que, de toutes manières, je n'aurai jamais été digne de ton amour… et que tu ne m'aurais jamais aimé… Je voulais simplement que tu le saches Hermione, je t'aimerai toujours, même là haut…

« Drago, ne dis pas ça, je…je vais te ramener au château, on te soigneras et tu vivras !

« Non Hermione, je sens déjà la vie me quitter… Je t'aime Hermione mon amour, pour toujours, à jamais, pour l'éternité…

« Drago…

Le jeune homme avait fermé les yeux pour toujours. Hermione, agenouillée près de lui, pleura son ennemi trop vite perdu. Elle ne l'avait jamais aimé et ne l'aurait jamais aimé d'ailleurs mais finalement, à l'aube de sa mort, il avait fait preuve de son humanité car un homme déclarant sa flemme à son aimée ne fait jamais semblant et parle toujours du plus profond de son cœur. Elle transporta elle-même son corps à l'intérieur de Poudlard où s'amoncelaient déjà des centaines de corps déchu, amis ou ennemis. Elle devait être forte, elle le savait. Elle n'avait pas le droit de craquer devant tout le monde, elle devait aider… Elle déposa le corps du serpentard sur une pile de corps et s'en alla sans se retourner, écoeurée par l'odeur de la salle. Au dehors, les mêmes scènes se répétaient : les survivants ressortaient pour emmener les corps à l'intérieur et pourtant, le nombre de corps ne semblait pas diminuer.

Elle chercha désespérément une silhouette vivante qu'elle connaissait et surtout, Ron et Harry. Elle aperçu le roux un peu plus loin, immobile devant un cadavre. Elle s'approcha de lui et eux un hoquet d'horreur : Ginny, la plus jeune sœur de Ron, était tombée au combat. Le jeune homme était immobile, comme prostrée. Aucune larme ne coulait sur son visage, aucun mouvement pour indiquer qu'il était vivant, seul un tique nerveux à sa paupière donnait un signe de vie.

« Ron ?

« …

« Ron, dis quelque chose, je t'en supplie…

Le griffondor tourna alors la tête vers elle

« Où est Harry ?

« Je l'ignore Ron. Je ne vois que des cadavres depuis la fin des combats mais aucune trace de lui.

« Ginny est morte.

« Je sais…

« Je ne sais plus quoi faire Hermione.

« Viens, viens avec moi…

« Je ne peux pas la laisser seule Hermione, elle va avoir peur !

« De quoi tu parles ?

« Ginny va avoir peur, elle n'a jamais aimé l'obscurité, je dois rester avec elle pour la surveiller !

« Ron, arrête, tu me fais peur ! Viens avec moi, on va chercher Harry !

Ron la garda et s'effondra aux côtés de sa sœur. Hermione ne savait plus quoi faire, elle n'en pouvait plus, seule la crainte de savoir Harry blessé ou pire la maintenait en vie. Elle tenta une dernière fois de remuer le grand roux mais celui-ci restait cramponné à sa sœur. La jeune fille se décida alors à le laisser à contrecœur et partit en direction de la forêt interdite à la recherche de son meilleur ami. Plus elle s'enfonçait parmi les arbres, moins le sol était visible mais elle était persuadée que son ami n'était plus très loin, elle le sentait. Tout à coup, elle aperçu un corps allongé sur le sol, les bras en croix.

« HARRY !!!!! Harry, réponds moi ! Je t'en supplies, ne meurt pas ! Tu n'as pas le droit Harry ! Il y a tellement de morts sur le champ de bataille… Ginny est morte Harry ! Ron est entrain de devenir fou, il faut que tu m'aides, dis moi qu'on n'a pas fait tout cela pour rien !!!

Elle était entrain de perdre pied, il fallait qu'elle laisse tout sortir, toute la pression, toute l'horreur, toute la peur qu'elle avait accumulée et qui continuait à monter crescendo.

« Harry, réveille toi… Harry… On a gagné Harry, tu as vaincu ! Aller, réveille toi, il fait aller fêter ta victoire, notre victoire à tous…

Sa voix se perdait face au désespoir qui l'envahissait peu à peu. Elle s'écroula au sol et les larmes coulèrent. Elle ne voulait ni ne pouvait les arrêter. Elle pleurait tous ces morts qu'elle avait vus, mais aussi leur jeunesse et leur innocence trop vite perdue, tous leurs sacrifices, la folie des hommes, la perte de ses amis…

« Hermione…

Sa voix était extrêmement faible, rocailleuse, sans énergie.

« HARRY ! Oh merci mon dieu, MERCI ! TU es vivant Harry !

Elle sentait ses nerfs la lâcher mais elle s'en fichait complètement. Ses pleurs redoublèrent mais des larmes de joie se mêlaient aux larmes de détresse. Et elle serra Harry aussi fort qu'elle le put.

« Hermione, arrête tu vas me tuer…

« Pardon Harry ! Harry, c'est affreux, il y a tant de morts là bas…

« Que s'est t-il passé là-bas Hermione ? Où est Ron ? Et tout le monde ?

« Ron est dans le parc auprès de Ginny. Elle est morte… et je sens qu'il va devenir fou, je n'ai pas réussi à le résonner donc je suis partie seule à ta recherche.

Son discours était entrecoupé de sanglots mais elle lui raconta quand même le combat, la lumière blanche, puis le triste ballet des corps morts à l'intérieur du château. Harry l'écoutait parler puis, à la fin de son discours, il se leva tant bien que mal.

« Il faut retourner là-bas Hermione ! Il faut aller les aider et secourir Ron !

« Je ne veux pas y retourner Harry, je ne peux pas, je ne veux plus voir tous ses corps morts…

Harry la serra alors très fort dans ses bras et la laissa pleurer tout son soul. Il savait à quel point ce combat les avait mené à bout : chacun avait dû combattre ses propres limites, tuer des humains et voir mourir des amis. Ils étaient trop jeunes pour ce genre de chose mais la guerre les avait désillusionné définitivement. Une fois calmés, ils se regardèrent puis, main dans la main, ils partirent affronter ce qui serait leur avenir : la reconstruction d'un monde perdu.

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Bonsoir chers lecteurs !

Voici le nouveau chapitre, sombre je l'admets. Mais j'ai bien aimé l'écrire pour plusieurs raisons : tout d'abord pour le côté psychologique des personnages. Enfin, Hermione s'est montrée fidèle jusqu'au bout vis-à-vis de ses sentiments pour Drago se qui ajoute de la profondeur au personnage. Donnez moi votre avis !

Bonne soirée à tous.

Minimione.