Petite réponse à la review de BlueTexas qui m'a encore fait très très plaisir J ! J'ai encore fais plus d'efforts pour les « sa » et « ça » et je pense qu'il y en a moins. Enfin j'espère =D

Mwahahaha je suis sadique, j'ai encore mis une fin « frustrante », tu vas me détester ! ^^

Le portrait que tu brosses d'elle est en effet un peu extrême mais l'idée est là. Et puis, on va découvrir d'autre façade avec le temps ! Enfin j'espère ! J'ai toujours l'impression que mes personnages sont fades et sans caractère, mais d'après ce que tu me dis, de ce coté là, tout va bien ! J'ai pas compris pourquoi tu dis un peu court, si tu pouvais mieux m'expliquer ;). J'accepte toutes les critiques, je suis ici pour m'améliorer aussi !

Voila, je vous embrasse tous, amusez vous bien =D

Chapitre 4 : Excuse moi.

Mon réveil fut long et difficile. Il était sept heures du matin et le soleil pointait le bout de son nez. Assise sur mon lit, je me remémorais la soirée d'hier ; l'arrivée dans ce monde inconnu, l'aquarium, le grand trou noir dans ma mémoire dut à ma léthargie. Je ne m'occupais pas de Henjak. Il avait entraînement et était assez grand pour y aller tout seul. Il me fallait travailler. Je regrettais la belle voiture de mon nouveau colocataire. La mienne n'avait pas le même confort, la même classe.

La matinée fut beaucoup plus longue qu'une matinée ordinaire. Il m'arrivait de faire de longues pauses devant mon ordinateur et pourtant, je n'étais pas en avance. Pauline m'apportait régulièrement un café pour me soutenir dans cette épreuve difficile. Elle était une des rares personnes du journal à m'appeler par mon prénom et non par "l'ex femme de Luke McAlister". Une de celle que j'appréciais le plus au travail. Je pouvais donc la considérer comme une amie. Vraisemblablement, ma seule amie.

- Alors, t'as fais la fiesta hier ? Me demanda-t-elle.

- M'en parle pas ! J'ai rien bu et j'ai une gueule de bois.

- T'as jamais eu la gueule de bois, tu peux pas savoir ce que c'est.

Je n'ai pas eu la force de lui répondre, mais je n'en pensais pas moins.

Je n'ai prit qu'une courte pause déjeuner, des dossiers m'attendant. Pauline c'est installé à table avec moi. J'avais retrouvé un peu d'énergie, du moins assez pour tenir une fourchette et une conversation à la fois.

- Bon allez, raconte moi tout ! s'exclama Pauline.

- Heu ...

- Arrête de faire comme si c'était banal pour toi de sortir ! Y a un truc qui c'est passé dans ta vie pour que t'ailles en boite en plus ! Regarde moi dans les yeux. Il y a une personne de sexe masculin dans ta vie ?

- Arrête ! Dis je en souriant. Bon ok c'est bon j'avoue. Oui j'habite avec quelqu'un. Mais on n'est pas ensemble.

- Il est beau ? J'le connais ? Il est riche ? Je veux des détails !

- Matthew Henjak.

- Tu te fous de moi là ma petite ? Tu habites avec le demi de mêlé des Crusaders ? J'y crois pas.

- Me crois pas, c'est la vérité.

- Il a pas encore tabassé tes gosses sous l'emprise de l'alcool ? J'adore tes enfants tu sais, il faut qu'ils meurent comme ça !

- Parle pas de malheur, veux tu ? Et non, il n'a pas tabassé mes gosses étant donné qu'ils sont chez leur père. Et il est très gentil. Un peu couillon, mais gentil.

- Ou lala, la grande histoire d'amour ! Bon, tu conclus quand ?

- Pauline, j'ai pas envie de conclure ! Il m'intéresse pas !

- Pourtant, il habite chez toi.

- Et ?

- Je ne sais pas, personnellement, personnes d'autre que mon chien n'habite chez moi et le dernier male qui s'est installé durablement était mon copain ! Donc j'en déduis que tu ne veux pas me dire que tu tapes le demi de mêlé australien au crâne a moitié rasé.

- C'est pas que je ne veux pas te le dire, c'est que je ne peux pas te dire ce qui est faux. On n'est pas ensemble. Il m'aide à sortir et je l'aide à arrêter la boisson.

- Aaaah c'est pour sa ! T'as du boulot ma vieille !

La conversation se poursuivit un bref moment. Pauline avait le don de me faire avouer toutes sortes de choses inavouables. Elle me connaissait parfaitement, à deux ou trois anecdotes prêtes. Elle avait toujours été là quand ça n'allait pas, et pour ça, je lui devais beaucoup. Si ce n'est tout. Je suis retournée dans mon bureau pour boucler mes dossiers, la tête reposée et un grand sourire aux lèvres. Le grand dossier de la journée concernait les All Blacks. Je devais tenter de percer le secret de Graham Henry et d'appréhender les joueurs qu'ils allaient sélectionner. Certains joueurs étaient certains d'être sélectionné ( en outre, Richie McCaw qui sera comme à son habitude capitaine, Dan Carter et son pied magique, Joe Rokocoko & autre Ali Williams) et certains en phase qualificatives. J'avais jusqu'au lendemain pour le rendre, propre, correct et cohérent mais la tâche s'avérait difficile. Les Blacks allaient bientôt jouer les tri nations et je n'avais pas le temps d'aller voir Henry pour qu'il m'aide. Pour être honnête, c'était surtout lui qui n'avait pas le temps. A ce moment même, il devait être en train de fouiller de fond en comble la Nouvelle-Zélande pour ramener de tous les clubs les trente sélectionnés. Et moi, je me retrouvais avec tous les joueurs des clubs néo-zélandais à faire une sélection. Ce n'était pas franchement mon boulot mais bon, le patron en a décidé ainsi. Je fus interrompu par le téléphone en me demandant où je pouvais intégrer mon ex mari et si je devais prendre en compte Sonny Bill Williams qui allait vraisemblablement jouer la coupe du monde sous le signe de la fougère.

- Allo ?

- Hey. C'est Matt !

- Henjak ? Heu ... un problème ?

- A quelle heure tu finis, ton boulot là ?

- Dans une heure et demi. Pourquoi ?

- Tu pourrais venir me chercher, au stade. Quand t'as finis hein !

- Qu'est ce que t'as encore fait ?!

- Rien du tout. Merci. A tout à l'heure !

Et il m'a raccroché au nez, me laissant passablement énervé. Qu'est que cet abruti d'australien avait fait ? On lui avait confisqué sa magnifique voiture ? Et s'il avait bu une seule goutte d'alcool, je lui fais regretter d'être venu jusqu'a chez moi !

Je suis passé au stade après le bureau. J'avais vaguement essayé de me calmer mais je ne pouvais pas boucler ce foutu dossier avant demain. Il avait intérêt à avoir une bonne excuse sinon j'allais le réduire en miette. Je me suis garée relativement près, de toute façon, je ne pouvais pas plus près, et ai pénétré dans l'antre. L'Australien était là, sur le terrain, sur le banc de touche. Tout seul. Je me suis approché sans qu'il ne me remarque et lui ai frappé la tête. Abruti est le seul mot qui m'ai venu à la bouche quand j'ai vu la tête qu'il faisait. Manifestement, il avait bu. Beaucoup bu même. Je me suis retourné et ai marché en direction de la sortie, Henjak sur les talons. Pas un mot. On n'entendait que nos pas et son sac de sport, qu'il traînait par terre. Je me suis installée dans la voiture sans dire un mot. Il n'osait visiblement pas ouvrir la bouche. Sur le chemin du retour, j'ai explosé :

- Putain Henjak tu déconnes ! T'as pris une cuite à cinq heures de l'après midi ! Et tu veux devenir un bon et fiable joueur, c'est sa ? Renonce tout de suite si tu ne supportes pas les entraînements ! Rien à foutre que t'ai mal à la tête ! M'écriais je quand celui plaça son crâne dans ses mains. Tu abuses c'est tout ! Qu'est que tu cherches ? Que je te vires de chez moi comme ton ancien proprio ? Non mais dis le tout de suite si c'est que tu veux, j'peux faire sa rapidement. Non tais toi j'ai pas finis ! Tu veux partir ? Pas de problème, barre toi, retourne dans ta vie d'alcool et de matchs de rugby raté à cause de ça ! Laisse moi toute seule j'te dirais rien !

Quand je me suis rendu compte de ma dernière phrase, je n'ai pas osé dire un mot. Henjak n'a pas pu s'empêcher de sourire. Moi, je n'ai rien dis jusqu'a ce qu'on rentre. " Ton sac " furent les derniers mots que je lui adressais de la journée avant de lui donner une serviette de bain pour que le message passe bien. Jeter à la figure aurait été plus correct.

Henjak est revenue me voir après sa douche, serviette sur les épaules. Je n'avais pas envie de lui parler, je n'avais pas envie de communiquer. J'ai pris une feuille et ai écris en gros " Je ne veux pas te parler. Bonne nuit l'alcoolique ! "

Quand je me suis réveillé le lendemain matin dans les environs de huit heures, je n'avais pas parlé à Henjak depuis des heures. Depuis la veille, en somme. Ce réveil là fut moins difficile que le réveil précédent, je m'étais endormis comme un bébé. Henjak n'était pas dans la maison. Cela m'a surprise. Où était il partit décuvé cet idiot ?! Dans trois heures et demi, il avait un match contre les Auckland Blues. Match auquel j'assisterais évidemment et dont le compte rendu sera obligatoire. Quand je me suis souvenue ce matin là que je n'avais pas entièrement bouclé mon dossier sur la sélection des Blacks, j'ai cru que j'allais me tuer. Trop de travail pour la journée.

Il se pouvait en réalité que Henjak soit partit plus tôt pour son match en ayant pour seul but de m'éviter. Sincèrement, je m'en voulais de l'avoir isolé. Il aurait peut être fallu qu'on parle, qu'il m'explique pourquoi il buvait depuis longtemps et à n'importe quelle heure. Nous étions de parfaits inconnus l'un pour l'autre. Je ne le connaissais qu'a travers des feuilles de match et quelques brèves conversations. C'était quelque chose qui venait de me sauter à la figure, comme ça. Je me promis de lui parler à cœur ouvert après le match. C'est vrai, on vivait désormais ensemble.

Quand je suis arrivée au stade, je me suis installée directement à ma place, réservée à la presse. C'était quelque chose de très agréable que d'avoir sa place réservée, pourvu d'un petit bureau pour écrire et d'une minuscule télévision pour ne rater aucun détail du match. Je me suis affairé à boucler mon dossier sur les Blacks avant le début du match. Avant le coup de sifflet, en général, j'allais demander aux joueurs leurs impressions sur le match mais aujourd'hui, je n'avais pas le temps, la faute de Henjak et de la boisson. Remarquez qu'il est toujours plus facile de mettre la faute sur les autres que d'assumer sa feignantise et/ou manque d'inspiration.

L'espace presse était constitué d'une dizaine de place ; il y avait plusieurs espaces presses repartit sur le stade entier et, évidemment je n'étais pas seule. Quelques journalistes étaient venus s'installer à mes cotés peu de temps après. Je ne connaissais la plupart que de vue (la fête de Fitzgerald ?) et les saluait poliment avant de me remettre à travailler. Le stade se remplissait tout doucement (un match de Super 14 en saison régulière est rarement plein) et l'effervescence des supporters montaient tranquillement jusqu'à moi tout comme les fortes odeurs de bières, sandwich, hot dog et autre soda. Quelques chants étaient scandés par ci par là, mais pas encore vivement ; les supporters aussi s'échauffaient.

J'apercevais en bas les joueurs, chaque équipe occupait un coté du terrain. Evidemment, j'ai reconnu Henjak, petit numéro dix entre un immense cinq et un grand quatorze. Visiblement, il ne parlait pas beaucoup avec ses coéquipiers. Mon colocataire semblait songeur, m'en voulait il ou était il simplement concentré sur son match ? Les mains sur les hanches, il en paraissait presque sexy. Presque.

Un coup de sifflet et c'est le retour au vestiaire. Les deux meutes se toisent du regard de la pelouse jusqu'une fois entré dans leur antre dont l'odeur était celle de la testostérone. C'est comme ça à chaque match de toute façon. Cependant, cette fois, la tension est palpable. Les Blues et les Crusaders devaient gagnés ce match, de façon à être qualifié pour les demies finales. Cela promettait quelque petites châtaignes par ci par là.

Il a suffit d'une dizaine de minutes pour retrouver les fauves dans les couloirs, puis sur le terrain. Lâchés, livrés à leur seule énergie et à un moral d'acier. Aucune équipe ne lâcherait prise. Ils étaient là pour gagner, pas pour faire les beaux. Les Dieux du Stades attendront. L'arbitre met un temps fou à siffler le début du match. C'est Henjak qui ouvre pour les Crusaders, il ne tient plus en place, ballon en main. L'arbitre siffle, il tape. Un peu trop loin car c'est Joe Rokocoko qui récupère la balle. C'est un danger pour les Crusaders qui réussissent à le stopper quelques mètres plus loin.

Le match est lancé. Rare sont les actions longues et la balle bondit d'un camp à l'autre sans laisser le temps à une équipe de marquer. Il a fallut attendre la vingtième minute et une fois de Keven Mealamu des Blues pour que les Crusaders obtiennent une pénalité. C'est Henjak qui tape. 40 mètres légèrement à gauche des poteaux. Il alterne son regard entre le ballon et les poteaux. Ballon, poteaux, poteaux, ballon. Il s'élance, frappe. La balle fait de nombreux tours sur elle même avant de s'écraser dans l'en but adverse, en passant entre les perches. Trois points à zéro pour les Crusaders.

Le match repart de plus belle. Ali Williams se fritte avec son meilleur ami, Richie McCaw. Nous autre, journalistes, nous grattons sans prendre le temps de regarder ce que nous avons marqué. Pas le temps, il faut noter trop de chose ! A la trente huitième minute, alors que les Crusaders rêvent de mi temps, le solide deuxième Ali Williams franchit la défense et va écraser le ballon sous ses 112 kilos dans l'en but. Le buteur Danny Lee transforme.

Sept à trois pour les Blues à la mi-temps. J'ai juste le temps de souffler, de reprendre mes esprits et voila que le match est repartit. Quarante minutes haletantes, alléchantes, palpitantes nous attendent. Même si pendant le premier quart d'heure le score ne progresse pas, les équipes envoient du jeu. Et du beau jeu. C'est de nouveau Ali Williams qui déclenche une bagarre générale à moins de trois mètres de la ligne d'essai en s'attaquant cette fois à Casey Laulala. L'arbitre est sans appel ; carton jaune pour Williams et essai de pénalité car c'était Laulala qui avait le ballon à la main. La sanction me parait un peu sévère mais avec les joueurs de la trempe de Williams, il faut être dur, sinon il en profite. Quinze mètre en face des poteaux et Henjak remet son équipe dans le droit chemin. Dix à sept pour la province du Canterburry. Le match continue sans encombre. Un drop passé pour Henjak à la soixante cinquième minute enfonce les Blues qui n'en peuvent plus. C'est pour eux un véritable cauchemar, une longue descente en enfer. Ils voient la demi finale leur dire adieu au profit des Crusaders. Ça les rend tristes, confus, nerveux et ils accumulent les bourdes. Fin du match après dégagement au pied de McCaw. Treize à sept pour l'équipe de Henjak.

Le match est fini depuis un moment et je pénètre dans le couloir des vestiaires. Richie McCaw me prévient que Henjak a bientôt fini et s'en va. Courtois, mais pressé. Je n'ai pas à attendre longtemps avant que l'australien, élu homme du match entre journaliste, ne sorte, son reste de chevelure ébouriffé et son sac de sport sur les épaules. Il me regarde, surpris. Je hausse les épaules et lui dit

- Tu as fais un beau match Matt. Cela fait plaisir à voir !

Il sourit et baisse les yeux, visiblement gêné. Il est amusant de le voir gêné, ce n'est pas dans ses habitudes.

- Merci.

- Tu vas bien ?

- Oui oui, juste un peu fatigué.

Silence. Nous marchons sans dire un mot hors du stade. Hors de se stade où, la veille, je l'avais retrouvé ivre et l'avais remis à sa place. Ce stade où, aujourd'hui, il revenait triomphant, victorieux et dont le jeu n'avait jamais été aussi bon depuis des semaines. Je crois que c'était ça, la meilleure victoire.

- Je voudrais m'excuser au fait. Me dit il doucement

- Pour ?

- Pour hier. J'ai déconné. Je m'excuse. J'ai vu aujourd'hui que je pouvais produire du bon jeu et pas que des conneries tu vois, c'est mieux comme sa.

- Oui. Je suis fière de toi !

Il a encore sourit, doucement, en coin et n'a plus dit mot jusqu'a la porte d'entrée. Il n'avait peut être pas envie de parler, je n'allais pas le forcer. Et puis, sans crier garde, il m'a prit le poignet et m'a tirer vers lui. J'entendis son sac tomber. Ses mains se sont posées sur mon cou et il m'a embrassé. Tout doucement, sans violence, sans rien. En douceur. Juste lui, ses lèvres et son souffle chaud. Je n'ai pas bougé. Je suis resté sans rien faire parce que je ne m'y attendais pas, parce que c'était trop agréable pour refuser. Parce que cela faisait si longtemps qu'on ne m'avait pas embrasser comme ça. Il a lâché mes lèvres et a déposé un baiser sur mon front. J'ai enfin réagit. J'ai quitté ses bras et ai bredouillé un vague " il faut que j'aille au bureau ... pour mon article tu sais ! ". Je pouvais lire sa déception sur son visage. Un regard de chien battu, une vraie peluche. Mon coeur s'est serré et je n'ai rien trouvé de mieux que de partir. Partir sans lui, me défiler et aller rendre ce putain d'article.