Chapitre 4 : Tout savoir

Malgré le sortilège d'insonorisation qu'il avait posé sur ses rideaux, Harry avait entendu les Maraudeurs rentrer dans le dortoir, et cela ne rassura pas, mais alors pas, du tout. Il savait qu'ils chercheraient à savoir qui il était réellement et ce qu'il cachait le plus vite possible, et c'est ce qui l'effrayait.

Comment allait réagir ses parents, son parrain, Rémus ? Comment allait-il faire lui, pour supporter Peter ? Bien sur, il savait qu'il pouvait tout leur dire, ne pas leur cacher le futur, Dumbledore le lui avait dit, mais il ne lui avait pas donné la recette toute prête pour leur annoncer une pareille nouvelle !

Il fut plus que surprit de voir que les quatre garçons ne cherchaient pas à le réveiller, mais il comprit. Rémus étant un loup-garou, il ressentait ses émotions mieux que quiconque, il devait donc avoir freiner les trois autres, mais pour combien de temps ? Car même si Rémus était plus responsable, il n'en était pas moins aussi curieux que James et Sirius…

Harry ne dormit pas de la nuit, mais attendit le petit matin pour plonger dans le pays des rêves. C'était une habitude qu'il avait prit après son combat et qui ne le quittait pour ainsi dire plus. De ce fait, il n'entendit pas ses colocataires se lever, prêt à mettre en exécution la blague qu'ils avaient préparée. Pour une fois, elle allait toucher tous les élèves, puisqu'elle se déroulait dans les quatre salles communes. Les tableaux ne s'ouvriraient pas avant midi…

Pour la plupart des Griffondores cela était amusant, ils connaissaient tous les célèbres Maraudeurs désormais, mais ce ne fut pas ce que Lily Evans éprouva quand elle se rendit compte qu'elle ne pourrait pas sortir immédiatement :

- Potter ! Black ! Lupin ! Pettigrow ! hurla-t-elle, hors d'elle.

Mais le cri n'eu aucun effet sur les quatre perturbateurs, assis dans leurs fauteuils, égaux à eux-mêmes. Ce qui suivit par contre ne les laissa pas de marbre.

Ayant entendu le cri, Harry s'était réveillé en sursaut et était descendu, ne prenant pas la peine de s'habiller plus qu'il ne l'était, c'est-à-dire en bas de jogging. Il déboula en trombe dans la pièce, cherchant ce qu'il s'était passé, avant de comprendre que le groupe de son père avait encore frappé et qu'il s'était fait avoir, alors qu'il connaissait leurs ruses.

Mais avant d'avoir pu dire quoi que se soit, il se trouva précipité en arrière, James et Sirius chacun ayant empoigné un de ses bras nus pour l'entraîner dans leur dortoir. Ses bras nus… merde ! Harry venait de comprendre la réaction des trois jeunes hommes, Rémus les suivant. Il était torse nu, ses cicatrices étaient donc visibles, les seules traces de son combat contre Voldemort… les seules blessures encore présentes, mise à part celles morales, les plus douloureuses…

Il venait de perdre tout ce qu'il avait entreprit jusqu'à maintenant, à comprendre attendre le plus possible avant de tout révéler aux Maraudeurs. Il ne savait pas pourquoi, mais il ne voulait pas qu'ils sachent, il ne voulait pas que Poudlard le sache…

Il se retrouva à moitié affalé dans un lit, sur le dos, le trio devant lui, le regardant avec différents regards, passant par l'incrédulité et la curiosité principalement. Il n'eu pas le temps de réagir plus que Sirius commença à parler :

- Ok. J'ai écouté James et Rémus quand ils m'ont dit qu'il ne fallait pas te presser, mais là non, je ne les suis plus ! C'est quoi ces marques sur ton torse, ces bleus ? Pourquoi tu n'es pas venu à la rentrée, comme tout le monde ? Pourquoi Dumbledore ne t'a pas présenté, en nous laissant le soin de te connaître nous même ? Pourquoi tu ne donnes que ton prénom, et jamais ton nom ? C'est quoi cette ressemblance avec James, que tout le monde a remarqué ? Bordel, pourquoi tu réponds pas ?!

Sirius venait en effet de remarquer que Harry n'avait pas bougé d'un pouce, subjugué par toutes les paroles prononcées par son parrain en si peu de temps. Il avait par contre comprit que l'heure des révélations avait sonnée, qu'il ne pourrait pas se cacher plus longtemps.

- Je crois que vous feriez mieux de vous asseoir, ça va vous faire un choc.

Les trois Maraudeurs prirent place sur le lit lui faisant face, sans pour autant le quitter des yeux.

- Je m'appelle Harry James Potter. Je suis ton fils, déclara-t-il de but en blanc, fixant James.

- Tu es… mon… fils ? bégaya ce dernier. Voyant Harry acquiescer :

- Pas possible, je ne te crois pas ! Qui es-tu ?!

Voyant que les deux autres semblaient approuver son père, ce qui était normal, Harry soupira bruyamment, puis se lança dans une explication qu'il espérait pas trop incohérente et en bon anglais :

- Ce n'est que la vérité, je suis Harry James Potter, ton fils… Je viens du futur, même si je ne sais pas comment, ni Dumbledore. Je devrais naitre dans environs trois ans, même si l'époque sera sombre. Une prophétie sera faite sur moi, par une femme qui deviendra professeur de divination ici. Elle disait qu'un seul enfant aurai le pouvoir de vaincre Voldemort, que l'un ne pourrai vivre tant que l'autre survivrait. Je suis cet enfant, et j'ai accomplis ce qu'elle disait, j'ai tué Voldemort, mais dans le futur. Quelques mois ont passé, mais j'ai fais un malaise, je pense, sauf que je me suis réveillé ici…

- Attends, intervint Sirius, quand tu parles de Voldemort, tu parles du taré qui se prétend le plus puissant du monde ? Mais le ministère dit qu'il a la situation en main !

- Le ministère n'a rien en main du tout ! s'exclama Harry. Pas plus à votre époque qu'à la mienne ! Il ne contrôle rien du tout de ce qu'il se passe, c'est au dessus de ses moyens ! Des centaines de morts seront comptées avant que je ne l'anéantisse une première fois, et plus encore quand il parviendra à refaire surface ! Cet homme n'est pas qu'une menace, il est dangereux !

- Dis-moi en quoi cela te regarde ?! s'exclama James, pas confiant du tout. Laisse donc faire les Aurors, ils savent se battre, eux ! Tu n'as que dix-sept ans…

- Dix-huit. Je n'ai pas pu faire ma septième année normalement, mais c'est une autre histoire. Tu ne me crois pas, n'est-ce pas ?

James resta silencieux quelques instants, tout comme Sirius et Rémus. Puis il finit par dire :

- Je crois surtout que tout cela est impossible… admettons que tout ce que tu dis est vrai, comment cela se fait il que tu te retrouves ici, alors que tu viens de battre Voldemort, qui n'est qu'une menace pour le moment ?

- Je ne sais pas du tout. D'après Dumbledore, une prophétie à du être faite, au moment de ma victoire, ou bien avant. Il est en train de faire des recherches, il doit me tenir au courant. D'après lui, je suis ici pour changer mon passé, donc votre futur, en combattant Voldemort dans cette période.

- Dumbledore te fait confiance pour que tu sois au courant des prophéties ? s'exclama Rémus.

- Je suppose… Je… Dumbledore est quelqu'un de bien, il sait faire la différence entre les personnes de confiance et les autres… Et je connais bien plus du monde de la magie que vous, sans vouloir vous vexer… Certes vous êtes doués, je ne dis pas le contraire, mais dans vos blagues. Le monde est si différent à l'extérieur de cette école… si dangereux ! Faire des blagues ne vous sera d'aucun secourt face à la guerre qui va se déclarer entre le bien et le mal…

- La menace est vraiment imminente ? demande Rémus.

- Plus que tu ne le crois… Les pertes seront immenses…

- Tu as l'air d'avoir beaucoup souffert pour ton age, peut-être trop… souffla le loup-garou, cherchant des réponses, en s'aidant des regards que lui lançaient James et Sirius.

Harry ne fit qu'hausser les épaules, il sentait la conversation devenir douloureuse. Il ne voulait pas aborder ce sujet, il était encore trop présent… Les revoir était une chose, surtout quand ils n'ont que son âge, mais leur parler en plus de leur mort dans quelques années seulement en était une autre. Mais il savait qu'il ne pourrait pas leur cacher indéfiniment non plus, les écarter du danger ne ferait que l'agrandir d'avantage chaque jours, jusqu'à ce qu'il éclate à un moment ou à un autre.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé, Harry ? Pourquoi tu ne réponds pas ? Qui as-tu perdu pour que cette question te fasse mal ? intervint alors James, peu sur de lui pour une fois.

Harry, ainsi que les deux autres, remarquèrent que James avait enfin appelé Harry par son prénom, et que l'animosité dans sa voix n'était plus présente, signe que James acceptait l'histoire telle qu'elle se présentait, qu'il était près à entendre ce que voudrait bien leur dire Harry… Mais sûrement pas préparé à ce qu'il leur dit à ce moment :

- Vous… Je vous ai perdu vous, un par un…

Les Maraudeurs restèrent silencieux, tandis que Harry s'adossait à la fenêtre, pour regarder la pluie tomber. Puis il continua, d'un ton monotone, la gorge nouée, les sanglots dans la voix, même si il s'était promit de ne pas pleurer, de ne plus pleurer.

- Toi… toi et maman, il vous a tué alors que je n'avais qu'un an… C'est là que je l'ai anéanti pour la première fois… Puis toi… Tu étais mon parrain, et tu es venu pour me sauver, alors que je combattais pour récupérer la fameuse prophétie… Tu es passé à travers le Voile du ministère… Puis toi… Tu es mort alors que tu attendais ton premier enfant… Lors de la bataille…

Il avait eu du mal à prononcer tous ces mots sans craquer, mais il avait réussi. Il avait remarqué le trouble des autres, mais il ne put pas leur parler plus, Peter entra, et demanda :

- Et les gars, on dirait que vous avez vu un revenant !

- Toi ! cracha Harry, sans se contrôler, choquant encore plus si c'est possible les trois Maraudeurs, alors que Peter se trouvait soudain incapable de dire un mot de plus.

- Je ne veux plus te voir ! termina-t-il, tandis que Peter s'en allait, visiblement terrorisé.

Comprenant ce qu'il venait de faire, Harry appuya ses deux mains contre le mur et se força à se contrôler, à se calmer surtout. Tant qu'à faire, autant qu'il soit au courant de toute l'histoire…

- Non mais qu'est-ce qu'il t'a prit ?! s'exclama Sirius avant que Harry n'ai pu s'expliquer, et remit du choc d'apprendre qu'il était parrain. Qu'est-ce que Peter t'a fait ?

- C'est de sa faute ! s'exclama Harry. Tout ! Il a vendu mes parents ! Il les a condamné ! Il a dit que tu étais leur gardien, et tu t'es fais arrêter pour lui ! Tu vas passé douze ans de ta vie à Azkaban parce qu'un de vous meilleurs amis vous aura trahis ! Tout est de sa faute !

- Tu rigoles ? Peter ne ferait pas de mal à une mouche !

- Et bien les apparences sont bien trompeuses parfois ! S'en est la preuve !

James, lui, ne participait plus à la conversation. Si Harry allait naitre dans trois ans environs, et que ces parents mourraient un an plus tard… Il ne lui restait plus que quatre années à vivre… Il décida que l'incident avec Peter était classé, tout comme Sirius qui n'avait rien répondu, et Rémus qui ne disait plus rien, et voulu en savoir d'avantage :

- Tu dis que tes parents sont morts quand tu avais un an… okay… Je vais mourir dans quatre ans, mais qui est ta mère ? fit-il avec un petit sourire.

- Très bonne question, fit Sirius pour détendre l'ambiance. Qu'elle femme est assez folle pour se marier avec Jamesie ?

Harry n'eu qu'à regarder son futur père dans les yeux pour que celui-ci comprenne, sans trop de problèmes :

- Lily ! Lily va me dire oui ! s'exclama-t-il, heureux pour la première fois depuis le début de la conversation.

Rémus et Sirius, eux, restaient bouches bées, ne croyant pas ce que Harry venait de leur révéler, connaissant tous les deux le caractère parfois, voir même souvent, explosif de la jolie rousse.

Même si Harry restait encore un peu distant des trois jeunes hommes, quand ils ressortirent du dortoir, tous purent constater qu'ils étaient plus proches qu'au début. Personne ne chercha à comprendre ce qu'il s'était passé avant, curieusement d'après Harry qui s'étonna que la nouvelle n'est pas déjà fait le tour de l'école.

Le reste de la journée se passa par ailleurs plus calmement, bien que personne n'aperçut Peter de la journée, ce qui arrangea Harry, qui sentait qu'il ne se contrôlerait pas plus que la première fois qu'il s'était retrouvé dans la même pièce que le garçon.