Chapitre 5 : Une impression de déjà vue
Deux semaines avaient passée depuis l'arrivée de Harry au château. S'il ne s'en plaignait pas, son époque à lui, lui manquait. Certains moments inoubliables passés ici comblé ce trou, mais ne suffisait pas toujours. Son amour n'était pas là.
D'un certain coté, il était heureux d'être là. Il apprenait à connaître Sirius tel qu'il était jeune, heureux et insouciant, tout le contraire de quand il est revenu d'Azkaban. Mais plus encore, il apprenait à connaître ses parents, lui qui l'avait tant voulu. Certes, James et Lily mûriraient en quittant l'école, mais pour un garçon qui, comme Harry, avait perdu ses parents enfant, c'était important.
Il avait aussi pu constater le mythe des Maraudeurs de ses propres yeux. Ces quatre garçons réunis, Poudlard ne tenait debout que par un crin de licorne. Les Maraudeurs n'épargnaient personne, ni élèves, ni professeur, encore moins Dumbledore qui riait de leurs blagues, mais aussi les fantômes ! Peeve était d'ailleurs leur admirateur le plus dévoué, et il n'hésitait pas à le leur prouver, en les aidant dans les tâches impossibles à réaliser pour des être matériels.
James, Sirius, Rémus et Peter lui rappelait beaucoup Fred et Georges, les jumeaux, avant que la bataille finale n'emporte l'un d'eux. Toujours le mot pour rire, dans les moments les plus sombres et comme les plus tristes. Mais si les Maraudeurs savaient rire mieux que quiconque, ils savaient surtout s'arrêter à temps, avant que cela ne fasse vraiment mal. A par peut-être pour les Serpentards, mais les vieilles habitudes sont tenaces, et ne sont pas faites pour être perdue, pour Sirius.
Comme prédit par notre animal chien, l'arrivée de Harry à Poudlard avait beaucoup chamboulé dans l'école. Outre le fait que son fan club se soit vu diminuer le nombre d'effectif au profit de celui de Harry, le jeune homme semblait susciter la curiosité de tous. Harry leur avait cependant fait comprendre qu'il ne voulait pas que tous sachent ce qu'il faisait ici. Prenant cela comme une marque de confiance, les Maraudeurs n'avaient révélés.
Mais les professeurs eux-mêmes le convoquaient. Il n'était pas ici depuis un mois qu'il avait déjà rencontré personnellement Dumbledore six fois ! C'était un record que James et Sirius s'étaient d'ailleurs promis de battre. Impossible, dans ces conditions de passer inaperçu. Il n'était plus question d'avoir une petite vie tranquille quand on connaissait les Maraudeurs. Lily en avait fait les frais.
En effet, étant préfète en chef, tous pensaient qu'elle savait tout sur Harry, enfin plus que les autres. Mais ils se leurraient entièrement, puisque Lily ne savait rien ! Même les Maraudeurs en savaient plus qu'elle. Elle avait ragé, beaucoup, insulté les garçons, énormément, mais ils n'avaient pas plié, ils n'avaient rien dis, et elle ne savait toujours rien de plus, en fin de compte.
Cependant, ce que personne ne savait, ni même les Maraudeurs, et encore moins James, chose étrange quand on sait que le père et le fils étaient désormais très proche, c'était le sentiment de picotement que Harry ressentait, parfois, à sa cicatrice. Ni même les rêves sombres qui le prenaient parfois, la nuit. Bien que les Maraudeurs aient compris que Harry était prit par des cauchemars, pour le réveil en sueur et dans un état avoisinant celui de choc, ils ne savaient rien de plus, ils ne savaient pas ce qu'il se tramait…
Mais Harry, lui, si. Il avait d'abord était surprit de ressentir à nouveau son lien avec Voldemort, mais après tout, c'était normal. Dans son monde, le Lord était mort, anéantit, mais ici il était bien vivant, et en pleine ascension de pouvoir. Il avait très vite comprit qu'il fallait agir, le plus vite possible, mais il ne savait pas comment. C'était pour cette raison qu'il avait demandé à voir Dumbledore en ce samedi après midi. Mais comment quitter la salle commune quand trois Maraudeurs ne cessent de vous demander pourquoi, vous voulez à tous prix voir ce cher Dumby.
Il ne pouvait bien évidement pas répondre à cette question. James et Sirius voudraient aider dans les attaques, combattrent, alors que Rémus se sentirait coupable, d'être un loup-garou. Pour Peter… et bien, Harry avait réfléchit. Si il pouvait sortir le rat des forces du Mal, peut-être pourrait-il obtenir quelques informations, de même pour Rogue. Mais ce n'était pas le moment, il avait rendez-vous avec Dumbledore, et James et Sirius, Rémus un peu moins pour avoir sûrement compris l'inquiétude de Harry, étaient vraiment têtus.
- Par Merlin, Harry ! s'exclama James, contant utiliser son statu de futur père pour ajouter une touche d'autorité, en vain cependant. Pourquoi ne nous dis-tu pas pourquoi tu veux le voir ?
- Parce que ça ne vous concerne pas, c'est simple.
- Qu'est-ce que Dumbledore peut bien te raconter ? Tu y vas plus que n'importe quel élève ici ! Même les préfets ne le voient pas autant !
- Ne revient pas la dessus ! s'exclama Harry, alors à bout de patience. Je vous ai dis que je ne pouvais pas tout vous dire ! Que ce qu'il se passe dans le bureau du directeur quand j'y suis relevait de bien plus au que votre statut d'élèves !
- Tu es élèves autant que nous !
La situation dégénérait, Harry le voyait bien. Et il savait que si il continuait dans cette voix, il serait en retard chez Dumbledore, mais bien plus encore, il perdrait les Maraudeurs. La décision qu'il prit à ce moment là n'était pas moindre. Leur raconter la fin de l'histoire ne serait pas une partie de plaisir pour lui, il se souvenait encore trop bien de l'attaque, des morts, de ses blessures qui parfois le gênaient, pour monter sur un balai notamment.
- Très bien. Laissez-moi aller chez Dumbledore maintenant, et je vous explique ce que j'ai de plus, que vous n'avez pas.
Il savait qu'ils étaient curieux et qu'ils finiraient par accepter. Car oui, si les Maraudeurs savaient ce qu'il faisait ici, comment il avait finit là, et quand, ils ne savaient rien de l'histoire de la cicatrice, comment il avait anéantit Voldemort une première fois, ni qu'il était la personne qui l'avait tué, avant d'arriver ici. Après cela, plus aucuns secrets n'existeraient pour Harry…
James et Sirius finirant, comme il l'avait deviné, par donner leurs accords. Mais Rémus avait longtemps fixé Harry, dans les yeux, avant que celui-ci ne parte. Le lycanthrope avait comprit que ce qu'il allait leur dire était important. Harry espérait vraiment, même si il n'en doutait pas, que les Maraudeurs prendraient conscience de la gravité de la situation. Mais il espérait surtout que, la raison de la douleur de se cicatrice, ne voulait pas dire que Voldemort savait qu'il était là…
Il arriva bien vite devant la gargouille, prononça le mot de passe qu'il connaissait désormais aussi bien que le directeur, et monta l'escalier de pierre. Le directeur était assis derrière son bureau, égal à lui-même.
- Harry ! Bonjour à toi !
Harry se souviendrait toujours de la première fois qu'il l'avait vue, dans cette époque. Les regards de méfiances, sans aucuns sourires, les traits s'accordant aux regards. Tout avait changé, il l'appelait à nouveau par son prénom, son regard se faisait rassurant, son sourire présent dès qu'il entrait. Le vieil homme avait la même attitude envers lui que lorsqu'il était en sixième année, dans son époque.
- Bonjour à vous, Albus, répliqua Harry en lui rendant son sourire.
Albus. C'était un accord qu'ils avaient passé, faute de termes, lors d'un de leur premier entretient. Harry avait accepté d'appeler le directeur par son prénom, lorsqu'ils étaient tous les deux. Si Harry avait d'abord eu du mal à s'y faire, il avait finit par prendre l'habitude. Voir le directeur plusieurs fois par semaine, voir même plusieurs fois par jour, l'avait sûrement beaucoup aidé.
- Et bien, mon garçon, commença Dumbledore. Je dois avouer que je n'ai pas très bien compris ta demande pour me voir. Toi qui d'habitude me dis venir trop souvent.
Harry sourit. Le directeur avait toujours le don de le faire culpabiliser.
- Oui, mais j'ai la nette impression qu'il se passe quelque chose de… disons important, pour ne pas dire grave. En fait je m'inquiète…
Toutes traces de sourires joyeux disparurent des yeux du directeur, ses traits devinrent graves, le faisant prendre quelques années. Harry savait qu'ainsi, il avait son attention. Tout comme il savait qu'avec ce qu'il allait lui dire, les yeux joyeux ne seraient qu'un souvenir lointain.
- Je ne vous en ai pas parler immédiatement pour ne pas vous inquiétait, mais je ne peux pas non plus ne rien dire. Je vous avais parlé de mes rêves ? Quand Voldemort était vivant ? De ma cicatrice qui me faisait mal à chacune de ses attaques, quand il me laissait lire dans son esprit ?
Dumbledore acquiesça gravement.
- Et bien… Tout recommence, depuis quelques temps. Je trouvais cela bizarre, au début, mais après réflexions, rien n'est plus normal. Je ne ressentais plus rien chez moi car il était mort, mais ici il est vivant, et plus en activité que jamais, pour vous.
- Alors, si je comprends bien, la situation va empirer ?
- C'est en général ce qui arrive…
Dumbledore se leva et commença à faire les cent pas dans la pièce. Passant devant la fenêtre, il regarda au dehors, puis se tourna vers Harry.
- Tu n'as rien dis à personne ?
- Non, je voulais vous voir. Mais James et Sirius veulent savoir la vérité, et Rémus, même si il ne le dit pas, a sentit que quelque chose se tramait. Je vais leur raconter ce qu'il s'est passé avant que je n'arrive et le trente et un octobre, ainsi que la cicatrice. Je ne pense pas leur dire pour ce qu'il se passe maintenant, mais ils comprendront vite, ils sont intelligents.
- Je n'en doute pas, sans doute ils font partis des meilleurs élèves de leur promotion. Tu fais bien Harry, moi-même j'aurait agit de cette façon, je ne pense pas qu'il soit bon de leur cacher, ils vont pouvoir commencer à comprendre.
- Oui. Mais il faudrait que nous fassions quelque chose… Est-ce que… Enfin… Croyez-vous pouvoir réunir l'Ordre ? Dans mon futur, vous le ferez seulement dans quelques années, mais je pense que le faire maintenant nous aiderait…
- Tu es aussi au courant pour l'Ordre ? s'exclama Dumbledore, surprit.
- Je suis au courant pour beaucoup de chose.
Dumbledore acquiesça une nouvelle fois, comprenant que son élève cachait encore beaucoup de secrets, mais qu'il ne les révèlerait qu'en cas d'extrême urgence, voir même jamais. Ce Harry Potter l'épatait, mais il aimait bien ce garçon, il était si jeune, mais il avait pourtant tant vécu… peut-être trop, pour son age…
- Très bien, si tu penses que cela peut nous être utile, je verrai ce que je peux faire. Je te tiendrais au courant, ainsi que de l'avancée de mes recherches.
Ce fut au tour de Harry d'hocher la tête, puis de quitter le bureau. Il savait que Dumbledore allait s'inquiéter, mais il savait qu'il ferait tout son possible pour remédier à la situation. Ce n'était plus de son ressort maintenant, mais la conversation avec les Maraudeurs, si. Et il savait qu'elle ne serait pas si facile…
