Chapitre 6 : Une discussion essentielle

Harry savait qu'il devrait, un jour où l'autre, dire ce qu'il savait aux Maraudeurs. Mais le dire était une chose, en avoir conscience était mieux, mais avoir les trois jeunes hommes en question devant lui en était une autre.

Il ne savait vraiment pas comment ils allaient réagir. Il connaissait le caractère sage et posé de Rémus, mais il connaissait aussi ceux de James et Sirius, impulsifs, comme lui. Il ne pouvait pas prévoir leur réaction, et c'était, d'après lui, ce qui lui faisait le plus peur.

Dumbledore lui avait donné son accord, il savait qu'il faisait bien, mais il avait mal. Se rappeler de se qu'il allait leur dire premièrement était douloureux, alors en parler… Mais il savait que c'était essentiel qu'ils sachent tout, depuis le début. Aussi leur demanda-t-il de ne pas l'interrompre, tandis qu'il commençait son récit :

- Vous étiez recherché, toi et maman, depuis longtemps quand vous avez décidé de procéder à cet enchantement, pour me protéger. Mais Peter vous a vendus à son maître, qui vous a ensuite tué, la nuit de halloween… J'avais un an, le Lord ne craignait rien de moi, je n'étais qu'un bébé, mais il a eu tord… Son sort à ricocher sur mon front pour l'anéantir lui, ne me laissant qu'une cicatrice en forme d'éclair. La situation est restée la même pendant treize ans, personne n'a entendu parler de lui, mais certains ne pouvaient pas croire qu'il était bel et bien mort, malgré ce qu'on leur avait dit, et ils avaient raison. Plusieurs fois durant ma scolarité nous nous sommes affrontés, j'ai toujours pu m'en sortir, grâce au sacrifice de maman.

- J'ai réussi à vaincre Voldemort définitivement peu avant d'arriver ici, je ne sais d'ailleurs pas comment j'ai fais pour venir, mais ce n'est pas la question. La bataille a fait rage dans Poudlard même, et a fait beaucoup de mort. Tout allait bien, mise à part la souffrance mentale due aux pertes immenses, mais les attaques n'étaient plus qu'un mauvais souvenir, on pouvait à nouveau sortir sans craintes de ne plus rentrer, revoir sa famille, l'Angleterre pouvait se refaire un gouvernement sur.

- Je ne sais pas ce qu'il se passe désormais dans mon époque, je n'ai aucun moyen de contact. Mais je sais qu'ici, Voldemort fait parler de lui depuis près d'un an. Si le ministère dit avoir la situation en main, rien n'est moins sur, je sais de quoi je parle, je ne pense pas qu'il ai changé en vingt ans. Toujours est-il que Voldemort va prendre encore plus de pouvoir, que les attaques ne vont pas tardées à se voire décuplées, que le ministère lui même va se voir infiltré…

- Comment sais-tu tout cela ? l'interrompit Rémus. Dumbledore en aurait parlé si la situation était si grave, il assure que les élèves doivent savoir ce qui les attend une fois sortie de l'enceinte de l'école !

- Je sais… fit Harry.

Il savait que le moment de leur avouer tout, les rêves, la particularité de sa cicatrice, tout. Mais il ne savait comment s'y prendre…

- Dumbledore ne le savait pas, il ne peut pas prévoir les attaques… Mais je sais que d'ici demain, une d'entres elles aura lieu…

Devant le froncement de sourcil quasiment général qu'il obtint, il commença ses explications, plutôt brouillonnes :

- Vous vous doutez bien que Voldemort ne savait pas ce qui allait se passer cette nuit d'octobre, il n'aurait jamais risqué sa peau sinon… Et la cicatrice qu'il m'a laissé sans le vouloir n'est pas anodine. Disons que, sans le vouloir, il m'a cédé certains de ses pouvoirs, comme le Fourchelang…

- Tu parles le Fourchelang ?! s'exclama James, étonné.

- Oui, je m'en suis aperçu en deuxième année… Toujours est-il que ce n'est pas tout… Quand il m'a lancé le sort, une sorte de connexion s'est installée entre nous, de sorte que je puisse ressentir ses émotions, quand il est en colère ou joyeux par exemple. Les rêves que je fais, c'est quand il me laisse m'introduire dans son esprit, même si j'en suis inconscient. Cela me montre ce qu'il fait le plus souvent, ou ce qu'il projet de faire dans un futur proche…

Son discours laissa les trois jeunes hommes ébahis. Assis sur le lit faisant face à Harry, il le regardait, comme si ils venaient enfin de comprendre. Mais comprendre quoi ? Eux même ne le savaient pas…

- Je commence à comprendre, fit enfin Rémus. Et je comprends aussi pourquoi tu t'impliques autant dans cette guerre, alors que tu n'es pas de cette époque. Mais est-ce que Voldemort sait, pour cette connexion ? Sait-il que tu es dans cette époque ? Comment cela va-t-il se passer, quand tu retourneras chez toi ? Est-ce que tu vas changer le futur, le tien, en nous révélant tout cela ?

Décidément, son futur professeur n'avait pas changé, il se posait toujours autant de questions, le même que lui, d'ailleurs…

- Je ne peux pas te répondre pour ce qui concerne mon époque, et je ne sais pas non plus si Voldemort sait que je suis ici. Mais je ne pense pas…

- Pourquoi tu dis sa ?

C'était Sirius qui avait parlé. Il n'avait pas prit la parole depuis le début de la conversation, et Harry savait qu'il s'en voulait, pour quelque chose dont il n'était absolument pas coupable. Il savait, James le lui avait confirmé il n'y avait pas longtemps, que Sirius s'en voulait de faire parti d'une famille plongée jusqu'au cou dans la Magie Noire. Les Maraudeurs avaient tout essayé pour essayer de le déculpabiliser, mais rien n'y avait fait, les pensées du jeune Black étaient semblables à son nom. Mais Harry comptait y remédier.

- Et bien, crois-moi, si il savait ça, il serait déjà venu me rendre une petite visite… Et pour finir, je ne sais pas, si il peut savoir quand je m'introduis dans ses pensées. Dumbledore m'a toujours dit de fermer mon esprit avec l'Occlumencie, mais je ne l'ai jamais vraiment maîtrisée, je détestais mon professeur…

- Qui était-il ?

Il savait que Rémus allait poser cette question, il détestait ne pas savoir le moindre détail d'une histoire. Mais le Survivant se demandait si leur dire que leur pire ennemi allait devenir professeur, qui plus est le sien, était une bonne idée. Mais c'était aussi une très bonne perche pour clore la discussion.

- Rogue…

- Quoi ?!

James et Sirius s'étaient égosillé en même temps, aussi choqué l'un que l'autre.

- Comment cet abruti a-t-il pu être engagé par Dumbledore ?! s'exclama James.

- Il est plongé dans la magie noire jusqu'à la moelle ! finit Sirius.

Harry sourit devant leur indignation, il savait, au fond de lui, qu'ils allaient réagir de cette manière. Seul Rémus y restait indifférent, un peu comme à l'ordinaire.

La journée se termina beaucoup plus calmement qu'elle n'avait commencée, permettant aux quatre jeunes hommes de se consacrer à leurs études, ou du moins aux trois rouleaux de parchemin qu'ils avaient à rendre le lendemain…

Mais du coin de l'œil, se qu'aucuns d'eux ne savaient, un jeune rat les observait, peut-être pas pour les même raisons qu'il y avait quelques mois. L'admiration qu'il approuvait pour eux avait laissé place à une colère sans nom, une haine sans pitié. Le nouveau avait vu clair dans son jeu dès son arrivé, comment cela était-il possible ? Même Sirius n'avait rien vu venir. Mais il accomplirait son travail, il saurait la vérité sur le fameux Harry. Car c'était tout ce qu'il savait, son prénom.