Chapitre 8 : L'Ordre du Phoenix

La dispute entre ses parents, la réaction de sa future mère, toujours en tête, Harry monta se coucher plus tôt ce soir là. James venait de comprendre que sans l'attitude qu'il avait jusqu'à maintenant, Lily serait peut-être déjà avec lui, qu'elle aussi, éprouvait les mêmes sentiments que lui. Ses parents seraient bientôt ensembles, il le savait, ce n'était plus qu'une question de semaines, peut-être même de jour.

Mais l'amour que Harry sentait entre eux le rendait mal. C'était dans les moments où il le sentait qu'il pensait le plus à Elle, la fille qui hantait ses rêves quand Voldemort ne prévoyait rien, la fille à qui il pensait en continue quand il n'avait rien à faire, la fille qu'il aimait, par-dessus tout.

Comment allait-elle ? Que devenait-elle ? Il n'avait pas eu le temps de savoir si oui ou non, elle voulait se remettre avec lui, maintenant qu'elle ne craignait plus rien, qu'il venait de la perdre. Il n'avait pas de nouvelles d'elle depuis maintenant deux mois, deux mois de trop. Il adorait cette époque, ses parents, Sirius et Rémus, mais il ne pouvait pas oublier les amis qu'il avait laissés là-bas, Ginny, sa famille. Tant de personnes qui comptaient pour lui.

Il n'en dormi que plus mal, sans savoir que derrière son rideau, sous un sortilège d'insonorisation, James et Sirius cherchaient à savoir ce qui lui arrivait. Ce n'était pas la première fois que Harry montait se coucher, disant être fatigué, alors que Rémus leur avait affirmé que le jeune homme ne s'endormait que très tard la nuit, bien qu'il se lève bien avant eux. C'était un mystère qu'ils se devaient de résoudre, le plus vite possible.

Le lendemain matin, Harry semblait pourtant avoir retrouvé sa bonne humeur, quand les deux Maraudeurs le rejoignirent pour le petit déjeuner. La conversation dériva, comme souvent quand le sujet Lily n'était pas d'actualité, sur le Quiditch. La saison allait commencer, le mois de novembre arrivant. James avait d'hors et déjà prévenu Harry qu'il voulait le voir sur un balai, et pas question pour lui de se défiler. Harry avait accepté, heureux lui aussi de reprendre se sport qu'il avait trop longtemps du négliger, et qu'il adorait.

La sélection devait être en ce samedi après-midi, mais James fut contraint de la reporter. Pourquoi donc Dumbledore devait-il convoquer Harry juste au moment où il avait besoin de lui ? Le directeur avait en effet envoyé une lettre à Harry, lui demandant de monter dans l'après-midi.

Si Harry croyait savoir pourquoi, les Maraudeurs, eux, n'en avaient pas la moindre idée. Aussi rejoignit-il son directeur sur le coup de quatorze heures, pour lui laisser le temps de finir de manger correctement, il ne l'avait pas vu à la table des professeurs. Il toqua à la grande porte de chêne, et attendit qu'il puisse entrer.

Alors qu'il croyait être seul, une demi-douzaine de personne se trouvait avec Dumbledore, que Harry ne connaissait pas.

- Bonjour Harry ! s'exclama Dumbledore, le même sourire qu'à chaque fois qu'il venait. Tu as devant toi quelques personnes de l'Ordre du Phoenix, parmi les plus importantes. Tu m'as demandé de le réunir à nouveau, je l'ai fais.

Beaucoup ne cachaient pas leur étonnement quand ils comprirent que la personne qu'ils attendaient était un élève de Poudlard. Ils ne semblaient d'ailleurs pas d'accord avec Dumbledore, quant au fait de lui accorder autant de confiance, surtout que le doute sur son identité planait encore entièrement sur eux. L'un d'eux se lança :

- James ? Que fais-tu ici ? Albus, je vous avais demandé de le tenir éloigné de l'Ordre tant qu'il était encore à l'école ! Vous connaissez son caractère autant que moi !

- Euh... intervient Harry. Excusez-moi, Monsieur, mais je ne suis pas James Potter...

- C'est exact, Nicolas, fit Dumbledore, ce n'est pas ton fils.

Harry n'en crut pas ses yeux, il avait devant lui le père de James, son grand-père ! Il était vrai qu'il n'avait pas les cheveux noirs, mais ils étaient aussi désordonnés que les siens. La femme derrière lui devait être sa grand-mère, elle, avait de magnifique cheveux noirs de jais.

Les deux Potter étaient aussi choqué que lui, mais méfiants par-dessus tout. Dumbledore du s'en apercevoir, car il reprit :

- L'histoire que ce jeune homme va vous raconter va sûrement vous paraître impossible, un gros canular de ma part, mais je vous assure que ce n'est pas le cas, tout est vrai. Tout ce qu'il m'a dit jusqu'à maintenant s'est révélé exact, et lui et Fumseck sont de grands amis...

Comme pour lui donner raison, l'oiseau se percha sur l'épaule de Harry que lui caressa la tête affectueusement. A ce spectacle, beaucoup acceptèrent la confiance que Dumbledore lui donnait, mais les parents de James n'en faisaient pas parti, étant Aurors de métier, parmi les meilleurs.

Le directeur fit apparaître des chaises, alors que son bureau se voyait devenir trop petit. Harry commença son récit dans un silence régnant. C'était la troisième fois qu'il racontait sa vie, en quelques semaines, et il détestait toujours autant cela. Il n'avait jamais aimé.

- James va mourir dans quelques années ? Et tu es son fils ?

Harry acquiesça doucement, il venait de terminer son récit, et il était incapable de dire si l'homme qui se trouvait devant lui, son grand-père, le croyait.

- Albus, es-tu vraiment sur que ce jeune homme est digne de confiance ?

- Je lui confierai ma vie. Il a tué Voldemort pour de bon, dans son époque, mais c'est une autre histoire que vous n'avez pas besoin de savoir pour le moment.

L'atmosphère se réchauffa d'un coup de baguette, tandis que l'homme qui impressionnait tant Harry s'approcha de lui, lui tendant la main :

- Je m'appelle Nicolas Potter, ton grand-père.

Alors que Harry s'attendait à lui serrait la main, le père de James le serra un instant contre lui.

- Ravi de te connaître, mon garçon. Si tu as besoin de moi, n'hésite pas, lui dit-il, lui lançant un clin d'oeil. Ma femme, Emilia.

La femme lui sourit doucement, alors qu'on lui présentait déjà les autres membres de l'Ordre. Maugrey avait beaucoup changé en vingt ans, et il n'aurait jamais pensait qu'un jour, il verrait Mc Gonagall lui sourire. Elle ne savait pas, jusqu'à maintenant, ce qu'il faisait ici. Elle devait, comme les autres, avoir des doutes à son sujet. Harry ne pouvait pas lui en vouloir, il aurait réagi de la même manière, il pouvait comprendre.

Les membres de l'Ordre ne restèrent pas longtemps, ayant sûrement beaucoup à faire. Les Potter demandèrent cependant l'autorisation d'aller voir James, qui leur fut accordé. Bientôt, il ne resta plus que Dumbledore et Harry :

- Une chose est faite, Harry. Je ne sais pas comment tu connais l'existence de cette organisation, mais j'aurai du penser à la contacter avant. Je ne te demanderais qu'une seule chose, ne me demande pas de faire de mission pour son compte...

- J'ai d'autres missions, au sein du château, Albus, je vous laisse gérer les vôtres.

Si la phrase de réponse fut celle que le directeur attendait, la première question qu'il se posa fut en quoi consistaient les missions auxquelles le jeune homme faisait allusion. Il lui promit cependant de le mettre au courant si l'Ordre découvrait quelque chose.

Harry quitta le bureau du directeur pour la salle commune en se disant qu'il serait bientôt tant de leur parler des Horcruxes, il était certain qu'il n'en avait pas encore sept, mais avait-il déjà commencé l'horrible geste ? Il ne savait pas. Pour le moment, il voulait reprendre sa vie de collégien, et peut-être, qui sait, réussir le but qu'il s'était fixé, remettre Rogue dans le droit chemin, et James et Lily ensemble. Voila les missions qu'il avait prit pour but, et dont le directeur ignoré tout.

Quand il retrouva James, Sirius et Rémus dans la salle commune, ses futurs grands-parents étaient déjà partis, mais James ne manqua pas de lui dire :

- Je ne savais pas que tu devais rencontrer mes parents ! Tu aurais au moins pu me dire qu'ils étaient au château ! En tout cas, mon père te fais confiance, je ne sais pas comment tu as fais, ce n'est pas le genre à faire confiance à quelqu'un qu'il n'a vu qu'une fois...

Harry sourit. Comme l'avait dit Nicolas, James n'était pas au courant pour l'Ordre. C'était son choix, il ne dirait rien.