Chapitre 11 : Un bonheur n'arrive jamais seul
Jamais James n'aurait pu croire que les Préfets passaient autant de temps dans le bureau du directeur ! Il attendait déjà depuis une bonne heure, et l'escalier en colimaçon ne donnait pas l'impression de vouloir se rouvrir un jour. Il ne regrettait vraiment pas d'avoir refuser la place en début d'année. De toutes manières, Maraudeurs ne rime et ne rimera jamais avec respect du règlement.
Depuis plus d'une heure, il se demandait comment il allait l'aborder, sans jamais trouver de réponse. Il savait qu'elle essaierai encore de le fuir, il avait prit l'habitude, mais il voulait vraiment lui parler. A cœur vaillant, rien d'impossible, se disait-il. Cette fille lui faisait tourner la tête depuis trois ans, ce n'était pas le fait qu'elle l'évite qui allait le décourager, maintenant qu'il savait qu'il aurait sa chance cette année. Il imaginait déjà la réaction de Sirius, lui qui disait depuis le début qu'il n'avait aucune chance avec la Tigresse.
La Tigresse. C'était le surnom que le jeune Black avait donné à la jeune fille, à son insu, depuis la première gifle avait reçu. Et Merlin sait qu'il y en a eu ! Alors que ses amis avaient essayé de les compter, James se souvenait de chacune comme d'une blessure difficile à panser. Plus que son ego, c'était son cœur qui était touché, dans ses moments. Mais il n'avait jamais eu le courage de se l'avouer franchement, jamais il n'avait réussi à parler à la jeune femme sans vouloir l'impressionner. Harry avait raison, il s'en rendait compte maintenant.
Une demi-heure passa à nouveau avant qu'il n'entende enfin le bruit distinct de la Gargouille qui libère le passage, permettant ainsi aux personnes de monter ou de sortir du passage. Comme il s'y attendait, quand Lily vit qu'il l'avait attendu, elle baissa le regard et chercha à l'éviter, mais le couloir n'était pas assez large pour le lui permettre. James se promit mentalement de bénir les Fondateurs de Poudlard. Il l'a prit doucement par le poignet.
- J'aimerai que l'on parle, Lily... commença-t-il.
Au moins, son aire de vouloir impressionner n'importe qui avait passé, sans même qu'il n'y fasse attention. Tout n'était pas perdu, s'il continuait sur cette voix. Et il ferait tout pour.
- Je suis fatiguée, James.
James ? C'était nouveau ! Elle ne l'avait pas appelé comme cela depuis la première année, si ses souvenirs étaient exacts. Et encore, à bien y réfléchir, il ne se souvenait pas de s'être déjà fait appeler de cette façon.
- Deux minutes, pas plus.
La jeune fille sembla réfléchir quelques secondes, elle n'avait vraiment pas l'air enchantée de rester avec lui, même deux minutes.
Ce que Lily ne voulait pas avouer, ni aux autres, ni à elle-même, c'était qu'elle savait qu'elle n'aurait pas la force de résister à James plus longtemps. Résister en cinquième n'avait pas était dure, mais quand elle avait apprit qu'il avait sauvé la vie de Rogue jusqu'à avoir faillit donner la sienne, son opinion changea, positivement pour le jeune homme. Elle avait passé sa sixième année à ne pas trop rester dans la même pièce que lui, allant jusqu'à lui donner 'quelques' gifles. Elle ne voulait pas donner l'impression de s'être défiler, de s'avouer vaincue. Elle ne voulait pas que les gens pensent d'elle qu'elle avait finit par succomber aux avances incessante de James Potter.
Et le meilleur moyen qu'elle avait trouvé pour ne pas craquer, était de se rappelait de toutes les conquêtes que le jeune homme avait dans son tableau de chasse. Elle avait toujours trouvait que lui et Sirius Black donnaient l'impression de faire un concourt, à celui qui avait le plus d'aventure d'une nuit. Et elle ne voulait pas n'être qu'un nom de plus sur cette liste, qu'une fille de plus dans son lit. Non, il en était hors de question. Mais plus les années passaient, plus ses convictions volaient en éclat.
- Juste deux minutes alors, finit-elle par accepter.
- Merci...
Il la conduisit doucement dans une salle de classe qu'il savait vide en toutes heures, l'avantage d'être un Maraudeur, il connaissait le château mieux que quiconque, peut-être même plus que le Directeur.
- Bien qu'est-ce que tu veux ?
Elle s'était assise sur une chaise, non loin de la porte. James savait qu'elle aurait tout donné pour sortir d'ici. Mais lui, il avait besoin d'éclaircir certaines choses.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
Dialogue de sourd, James le reconnaissait. Mais il du avouer que les trois mots prononcés en deux phrases eurent le don de détendre l'atmosphère, de la rendre moins tendue du moins.
- Pourquoi tu as dis ce que tu as dis l'autre jour ?
Lily soupira, avant de tourner son regard vers la fenêtre. Elle aurait du se douter qu'il lui parlerait de cette soirée, elle avait passé ces derniers jours à l'éviter, et lui à essayer de la coincer dans un couloir.
- Je me suis emportée, murmura-t-elle, timidement. Elle savait qu'il n'y avait aucune chance qu'il la croit...
- Non, Lily, je ne te crois pas.
Vraiment aucunes...
James s'était rapproché encore, la regardant dans les yeux. Il était accroupi devant elle, il guettait la moindre de ses réactions. Et le pire c'est qu'elle ne lui en voulait pas ! Elle aimait sentir qu'il ne s'intéressait qu'à elle, et à personne d'autre. Elle aimait son regard plongé dans le sien, immense océan chocolat. Elle aimait tout simplement être avec lui, elle devait se l'avouer.
Elle coupa le contact visuel d'un seul coup. Cet homme lisait en elle comme dans un livre ouvert !
- Lily...
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Il voulait vraiment savoir ? Alors il saurait ! Mais qu'il ne vienne pas se plaindre si tout ne lui plait pas ! La jeune femme se leva brusquement, le faisant presque tomber, tellement il ne s'attendait pas à cette violente montée de colère. Lily se tourna vers lui, les yeux dans les yeux, ces belles émeraudes lançant des éclairs.
- Qu'est-ce que tu crois, Potter ? Que je ne vois pas clair dans ton jeu depuis toutes ces années ? Je suis la seule fille de cette école à ne pas te tomber dans les bras, ne dit pas le contraire ! Je ne suis pas le genre à accepter de sortir avec un garçon alors que je sais que dans une semaine il me brisera le cœur après avoir eu ce qu'il voulait ! Je ne me laisserai pas avoir comme les dizaines de filles que tu as pu avoir ! Je refuse de n'être qu'un nom de plus sur ta liste ou l'objet d'un stupide pari avec Black !
Une nouvelle fois, les larmes coulaient sur les joues de sa belle, mais il devait d'abord tout arranger avant de la consoler. Tout ceci n'était qu'un énorme mal entendu, et il espérait vraiment pouvoir en venir à bout.
- Je n'ai fais aucun pari avec Sirius, et je ne tiens aucunes listes !
- Je ne joue pas avec toi Lily ! Si je sors avec des filles chaque fois différentes, c'est pour tenter de t'oublier ! Aucunes n'arrivent à ta cheville ! Tu es celle qui hante mes rêves la plupart du temps, qui occupe mes pensées en permanence ! Je deviens fou quand je sais que tu sors avec quelqu'un, que je sais que tu n'es pas mienne...
- Et...
- Tu te trompes entièrement sur mon compte Lily ! Je ne veux pas ce que les garçons veulent des filles en général ! J'attendrai autant qu'il le faudra pour te le prouver ! Je veux juste pouvoir passer du temps avec toi, te voir, te parler, t'embrasser, sentir ton parfum quand tu seras dans mes bras, ton visage contre mon épaule... Je veux juste pouvoir t'aimer sans devoir le cacher...
Sans s'en rendre compte, il avait finit par prendre le visage de sa belle dans ses mains, alors que celle-ci avait arrêter ses pleurs, pour son plus grand bonheur.
Il ne savait pas comment elle l'avait prit, mais il avait délivrer son cœur de son plus profond secret, qu'il cachait depuis beaucoup trop longtemps. Il s'était livré à la personne concernée, il avait cessé son jeu.
- Pourquoi ?
- De quoi ?
- Pourquoi moi ? demanda Lily. Pourquoi moi alors qu'il y a des dizaines de filles dans cette école ? Pourquoi moi alors que tu ne connais rien de moi ? Pourquoi moi alors que j'ai passé mon temps à essayer de vous coller des heures de retenues ? Pourquoi...
- Lily...
- Dis-moi ! Qu'est ce que j'ai de spéciale ? Alors qu'il y a encore quelques jours tu sortais avec Alicia !
Pourquoi ?
D'accord, elle n'aurait jamais du dire cela, elle savait qu'ainsi, lui avait compris qu'elle faisait attention à lui, jusqu'à savoir l'identité de son ancienne petite amie. Mais lui se voyait obligeait de lui répondre, de lui expliquait, de lui faire comprendre quelque chose que lui-même n'avait pas assimilé. L'amour ne se contrôle pas, et reste un sentiment que les hommes ont encore du mal à comprendre.
- Je... Je vais essayer de te répondre... Tu es spéciale, je ne sais pas pourquoi... Je sais juste que je t'aime et je suis sur de cela ! J'aime tes yeux, quand ils sourient mais aussi quand ils lancent des éclairs... Tes lèvres quand elles sourient légèrement ou quand tu as cette petite moue quand tu réfléchis... J'aime tout chez toi. Tu es la seule à me faire cet effet, aucunes autre n'y ait arrivé... Les heures de retenues que tu as pu me mettre ne compte pas, je ne t'en ai jamais voulu. Alicia ne compte pas, ni aucunes autres...
- Tu crois m'avoir avec tes belles paroles... Ce n'est pas la sincérité qui manque aux hommes, c'est le temps pour l'appliquer...
La jeune fille se libéra rapidement le visage des mains du jeune homme, et se dirigea vers la fenêtre légèrement ouverte. De là où il était, James pouvait voir ses cheveux bougeaient aux rythmes du vent, présent en cette soirée. La jeune fille lui semblait observer les étoiles, presque perdue dans leur immensité. Il savait ce que c'était, il montait souvent dans la haute tour du château pour réfléchir, souvent à son propos d'ailleurs.
Visiblement, il n'avait pas encore conquit le cœur de Lily, mais, au moins, elle ne semblait pas se souvenir des deux minutes de départ qu'ils avaient convenu. Très bien, qu'elle avait convenu, s'il avait eu le choix, il aurait préféré deux heures... Mais qu'elle accepte sa présence de son propre gré était déjà un bon début, pour lui. Il ne voulait pas la brusquer, il voulait arrêter le jeu de ses dernières années, il savait que c'était la seule solution pour qu'elle accepte de l'écouter. Les filles n'étaient pas compliquées, juste beaucoup plus sentimentale que les garçons, et avaient besoin de plus de temps.
- Dis-moi n'importe quoi, juste une parole, qui me prouverait que tu ne joues pas...
Lily venait de parler, lui faisant face désormais. Elle avait abandonné sa contemplation des étoiles, peut-être avait-elle trouvé ce qu'elle y cherchait ? Mais qu'attendait-elle de lui ? Comment pouvait-il devinait ? Que pouvait-il dire qui ne l'enfoncerait pas ? Qui ne la froisserait pas ? Qu'attend comme réponde une jeune fille quand elle s'interroge sur les sentiments d'un garçon...
- Je t'aime, Lily...
Il l'avait dit, enfin. Elle savait désormais tout, il l'avait dit. Elle était la seule fille à qui il voulait le dire, et à qui il l'avait dit. Et il recommencerait autant qu'elle le voudrait.
Il avait apprit, secrètement, à comprendre les expressions de la jeune fille, et celle qu'il lisait sur son visage en ce moment se rapproché beaucoup de la surprise. Mais ce n'est pas ce qu'il vit le plus, non. L'étincelle qui s'était allumé dans ses yeux l'avait tout de suite éblouie. Mais, unique, il n'avait su la reconnaître.
- Moi aussi...
A peine un murmure. Guère plus qu'un simple murmure. Mais il l'avait entendu, alors qu'il allait la laisser, s'avouer perdant, voyant qu'elle ne répondait pas, qu'elle ne réagissait pas. Un simple murmure empêcha son cœur de battre l'espace qu'un instant. Il ne lui fallut pas plus longtemps pour s'éloigner de cette porte qu'il ne voulait désormais plus franchir sans la jeune fille.
Plus aucune trace de larmes n'était présente sur ses joues, légèrement rosées. Ses lèvres s'étiraient dans un petit sourire, qui l'avait toujours fait craqué, même si il ne lui était jamais adressé, autrefois. Elle le regardait, dans les yeux, le laissant voir l'étincelle toujours présente, la sincérité de ses propos. Elle lui ouvrait son cœur, elle abattait les barrières qui l'avaient si longtemps entouré. Elle était magnifique.
James n'y croyait toujours pas. Mais elle, avait-elle comprit qu'elle s'engager dans une relation sérieuse ? Avait-elle comprit qu'il n'était pas près de l'abandonner, maintenant qu'il l'avait ? Il ne savait pas, mais ils auraient tout le temps d'en discuter plus tard. Il ne voulait plus qu'une chose, s'abandonner enfin dans une étreinte qui lui était permise. Il pouvait enfin la serrer dans ses bras, sentir son odeur, toucher ses cheveux... il savait que son Patronus serait parfait à partir de maintenant. Son plus beau et heureux souvenir, il l'avait.
Doucement, il se défit des bras de sa belle, autour de son cou. Il croisa ses beaux yeux émeraudes, lui souriant. Il n'avait plus de doute, lorsqu'il la vit fermer les yeux, alors qu'il approchait lentement ses lèvres.
