Chapitre 14 : Quand tout recommence

Enfin ! Harry avait des nouvelles de Dumbledore, des Horcruxes, de l'Ordre, de Voldemort ! Il n'en pouvait plus d'attendre sagement, encore, alors qu'il voyait le temps s'écouler sans fin. Le mois de mars allait bientôt laisser sa place à celui d'avril, ne lui laissant plus que deux ridicules mois avant la fin de Poudlard. Lui qui avait voulu profiter des cours, dont il n'avait absolument pas besoin, pour se consacrer à sa quête..; c'était loupé.

Le directeur lui avait demandé de le rejoindre le soir même, dans son bureau, lui recommandant, -ou était-ce un ordre??- de ne pas parler de ce rendez-vous autour de lui. Bien que Harry détesta cette idée, trouver un faux prétexte et mentir à Ginny ne faisait pas parti de ses activités favorites, il ne pu qu'accepter. C'est donc sans plus de cérémonie qu'il quitta la salle commune des rouges et ors, sous un regard noir de sa petite amie.

Il se dirigea calmement vers le bureau, sachant que la soirée allait lui réserver bien des surprises. Abandonnant ses pensées, il donna le mot de passe à la Gargouille et monta les escaliers en colimaçon. Il fut heureux de constater qu'il n'y avait pas beaucoup de monde, seulement quatre personnes : Dumbledore, le directeur, Nicolas Potter, le père de James, soit son grand-père, ainsi que le professeur Mc Gonagall, la directrice de sa maison.

C'est en remarquant sa présence que Harry comprit que les choses allaient vraiment changer, à partir de maintenant. Que ferait sinon, ici, sa professeur de Métamorphose ? Elle ne tenait pas une place importante dans l'Ordre, ni dans le château, puisqu'elle ne pouvait pas contredire les ordres de Dumbledore...

Reprenant rapidement sa maîtrise de soi, il salua joyeusement ses compagnons. Puis, Dumbledore prit la parole :

-Voila, Harry. Je sais que tu m'avais demandé de garder tes confidences pour moi, mais je me suis permis de mettre Nicolas et Minerva dans la confidence. Je leur donne mon entière confiance. De plus, nous aurons besoin d'eux, dans ta quête. Je sais que je ne t'ai pas donné de nouvelles depuis longtemps, mais je voulais t'accorder encore un peu de répit avant de te replonger dans la guerre. Mais maintenant, nous en savons assez pour partir, enfin, à la recherche des âmes de Voldemort. Je sais que tu as tes ASPICs à passer à la fin de l'année...

-Euh... Albus... Sans vouloir vous offenser... intervint Harry.

-Oui, je sais, tu les auras au la main même sans les cours... La plupart des professeurs l'ont compris, Harry. C'est pour cette raison que je n'ai pas de regrets à te dire qu'il te faudra manquer quelques un de ces précieux cours... C'est d'ailleurs pour cette raison que Minerva est présente. Elle te couvrira lors de tes sorties.

Harry ressenti, pour la première fois, de la reconnaissance pour ce professeur qu'il avait toujours jugé trop sévère, trop froide. Il ne savait pas à quel point cette sorcière se battait pour leur camp, et il s'en voulait d'avoir ainsi pensé cela d'elle. Mc Gonagall allait risquer sa carrière pour lui permettre de s'échapper...

Il comprit aisément pourquoi Nicolas Potter se trouvait dans cette pièce. Son futur grand père était un Auror exceptionnel, et l'un des rares à soutenir Dumbledore dans cette Première Guerre, la Troisième pour le Survivant. Il était donc impensable de le laisser de coté.

Mais Harry, loin d'être naïf, savait que Nicolas était prêt à tout pour préserver sa famille et, dans ce cas, sauver son fils et sa futur belle-fille de la mort. À préserver le fils de ces derniers de son destin, par la même occasion. Et Harry lui en était reconnaissant.

-Nous partirons donc, pour la première expédition, à la recherche du premier Horcruxe. Je me suis renseigné, il n'en a créé pour le moment que 5, puisque tu es censé être le dernier, avec Nagini. Nous irons donc chercher la bague dès lundi, il n'y a plus de temps à perdre. Je te prierais, Harry, de nous attendre, moi et Nicolas, dans le hall, à six heures du matin. Je ne veux pas risquer les regards des élèves, nous serons plus discrets ainsi. Et ne dit-on pas que l'avenir appartient à ceux qui se lève tôt ? Bien. Je vais te laisser rejoindre tes amis, je dois encore m'entretenir de certain détails avec mes collègues. Je t'en tiendrais informé plus tard.

Harry acquiesça, surprit que la réunion ne dure pas plus longtemps. Il reprit donc le chemin qu'il avait suivit seulement quelques minutes avant, et rejoignit les Maraudeurs qui l'attendaient, comme il l'avait pressenti, dans leur dortoir. Mais il ne pouvait rien leur dire... enfin, il ne savait pas... Il ne pouvait tout de même pas le leur cacher ! Et encore moins à Ginny... elle finirait par se poser des questions sur ses absences, et en tirerait sûrement des conclusions qui le terrifiaient.

Il prit sa décision au moment où il croisa le regard de Rémus. Dans sa condition de loup-garou, il comprenait et sentait beaucoup plus, et mieux, que les deux autres Maraudeurs. Mais la lueur qu'il y trouva le dissuada de trouver une nouvelle excuse bidon. Il remercia Merlin que Peter n'ai pas attendu de se faire virer pour changer de dortoir, il n'aurait donc pas à remettre ce moment à plus tard. Il savait que les Maraudeurs avaient compris qu'il avait menti pour rejoindre Dumbledore, aussi se lança-t-il immédiatement, sans attendre que les reproches fusent :

-J'étais chez Dumbledore, avec ton père -il regarda James-, et Mc Gonagall...

-Dans quel pétrin tu t'es encore fourré ? s'exclama Rémus.

Le jeune homme l'avait coupé, pour la première fois, le sage et posé Rémus Lupin perdait son calme. Jamais, même quand il avait été son professeur, Harry ne l'avait vu perdre son sang-froid légendaire.

-Je ne me suis fourré dans aucun pétrin dont je ne sois capable de me tirer seul, ne vous en faites pas.

-Alors la, non ! Il n'est pas question que tu ailles te coucher comme d'habitude, sans nous donner plus d'information ! J'ai bien senti que quelque chose c'était passé, que ta soi-disant retenu avec Mc Gonagall n'en été pas une ! Même James et Sirius l'avaient deviné ! Alors, dis-nous tout ! Qu'est-ce qu'il sa passe, par Merlin ?!

Que faire ? Leur avouer ? Leur révéler un des secrets le plus important qu'il cachait ? Leur dire qu'il allait partir, risquer sa vie, une deuxième fois, pour sauver la leur ? Ou les perdre, refusant de leur faire confiance ? Que ferai Dumbledore ? Il ne le savait pas. Toujours il lui avait dit de faire confiance à ses amis... mais il avait appris bien des choses sur les amis de Dumbledore, désormais. Mais les Maraudeurs ne supporteraient pas de ne pas savoir ! Aussi prit-il la décision de leur dire... le strict minimum :

-La situation dehors ne s'améliore pas comme le souhaitait le Ministère...

-Sa, on aurait pu le voir nous-même ! s'exclama Sirius.

-Laisse-moi finir ! s'énerva Harry. Personne ne sait comment venir à bout, ici, de Voldemort, pour la simple et bonne raison que, pour le moment, il est immortel ! Il ne peut pas mourir !

-Mais...

Harry jeta à James un regard si noir que celui-ci préféra se taire, de lui-même. Harry reprit, implacable :

-Seulement, je connais son secret. Dumbledore me l'a appris pendant ma sixième année, seulement, à votre époque, il ne le savait pas encore. Maintenant si. Et nous allons faire en sorte de le rendre à nouveau mortel, pour que je puisse accomplir cette prophétie, et que mon voyage ici serve à quelque chose. C'est pour cette raison que je devrais m'absenter, parfois, à commencer par lundi...

-Et Ginny ?

Harry soupira. Il ne voulait pas la mêler à cette histoire, pas une seconde fois. La jeune fille méritait de profiter de la vie, désormais. Il refusait qu'elle s'inquiète pour lui...

-On s'occupera d'elle, intervint James, comprenant son fils. On ne lui dira rien si tu ne veux pas qu'elle s'en fasse.

Harry ne répondit pas, son regard exprimait sa gratitude. La recherche des Horcruxes n'allait pas être une partie de plaisir, il le savait. Mais il était heureux de savoir qu'il pouvait compter sur les Maraudeurs.

Les Maraudeurs... Quelque chose clochait. Il avait manqué un détail, tout comme il avait trouvé le dortoir très calme à son arrivée... Trop calme !