It's been a hard day

Malgré l'euphorie de la veille, il fallait reprendre le cours normal d'une année d'étude à Poudlard. Les Maraudeurs étaient bien conscients qu'il s'agissait déjà de leur dernière année à l'école, et ils avaient bien l'intention d'en profiter un maximum. Sirius s'était mis en tête de battre le record de retenues, remporté l'année d'avant par lui-même. Potter, quant à lui, n'avait en tête que de remporter la coupe de Quidditch. Seul Remus était préoccupé par l'actualité magique. On ne comprenait pas bien ce qu'il se passait à cette époque dans le monde des sorciers. La seule chose certaine, c'est qu'il se passait effectivement quelque chose : des meurtres inexpliqués, des disparitions tout aussi étranges… Remus avait constaté que les journaux ne faisaient que relater les faits les uns après les autres, sans vraiment constater, volontairement ou non, qu'il y avait quelque chose de bizarre. Il s'en était ouvert à ses amis qui avaient acquiescés mais dont les objectifs pour la septième année étaient bien étrangers aux considérations factuelles et politiques du monde en dehors de l'école.

Le lendemain du jour où Rogue s'était changé en crapaud, « moment bref, mais intense » selon James, on était encore au début de l'année, et Sirius était en passe de devenir une véritable légende : il ne se passait pas une semaine sans qu'il ne soit à l'origine d'un fait remarquable. Il faut dire que l'intelligence exceptionnelle de ce garçon lui permettait toutes les fantaisies, sans forcément se faire remarquer.

Le lendemain du jour où Rogue s'était changé en crapaud, les Maraudeurs retombèrent dans la routine d'une journée à Poudlard. A peine levés, ils s'étaient rendus dans la Grande Salle pour manger un peu. Remus avait alors reçu le journal. Le petit déjeuner se passait dans un calme tout relatif puisqu'un combat d'histoires drôles sur les trolls s'était déjà engagé entre James et Sirius.

-« Attends, attends, j'en ai une mieux ! Alors c'est deux trolls, dans un ascenceur…

-Mais tout le monde la connaît celle-là ! »

Lorsque Lily Evans s'approcha de leur table, James se tût instantanément. Elle dit bonjour aux quatre garçons, avec un petit mot pour chacun et alla s'asseoir à l'autre bout de la salle, près de Eileen Connelly, une grande blonde aux yeux verts.

Sirius était bien obligé de constater que son ami était complètement dans la lune.

-« Je croyais que c'était le truc de Remus, la lune… » dit-il sans vraiment sans rendre compte à voix haute.

Ce qui fit sortir James de ses pensées.

-« Pas de commentaires !

-Ben si, justement un commentaire ! Tu veux que je te dise ? Y en a un peu marre, là. »

Remus revint alors à la conversation.

-« Marre de quoi ?

-De Lily. » Répondit Peter.

-« Vos gueules, je ne veux, sous aucun prétexte, entendre vos commentaires à deux balles. C'est clair ?

-Justement, pas bien. » Surenchérit Sirius. « Franchement même de bon matin, sans se mentir, et sans y aller par quatre chemins et mains détours pour éviter de passer deux heures à tourner autour du pot, quoique ce soit une activité que j'affectionne particulièrement, surtout en cours de Divination… Tu es fou amoureux d'elle, et ce depuis la première année. Alors sans vouloir être insistant, lourd, ou carrément insupportable, je m'interroge sur la question de savoir pourquoi il ne se concrétise rien de vraiment durable ? Là, il va falloir commencer à convaincre Lily de t'épouser ! Et… soit dit en passant, à tout hasard, d'arrêter de faire semblant de t'intéresser à d'autres filles.

-Tu peux parler !

-Mais moi je suis un salaud, on joue pas dans la même cour, ma biche.

-Qui te dit que je ne m'intéresse pas vraiment à elles ?

-T'as vu comment tu les traites ? Dès que tu penses qu'il peut se passer quelque chose avec Lily, ce qui arrive presque chaque semaine, tu les jettes !

-Tais-toi.

-Oui, mon chéri. » Répondit Sirius en se levant.

Remus regardait ses amis avec une part d'amusement et une autre d'inquiétude. Si Sirius avait peut-être raison, il n'en restait pas moins qu'il y avait un paramètre qu'ils ne pouvaient pas contrôler : Lily.

Les Maraudeurs se dirigeaient vers la cave qui leur servait de salle de potions. Le Professeur Slughorn était déjà présent. Il regardait avec une minutie de psychotique tous les élèves entrer. A la minute où il posa le pied dans la salle, et outre le regard du Professeur, Sirius sentit poser sur lui celui de Severus Rogue, installé comme à son habitude sur le côté droit de la salle. Il lui fit alors un charmant sourire qui aurait fait tomber de nombreuses personnes, mais qui ne pouvait passer que pour une insulte aux yeux de Rogue. Il s'installa au fond à gauche pour avoir une vue panoramique des Serpentards, mieux vaut se méfier. Remus s'installa à côté de lui, James sembla quant à lui vouloir prendre des distances. A la seconde où le cadran indiqua 9 heures pile, le Professeur Slughorn se leva d'un bond, claqua la porte plus qu'il ne la referma et commença à déblatérer une formule incroyablement compliquée à la vitesse d'un balai en chute libre. Sirius referma ses oreilles et se mit à penser aux prochaines vacances, aux blagues qu'il avait en projet, à ses amis... Bref, à tout du moment qu'il ne s'agissait pas de potions, pour lesquelles il avait une passion très mesurée.

Il finit par contempler les gens autour de lui : Potter et Pettigrow devant lui, Rogue et Malefoy, devant le Professeur. Lily Evans et Eillen Connelly derrière eux. Encore derrière, il y avait d'autres Gryffondors : Roman Parker et Thomas Stone… Ses yeux parcouraient les allées, quand ils s'attardèrent sur une table en particulier. Deux Serpentards : Eliot Grams et Remedios Listerdale.

Sirius les regardait. Grams, un Serpentard typique. C'était le fils d'amis à ses parents. Ils se connaissaient depuis le berceau et se détestaient depuis le berceau. Alors c'était pas demain qu'ils allaient commencer à parler. Il n'était pas bête, ce Grams, pensait Sirius, loin de là. Mais décidément il était beaucoup trop hautain et méprisant pour que le jeune homme se résolve à lui adresser la parole. Listerdale, quant à elle, était la troisième bête noire des Maraudeurs.

Dans la maison Serpentard, après Rogue, évidement en pole position, Malefoy, préfet en chef, et désespérément couillon, se tenait donc la troisième personne la plus populaire de la maison, une fille grande et brune, Remedios Listerdale.

Sirius se fit la réflexion qu'il n'avait jamais vraiment rien tenté contre elle directement. Elle était un peu à part : très méprisante, très crainte. Et finalement pas très drôle se dit Sirius.

Il était encore plongé dans ses pensées quand il entendit le Professeur Tonrford hurler :

-« Maintenant, en suivant toutes les indications que je viens de vous donner, faites-moi une potion d'ubiquité !

-Ca y est encore un truc qui n'est pas au programme des Aspics. Il veut nous tuer où quoi ? C'est au moins pour des sorciers agrégés ça !

-Parce que c'est ça qui va t'arrêter, Black ? » Répondit Remus déjà en train de sortir les ingrédients de l'armoire.

Le regard que jeta Slughorn à ses deux élèves passa l'envie à Sirius de répondre à son ami. Il s'attabla donc sans un mot et ouvrit son livre au chapitre des sorts-qu-il-faut-surtout-éviter-de-faire.

A la sortie du cours, Sirius était le premier dans le couloir, ravi d'avoir réussi impeccablement une potion d'ubiquité, avec l'aide de Remus, quand les autres n'avaient en gros obtenu qu'une grosse mélasse bleue. James, passablement de mauvaise humeur depuis le matin, se plaignit du fait que décidément, les potions n'étaient pas son fort, et que cette fois-ci, il avait vraiment manqué de chance.

Ils se rendirent, en traînant un peu des pieds, au cours de Divination. Le Professeur Fbner était déjà là. Les élèves s'assirent tous autour de tables à tenter vaillamment de lire dans du marc de café.

-« Franchement, ça fait combien de temps qu'on essaye ça et qu'on n'arrive toujours pas à voir un truc ? » Demanda Sirius.

-Attends ! Je vois quelque chose! Tu vas réussir tes Aspics !

-Ouais, merci Peter. Mais ça, j'aurais pu le deviner.

-Quelle prétention ! » S'exclama Potter.

-« Mais je sais très bien que je ne t'arriverais jamais à la cheville, mon Jamesou ! » Dit Sirius faisant sourire son ami.

-Moi, je vois que Rogue va devenir Professeur à Poudlard, de potions.

-Allez, Remus, arrête de dire des bêtises! »

Après le repas, pas aussi animé que d'habitude, James refusant de sortir de sa mauvaise humeur, les Maraudeurs se dirigeaient vers le cours de français. Cette matière, abandonnée par la suite par la direction de Poudlard qui estimait que les élèves avaient déjà trop à faire, s'inscrivait dans le cadre d'une coopération avec l'école de Beaux-Bâtons. Les quatre jeunes Gryffondors s'ennuyaient passablement dans cette matière, trop difficile à leurs yeux, même si Remus, Sirius, et Potter étaient les meilleurs élèves de leur maison. Le Professeur Bonard était un vieux monsieur à la barbe blanche, qui ne jurait que par Proust et Flaubert, et qui avait pour livre de chevet « le manifeste du parti communiste ».

Black s'assit au fond de la classe et s'apprêta à dormir un peu quand le Professeur demanda :

-« Black ! Répondez à la question ! » En français.

-Qui était ? Se demanda Sirius. Il entendit James devant lui, lui souffler : « légende du roi Arthur ! »

-« Mais tout à fait, Monsieur Bonard. » Réagit Sirius dans un français impeccable. « Le roi Arthur, dont la légende a été théorisée en France par Chrétien de Troyes, a un rapport à la magie assez étrange. Etant lui-même un Moldu, il entretient toutefois, de nombreuses relations avec la communauté magique. A titre d'exemple, je citerais la Dame du Lac, ou Merlin, évidement, qui est l'un des pères fondateurs de cette communauté… »

Le Professeur dut le couper pour continuer son cours. Peter regardait avec une admiration sans borne son ami qui avait la faculté de parler de n'importe quoi avec compétences. Sirius se rapprocha de l'oreille de James pour le remercier, il en profita pour s'excuser et ajouter :

-« Tu sais, ça ne me regarde pas tes histoires de cœur, mon Jamesou. Moi, ce que je veux, c'est que tu ailles mieux. »

James ne répondit pas mais Sirius savait bien l'effet que ce genre de phrases pouvait avoir sur son ami.

Enfin, après une heure trente sur l'intérêt dialectique de la légende du roi Arthur, les quatre jeunes garçons se précipitaient dehors.

James courut vers le terrain de Quidditch pour commencer l'entraînement. Les autres, s'y dirigeaient plus lentement. Quand ils arrivèrent, Potter était déjà dans son discours d'introduction.

-« Vous savez tous que c'est ma dernière année ici. Il n'est donc pas possible de se laisser piquer la coupe cette année ! Je n'admettrais aucun échec, même sur une seule partie. Si vous m'avez trouvé exigeant les années précédentes, mettez-vous bien dans la tête que cette année ce sera pire ! Je compte sur vous, mes petits ! »

-« Paternel en plus » Chuchota Sirius à Remus.

-« Ca promet pour cette année » Répondit Remus.

-« La composition de l'équipe ne change pas beaucoup. On reprend évidement les même que l'an dernier, il faudra juste remplacer Mailin Flinn, dans un poste de batteur. Les entretiens auront lieu à cet effet en fin de semaine. J'exige que vous soyez présents. Je vois pas comment on pourrait avoir un esprit d'équipe si on ne se met pas d'accord sur ce nouvel arrivant. Smith ! Tu m'écoutes ? C'est pas parce que tu es le meilleur attrapeur de l'école que ça t'empêche d'être attentif !

-Eh oh ! Ca va ! Je regardais juste les Serpentards arriver.

-Les quoi ? » Répondirent en chœur l'ensemble des Gryffondors présents - soit à peu près toute la maison.

Effectivement, s'approchait à grand pas la maison honnie, avec Malefoy à leur tête.

-« Qu'est ce que vous foutez là ? Vous ne voyez pas que le terrain est déjà pris ? » Demanda sur un ton visiblement agressif, Potter.

-« Mais si, on le voit bien. C'est pour ça qu'on est là. On vous regarde.

-Alors là pas moyen. » Répondit Potter en retroussant ses manches.

Ils allaient en venir aux mains quand McGonagall débarqua. Elle faillit coller une retenue à James, mais comprit que l'entraînement primait les bonnes manières. Après avoir fait constater que les Gryffondors étaient les premiers présents, elle renvoya les Serpentards en leur promettant le terrain pour le lendemain.

Potter sans perdre une minute de plus sortit le vif d'or et les cognards. Aussitôt l'ensemble de son équipe s'envola dans les airs.

Peter, Remus, et Sirius regardaient attentivement les joueurs. Potter était formidable avec une balle dans les mains, il faisait de véritables merveilles. Alicia Porte, à ses côtés, ne se laissait certainement pas intimider. Lena Langrova complétait extraordinairement bien le trio de poursuiveurs. Arthur Jones arrêtait toutes les balles dans ses buts. La batteur, Emily Sol était comme un poisson dans l'eau. Enfin, Jordan Smith évoluait avec une facilité impressionnante dans les airs. Il eut tôt fait, d'ailleurs, de ramener à son capitaine la petite balle jaune.

Sirius se dit que vraiment, s'ils ne gagnaient pas cette année, c'est qu'il n'y avait vraiment pas de justice.

James lui-même était satisfait par leur entraînement. Au repas du soir, dans la grande salle, il dit :

-« Bon, ok, c'est loin d'être parfait, mais avec beaucoup de travail, on peut peut-être être un peu moins mauvais.

-Arrête ton char, vous êtes une très bonne équipe. On dirait que tout le monde le sait dans l'école sauf toi ! » Fit remarquer Peter.

Lily écoutait leur conversation avec attention. Assise juste à côté de Remus, elle intervint enfin :

-« Il a raison, Potter. Ton équipe, elle est formidable. Et, cette fois-ci encore, il n'y pas de raison que vous perdiez.

-La douce Lily va-t-elle convaincre ce têtu de Potter ? » Questionna Sirius.

James posa un regard noir sur son ami, et prétendit qu'on ne gagnait rien sans travail.

-« Il est bien studieux d'un coup ! » S'étonna Sirius. Il n'ajouta rien néanmoins de peur de vexer à vie son ami.