Et je n'oublie pas de remercier les Sales Majestés pour l'inspiration du titre du chapitre !

Sur ce, j'espère que ça vous plaira...

Chapitre 4

Joyeuses bandes d'insoumis

-« Sirius ! Tiens lis le journal ! » Remus, très agité, lui tendit les quelques feuilles.

Sirius, étonné, attrapa le journal que lui tendait son ami. Il y avait écrit en grosses lettres : « les Mangemorts passent à l'action : 30 morts à la gare de Prés au Lard ».
-« Tout le monde ne parle que de ça dans la grande salle ce matin ! » Ajouta Remus.

S'en suivait ceci dans le chapeau de l'article : « Hier soir, dans la matinée, une dizaine de personnes se sont présentées à la gare de Pré-au-Lard, à l'arrivée du train de 20h27 de Londres. Alors que rien ne le laissait prévoir pour les nombreux témoins de la scène, ils ont sorti leur baguette et ont envoyé des sortilèges impardonnables à plusieurs personnes. Nous déplorons actuellement 30 décès dans la communauté magique, ainsi qu'une soixantaine de blessés, aujourd'hui suivies à Sainte Mangouste. A l'heure qu'il est le Ministère de la Magie ne veut pas nous communiquer les éventuels noms des Mangemorts liés à cette affaire. On parle néanmoins que seraient concernés les Malefoy, et les Black, parmi les familles les plus vieilles et les plus respectées. »

-« Et merde. » Dit Sirius en posant le journal sur une table.

Remus regardait son ami avec compassion. Sirius s'assit le plus tranquillement du monde sur un des sièges de leur salle commune. Puis pris sa tête dans ses mains.
Quelques minutes plus tard, Remus, James, et Peter le regardant avec inquiétude, il se leva, et comme d'habitude, pris ses affaires pour aller en cours. Il ne parla pas de la journée.

Suite à cet évènement des plus marquants, qui lançait vraiment la guerre entre le Ministère de la Magie et Voldemort, les parents des élèves de Poudlard prirent peur. De nombreuses personnes, alors que l'on n'était qu'en début d'année, retirèrent leurs enfants de l'école, pensant qu'ils seraient plus en sécurité près d'eux. Ce qui se savait c'est que ces enfants allaient ou dans les résidences surveillées que le Ministère laissait à la disposition de ses citoyens, ou aux côtés de Voldemort. Poudlard, gardant son indépendance, s'opposait tout de même ouvertement, en la personne de son émérite Directeur, à Voldemort.

Le monde des sorciers se divisait peu à peu en deux. Deux côtés irréductiblement opposés, que l'on retrouvait même parmi les élèves.

Parmi ceux-là, on comptait évidement James Potter, Remus Lupin, Peter Pettigrow, et Sirius Black.
Ce dernier en particulier avait tout fait pour convaincre Dumbledore d'agir à ses côtés. Le Directeur refusait encore et toujours d'impliquer ses élèves dans la guerre qui se préparait. Et Sirius en était malade. Il lui arrivait de pleurer de rage. A peu près après toutes les fois où il avait réussi à parler à Dumbledore.

-« Pourquoi tu fais cette tête là ? » Avait justement demandé Peter à la suite d'une de ces entrevues.
-Il ne veut pas… » Après quelques minutes de réflexion, la décision de Sirius était prise. Il retrouva la petite flamme qu'on lui connaissait dans son œil bleu, et en parla dès qu'il put à ses amis.

-« J'ai eu une idée. Il faut que je sache ce que vous en pensez. Voilà, j'aimerais bien qu'on organise les forces qui sont de notre côté à Poudlard. Après tout, Dumbledore ne sait pas trop sur qui compter le jour où il aura besoin de nous, parce qu'il aura forcément besoin de nous un jour. J'aimerais savoir quelles sont nos troupes. On pourrait au moins lister les personnes qui se sentent prêtes à l'aider !
-Brillant, Sirius. Moi j'en suis ! » Répondit de suite James. Les autres acquiescèrent, pas même besoin de poser la question.

Les premiers à constituer leur petit collectif étaient, hormis eux quatre, Farfadelle Dentry, Clare Dam, George Bastold, Zachary Zagreb, Lily Evans et Denis Johnston. Par le fait qu'ils n'appartenaient pas aux mêmes maisons, le travail fut facilité. Et très vite, Sirius aurait pu donner un Dumbledore une estimation des gens sur lesquels il pouvait inconditionnellement compter. Très vite, ces personnes organisèrent des réunions où on parlait sortilèges de défense et stratégie à adopter dans telle ou telle situation.

La conscience de Sirius aurait pu se calmer. Mais le jeune homme était toujours dans une souffrance terrible. Il ne parlait plus à personne, sauf pour organiser ce qu'il appelait la « lutte ». Il ruminait sans cesse les mêmes questions. Certes, il n'avait jamais été proche de ses parents ou de son frère, mais de là à ce que ces derniers rejoignent les ordres d'un fou furieux sanguinaire, il y avait une limite. Il s'enfermait totalement dans ses pensées. James, Remus, Clare, George, Zachary, Lily, Farfadelle, Denis et Peter s'inquiétaient beaucoup.
Mais rien ne pouvait faire sortir Sirius de sa bulle, pas même la nouvelle qui tomba un soir.

-« James ? Où est-ce que t'étais ? On t'a cherché partout ! On a organisé une réunion informelle ce soir avec les membres du groupe.
-Où j'étais ? » Demande James avec un sourire en coin.
-« Oui, où t'étais ? » Insista Remus.
-« Avec Lily. »
A vrai dire, il n'ajouta pas un mot. Ses amis non plus.

Malgré tout, la vie à Poudlard suivait son cours quasi-normal.

-« Black ! Un peu d'attention, que diable ! » Hurla le Professeur Slughorn.
Il était en train d'expliquer une formule extrêmement compliquée qui permettait à celui qui l'exécutait d'être beaucoup plus rapide dans ce qu'il faisait. La première version de cette potion avait déjà été étudiée par les deuxièmes années. Mais ça ne semblait pas suffire au Professeur Slughorn, qui augmentait sans cesse le niveau de difficultés en rajoutant des effets secondaires désirables à la limite du possible.

En fait, Sirius était plongé dans ses pensées, très éloignées de la potion de rapidité. Après l'intervention de son Professeur, il se demanda pourquoi celui-ci n'était pas parti rejoindre le Mage noir. Après tout, Slughorn, avec ses petites habitudes de favoritisme, avait tout l'air d'un fidèle.
Sirius replongea aussitôt dans ses pensées. Ses yeux tombèrent sur Remedios Listerdale, installée juste devant lui. De quel côté pouvait être cette fille si mystérieuse ? Si elle avait été du bon, elle se serait renseignée, elle l'aurait trouvé lui, et elle aurait rejoint leur petit groupe. Il y avait quelques Serpentards dans le tas. Mais elle n'en avait rien fait.

-« Black ! On ne vous dérange pas trop ? » Sirius leva les yeux sur le Professeur, penché sur lui.
-« Remettez-vous à votre potion, et tout de suite ! Vous ne voyez donc pas que ça va exploser ! »

Le Professeur n'avait pas exagéré sur l'imminence de la catastrophe. Il enleva rapidement sa potion du feu. Il n'y eut pas d'explosion, mais sa potion était fichue.

-« Vous n'êtes vraiment bon à rien, Black ! Il ne faudrait rien vous laisser entre les mains. Terminez donc le cours avec Mademoiselle Listerdale qui a eu jusqu'à maintenant le bon goût de ne pas tout faire sauter dans cette classe ! Quoiqu'elle semble bien être la seule dans ce cas ! Potter ! »

Sirius se leva et prit la chaise devant lui, pendant que le Professeur allait à l'autre bout de la classe presque en courrant. Il ne prit pas la peine de dire bonjour à sa camarade. Il avait la ferme intention de ne rien suivre de ce cours, et rien ne pourrait l'en dissuader.

-« Black ? Tu me passes la camomille ? La fiole, devant toi ! »
Elle avait dit ça sans agressivité, et Sirius nota que c'était bien la première fois. En même temps, ils avaient échangé combien de mots depuis qu'ils se connaissaient ?
Sirius la lui tendit, mais ne se préoccupa pas plus longtemps de la potion.
-« Black ? Tu pourrais pas t'intéresser deux secondes à ce qu'on fait ? Ce serait plus facile de le faire à deux !
-Ouh ! Mais c'est une proposition indécente ma parole !
-T'es con.
-Oui, ma belle. Mais non, je m'en fous de cette potion. Il y a des choses plus importantes que les potions de Slughorn en ce moment. »
Quelques secondes de silence passèrent.
-« Ca ne te concerne pas directement. La potion, si.
-Quand on ne sait pas de quoi on parle, on se tait. » Répondit Sirius brutalement. Il avait peut-être parlé un peu trop fort :
-« Black ! S'en est trop ! Prenez la porte !
-D'accord, mais je la mets où, Monsieur ? »
Le Professeur, révolté par l'insolence de son élève, le souleva par la robe et le jeta dehors, au sens propre.

Au cours suivant, Sirius ne fut pas beaucoup plus attentif. Le Professeur Fbner, qui enseignait la divination, était devenu très agité depuis la nouvelle de l'apparition de Voldemort. Lui qui était d'un calme olympien passait désormais son temps à trembler de tous ces membres, et à promettre une mort certaine et prochaine à ses élèves. L'intervention de Dumbledore n'avait pas suffit à le calmer. Et ça indignait Sirius qu'un Professeur de Poudlard ait une telle attitude. Il n'aimait pas beaucoup plus Slughorn, qui, lui, faisait comme si de rien n'était. En tout cas, le Professeur Fbner était exaspérant, encore plus maintenant, et Sirius se boucha les oreilles pendant une heure et demie pour ne pas avoir à l'écouter.

Après, le Professeur Flitwick, en botanique fut de même parfaitement ignoré par Sirius qui regardait désespérément par la fenêtre que quelque chose veuille bien se passer.

Mais décidément, rien n'égayait cette journée de l'ennui.
Jusqu'à ce que Clare Dame, qui travaillait à côté de lui à repiquer une Fatule à pois, lui dise :
-« Dis dont, t'y vas avec qui au bal du Jour de l'an ?
-A quoi ?
-Le bal du Jour de l'an ! Tu sais, le Jour de l'an ! Une fête très célèbre qu'on fête aux alentours du 1er janvier, tous les ans.
-Ah ! Le bal du Jour de l'an. Même cette année ?
-Surtout cette année, Sirius. Ca permettra à tout le monde de se changer les idées, même à toi.
-Mouais.
-Alors t'y vas avec qui ?
-Ecoute, Clare, j'ai pas envie d'y aller, moi, à ce bal. Je préfère me morfondre devant la cheminée de la salle commune de Gryffondor.
-Mais il y aura tout le monde !
-Tout le monde sauf moi. Désolé Clare, mais pas moyen, même si tu proposes qu'on y aille ensemble ! »
Clare sourit à cette dernière réflexion de son ami. Elle n'ajouta cependant rien, vu le regard noir que lui jetait le Professeur Flitwick.