Merci à Sylvie Vartan (enfin, ça doit pas être elle l'auteur de la chanson, mais vous aviez compris, hein ?) pour le titre du chapitre.
Une petite review ?
Chapitre 5
Ils seront les plus beaux pour aller
danser
Sirius dut bien se rendre compte que toutes ces
semaines, absorbé par la nouvelle de la prise de position politique
de sa famille, il avait été complètement à côté de la plaque.
L'effervescence autour de ce bal du Jour de l'an était
absolument incontournable à Poudlard. Les élèves étaient en état
d'euphorie générale, ce qui contrastait beaucoup avec les
semaines moroses qu'ils venaient de traverser. Ce bal était
l'occasion de rappeler que l'année scolaire se poursuivait
normalement, et que rien ne pourrait remettre en cause la haute
valeur de l'éducation. Dumbledore affichait un sourire béat à
longueur de journée, et même McGonagall se laissait aller à
quelques sourires de temps à autres. Seul Slughorn n'avait pas du
tout changé son comportement et il fallut que Sirius se découvre
des trésors de patience pour ne pas se faire expulser de chacun de
ses cours.
Poudlard arborait, quelques jours avant la date
fatidique, de nombreuses décorations or et argent. Un immense sapin
avait été disposé dans le hall de l'école, et un gigantesque
calendrier distribuait des chocolats, installé dans une artère
centrale. Ces décorations qui pourtant était sensiblement les mêmes
d'une année sur l'autres impressionnaient toujours autant Sirius qui
n'en revenait pas qu'avec un peu de magie on puisse arriver à un
tel résultat.
Sirius avait été sollicité par de
nombreuses jeunes filles, amies, anciennes amies, mais surtout des
parfaites inconnues, la nouvelle s'étant répandue qu'il n'avait
encore personne pour l'accompagner.
Sirius donnait exactement
la même réponse que celle qu'il avait donnée à Clare.
Décidément, il ne voulait pas y aller. Et s'il n'y allait pas avec Clare, c'est bien évident qu'il n'irait avec personne d'autre. Pourtant chacune tentait sa chance, sans succès. Pour certaines invitations, Sirius répondait même assez méchamment et ce malgré le désaccord de Lily, qui faisait de gros yeux dès que les choses tournaient au vinaigre.
Potter, sans surprise, avait invité Lily. Il se faisait une joie de cette première sortie en commun, mais ne partageait pas, contre toute attente, l'enthousiasme de ses camarades. L'heure était grave, et ce n'était certainement pas Potter qui allait l'oublier. Il ne faisait plus une remarque sur la coupe de Quidditch qui avait été annulée et se consacrait quasi entièrement à essayer de faire parler Sirius. Remus Lupin, quant à lui, parfaisait ses compétences en matière de défense contre les forces du mal, et sortait très peu de la bibliothèque. Peter Pettigrow, quant à lui, perdait beaucoup de temps à chercher une cavalière pour le bal du Jour de l'an. Finalement, son choix se porta sur une Gryffondor de sixième année qui avait clairement accepté pour se rapprocher de Sirius.
La veille de ce grand bal, Potter avait surpris dans un état de total désarroi Black, qui n'avait pas bougé du fauteuil de la salle commune de toute l'après-midi et de toute la soirée. Potter fit un signe à Lupin qui ne se trouvait pas loin pour qu'il vienne les rejoindre. Les deux jeunes hommes s'installèrent en face de Black, qui ne leva même pas les yeux. Ils jetèrent un coup d'œil dans les lieux. La salle commune était vide, ils étaient seuls.
-« Ca va, Patmol ? » Demanda
James.
Pas de réponse du concerné, qui ne décroche plus ses
yeux de ses mains.
-« En fait, quand ça va pas dans le
monde des sorciers, Sirius ne parle plus ! » Remarqua,
amusé, Remus. Ce qui fit sourire l'appelé.
-« Même pas
vrai ! » Répondit-il enfin. Ses amis attendirent qu'il
se lance enfin. Ce qu'il fit.
-« Vous devez me trouver
vraiment stupide. Surtout toi, James.
-Et pourquoi donc ?
-Toi,
tu aurais une bonne raison de faire une grosse dépression.
-Et
pas toi d'en faire une petite ?
-Tes parents se battent de
ton côté, contre Voldemort, il peut leur arriver malheur à
n'importe quel moment et tu le sais très bien. Pourtant rien n'y
parait. Tu sais que tu es un mec exceptionnel toi ? Et pas
seulement au Quidditch ? »
James ne s'attendait certainement pas à cette réflexion de son ami. Il n'osait en conséquence trop rien dire. Remus avait très bien compris tout cela, c'est donc lui qui répondit.
-« Personne ne
peut réagir de la même manière à ce qui arrive. De toute façon,
les situations ne sont pas comparables. Parlons de toi. Que penses-tu
de tes parents ?
-Quelle finesse Remus ! Le nœud du
problème est là : qu'est-ce que je pense de mes parents ?
Je les hais, autant que les autres Mangemorts, et pas moins. Peu
importe qu'ils soient mes parents, ou mon frère.
-Si tu
veux mon avis, c'est une excellente raison pour jouer à l'autiste
comme tu le fais en ce moment. » Dit James. « Mais
j'aimerais autant, pour des raisons toutes bêtes qui tiennent à
l'amitié que je te porte, que tu te sentes un peu mieux.
-Et on
ne sait vraiment pas comme s'y prendre ». Ajouta Remus. « Au
moins, aujourd'hui, tu nous parles. »
Sirius sourit à ses amis. Ils étaient ce à quoi il tenait le plus au monde, et ce n'est que ce jour, dans la salle commune des Gryffondor, qu'il en prit pleinement conscience. Ce sont ces personnes qui déterminent ces choix, ces personnes qu'il soutient et protège. Qui peut se vanter d'avoir des amis aussi extraordinaires ? Sirius se leva de son fauteuil et proposa à ses amis d'aller faire un tour en cuisine, d'aller chercher Peter, et de se faire une petite nouba entre eux.
Et ce fut effectivement ce qu'ils firent. James
et Peter se proposèrent pour se rendre aux cuisines. Il faut dire
que tous les deux affectionnaient particulièrement cet endroit, ils
aimaient que leurs volontés soient satisfaites au quart de tour. Ca
répondait à leur caractère. Non pas que ça ne plaisait pas non
plus à Sirius, mais celui-ci préféra s'occuper de la
surveillance, avec l'aide de Remus. Le couvre feu était en effet
largement dépassé, et il aurait été difficile, même pour les
Maraudeurs de justifier leur présence dans les couloirs à une heure
aussi indue. Mieux valait ne tomber sur personne, et surtout pas le
préfet de Poudlard : Severus Rogue, qui n'aurait pas hésité
pour enlever une centaine de points à la maison Gryffondor. Sirius
et Remus suivaient donc de près James et Peter, aidés par une carte
de leur confection qui donnait la position de toutes les personnes,
ainsi que les fantômes et Miss Teigne, en temps réel. L'équipement
était complété par la cape d'invisibilité de James qui assurait
à ce dernier et à Peter une discrétion quasi-infaillible.
Bref,
les quatre garçons parcouraient aussi discrètement que possible les
couloirs de leur école.
Remus et Sirius virent que James et
Peter avaient enfin atteint les cuisines. Le temps que leurs deux
amis ramènent de quoi manger et boire, ils se cachèrent derrière
une statue d'un vieux sorcier inconnu de tous et attendirent, carte
repliée.
Derrière eux, ils entendirent soudain des bruits de
voix étouffées. Rien d'affolant : les voix étaient
lointaines et ne semblaient présenter aucun danger pour les
Maraudeurs. La question qui taraudait pourtant Sirius était qu'il
était très surprenant que des gens soient encore à cette heure-ci
dans les couloirs ou les salles de cours, même s'il était vrai
qu'ils étaient sur le chemin des cuisines. Que faisaient ces
personnes ? Que se disaient-elles si tard ? Il déplia
fébrilement la carte, elle indiquait que se trouvaient à
proximité : Albus Dumbledore et Remedios Listerdale.
Sirius ne fit pas attention aux yeux lourds de reproches que lui lançait Remus quand il sortit de sa cachette pour s'approcher du son des voix, donc des voix, donc de leur propriétaire. Il sortit à découvert et, guidé par son oreille, se retrouva devant une porte. C'était celle d'une salle de cours. Sirius se souvenait que cette salle, qui était celle de Sortilèges, communiquait avec une réserve dont la porte donnait sur ce couloir. Sirius alla jusqu'à la porte de la réserve. Elle n'était pas fermée. Il s'y engouffra.
Arrivé dans la réserve, Remus toujours patientant dans le couloir, il se glissa sans bruit jusqu'à la porte de communication, qu'il entrouvrit avec une délicatesse infinie. Et là, dans la salle de Sortilèges, se trouvaient bien, debout, Dumbledore et Listerdale.
Qu'est ce que ces deux là pouvaient faire ici ? Sirius tendit l'oreille.
-« Si
j'accepte votre aide, ce n'est pas pour que vous jouiez aux
apprenties sorcières, Mademoiselle Listerdale. Il va falloir que
vous soyez extrêmement attentive à tout. Ne relâchez jamais, les
conséquences pourraient être gravissimes. Faites en sorte qu'il
ne vous arrive rien et que je n'ai pas à regretter ma décision.
Ne négligez pas votre entraînement, il vous est indispensable.
Est-ce compris ?
-Oui, Monsieur le Directeur.
-Venez dans
mon bureau quand vous le souhaitez, à n'importe quel moment de la
journée et de la nuit. Je serai toujours disponible. Et ce sera plus
sécurisé dans mon bureau. »
En disant cela, Dumbledore regarda la porte de communication qui lui faisait face. Sirius ne doutât même pas que Dumbledore avait compris que quelqu'un se cachait derrière cette porte et qui c'était. En tout cas, le moment était venu de lever le camp.
Sirius, en sortant dans le couloir eut l'impression d'en savoir moins long que quand il était entré. Remus, sans chercher à savoir ce qu'il s'était passé, le rappela à la réalité en lui faisant signe que James et Peter ne devaient plus tarder. Et en effet, c'est le moment que choisirent les deux autres pour débarquer, les bras chargés de mille choses, hilares. Ils reprirent alors, le plus rapidement possible, la direction de leur salle commune.
La petite soirée
qu'ils avaient organisée dura bien plus longtemps que prévu, avec
bien plus de gens qu'ils ne pensaient. La moitié de Gryffondor
s'était réveillée, le bruit ayant courrut, malgré l'heure
tardive, que les Maraudeurs, les seuls et uniques, reprenaient leurs
petites habitudes d'avant-Voldemort.
Pourtant, au cours de cette
soirée qui devint nuit, et dans laquelle il s'amusa beaucoup,
Sirius pensa sans cesse que quelque chose lui était caché. Il
saurait de quoi il s'agissait. Et il n'avait pas tord.
Le lendemain, Poudlard était en ébullition pour fêter le dernier jour de l'année. Sirius ne prenait pas part à ses festivités, mais Remus, Peter et James ne parlaient pour ainsi dire que de ça. James parce qu'il serait accompagné de Lily, pour la première fois depuis son arrivée à Poudlard. Remus parce qu'il tenait absolument à revoir Dumbledore inviter Mcgonagall à danser. Peter parce qu'il aimait bien ce bal et que ce serait la dernière fois qu'il pourrait y participer. Sirius, quant à lui, regardait ça avec beaucoup de dédain, et disait à qui voulait l'entendre que tous les bals de fin d'année ne valaient pas les fiestas de la salle commune de Gryffondor. Il disait aussi qu'il trouvait presque étrange que Dumbledore ait maintenu l'organisation de ce bal quant on connaissait les circonstances. Il en profita pour ouvrir un livre ou deux de magie et chercher dans tous les couloirs où pouvait se cacher Remedios Listerdale.
Enfin, vers 20 heures, il dit au revoir et bon courage à ses amis qui partaient vers la grande salle. Le temps lui avait paru bien long à n'entendre parler que de ce bal. Finalement, Rose, la Gryffondor de sixième année qui accompagnait Peter, était toute mignonne dans une jolie robe fushia. Lily, dans une longue robe verte était incroyable. Remus dut même envoyer un coup de coude à James pour que la mâchoire de celui-ci ne se décroche pas. Enfin, Clare Dame rejoignit Lupin en bas du grand escalier dans une belle tenue rouge qui traînait largement par terre.
Sirius, soulagé que ses amis soient partis, se demanda comment il pourrait occuper sa soirée. Il avait peut-être eu tord de refuser de se joindre à eux… Il allait maintenant devoir affronter seul cette soirée, qui promettait d'être longue sans la compagnie de ses acolytes. Il s'assit dans un fauteuil de la salle commune et entreprit d'ouvrir une bande dessinée magique. Les personnages avaient beau s'affronter sous ses yeux, il n'arrivait pas à être attentif. Il referma le livre, regarda les flammes dans la cheminée, sifflota, pensa, joua avec les fils du fauteuil, chanta, se raconta une histoire… Mais rien n'y faisait.
Sirius, seul, n'arrivait pas à s'occuper.
Après une heure d'hésitations, il se leva enfin, bien décidé à aller prendre l'air à l'extérieur. Il sortit de la salle commune sous les railleries de la grosse dame du tableau. Il s'engagea dans un premier couloir, puis un deuxième, puis un premier escalier, un troisième couloir, un premier passage secret, un quatrième couloir… Quant il passa devant une salle de classe éclairée. Sirius pensa d'abord qu'il devait s'agir d'élèves échappés du bal. La porte était entrouverte, il y jeta juste un coup d'œil pour vérifier. Il n'en crut pas ses yeux, dut écarter un peu plus la porte du battant, se pinça par trois fois, et se rendit à l'évidence que celle sur laquelle justement il voulait tomber plus que n'importe qui d'autre était assise dans cette salle lisant un livre : Remedios la Serpentarde.
-« Ah ben
mince alors ! » Ne put que dire Sirius.
Remedios daigna
alors lever les yeux en direction du nouvel arrivant. Elle ne lui
répondit pas pour autant. Sans attendre d'en être invité, Sirius
entra dans la salle et s'approcha.
-« Si je m'attendais à te
trouver là !
-C'est vrai que, d'après ce que je sais, tu
n'as jamais excellé en divination… » Répondit Listerdale
d'une voix froide, qui était revenue à sa lecture.
-« Ecoute,
je n'irais pas par quatre chemin ou autres détours pour ne pas
poser une question qui me taraude. Donc sans plus attendre et tout de
go, je ne me gênerais pas pour te demander…
-Ce que je
trafique avec Dumbledore.
-Ce que tu trafiques avec
Dumbledore. »
Listerdale releva les yeux. Elle jaugea son
ennemi pour enfin répondre :
-« Je ne vois pas en
quoi ça te regarde. »
Non pas que Sirius avait pensé une seule seconde que de telles révélations seraient faciles à obtenir, mais ça l'agaçait vraiment de ne pas avoir de réponse.
-«Listerdale, te fous pas de moi. Je vais pas te menacer de tous les maux de la terre pour que tu me parles. C'est juste qu'il faut que je sache. J'espère que t'es capable de comprendre ça, et que je vais pas passer deux heures à essayer de te convaincre de me parler. Il est bien évident que tout ce qui se dira ici ne sortira pas de ses murs. J'attendrai le temps qu'il faudra ».
Et effectivement Sirius s'assit sur la chaise en face de Listerdale et attendit. Quelques minutes s'écoulèrent. Amusée, Remedios Listerdale s'était replongée dans la lecture de son traité des maléfices d'autodéfense. Elle semblait ne pas faire attention à Sirius qui continuait de la fixer.
Enfin, au bout d'une demi-heure de ce petit jeu, elle
parla.
-« Dumbledore m'avait bien dit que je ne pourrais pas
te cacher longtemps ça. »
Elle ne s'arrêta que quelques
secondes pour contempler le regard étonné de son interlocuteur.
Elle jeta un sort pour fermer la porte à double tour et jeter un
sort d'insonorisation.
-« Je vais aider
Dumbledore. »
Sirius avait toujours l'air de plus en
plus surpris mais il s'interdisait de lui couper la parole.
Listerdale s'était attendue à ce qu'il se levât en hurlant,
s'indignât du fait que Dumbledore, malgré ses insistances, ne lui
ai pas confié une tâche similaire. Il l'avait préférée elle !
Une Serpentarde qui plus est !
Mais rien de tout cela :
Black ne quittait pas sa chaise, les coudes posés sur la table à la
regarder intensément. Sirius n'en pensait cependant pas moins.
Alors elle continua.
-« Je me fais passer pour une fidèle de Voldemort. Et je transmets les informations à Dumbledore. Je pars certains soirs de Poudlard avec les quelques autres élèves qui en profitent pour rejoindre leur famille, et j'assiste aux discours de Voldemort. Puis, je rentre. En passant éventuellement par le bureau de Dumbledore. J'ai commencé il y a très peu de temps, je ne sais donc pas grand-chose, mais je suis extrêmement bien placée pour aider Dumbledore. »
Sirius essayait de
digérer l'information. Listedale le regardait, curieuse.
Comment
Dumbledore pouvait-il faire confiance à une Serpentarde trop
populaire dans sa maison pour être du bon côté ? Mais en fait,
Sirius n'avait jamais réussi à connaître le côté de
Listerdale. Elle avait pu choisir le bon. Et si Dumbledore lui
faisait confiance, ce qui semblait bien être le cas, qu'est-ce que
Sirius pouvait dire ? Il n'avait pas l'intention de jouer au mec
jaloux parce qu'on ne l'avait pas choisi. Peut-être qu'après
tout Listerdale était réellement la mieux placée, justement parce
qu'elle venait de Serpentard. Un Gryffondor, même dont les parents
sont des proches de la première heure du mage noir, pouvait
peut-être être soupçonné de trahison, surtout que Sirius n'avait
pas caché ses opinions sur le sujet. Aucune chance, donc, d'être
choisi pour ce travail. Black était passablement vexé, mais devait
bien reconnaître que selon toute probabilité Dumbledore avait
raison. Surtout qu'il avait une confiance aveugle dans son
Directeur, et ne pouvait même concevoir qu'il pouvait parfois se
tromper. Remedios Listerdale était donc l'élue. Mais qui
empêchait Black de l'aider ?
-« C'est très
dangereux. » Dit enfin Sirius.
Listerdale s'était attendue
à tout comme réaction, sauf celle-ci. Que pouvait-il en avoir à
faire, de sa sécurité, ce fanfaron à deux mornilles ?
-« Oui. »
Répondit-elle néanmoins plus par surprise que par réelle
conviction.
-« Mais j'en suis largement capable. »
Ajouta-t-elle aussitôt.
En fait, Black en était persuadé. Ca
lui aurait écorché la bouche que de le dire directement à
Listerdale, mais il avait toute confiance dans les capacités, tout
au moins magiques, de sa camarade. Il faudrait donc qu'il s'y
fasse. Que quelqu'un passe avant lui.
-« T'as pas
envie de danser ? » Demanda Black contre toute
attente.
Remedios Listerdale n'en était plus à une surprise
près. Mais elle n'était pas du genre à se démonter ou à
pousser des petits glapissements suraigus quand l'un des élèves
les plus populaires de l'école lui proposait une danse.
-« Ok,
mais je n'aime pas beaucoup danser, et je ne suis pas habillée
pour la circonstance. Et toi non plus d'ailleurs. » Dit-elle
en observant les vêtements de Sirius.
-Je te pensais moins
conventionnelle. Enfin, on n'est pas des sorciers pour rien, ma
belle.
-M'appelle pas 'ma belle'. »
Alors que
Listerdale disait ça, Black avait sorti sa baguette magique, il
l'orienta dans sa direction. En prononçant quelques mots, il était
habillé quelques secondes plus tard d'un costume noir qui seyait
parfaitement à un bal de fin d'année ploudlardien. La jeune fille
suivit le mouvement en arborant quelques instants plus tard, une
belle robe bordeaux, ses cheveux noirs coiffés en chignon au dessus
de sa nuque.
Les deux jeunes-gens prirent la direction de la
grande salle.
Quand les deux battants de la grande salle
s'ouvrirent sur eux, une vague de chuchotements les accueillit. Les
couples qui dansaient comme ceux qui ne dansaient pas regardaient
dans leur direction.
-« Pour une entrée discrète… »
Glissa Sirius dans l'oreille de sa partenaire.
-« De toute
façon, tu détestes la discrétion. » Répondit-elle
froidement.
-« Bien vu. »
Déjà, James, Remus, et
Peter, accompagnés chacun par une gracieuse jeune fille,
s'avançaient.
-« Sirius ! Alors tu t'embêtais
sans nous ? » Demanda Peter.
-« Là, tu ne crois
pas si bien dire ! J'ai trouvé Listerdale qui s'ennuyait
aussi, alors on est venu. On vous dérange pas trop ? »
James, Remus, et Sirius, regardait la partenaire de Sirius avec un air réellement suspicieux. James envoya même un regard étonné à son ami. Celui-ci lui répondit avec un sourire confiant, James n'insista pas, Sirius ne perdait rien pour attendre.
Remedios Listerdale
devait, quant à elle, affronter les regards lourds de reproches de
Rogue, pour être au bras d'un Gryffondor, de Malefoy, pour n'être
pas à son bras, et de l'ensemble des filles de Poudlard pour être
à celui de Sirius Black.
Mais elle était bien au-dessus de tout
ça. Le Choixpeau magique ne l'avait pas envoyé à Serpentard pour
rien. Et elle se fichait bien de ce qu'on pouvait penser
d'elle.
Sirius l'a conduisit directement au centre de la
salle de bal, richement décorée, et se mit à esquisser quelques
pas de danse.
-« En fait, j'aime pas beaucoup danser. »
Avoua très vite Sirius.
-« Ca se voit. » Ajouta
Remedios.
-« Toi aussi. »
Ils finirent la danse
tout de même, puis quittèrent aussi vite que possible la scène.
James, Remus, et Peter restaient à bonne distance de ce
couple si mal assorti. C'est donc seuls que Black et Listerdale se
dirigèrent vers le buffet, où ils firent une rasia sur la
bierreaubeurre.
Mais déjà, alors qu'ils n'avaient pas
échangé plus de mots, les douze coups de minuit s'annonçaient.
Tous les yeux étaient tournés vers la grande horloge installée
dans la grande salle à cet effet. La trotteuse parcourait
régulièrement le cadran. Il ne restait plus qu'une minute, puis
plus que trente secondes. Et les élèves en cœur comptèrent les
derniers instants de
l'année :
-« Cinq
-Quatre
-Trois
-Deux
-Un
-Bonne
année ! » Hurlait la salle entière. James en profita
pour embrasser Lily. Remus et Peter firent une bise à leur
partenaire, Dumbledore à McGonagall. Le regard de Listerdale
dissuada immédiatement Back de s'aventurer sur un tel
chemin.
Tout le monde fêtait joyeusement cette nouvelle année
qui s'ouvrait, quand soudain, les lumières de la grande salle
s'éteignirent. Quelques baguettes se mirent à briller à force de
« lumos ».
Dumbledore eut tôt fait de remettre la
lumière, à l'aide d'un simple sortilège de rétablissement.
Les élèves s'habituaient peu à peu au nouvel éclairage, quand
Farfadelle Dentry, connue pour ses yeux de links, poussa la première
un hurlement. Bientôt suivie par l'ensemble des élèves.
Au milieu de la salle, en rond, faisant face aux éventuelles attaques, se tenaient une dizaine de Mangemorts. Et au centre, Voldemort.
Les élèves fuyaient la salle. Sirius eut juste le temps d'agripper le bras de Listerdale qui se faisait entraîner par la foule vers la sortie. Ils se faufilèrent derrière une des tapisseries. Sirius eut juste le temps d'apercevoir qu'il s'agissait du drapeau de Serpentard, sans constater l'ironie de la situation, et de voir que Remus, James et Peter courraient les rejoindre.
Quelques
secondes plus tard, ne restaient dans la salle que Dumbledore et
l'ensemble des Professeurs de Poudlard, Voldemort et onze de ses
proches, ainsi que, cachés derrière la tapisserie de Serpentard,
Sirius, James, Remedios, Remus, et Peter.
Ils eurent tôt fait de
défaire le tissus à certains endroits stratégiques pour observer
tranquillement la rencontre.
Dumbledore, derrière ses
lunettes en forme de quart de lune, contemplait Voldemort. Les autres
Professeurs tenaient prête leur baguette, de la même manière que
les Mangemorts. Le seul à paraître détendu était Voldemort
lui-même.
-« Bonsoir Dumbledore. Désolé de m'être
imposé dans votre petite sauterie, mais voyez-vous, je voulais
marquer le coup. Il est évident que dès maintenant, tout le monde
sait que je suis ici. J'admets, c'était voulu.
-Qu'est ce
que tu veux, Tom ? » Demanda d'une voix froide
Dumbledore.
-« Il n'y pas plus de Tom, Dumbledore. C'est
fini, ça. Totalement fini. » Répondit Voldemort d'une voix
qui trahissait une profonde colère qu'il essayait pourtant de
contenir. Il n'était pas là pour parler d'une histoire de
prénom.
-« Je voulais vous voir. » Reprit Voldemort
avec la voix assurée et détachée du début de la
conversation. « Je viens vous proposer, très
solennellement, de vous joindre à moi. Vous savez très bien que le
Ministère de la Magie n'est composé que d'incompétents. Si
jamais ils livraient une guerre, je ne donnerais pas cher de leur
peau, et vous non plus. Alors joignez-vous à nous. Vous pourrez
enfin utiliser toute l'étendue de vos pouvoirs. Vous montrerez
enfin au monde entier, moldu ou magique, votre puissance ! En un
rien de temps, nous les dominerons tous, rien ne pourra de toute
façon s'opposer à ça, même si je dois me passer de votre aide.
Tant qu'il est encore temps, puisque je vous le propose une
dernière fois, faites le bon choix. »
Dumbledore, qui jetait des coups d'œil régulièrement en direction de la tapisserie des Serpentards, prit quelques secondes avant de répondre. Sirius était persuadé que le Directeur savait très bien qu'il y avait quelqu'un sous la tapisserie, combien de personnes et qui. Tant pis, il assumerait les éventuelles conséquences qui pourraient en découler, mais pour rien au monde il n'aurait fui avec les autres élèves et n'aurait manqué d'assister à cette entrevue de la plus haute importance. Sur la réponse que Dumbledore allait donner à Voldemort, il n'avait absolument aucun doute.
-« Mon
choix ? Enfin si tu me poses la question, avec une superbe mise
en scène digne des plus mauvais films de suspense, c'est que
j'imagine que tu attends une réponse. Très bien. Alors ouvre bien
tes oreilles 'Voldemort' puisqu'il faut t'appeler comme ça.
Jamais, tu entends ? Jamais, je ne te rejoindrai. Et jusqu'à
mon dernier souffle s'il le faut, je te combattrai. Ne sois pas si
confiant, tu as plus d'ennemis que tu ne penses. » Dumbledore
avait dit cela d'une voix très calme, et très froide.
-« Vous
le regretterez. » Répondit simplement Voldemort.
Sirius
n'arrivait pas à savoir si le mage noir était déçu de cette
décision. Apparemment, il n'avait pas spécialement surpris. Mais
aucune réaction ne se dessinait sur son visage blafard. Sirius en
profita pour contempler celui contre qui il s'opposait : un
homme encore jeune, de grande taille et mince, vêtu d'une immense
cape noir, qui traînait largement à ses pieds, des cheveux bruns,
un regard noir. D'apparence générale, il ne disait rien qui
vaille se dit Sirius.
Pendant que Black faisait ces quelques
constatations, Voldemort et Dumbledore, qui n'avaient pas bougé,
se regardaient. On aurait dit plutôt qu'ils se jugeaient. Sirius,
très attentif à ce qu'il voyait par un trou dans la tapisserie, à
l'instar de ses compagnons, sortit sa baguette. Tout cela ne
sentait pas bon.
En effet, en un éclair, Voldemort jeta un
sort à Dumbledore qui s'évapora en petites étincelles dès que
celui-ci y posa le regard. Les Mangemorts avaient aussitôt sorti
leur baguette et s'apprêtait à lancer des sortilèges
impardonnables, quand Remus, Sirius, Peter et James, sans même se
concerter mais dans un bel ensemble firent apparaître leur Patronus.
Des formes bleutées bien dessinées s'interposèrent immédiatement
et créèrent une sorte de bouclier autour des Professeurs et du
Directeur de Poudlard. Les Mangemorts avaient beau essayer tous les
sortilèges d'infraction, rien ne pouvait briser l'impeccable
défense des quatre Maraudeurs. Voldemort, lui, regardait d'un air
amusé ce qui venait de se passer. Son regard se porta de la sphère
bleue translucide des Patronus à l'endroit d'où elle venait.
Dans un mouvement très lent, il se tourna donc vers la
tapisserie des Serpentards. James, Remus, Sirius et Peter ne
cherchèrent pas même à l'empêcher de détacher la tapisserie.
Sirius poussa Remedios dans un renfoncement pour qu'on ne la voit
pas et jeta un sort discret pour lui donner la couleur de la pierre
de la grande salle. Il n'était évidement pas question que
Voldemort la voit ici. La tapisserie tomba à leur pied.
-« Voilà donc Remus Lupin, James Potter, Peter Pettigrow, et Sirius Black… » Dit Voldemort en s'approchant peu à peu des quatre jeunes garçons.
Il les contempla longuement. Eux, étaient prêts à réagir
à n'importe quel moment. Il s'attarda devant James et baraguina
quelque chose du genre « tels parents, tel fils ». Il
s'attacha ensuite à Sirius.
-« Vous savez que nous avons
des connaissances en commun ? J'étais curieux de vous
rencontrer, Monsieur Black. » Dit Voldemort d'une voix lente.
« On dit de vous que vous ne m'aimez pas beaucoup.
-Doux
euphémisme ». Répondit Sirius étonné lui-même de sa
répartie.
-Si vous cherchez un ennemi, Monsieur Black, soyez
certain que vous le trouverez.
-Je sais.
-Alors à
bientôt. »
Sur ces paroles, Voldemort se retourna vers Dumbledore.
-« Vous avez là des élèves déterminés.
Mais vous savez bien qu'ils ne feront jamais le poids face à moi.
Enfin, je m'en vais. Mon but en venant ici n'était pas de tuer
tout le monde, vous ne m'êtes pas dangereux. Mais sachez que si
l'envie m'en prenait, je peux revenir à n'importe quel moment.
Vous êtes avertis. »
La sortie de Voldemort et de ses
Mangemorts fut moins impressionnante que leur entrée : ils
sortirent par la grande porte, et attendirent d'être sorti de
l'enceinte du château pour transplaner.
Sirius, Remus,
Peter, et James firent aussitôt disparaître leur Patronus,
Remedios, quant à elle reprit, sa couleur normale.
Dumbledore ne
leur prêta aucune attention. Il ne fit que marmonner dans sa barbe
que tout commençait vraiment, en se dirigeant vers son bureau.
