Bon trois mots avant tout : merci à... Noir Désir ! une fois de plus, pour l'inspiration du chapitre.
Et merci mille fois à Madgriffin !
Et pour répondre à sa review : Cruelle ? Moi ? Nan, pas du tout !
…
Mouais ok, mais alors juste un peu... :))
Pour Rogue, ça me fait vraiment plaisir ce que tu écris : je suis totalement d'accord ! J'ai essayé de coller au Rogue de JK Rowling que j'adore : on ne sait pas trop si c'est un gentil ou un méchant, il est un peu entre les deux. Je dois dire que ça doit être l'un des mes personnages préférés, pour ne pas dire mon personnage préféré, justement grâce à ça.
Chapitre 16
Il doute des détails, jamais du don des nues
Tout allait bien. Tout allait merveilleusement bien.
Tout était presque parfait. Les oiseaux gazouillaient au loin dans le parc. La lumière qui s'infiltrait à travers les vitres laissait présager le beau temps qu'il pouvait faire ce jour-là. On était le début du week-end, vers la fin de l'année scolaire. Les cours s'espaçaient, les professeurs donnaient moins de devoirs. Bientôt, il n'aurait plus cours du tout, pour préparer des Aspics qu'il avait réussi finalement à commencer à réviser.
Il entendit ses amis se lever, et son sourire s'élargit.
Il avait des amis aussi. Les meilleurs amis du monde. Des mecs parfaits qui comprenaient, rigolaient, se taisaient, faisaient merveilleusement de la magie, savaient faire les meilleurs blagues que Poudlard n'ait encore jamais connues. Des amis irremplaçables qu'il aimait à leur juste valeur.
Sa couette était juste à la bonne température, son lit était parfaitement moelleux. La journée s'annonçait réellement superbe puisque même Remus confirma à James que c'était un temps idéal pour aller jouer au Quidditch.
Alors que jusque-là il n'avait jamais osé regarder vers l'avenir, et préférait se cantonner à penser à ce qu'il vivait au moment présent, il se surprit même à penser que tout allait tellement bien que Voldemort finirait par tomber, et qu'ils vivraient tous très heureux, et très longtemps.
Tout allait décidément très bien pour Sirius le lendemain matin de sa soirée passée à la bibliothèque en charmante compagnie.
Le souvenir de cette soirée mémorable lui revenait sans cesse en mémoire. Et son sourire s'élargissait en conséquence. Remedios Listerdale, la Serpentarde si intouchable, avait fini par lui céder. Personne ne pouvait résister au charme de Sirius Black, pensa-t-il in petto, et en toute objectivité. Elle avait mis du temps, il avait bien cru que tout était perdu, mais finalement, il avait réussi à l'embrasser. Et elle l'avait embrassé aussi !
Que le monde est bien fait, ordonné, clair… S'il n'y avait pas eu Voldemort, le tableau du bonheur n'aurait eu aucune ombre.
Il se demanda une fraction de seconde s'il ne fallait pas tous les planter là et aller chercher la belle brune pour l'emmener très loin sur un cheval blanc, mais écœuré par le côté fleur bleue de la motion, il la rejeta. De toute façon, jamais il ne quitterait l'Ordre, jamais il ne quitterait ses amis, et jamais il ne serait en reste dans une violente bataille de polochon.
En effet, James, Remus et Peter sitôt levés, semblaient avoir entrepris de se réveiller tout à fait grâce au bienfait d'une guerre rangée et sans pitié d'oreillers, traversins et autres coussins qui pouvaient traîner là.
Sirius s'arma de son propre oreiller, entrouvrit subrepticement les rideaux de son lit à baldaquin et asséna un lourd coup à James qui ne l'avait pas vu arriver.
-« Hèèè ! Attends, ça se fait pas d'attaquer quelqu'un dans le dos ! Non mais t'as aucune morale ? » S'écria le Gryffondor en récupérant l'oreiller fautif et en mettant en joue Black.
-« Depuis quand il y a des règles ? » Demanda-t-il innocemment en ramassant un coussin. Mal lui en prit puisque Remus et Peter profitèrent de ce petit moment de débat pour se jeter sur leurs amis, bien incapables de répondre à cette soudaine attaque.
Quelques minutes plus tard, Sirius pensa vaguement aux elfes de maison et au travail qu'ils trouveraient ce matin-là en passant dans ce dortoir : tout était s'en dessus dessous, tout était renversé, par terre, éventuellement déchiré. Remus avait dû avoir le même remord puisqu'il lança, avant de quitter la pièce, un sort qui remit les choses à peu près en l'état.
Heureusement que ce jour-là était un samedi. C'était la réflexion des garçons attablés dans la grande salle, et observant avec une envie certaine le beau ciel bleu du plafond.
Aujourd'hui, il n'était pas question de travailler, ni pour l'Ordre, ni pour l'école, ou juste le nécessaire. Ils comptaient profiter de la journée, comme si de rien n'était, comme avant Voldemor, et comme avant les examens.
En plus, Potter, Lupin et Pettigrow remarquèrent rapidement que le quatrième larron était d'excellente humeur, ce qui se faisait assez rare ces derniers temps. Aussi fallait-il profiter de ce paramètre si changeant.
Ils hésitèrent d'abord à lui en parler de peur de s'attirer ses foudres. Seul James osa un petit :
-« Ca va Sirius ? » en sortant de la Grande Salle. Auquel Sirius, surpris, répondit un enthousiaste :
-« Merveilleusement, merci. »
Ca ne rassura pas pour autant son ami qui se demandait ce qui avait bien pu arriver de si grave pour que le Sirius qu'il avait connu jusqu'à cette septième année et qui avait disparu il y a quelques mois, revienne si brusquement.
Les Maraudeurs décidèrent de sortir dans le parc, profiter du beau temps. Dès que James eut foulé la pelouse, il enfourcha avec précipitation son balai, tapa un coup sec d'habitué sur le sol avant de s'envoler à une vitesse impressionnante dans le ciel. Il poussa de là où il était un hurlement de contentement. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas pris le temps de voler !
Les trois autres le regardaient virevolter, amusés. La conversation s'engagea bien vite sur la coupe de Quidditch de Poudlard, puis sur la coupe du monde de Quidditch qui avait eu lieu l'été précédent, quelque part près de Nairobi.
Bientôt, Lily arriva, croulant presque sous une pile impressionnante de grimoires veillots.
-« Mais qu'est-ce que tu fais avec tout ça ? » Demanda Remus en se précipitant pour l'aider alors que la pile commençait sérieusement à pencher du côté gauche.
-« Oh rien, je me disais que je pourrais peut-être réviser au soleil aujourd'hui.
-Réviser… Depuis quand tu as besoin de réviser ? Tu comptes avoir plus que O à tes examens ?
-Non, je te laisse cette prétention, Sirius. Je voulais juste revoir un peu le cours d'Arithmancie. Je ne suis pas très à l'aise avec tout le programme.
-Arrête Lily, tu m'déprimes. » Lança Peter
-« C'est qu'il ne reste que trois semaines, les garçons. » Répondit Lily sérieusement.
-« Comme si on l'avait oublié… » Commenta Remus.
-« Personnellement, il y avait bien un moment où ça m'était un peu sorti de la tête… » Rappela Black.
-« Oh, allez, t'en fais pas, il reste maintenant trois semaines, et même un peu plus puisque nous ne sommes que samedi. Et puis, quasiment tous nos cours sont terminés.
-Il aurait fallu convaincre Slughorn d'arrêter son cours. Lui dire quelque chose 'comme de toute façon, on peut pas être plus mauvais, alors à quoi ça sert de nous faire encore cours ? A ce qu'on crame sa salle de cours ?'
-Il me déprime, lui.
-Décidément, Peter, t'es en super forme toi, non ?
-Quasiment plus de cours, mais encore trop de travail. Et j'ai même pas encore touché à la botanique.
-Pfff…
-Ca te déprime ? Oui, on sait. »
James virevoltait toujours en loin faisant parfois des signes à ses amis lorsqu'il faisait quelque chose de particulièrement remarquable, ce qui arrivait, selon lui, assez souvent.
Lily entreprit d'ouvrir le premier de ses grimoires d'Arithmancie. Les trois autres feuilletaient les cours de français que Remus avait pris le soin de ramener d'un air peu convaincu. Sirius commençait d'ailleurs sérieusement à se demander pourquoi il avait choisi cette option. Ah oui, parce que ça plaisait aux filles... Il se demanda alors si la seule fille à qui il voulait plaire s'intéressait un tantinet soit peu au français, juste pour savoir si cette abnégation exceptionnelle de sa part, servait vraiment à quelque chose, ou décidément pas du tout.
Il vit alors l'objet de ses désirs, sortir du hall de l'école pour rejoindre les bords du lac. Remedios Listerdale, ses longs cheveux bruns vaguement attachés sur sa nuque, son joli visage totalement impassible, et ses élégantes mains serrant quelques feuilles éparses, était accompagnée de ses inévitables amis, et néanmoins ennemis depuis toujours, ou presque de Black : Rogue et Malefoy.
Rogue, le dos très droit, regardait droit devant lui. Malefoy, quant à lui, s'était lancé dans un long monologue.
Black savait très bien que s'il avait choisi Listerdale, il fallait bien qu'il accepte ses amis. Mais il n'aimait vraiment pas Rogue, qui avait essayé l'année d'avant de le faire renvoyer de l'école, et ce même s'il avait eu quelques raisons. Il n'aimait pas non plus le beau et méprisant Malefoy qui n'avait jamais vu que lui et l'effet qu'il pouvait faire sur les gens. Jamais on ne l'avait vu s'intéresser à quelqu'un d'autre, ou quelque chose d'autre que sa propre personne. Excepté peut-être la jolie Serpentarde qui s'assit dans l'herbe à ses côtés.
Le cœur de Sirius fit quelques rebonds et eut toutes les peines du monde à revenir à la bonne place. Il savait pourtant très bien que ces trois personnes-là ne s'étaient jamais vraiment quittées depuis leur première année. N'empêche que maintenant que ses rapports avec Remedios étaient un tantinet plus compliqués que le simple mépris, il ne prenait pas très bien le fait de les voir tous les trois de nouveau ensembles. Comme avant. Comme si rien ne s'était passé.
Il se rassura comme il put en se disant qu'après tout il n'avait jamais demandé à la jeune sorcière de quitter ses amis, et jamais il ne lui demanderait un truc aussi con, et qu'elle pouvait choisir comme ami qui bon lui semblait.
Comme ami.
Le sang de Black se figea dans ses veines lorsqu'il vit, près du lac, cet abruti de Malefoy prendre la belle dans ses bras, pour l'embrasser, tandis que Rogue détournait les yeux vers les Maraudeurs.
Il ne voulait pas, jamais de la vie, que Rogue le voit dans son état actuel. Il se retourna brusquement. Remus, juste derrière lui, le regardait avec une certaine curiosité.
-« Il y a les Serpentards là-bas. » Se justifia sans raison Black bouleversé.
Ok, Remedios Listerdale ne lui avait jamais promis quelque chose comme une exclusivité totale.
Evidemment, il savait très bien qu'elle n'avait pas quittée Malefoy.
Dans l'hypothèse contraire, il était certain que la nouvelle aurait alors fait le tour de l'école en moins de deux minutes, connaissant la popularité de ces deux-là.
En fait, il ne s'était jamais attendu à ce qu'elle quitte Malefoy.
Donc qu'est-ce qui clochait ?
Probablement beaucoup de choses vu l'état dans lequel Black se trouvait. Il tremblait de tout son corps et ne parvenait pas à aligner deux pensées cohérentes l'une à la suite de l'autre.
Il se retourna vers les trois Serpentards pour bien confirmer l'information. La bouche de Malefoy avait bien quitté celle de Remedios, mais la manière dont il la tenait près de lui ne laissait aucun doute sur le fait que ces deux personnes n'étaient pas totalement inconnues l'une à l'autre. Ils s'étaient mis à parler avec Rogue, probablement de quelque chose qui avait rapport avec les examens prochains étant donné que Listerdale ouvrit un manuel et que tous trois se penchèrent sur ledit manuel en le commentant.
L'état de Sirius ne s'était pas à proprement parler amélioré. Heureusement, les frasques de James sur un balai occupait largement les autres, excepté Remus, mais Sirius comptait bien sur la discrétion légendaire de ce dernier pour ne pas demander d'explications. La seule réaction qu'il eut, fut de poser sa main sur l'épaule de son ami. Black prit cela pour un soutien. Il la tapota en signe de remerciements, et tremblant toujours comme une feuille, sans un regard pour le loup-garou, il se précipita le plus loin possible de ces maudits Serpentards.
Il partit presque en courant. Plus loin il serait, et mieux il se porterait, c'est en tout cas ce qu'il pensait. Il parcourut rapidement le hall, parvint essoufflé dans un couloir du deuxième étage. Pris un passage secret sous une tapisserie, monta encore un ou deux étages, courut carrément dans un couloir, et s'engagea dans un nouveau passage secret que même Rusard ne connaissait pas. Là, il se laissa tomber à terre, adossé contre le mur froid.
Ca commençait sérieusement à l'énerver à tout cela. L'année d'avant, il était toujours d'humeur égale, toujours près à faire enrager Rusard, Rogue, Malefoy, ou éventuellement n'importe quel élève de la maison Serpentard. Il adorait cette vie, et aujourd'hui elle lui paraissait comme une espèce d'âge d'or tellement loin de ces préoccupations du moment. Avant, la seule chose qui le préoccupait était les commentaires des matchs de Quiddicth, les sorties de pleine lune à la cabane hurlante, les mauvais coups contre les Serpentards, les cours lorsque ses amis et lui avaient décidé de ne rien suivre, les vacances chez les parents de James, et puis James, Remus, et Peter…
Pourquoi et comment tout avait été si profondément modifié en si peu de temps ? Il y avait bien sûr toujours ses amis, et il comptait bien les garder jusqu'à la mort, et au-delà. Mais, il suivait les cours avec une attention qu'il n'avait jamais éprouvé, sauf, quand, trop crevé, il dormait plus qu'autre chose. Il attendait toujours avec impatience les nuits de pleine lune, mais ce n'était plus sa seule occupation extra-scolaire : il y avait l'Ordre, et ce qu'on attendait de lui dans l'organisation.
Et il y avait Remedios. La très jolie et très surprenante Serpentarde. Il la connaissait déjà avant cette année, c'était évident. Et ils s'étaient déjà parlés. Il avait admis qu'elle comptait bien plus à ses yeux qu'il n'avait voulu l'admettre. Et tant pis, si c'était une Serpentarde, adulée de sa maison, populaire dans l'école. Si on lui avait dit qu'il souffrirait un jour autant pour une Serpentarde, il aurait sûrement appelé en urgence un Médicomage.
Et puis il y avait Voldemort aussi. Dire qu'il n'en avait jamais entendu parler avant ce début de septième année... Le pire sorcier que la terre est jamais connue. Qui véhiculait les mêmes idées que ses parents et leurs parents avant eux avaient soutenues. Qui avait réussi à embrigader avec lui une bonne partie du monde sorcier, dont l'intégralité, moins un ou deux de sa famille. Qui avait menacé la vie de ses amis et de la sienne un nombre impressionnant de fois. Qui avait contribué à tuer un bon nombre de sorciers, et à en faire disparaître certains… Cette année avait été riche en événements, et Sirius, à la fin de celle-ci, commençait à regretter que tout ceci se soit passé.
Et si quelqu'un lui qualifiait cela de « maturité », il se ferait un plaisir de lui dessiner avec vigueur un superbe œil au beurre noir.
Pourtant, ce quelqu'un n'aurait pas eu complètement tord.
Il entendit la tapisserie se soulever. Il était largement prêt à refouler éventuellement violement l'intrus qui osait s'introduire dans son antre. On n'était vraiment plus tranquille nulle part.
Le quelqu'un s'agenouilla près de lui, et posa ses mains sur ces genoux. Surpris par autant de familiarité, et s'attendant à trouver là l'un des Maraudeurs, seules personnes ayant connaissance de cet endroit de Poudlard, il ne leva pas les yeux avant que l'intrus ne se mit à parler.
-« Ca va Sirius ? »
Black n'identifia pas cette voix comme étant celle d'un de ses amis. En revanche, il n'y avait aucun doute qu'elle appartenait à une jolie brune qui lui crevait le cœur.
-« Meme ? Tu crois vraiment que je serais venu dans ce passage si j'avais voulu parler à quelqu'un ? Franchement ? Alors je te serais extrêmement reconnaissant de foutre le camp. »
Il avait voulu en disant cela être le plus refroidissant possible. Et effectivement, en toute objectivité, un ours polaire aurait été à l'aise dans l'ambiance qui régnait en ce moment dans le passage secret. Listerdale ne se sentit pas découragée pour autant.
-« T'arrête deux secondes de te comporter comme un con, ça changera ? Contrairement à toi, j'essaie d'éviter les soucis. Et tant qu'à faire, j'aimerais qu'il n'y ait pas souci entre nous.
-Ah, parce qu'il y a un 'nous' maintenant ? Première nouvelle… »
La Serpentarde prit la tête du Gryffondor entre ses mains et planta ses yeux dans les siens.
-« Il y a un 'nous', Black, et ça ne date pas d'hier. »
Sirius se sentit soulagé, même s'il ne voulait rien en laisser paraître.
-« Je t'ai vu dans le parc », reprit-elle, « j'ai bien vu que ça n'allait pas lorsque tu as regagné l'école, je suis là pour régler certains trucs avec toi à ce propos.
-On ne va peut-être pas disserter pendant deux heures sur le fait que je suis capable d'aller jusqu'au Parc, et d'en revenir quelques temps plus tard, si ? »
Remedios eut un soupir exaspéré.
-« J'ai embrassé Lucius.
-Décidément, tu n'arrêtes pas ! » Répondit Black d'un ton sarcastique, sachant très bien tout le mal qu'il pouvait causer à la jeune fille.
-« Il faut que tu saches que je ne quitterai pas Lucius. Pas pour le moment. »
Même s'il s'y attendait, cette déclaration fit l'effet d'une douche froide pour Sirius. Tout cela avait été trop beau.
-« Comprends moi, ne me juge pas. Il faut que je reste avec lui. Et j'ai besoin de toi. »
Sirius était très tenté pendant un court instant par l'idée de l'envoyer balader sans autre forme de procès. Il ne voyait pas pourquoi il était obligé de partager.
Remedios semblait avoir compris l'état d'esprit du Gryffondor puisqu'elle se leva.
-« Je sais bien que tout cela est compliqué, j'en suis désolée. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, je n'y suis pour rien. »
Elle allait s'en aller. Elle soulevait déjà la tapisserie, lorsque le Gryffondor se leva à son tour. Peu importe ce qu'il en était autour d'eux. Le principal, c'était qu'elle soit là.
Il la prit dans ses bras et serra aussi fort qu'il put. Elle enroula ses bras sur lui.
Il était sûr à cet instant que jamais elle n'aurait traité quelqu'un d'autre de la même manière, et surtout pas cet abruti de Malefoy. Il s'en foutait comme de sa première chasse aux Niffleurs de ce qu'elle pouvait faire avec lui, du moment qu'elle était dans ses bras, et qu'elle voulait être dans ses bras. Le reste le dépassait totalement, et il n'avait plus du tout envie de se poser plus de questions là-dessus.
Elle était là, elle le serrait, elle déposa un baiser dans son cou, rien ne pourrait gâcher tout ceci.
-« Au fait, ma belle ? » Demanda-t-il alors qu'elle le quittait quelques minutes plus tard.
-« Je ne suis pas ta belle.
-Comment savais-tu que j'étais dans ce passage ? Je croyais que nous n'étions que quatre à connaître son existence et tu ne figurais pas dans ma liste… Je ne suis pas à jour ?
-Tu dois être à jour, je ne connaissais pas ce passage secret, mais il m'a l'air très pratique, ça va au quatrième étage de l'autre côté non ?
-Mais comment tu as fait pour…
-C'est que tu réfléchis trop fort, Sirius.
-Quoi ? »
Mais Remedios ne donna aucune explication, elle avait déjà disparu derrière la tapisserie.
Sirius Black mit du temps avant de rejoindre ses amis. Il ne les retrouva qu'au moment du déjeuner, dans le grande salle. Il prétexta un soudain doute sur les propriétés magiques des larmes de licorne pour justifier son absence de la matinée. Peut importe que les autres y croient ou non, c'était bien le cadet de ses soucis, en tout cas, ils évitèrent de poser des questions.
L'après-midi, il ne quitta pas ses amis. Ils entreprirent de jouer aux échecs, version magique, en équipe. Alors que le fou de James et Remus était en train de s'acharner sur la tour de Peter et Sirius, ils sentirent une drôle de vibration au poignet.
Il ne faisait aucun doute que l'Ordre faisait appel à eux. Effectivement leur bracelet magique indiquait qu'une réunion générale était prévue le soir même. Les élèves de Poudlard étaient priés d'emprunter le Portoloin laissé à Pré-Au-Lard à cet effet.
Sirius était enchanté de cette nouvelle : les réunions extraordinaires de l'Ordre étaient peut-être la dernière chose qui occupait totalement son esprit. Son humeur s'en ressentit immédiatement, et c'est avec rage qu'il déplaça son roi en vue de botter les fesses de ce petit prétentieux de fou. Tellement bien que James et Remus, qui n'étaient pourtant pas de grands défenseurs de l'intégrité de leurs pions, demandèrent grâce au roi pour leur fou, sur le point de se désintégrer.
Fier de lui, un petit sourire satisfait sur les lèvres qui, à une certaine époque, ne le quittait jamais, Sirius se pavana dans la salle commune de Gryffondor commentant la partie qui venait de se jouer avec de plus en plus d'enthousiasme, et de moins en moins de vérité.
James et Remus se récriaient, mais bien vite ils abandonnèrent.
L'un se lança dans une grande discussion avec sa douce Lily, tandis que l'autre débattait passionnément avec Jordan Smith sur les derniers groupes de musique à la mode chez les sorciers. Peter, quant à lui, était plongé dans un livre plus gros que lui, un polar dont Sirius menaçait à chaque instant de lui dévoiler la fin. En fait, personne ne savait si Sirius avait déjà lu ce livre.
Une fois sortis de la salle commune en vue de parcourir les couloirs isolés de Poudlard et se les réapproprier, les Maraudeurs tombèrent quasiment au sens littéral du terme sur Clare Dame, la Poufsouffle, ravie elle aussi que l'Ordre se soit chargé d'occuper sa soirée.
Il était assez rare que quelqu'un accompagne les Maraudeurs, ou plutôt réussissent à les suivre. Ils ne parlaient qu'à demi-mot, se comprenant toujours avant d'avoir fini une phrase. Une simple allusion, sourire, clin d'œil, suffisait à les faire hurler de rire. Clare n'était pourtant pas à la traîne, même si ça faisait un moment qu'elle ne s'était jointe à eux.
Lily les rejoignit bientôt, puis c'est Tristan le Serpentard qu'ils croisèrent dans les couloirs patientant difficilement à la réunion du soir. Enfin, Farfadelle accompagnée de Jordan et de Denis, descendant de la volière, se joignirent à eux.
Finalement, c'est un groupe assez conséquent, d'excellente humeur et de maisons différentes qui débarqua à l'heure du dîner dans la grande salle. Ils se séparèrent l'air le plus innocent du monde lorsque tous les regards se tournèrent vers eux alors que Sirius venait de lancer une blague qui leur fit beaucoup d'effet.
Enfin, l'heure de la réunion arriva. Les élèves avaient à peine touchés la botte en caoutchouc qui traînait à l'entrée de Pré-Au-Lard qu'ils furent aspirés dans une sorte de spirale. A peine quelques secondes plus tard, leurs pieds touchèrent de nouveau le sol. Quelques uns tombèrent même sous le choc.
Les membres de l'Ordre étaient déjà nombreux dans leur grande salle de réunion. Les élèves s'installèrent discrètement. Quelques personnes vinrent parler à certains d'entre eux, puis quelqu'un, que Sirius reconnut comme étant Monsieur Londubat, accompagné d'un homme à peine plus âgé qu'un septième année à Poudlard, lui ressemblant étrangement. Lorsqu'il s'aperçut qu'à peu près toutes les chaises qui avaient été disposées étaient occupées, il prit alors la parole.
-« Sorciers, sorcières, bonsoir à tous. Avant de commencer, je vous présente mon fils, qui, malgré mes mises en garde, à décider de rejoindre l'Ordre. »
Les sorciers présents adressèrent un signe de tête discret ou un sourire au jeune homme qui accompagnait Monsieur Londubat.
-« Je me dois d'abord de vous informer de plusieurs nouvelles qui ne sont certainement pas réjouissantes. Nous devons en effet déplorer de nouvelles disparitions. Il ne s'agit pas de membres de l'Ordre, mais de sorciers illustres. Nous sommes sans nouvelles depuis plusieurs jours de Zigfrid Zelman, président émérite de Magenmagot, d'Elianor Kivala, présidente honoraire de l'association des sorciers-gardiens des Moldus et actuelle directrice de publication de la Gazette du Sorcier, et enfin Virvi Sancti, directeur du département des Aurors. Ces disparitions sont bien sûr extrêmement inquiétantes. Leurs fonctions sont aujourd'hui remplies par leurs remplaçants qui ont demandé à bénéficier d'un certain nombre de garanties et de protections. Ce qui leur a bien sûr été fourni.
Les Membres de l'Ordre se sont saisis de ce problème, et nous sommes actuellement à leur recherche. Pour le moment, quelques pistes s'ouvrent à nous, mais rien de confirmé. Les Potter sont partis vers l'Albanie où aurait été aperçue Meliane Banes, l'employée du ministère. Ils nous envoient très régulièrement des rapports d'une grande précision et qui pourront nous être grandement utiles. La piste suivie serait sérieuse.
Quant aux autres disparitions, nous n'avons pas beaucoup de renseignements. Je vous engage donc particulièrement à bien ouvrir l'œil et à bien tendre l'oreille. Les retrouver sera une chose difficile, nous comptons donc sur la coopération de tout le monde. J'insiste aussi pour que chacun d'entre vous, en particulier ceux dont la fonction les met en avant sur la scène publique sorcière, à bien faire attention à leur sécurité. »
Les regards attentifs étaient tous tournés vers Monsieur Londubat. Tous digéraient les nouvelles.
Puis, Dumbledore, se leva.
-« Et je dois ajouter une nouvelle disparition à cette liste. Je viens d'apprendre par retour de hiboux, que la disparition de Barty Croupton est bien confirmée par le ministère de la magie.
-Barty Croupton ? Le directeur du département de la justice magique ? » Demanda Cyprée Stevens.
-« Non, pas ce Barty Croupton là, mais son fils, Barty Croupton junior, actuellement employé au bureau des transferts du ministère de la magie. Ses parents sont sans nouvelle de lui depuis le début de la semaine. Il a peut-être été enlevé par Voldemort, c'est en tout cas ce dont est persuadé son père, m'écrit-on. »
L'information fut accueillie par un silence consterné. Ces disparitions, sans être une nouveauté absolue, devenaient bien trop fréquentes. Cela devenait extrêmement inquiétant. Sirius pensa alors qu'il était bien heureux de pouvoir être logé, et donc protégé, à Poudlard, le dernier endroit où l'on pouvait croiser Voldemort, excepté à quelques matchs de Quiddicth ou lors de bals de fin d'année. Interventions qui restaient donc assez exceptionnelles, sauf lorsque Voldemort avait la prétention de croire que Poudlard pouvait être attaquée. Bref, c'était peut-être le dernier endroit, avec le Ministère de la Magie, qui était un tantinet sécurisé pour leurs habitants. Et Sirius en était bien content, l'air de rien.
Bientôt, les sorciers de l'Ordre commencèrent à réagir à la disparition de Barty Croupton junior. La salle fut emplie d'un brouhaha continu qui gagna rapidement en intensité. Non pas parce qu'ils regrettaient la disparition du le jeune homme par elle-même, que peu connaissait, mais c'était une marque importante de la puissance de Voldemort.
-« Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs… » Les coupa sèchement, comme elle le faisait dans sa salle de cours, McGonagall. « S'il vous plait. Nous avons d'autres sujets à aborder avant de nous quitter, et je pense que personne n'a envie de passer sa nuit ici. Peut-être que Mademoiselle Jane peut nous parler d'Alvin Jedusor. »
Aussitôt, comme dans sa salle de cours, tout le monde se tut. Et observa un silence attentif.
-« Bien évidement, Minerva. » Commença la dite Mademoiselle Jane, une jeune-femme aux très longs cheveux blonds que Sirius avait déjà identifiée comme étant très jolie. « Comme vous le savez, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, il était question de trouver une solution concernant le dernier membre vivant connu de la famille Jedusor. Le Ministère de la Magie nous propose de prendre en charge la question : il s'engage à assurer la sécurité du garçon, et de Meredith Funk avec qui il a été retrouvé et qui a accepté de continuer à s'occuper de lui, son père ayant disparu tragiquement dans les circonstances que nous connaissons. Son éducation lui sera inculquée par Madame Funk et d'autres professeurs invités. S'il développe des pouvoirs magiques, il rejoindra Poudlard, dans la cas contraire, il faudra l'envoyer dans la monde des Moldus et à leurs écoles, sachant que d'ici là, de l'eau aura coulé sur le Chemin de Traverse, et la menace de Voldemort ne sera peut-être pas aussi intense qu'elle ne l'est en ce moment. Le Ministère m'a donc proposé de vous demander si cette solution était envisageable et si elle pouvait convenir à tout le monde.
-Je pense que nous devons prendre en compte sérieusement cette proposition.
-Effectivement, à part Poudlard, je ne vois pas où Jedusor pourrait être plus en sécurité.
-A-t-on demandé à l'hôpital Sainte Mangouste ?
-Il y serait certainement plus mal qu'au Ministère.
-Et dans une grotte au proche orient ?
-La solution du Ministère reste toujours la plus crédible.
-Cela exposera certainement le Ministère à une nouvelle menace si Alvin est placé là-bas.
-Le Ministère est inattaquable de toute façon.
-Mouais.
-Pouvons-nous procéder au vote ? » Demanda la Mademoiselle Jane.
Les sorciers hochèrent la tête.
-« Que tous ceux qui sont contre émettent des flammes rouges de leur baguette. Tous ceux qui sont pour des flammes bleues. Tous ceux qui ne souhaitent pas répondre à leur question, des flammes blanches. Allez-y. »
Aussitôt, toutes les baguettes se tournèrent vers Mademoiselle Jane. Sa baguette réunit toutes les flammes, puis la tendit vers un tableau noir en marmonnant quelques mots. Sur le tableau, s'affichèrent les résultat du vote.
-« La motion est donc adoptée à plus de 95% par l'Ordre du Phénix. Alvin Jedusor sera donc confié au Ministère de la Magie, et Meredith Funk l'accompagnera. Nous allons donc procéder maintenant à la signification de la décision auprès des intéressés. Je vais les chercher. » Finit Mademoiselle Jane.
Quelques courtes minutes plus tard, Mademoiselle Jane reparut avec sur ces talons Meredith, un peu impressionnée, et Alvin, sûr de lui.
-« Oui. » Dit-il instantanément lorsque Mademoiselle Jane lui fit part de la décision de l'Ordre. « J'accepte. »
-« Moi aussi ». Surenchérit Meredith qui avait repris un peu du poil de la bête.
-« Très bien, dans ce cas, vous servez transféré au Ministère dès ce soir où vous pourrez prendre possession de votre nouveau logement.
-J'aurais encore une question cependant. » S'aventura Meredith. « Cette situation sera-t-elle définitive ? Je veux dire, est-ce que nous vivrons toujours au Ministère ?
-Votre question est parfaitement légitime. Il est bien évident qu'une fois Alvin majeur, il fera ce que bon lui semble. Nous lui proposerons le moment venu une solution. Quant à vous, vous pouvez nous quitter quand vous le souhaitez. Là encore, si vous avez besoin d'une protection, nous nous en chargerons. Maintenant nous ne savons pas et nous ne pouvons pas savoir si la menace de Voldemort sera toujours la même d'ici quelques mois, voire d'ici quelques années.
-Et vous nous tiendrez à l'écart de la… guerre ?
-Nous vous tiendrons au courant de toutes les décisions. Vous pourrez bien sûr aussi assister aux réunions de l'Ordre si cela vous intéresse. »
-« Bien, avons-nous d'autres sujets à aborder ? » Demanda McGonagall.
Quelques personnes se levèrent pour annoncer où en étaient les formations, énoncèrent les noms des nouveaux membres de l'Ordre. Puis, la séance fut levée.
Aussitôt, les Maraudeurs se levèrent et se précipitèrent vers Meredith, qui les reconnut tout de suite.
-« Ah ! Les garçons ! Vous étiez là ?
-Nous sommes membres de l'Ordre nous aussi.
-Oui, je m'en serais doutée. Je suis bien contente de vous trouver là.
-Et nous donc ! »
Ils n'eurent pas le temps de s'attarder, ils entendirent derrière eux Dumbledore appeler ses étudiants. Ils prirent donc rapidement congés.
Ils touchèrent de nouveau une vieille horloge et se retrouvèrent propulsés à Pré-Au-Lard. Fait exceptionnel s'il en est, Dumbledore les avait accompagnés.
Il les conduisit sans un mot dans son bureau.
Les élèves ne pensèrent pas à lui poser de question sur le trajet.
Enfin, la gargouille les laissa prendre l'escalier qui montait tout seul. Bientôt, la porte du bureau du directeur se refermait sur eux.
-« Mesdemoiselles, Messieurs, je suis désolé de vous retenir une peu plus alors que vous devez sûrement avoir quelque chose de mieux à faire, comme dormir, que m'écouter. Mais il faut que je vous avoue qu'en vous acceptant dans l'Ordre j'ai joué à l'apprenti sorcier. »
Une nouvelle ne pouvait pas être plus surprenante pour Sirius que celle d'un Dumbledore qui n'avait pas été parfait. Pourtant, ça arrive à tout le monde de se tromper. Oui, mais pas à Dumbledore. Il poursuivit.
-« Je me rends compte maintenant à quel point vous êtes jeunes, et à quel point c'est dangereux. Je sais bien que j'aurais du mal à vous convaincre d'arrêter la lutte, et de reprendre votre vie d'étudiant 'normal' ici, comme je n'ai pas su vous empêcher d'intégrer l'Ordre, mais il faut absolument que vous preniez parfaitement conscience du danger que tout ceci représente.
-Nous le savons parfaitement. » Répondit froidement James. « Nous avons déjà rendu service à l'Ordre, nous lui sommes utiles, je ne veux pas, et je dirais même que je ne peux pas quitter l'Ordre. Pas question.
-Vous avez rendu des services inestimables. Justement, il ne faut pas forcément 'tenter le diable', comme disent les Moldus. Je n'empêcherais pas ceux qui veulent rester dans l'Ordre à y rester, mais je voudrais que vous vous posiez tous la question. Vous ne seriez aucunement mal vus. Et vous y gagneriez probablement la vie. Quant à moi, je veux déjà vous prévenir que je fais tout et que je ferai tout pour vous éviter les missions les plus dangereuses. Et là-dessus, Messieurs Potter et Black, je serais intraitable. »
Les deux jeunes-hommes nommés adressèrent au même moment le regard le plus réprobateur dont ils étaient capables à leur Directeur.
-« Vous ne pouvez pas m'empêcher de participer à ces missions. Je veux aider l'Ordre sur toutes ces missions ! » S'écria Sirius.
-« Non ». Répondit simplement Dumbledore. « C'est déjà trop dangereux. »
Un silence accueillit sa réponse.
-« Réfléchissez. Prenez conscience de toutes les conséquences de vos choix. Vous êtes tous très compétents, mais la lutte vaut-elle votre éventuel sacrifice ? Je ne crois pas. Alors n'hésitez pas et quittez l'Ordre. »
Les élèves sortirent du bureau de leur Directeur.
Tous réagissaient à ce qu'il venait de leur dire.
Certains hurlaient des « jamais de la vie », ou des « ma parole, il devient fou », voire même des « Voldemort aux chiottes ! ».
Certains admirent cependant que la démarche était fondée : laisser le choix était la meilleure des solutions. Il fallait que tous sachent qu'ils avaient le choix.
Or pour chacun d'entre eux le choix était déjà fait et depuis un moment déjà.
-« En fait, tous cela est très révélateur. » Dit Remus alors qu'ils stationnaient toujours devant la gargouille du bureau de Dumbledore.
-« Révélateur de quoi ? Du fait que Dumbledore change d'avis comme de choco-grenouilles ?
-Non, pas du tout. Révélateur de la situation. Les choses empirent. Voldemort devient de plus en plus puissant, il a de plus en plus d'alliés. Dumbledore le sait bien tout ça. Je pense que c'est cette information qu'il nous fait passer, au cas où ça nous ferait changer d'avis sur notre engagement.
-Remus ?
-Oui ?
-Tu veux bien être mon traducteur officiel de Dumbledore ? » Demanda Sirius le plus sérieusement du monde. « Parce que moi, je comprends vraiment rien. »
La remarque fut accueillie par les rires de tout le monde.
Sur ces paroles, ils se quittèrent dans le grand escalier.
Arrivé dans son lit, les rideaux du baldaquin tirés, Sirius Black repensa à sa journée. Elle avait été bien remplie. Il était fermement opposé à la simple idée de pouvoir quitter un jour l'Ordre. Il souhaitait y rester le plus longtemps possible. Et même si un jour l'Ordre était dissout, il serait le dernier membre en activité. Rassuré par ses convictions, ses pensées se tournèrent alors vers le jeune Alvin Jedusor, qui n'avait rien demandé à personne mais se trouvait au centre d'une guerre qui le dépassait totalement, et à Meredith qui avait le courage de l'accompagner dans cette épreuve.
Puis, il songea à la seule personne qui faisait qu'il arrivait à dormir, du moins depuis la veille, Remedios Listerdale. Il se demanda où elle pouvait être à cette heure, ce qu'elle pouvait faire. Il espéra juste qu'elle n'était pas, de près ou de loin, avec cet abruti de Lucius Malefoy. Il espéra aussi que Rogue n'ait rien dit sur un sujet la concernant à Voldemort. Bref, il la voulait en sécurité, seule, et de préférence pensant à lui en cet instant même.
