Bon, ben c'est pas tout ça, mais j'approche à (très) grands pas de la fin, moi...
Chapitre 21 Et maintenant, que va-t-il faire, vers quel chemin glissera sa vie ?-« Sirius ? Qu'est-ce tu fiches encore ? On peut vraiment pas te laisser trois secondes sans surveillance.
-« De quoi tu m'accuses, Lunard, je suis en pleine lecture de ce merveilleux livre sur les sortilèges.
-C'est ça... Je ne sais pas à qui tu vas faire croire ça, mais certainement pas nous. » Compléta Peter.
-« On t'observe depuis toute à l'heure, Sirius, et tu sembles plus fasciné par la grille de l'école qu'autre chose. » Fit remarquer James.
-« Quelle idée de bosser dans le parc, aussi !
-« C'était ton idée, Sirius. Souviens-toi, tu ne nous as pas décroché un seul mot de tous le repas, comme, d'ailleurs, tous les repas depuis quelques jours. Après on t'a demandé ce que tu aimerais faire, et là tu as répondu par un grognement qui laissait présager que tu voulais bosser dehors en prévision des Aspics de la semaine prochaine. Tout le monde a trouvé que ce serait une super idée. Alors on t'a suivi ici. Depuis, tu fais semblant de lire ce livre.
-Je ne fais pas du tout semblant ! » Se défendit Black.
-« Alors, si tu commençais par prendre le livre dans le bon sens ? »
Sirius Black se rendit alors compte, malheureusement bien trop tard, qu'il tenait « l'Antologie des Sortilèges : de l'Accio au Zoro » à l'envers. Et que sa lecture était consécutivement on ne peut plus compromise.
-« Ah oui, tiens. » Murmura-t-il en retournant son livre tout en espérant que ses amis le laisseraient tranquilles.
C'était évidemment sans compter sur les sus-nommés amis qui avaient bien besoin de quelques explications.
-« Bon, Black, ça fait je sais pas combien de fois qu'on te pose la question, mais c'est pas grave, je retente ma chance. Qu'est-ce que t'as depuis quelques jours ?
-Mais rien du tout. Je sais pas pourquoi vous faites ces têtes-là.
-Vas-y, fous-toi de notre gueule aussi.
-Sirius, nous concevons tout à fait que tu n'aies pas envie de nous raconter toute ta vie. » Insista le diplomate Remus. « Sauf que cette fois-ci, ça fait un petit moment que tu nous adresses à peine la parole. Tu es toujours en train de rêvasser, la plupart du temps en fixant la porte de cette école, ou patientant on ne sait quoi dans le hall d'entrée.
-Si tu t'inquiètes pour mes Aspics...
-Mais je ne m'inquiète pas pour tes Aspics ! » Coupa Remus. « Je m'inquiète pour toi, et Peter, Lily et James aussi. J'ai même vu le moment où Rogue allait venir me demander de tes nouvelles, tellement tu n'as pas l'air dans ton assiette.
-Et puis, on n'est pas totalement idiot, Patmol. » Surenchérit James. « On voit bien que dans le grande salle ou dans les couloirs, tu sembles toujours chercher quelqu'un. En particulier lorsqu'il y a un groupe de Serpentard à proximité. Tu as eu un souci avec Remedios Listerdale ?
-Je n'ai aucun souci avec elle. » Répliqua-t-il froidement. « Aucun. C'est d'ailleurs bien ça le problème. »
Les autres avaient compris que, enfin, après des heures et des heures de médiation, leur ami allait enfin se livrer.
-« Qu'est-ce qu'il se passe alors, avec Listerdale ?
-« Vous n'avez pas remarqué ?
-Quoi donc ?
-Mais elle a disparu ! Ca fait des jours que je la cherche, et ça fait des jours que je ne la trouve pas ! J'en ai vaguement touché deux mots à Tristan et Victoria. Ils ne l'ont pas vue non plus ! Elle a disparu, je vous dis ! »
Il avait dit cela en hurlant presque, excédé de constater que ses amis n'avaient pas même remarqué une absence qui pour lui avait été singulièrement pesante. Il sentait même les larmes lui monter aux yeux de découragement.
-« Disparue ?
-Oui, et vous pouvez pas savoir à quel point je crève de trouille. » Avoua Sirius. « Alors, c'est vrai que j'ai peut-être beaucoup contemplé cette grille ou que j'ai passé beaucoup du temps dans le hall et les couloirs de l'école.
-Ne t'inquiète pas inutilement. » Trancha James. « Il ne s'est peut-être rien passé du tout. Tu es allé voir Dumbledore ?
-Oui, en début de semaine. Il ne m'a rien dit, James ! Il ne m'a rien dit ! » Cria Sirius.
-« Il fait quoi au juste ?
-Je l'ai trouvé à la porte de son bureau, je lui ai dit que je m'inquiétais du fait de ne pas retrouver Remedios, et là, il est juste parti. Il m'a jeté un regard du genre 'il-vaut-mieux-pour-tout-le-monde-que-je-ne-vous-dise-rien', et il est parti ! Sans un mot ! »
Plus la conversation avançait, et plus il était affolé. C'est probablement pour ça, d'ailleurs, qu'il avait voulu éviter ces derniers temps cette conversation avec ses amis. Retracer les événements le plongeait dans une angoisse terrifiante.
-« Ecoute, Sirius, il faut faire confiance à Dumbledore. » Déclara Remus. « S'il ne t'a rien dit, c'est que tu n'avais rien à savoir. Il n'a jamais cherché qu'à tous nous protéger.
-Je n'ai pas envie de sa protection, moi ! Si Remedios est en danger, je veux pouvoir aller l'aider ! Pourquoi il m'en empêche ? Pourquoi il m'empêche de savoir ? »
Il se leva alors brusquement et hurla en direction du château : « je veux savoir, Dumbledore, je veux savoir ! »
Peter se leva pour l'attraper par les épaules et l'empêcher de courir vers le hall rejoindre le bureau du Directeur. Grâce à ce geste amical, Sirius se calma un peu. Et finit par se laisser tomber dans l'herbe, exténué par l'angoisse.
-« Tu n'as pas pensé à interroger ses amis ?
-J'ai inventé une excuse bidon et suis allé trouver Malefoy. Il m'a ri au nez avant de me dire n'importe quoi. Quant à Rogue, je l'aperçois très rarement, et il disparaît avant que je n'ai le temps de le rejoindre. De toute façon, ça m'étonnerait qu'il me dise quelque chose. Déjà que ça se trouve, c'est lui qui est l'origine de la disparition de Remedios.
-Quoi ? » Demandèrent les trois amis en même temps.
-« Attends, c'est quoi cette histoire avec Rogue ? » Compléta Peter.
Sirius Black raconta à ses amis la soirée où ils avaient tous les quatre, avec l'aide de Remedios Listerdale, repoussé toute une armée de Mangemorts qui s'apprêtaient à quitter la Forêt Interdite pour s'introduire dans l'école. Après avoir jeté le sort tous ensemble, ils avaient rapidement regagné le hall. En haut des escaliers, Remedios et lui avaient aperçu Rogue. Il avait du voir toute la scène, et avait forcément compris le double jeu de la jeune fille. Sirius avait toujours été persuadé que Remedios ne devait pas faire une confiance quasi-aveugle à son ami, et qu'il allait, tôt ou tard, la dénoncer auprès de son maître.
-« Tu penses que Rogue a dénoncé Listerdale ? » Résuma Peter.
-« Quelque chose comme ça. » Répondit-il.
-« Mais pourquoi aurait-il fait ça, ils sont amis, non ?
-Depuis quand Rogue a-t-il des amis ? Depuis quand est-il sympa ?
-Pas faux...
-Ce mec est un Mangemort sans aucun doute possible, alors s'il a pu se mettre Voldemort dans la poche, il n'a pas du hésiter. Il a hésité pour me dénoncer l'année dernière ?
-C'est que tu avais failli le tuer... » Fit remarquer à juste titre Peter.
-« Non, mais t'es dans quel camp toi au juste ? » Demanda Black excédé par toute personne qui ne serait pas en accord avec lui.
-« Il faudrait vraiment réussir à choper Rogue. Ne serait-ce que pour savoir s'il a vu Listerdale récemment. D'ici là, Sirius, fais donc confiance à Dumbledore. Je crois vraiment que s'il ne t'a rien dit, c'est que tu ne peux rien faire. Après tout, ça se trouve, Remedios est juste en mission chez Voldemort, alors imagine si tu te pointes la gueule enfarinée chez lui pour demander des nouvelles de ta petite copine ? »
Cette réflexion d'une lucidité certaine était signée Remus.
Ce dernier ne parut pourtant pas convaincre son ami qui, bougonnant quelque chose sur l'incompétence du Directeur d'école, ne souhaitait apparemment pas partager le fond de sa pensée. Et bien lui en prit, puisque Brian Thornford, le Professeur de Métamorphoses Appliquées et nouveau vice-directeur, s'approchait à grand pas de la grille de l'école. Il avait l'air particulièrement pressé. A vrai dire, il courrait presque.
Le sang de Sirius ne fit alors qu'un tour, et un petit charme de rien du tout vint emmêler les lacets de son professeur. Qui, s'étala conséquemment de tout son long.
-« Décidément, j'adore ce sort. » Marmonna-t-il suffisamment bas pour ne pas être entendu de M. Thornford.
Celui-ci se releva le plus dignement qu'il put. Il regarda d'abord ses lacets revêches qui s'étaient si étrangement emmêlés les uns aux autres, ensuite les personnes à proximité. Lorsqu'il eut Sirius sous les yeux, il s'approcha du groupe.
-« Monsieur Black, mais quelle surprise de vous trouver ici ! »
Le jeune homme ne broncha pas, comprenant qu'il était assez judicieux de ne pas envenimer la situation.
-« Justement, j'avais la réserve à ranger. Vous allez pouvoir m'aider : vous m'en trouvez absolument ravi.
-Mais, je n'ai rien fait ! » Mentit brusquement Sirius pour sa défense.
-« Peut-être, mais j'ai besoin d'un responsable pour ce sort lancé sur mes lacets, vous étiez par là, et je n'ai pas le temps de révéler les deniers sorts que votre baguette a jeté.
-Mais enfin, on n'accuse personne sans preuve ! » S'écria Sirius. « Et j'ai mes Aspics à réviser !
-Vous aurez d'autres occasions !
-Vous n'avez pas le droit ! » Hurla-t-il finalement.
-« Ah bon, mais qu'est-ce qu'un vice-directeur d'école n'a pas le droit de faire dans son école ?
-Dumbledore ne l'autoriserait pas !
-Dumbledore n'est plus en position de discuter de quoi que ce soit avec moi. Allez ! Monsieur Black, à la réserve. Je vous y retrouve tout à l'heure. Commencez déjà à classer les éprouvettes par ordre alphabétique. »
Sirius, désemparé, prit alors le chemin de la salle de cours de Métamorphose Appliquée. L'intervention de Monsieur Thornford était si injuste qu'il fulminait encore lorsqu'il claqua avec violence la porte de la salle derrière lui. Elle était comme de juste totalement vide : les cours ayant cessé afin que chacun se prépare au mieux aux examens. Il alla directement dans la réserve, et fut horrifié de constater que les éprouvettes dont parlaient le Professeur était bien plus nombreuses que ce que tout un chacun aurait pu deviner, et dans un désordre tel que Sirius pensa qu'une tornade était peut-être récemment passée par là.
En commençant à mettre les éprouvettes dont le nom commençait par un « A » de côté, il se souvint qu'il avait appris l'alphabet grâce à ses heures de retenue où le précepteur familial, une espèce de Détraqueur dont le jeune homme, après cinq ans d'intense labeur, avait subrepticement découvert qu'il était en fait doué de parole, lui faisait ranger la bibliothèque du manoir, composée d'à peu près dix mille ouvrages.
L'ambiance n'était pas la même : contrairement au manoir austère de son enfance, il savait qu'il était dans un lieu bien plus accueillant.
En fait, il n'était pas si malheureux d'avoir écopé de cette punition. Il n'aurait pas à affronter la discussion avec ses amis. Ces derniers temps, il préférait les éviter pour ne pas avoir à leur imposer sa mauvaise humeur au mieux, et son indifférence au pire.
Il passa rapidement aux éprouvettes commençant par la lettre « B ». Ce travail manuel l'obligeait à se concentrer sur ce qu'il faisait et son alphabet, et c'était tout à fait ce qu'il lui fallait pour le moment.
Ne pas penser à Remedios. Ne surtout pas penser à Remedios.
Une éprouvette tomba de sa main tremblante et explosa lorsqu'elle entra en contact avec le sol. Il eut tôt fait de murmurer un petit « reparo ». Il se promit consécutivement de ne plus penser à Remedios et ce qui avait pu lui arriver depuis qu'il ne l'avait pas vue.
Ces derniers jours avaient passé pour lui à une lenteur affligeante. Il avait remarqué très rapidement qu'elle n'était plus à l'école, mais depuis, n'avait réussi à obtenir aucune information concrète sur l'endroit où elle pouvait être et ce qu'elle pouvait bien faire.
Ne pas penser à Remedios.
Pourquoi était-elle partie sans dire un mot ? Non pas qu'il y ait de principe en la matière, mais il était étrange qu'elle soit partie sans que personne ne le sache, pas même Dumbledore !
Dumbledore... Peut-être qu'il en savait plus. Après tout, il était resté silencieux quand Sirius l'avait questionné. Peut-être Listerdale l'avait-elle prévenu de son départ ? Et peut-être que c'est parce qu'elle était en danger que Dumbledore ne voulait pas que Black s'en mêle.
Ne pas penser à Remedios.
A ses longs cheveux, ses si jolies mains, sa peau mat, ses grands yeux noirs, son port de reine, son rare sourire, son rarissime rire, ses mouvements gracieux, sa voix profonde...
Ne pas penser à Remedios.
Sirius lui en voulait. Elle savait très bien qu'à toute heure du jour et de la nuit, il était disponible. Ca valait pour quelques personnes exceptionnelles et il fallait en profiter. Surtout qu'avec le sort de Remus, ce décidément très pratique « creuztou », rien ne pouvait l'arrêter.
Ne pas penser à Remedios.
Une nouvelle éprouvette s'écrasa sur le sol. Son contenu, se répondant, entreprit d'attaquer le sol en creusant un trou qui en quelques secondes devint impressionnant.
Il murmura un petit « Reparo » bienvenu lorsqu'il entendit la porte de la salle de cours s'ouvrir.
Le professeur Thornford rentrait.
-« Alors où en est-on ? » Demanda-t-il de manière anodine.
Sirius ne prit pas la peine de répondre. Le Professeur s'avança dans la réserve et lança un charme de révélation magique destinée à savoir si l'élève avait utilisé la magie pour mener à bien son travail.
-« Je vois que vous êtes bien maladroit. » Dit-il simplement. « Hé bien continuez, votre travail n'est pas terminé. »
En serrant les dents, Sirius saisit de nouvelles éprouvettes, celles commençant par la lettre « M » pour les placer correctement sur les armoires.
Soudainement, Monsieur Thornford se leva du bureau où il corrigeait rageusement quelques dissertations, dont le niveau moyen ne semblait pas très élevé, et baragouina quelque chose avant de quitter la salle.
Sirius continuait de ranger ses petites éprouvettes, toujours plongé dans ses pensées.
Il entendit cependant qu'approchait quelqu'un derrière lui. Sur le qui-vive, il se retourna brusquement... pour apercevoir la cape noire de Severus Rogue quitter la salle.
-« Rogue ! » Appela Sirius pour le rattraper, manquant de faire tomber une bonne demi-douzaine de fioles de leur étagère. « Rogue, attends ! » dit-il enjambant les derniers mètres qui le séparait du Serpentard.
-« Je n'ai rien à te dire, Black. » Répliqua Rogue d'une voix glaciale.
-« Peut-être, mais j'ai plein de choses à te demander. Où est Remedios ?
-Tiens ? Tu l'appelles par son prénom ? Je suis ravi de savoir que tu le connais.
-Tu le sais très bien. Alors ?
-Parce que tu voudrais que je te rende un service en te répondant ? Mais enfin, Black aurais-tu oublié que pas plus tard que l'année dernière, tu as failli me tuer ?
-Entre nous, je regrette même que James soit intervenu. Mais ça n'est pas le sujet : où est Remedios ? Est-elle en danger ? L'as-tu dénoncée ? »
Lorsqu'il entendit cette dernière question, le Serpentard se mit à rire. En fait, à la réflexion, Sirius ne l'avait jamais entendu rire. D'ailleurs, on ne pouvait pas vraiment appeler ce rictus, cette grimace, un rire.
-« Ainsi, je sors juste de chez notre Directeur adjoint pour poser un courrier, et je m'entends dire que j'aurais dénoncé quelqu'un à je sais pas qui ?
-Réponds ! » Ordonna Sirius menaçant.
-« Pense-le si ça peut te soulager, Black. » Répondit-il très sérieusement.
Il ne laissa pas le temps à Sirius de le rattraper : il s'engouffra avec une rapidité qui surpris le jeune homme dans le couloir, et disparut comme il était apparu.
Black n'était pas très avancé, mais restait persuadé que Rogue, sans avoir été très explicite avait avoué : c'était bien lui, et personne d'autre, qui était à l'origine de la disparition de la jeune fille. Rageusement, il revint à son armoire, utilisant encore plus de « Reparo » qu'il n'en avait utilisé jusque-là.
La conversation, courte et passablement instructive qu'il venait d'avoir, passait et repassait sans interruption dans son esprit. Ses pensées étaient tournées exclusivement vers Remedios. Mais à force de penser à elle et aux quelques réponses que lui avait fourni le Serpentard, il finit par accrocher sur un détail qui lui paraissait jusque-là anodin.
Rogue avait dit qu'il était venu chez Thornford pour déposer un courrier.
Il parcourut alors fébrilement des yeux la salle de classe et le bureau du Professeur dans l'espoir d'y retrouver ce courrier.
Il était posé en évidence sur le bureau, à côté des dissertations de Métamorphoses Appliquées.
Sirius n'hésita alors pas une seconde. Il était un coutumier de l'ouverture de lettres, sans jamais s'être fait prendre. Il s'était entraîné pendant tout un été avec James chez les parents de celui-ci, espérant intercepter la correspondance de Lily, à un moment où James était plongé dans un profond désespoir. Finalement, ils n'avaient jamais appliqué leur connaissance dans ce domaine. Le moment était venu.
Il constata rapidement que la lettre, scellée, était porteuse d'un charme de protection. Il imagina qu'étant destiné au nouveau directeur adjoint, seul celui-ci pouvait l'ouvrir.
Il savait ce qu'il devait faire.
Sans la toucher, et profitant de ses immenses qualités en matière de Métamorphoses, il prit une des dissertations, et la duplicata à l'aide de sa baguette. Il se saisit ensuite de sa baguette pour la transformer en la copie exacte du courrier. Il avait à peine fini l'opération qu'il entendit des bruits de pas se rapprocher de lui.
Monsieur Thornford revint alors que Sirius venait de se précipiter dans la réserve, et s'apprêtait à achever son grand rangement printanier de réserve de Métamorphoses Appliquées, bien qu'il se demandât sérieusement si toutes ces fioles étaient utiles à ces cours.
Dès qu'il fut sorti de la salle, il courut dans un endroit tranquille et accueillant, autrement dit la cuisine de Poudlard, pour lire le courrier de Monsieur Thornford, ou tout au moins sa copie.
« A Monsieur Thornford, Directeur Adjoint de l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard.
Monsieur,
Suite aux questions que vous nous avez dernièrement adressées, nous vous confirmons que l'élève Remedios Listerdale, étudiante de septième année dans votre établissement, ne passera pas les épreuves des ASPICS qui se dérouleront dans les prochains jours. Elle est en effet retenue auprès de nos services pour quelques affaires courantes.
Meilleures salutations,
Edwood Nott, secrétaire général de l'Organisation des Mangemorts. »
Sirius fut tenté de rire quelques instants pour le ton employé dans le courrier. Sa forme administrative, bien qu'il sache qu'elle soit très populaire dans le monde sorcier, voire moldu, était décalée.
Bien vite, il comprit la portée des mots qu'il venait de lire : Remedios était retenue quelque part par les Mangemorts, et ceux-ci ne lui voulaient pas forcément du bien.
Cette nouvelle lui coupa aussitôt l'appétit.
Il était tard lorsqu'il rejoignit enfin ses amis dans la salle commune de Gryffondor. Ils étaient en train de comparer leur connaissance en matière de musique, installés sur une table où était ouvert toute sorte de manuels qui ne leur servaient pas, présentement, à grand chose. Lorsqu'ils virent leur ami revenir, ils le pressèrent de questions sur la manière dont sa retenue s'était passée.
-« Très instructif. Je suis quasiment persuadé que Rogue a bien quelque chose à voir avec la disparition de Remedios.
-Quoi ? » S'écrièrent les autres à l'unisson.
-« Oui, je l'ai croisé, et c'est ce qu'il a laissé entendre. Mais il y a plus ! Remedios est chez Voldemort ! »
Il tendit la lettre à ses amis qui s'empressèrent de la parcourir.
-« Qu'allons-nous faire ? » Demanda Remus d'abord.
-« Que vais-je faire, tu veux dire, Lunard. C'est simple : je compte bien aller la chercher.
-Chez Voldemort ?
-Chez Voldemort.
-Tout seul ?
-Oui, il n'y aura probablement pas d'autres moyens.
-Comment ?
-Je ne sais pas trop, il faut que j'y réfléchisse. »
Les autres, abasourdis par la nouvelle ne trouvaient rien à répliquer à leur ami pour l'empêcher de se lancer dans une aventure aussi suicidaire.
-« J'aurais besoin de votre aide, d'ici là. Vous avez déjà entendu parler d'occlumencie ? »
Remus savait. Sa connaissance quasi-encyclopédique de la magie impressionnait toujours autant ses amis. Il ne savait pas faire, mais il savait comment apprendre, moyennant bien évidemment, de passer outre les recommandations de Madame Pince et de se rendre une nouvelle fois dans la Réserve de la bibliothèque, et ce pour probablement la dernière fois de leur scolarité.
Sirius s'était fixé une date limite après laquelle il serait chez Voldemort, quelqu'en soit les moyens. Pour ne pas attirer l'attention sur lui, il comptait entreprendre sa démarche insensée dès que les examens seraient terminés. D'ici là, il lui fallait être à même de fermer son esprit à toute intrusion extérieure.
-« Sirius, concentre-toi au moins deux secondes d'affilée, je sais que tu n'en as pas l'habitude, mais fait un petit effort ! » Disait toujours Remus, armé d'un vieux bouquin qui, si on ne le lisait pas scrupuleusement, faisait entendre une petite voix très désagréable à l'intérieur de ses pensées.
Non pas que Sirius Black était totalement déconcentré, mais jamais un sort, une potion, ou la moindre métamorphose ne lui avait paru aussi exigeante que l'était la pratique de l'occlumencie. Plus pour passer le temps qu'autre chose, James s'était joint à lui. Il éprouvait lui aussi des difficultés, pour l'une des premières fois de sa vie.
Ils ne connaissaient personne qui pratiquât la légilimancie, excepté probablement Dumbledore à qui ils n'avaient pourtant aucune envie de demander une aide. Ils avaient donc décidé de se débrouiller seuls, comme au temps où, pour accompagner Remus dans ses sorties nocturnes, ils avaient décidé de devenir Animagi.
Ils n'apprenaient alors que la théorie. Dans l'hypothèse où quelqu'un voudrait entrer dans leur esprit, ils le fermaient. Néanmoins, ils savaient parfaitement que cette méthode avait ses limites.
Ils ne restaient que quelques jours avant le début des examens des cinquièmes et des septièmes années. Ils utilisèrent une grande partie du temps qui leur était imparti à ce cours accéléré d'occlumencie.
Remus, une fois de plus, fut impressionné par la rapidité de compréhension de ses deux amis : au premier jour de travail, ils avaient déjà compris en quoi consistait l'opération, dès le deuxième, ils s'exercèrent sans relâche. Ils s'enfermaient dans un endroit calme, non loin de la cuisine parce que l'exercice ça creuse. En fait, ils s'amusaient bien tous les trois, ou tous les quatre lorsque Peter laissait de côté ses révisions.
Bien vite, les examens arrivèrent.
Ca leur pendait au nez depuis un certain temps déjà, et là, est, ils y étaient.
Le dimanche soir, veille du début des épreuves, même Sirius commençait à se demander si apprendre l'occlumencie à la veille d'un examen aussi important, était si judicieux. Il se rappela alors pourquoi il apprenait l'occlumencie, et savait que s'il y avait quelque chose en trop dans son emploi du temps c'était les Aspics et rien d'autre. Le reste de l'école, ce fameux dimanche soir, et particulièrement les cinquièmes et les septièmes années, n'en menaient pas vraiment large. Ca faisait très longtemps qu'on n'avait pas vue la salle commune de Gryffondor aussi calme que ce jour-là. Sirius était persuadé que s'il y avait eu des mouches, il aurait pu sans problème les entendre voler.
Après une nuit agitée pour une bonne partie des élèves et un petit déjeuner dégusté du bout des lèvres, ils se retrouvèrent devant la grande salle.
Elle n'avait pas son organisation ordinaire : au lieu des quatre grandes tables parallèles et de la table perpendiculaire plus petite des professeurs, une multitude de petites tables individuelles, accompagnées de leur chaise, recouvraient la surface, dans un ordre tout spécifique.
Sirius Black commençait très sérieusement à se demander ce qu'il faisait là : après tout, il se contrefichait de ses examens à la noix. Certes, attirer sur lui l'attention en ne se rendant pas aux Aspics à ce moment n'aurait pas été très malin. Mais, il n'empêche, moins il voyait d'examens, et surtout d'ambiance d'examens, mieux il se portait.
Il se débrouilla pour se dégotter une petite place aux côtés de Remus, James et Peter en faisant les yeux doux à une jolie Poufsouffle.
Il remarqua la présence de Malefoy, ainsi que celle de Rogue du côté de la porte. Il en aurait bien profité pour mettre un poing bien senti dans le nez crochu de Rogue. Il savait parfaitement aussi que ce n'était ni le lieu ni l'endroit, et se promit de remettre son projet à plus tard. Peut-être quand il croiserait celui-ci chez Voldemort...
Il ne fut pas par ailleurs surpris de ne pas trouver sa belle Remedios Listerdale. Le courrier qu'il avait surpris chez Thornford avait été extrêmement clair sur le sujet : elle ne participerait pas aux épreuves. Le cœur de Sirius se serra, et sa gorge se contracta d'une manière presque douloureuse. Si seulement il savait si elle allait bien...
Il s'apprêtait à lancer une remarque acerbe à ses amis sur la présence de deux futurs Mangemorts aux examens, lorsqu'une armée d'examinateurs entra.
Le moins qu'on pouvait dire était qu'ils avaient parfaitement la tête de l'emploi. Habillés de grandes capes noires, la cinquantaine grisonnante, les cheveux bien arrangés en arrière, ils ne donnaient pas spécialement envie de tailler une bavette avec eux un soir de pluie devant un bon jeu d'échecs sorcier.
C'est du moins ce que pensa Sirius dès qu'il les vit entrer dans la grande salle.
Lorsqu'ils furent au centre de la salle, ils firent apparaître les sujets et crayons adéquats sur la table de chacun.
Ce matin, les septièmes années passaient l'épreuve théorique d'une matière. Sirius avait choisi, il ne se souvenait plus vraiment pourquoi, l'étude des potions. Il regretta amérement son choix lorsqu'il découvrit le sujet qu'avait concocté pour lui les autorités habilitées.
« Donnez votre avis en utilisant et comparant vos connaissances, sur l'opportunité d'utiliser une Potion de nichonifroy en situation d'urgence, après avoir défini les propriétés, intrinsèques et extrinsèques, de cette potion. »
Ca y est, Sirius Black était définitivement désespéré.
Rien que l'intitulé lui donnait furieusement envie de revenir dans son lit douillet. Il leva le nez pour voir la réaction de ses amis : Peter, devant lui, suait à grosses gouttes, Remus jouait compulsivement avec son crayon. Et James était sur le bord d'éclater de rire.
Cela rassura le jeune homme, qui reprit son crayon pour élaborer une sorte de plan et en finir le plus vite possible avec une épreuve qui s'annonçait réellement difficile. Il se surprit à se demander si Remedios n'aurait pas pu l'aider sur un sujet comme celui-là. Et regretta consécutivement n'être pas assis à côté du meilleur élève de Potions qu'il connaissait : Severus Rogue.
Il n'avait pas un souvenir très précis de cette Potion, mais se souvenait l'avoir étudiée quelque part. Il en connaissait la caractéristique principale, ne ressentir ni le chaud, ni le froid après ingestion, mais ses connaissances n'allaient pas franchement beaucoup plus loin.
Alors, il inventa.
Il détailla ce qui lui paraissait le plus probable, développa des concepts dont il savait pertinemment être l'exclusif auteur, et finit par une conclusion magistrale où il tentait une comparaison osée entre la Potion Nichonifroy et le charme d'« Expelliarmus ».
Il ne prit pas la peine de se relire, et sortit le plus rapidement possible de la grande salle.
James ne tarda pas à le rejoindre. Hilare, il avait adopté approximativement la même méthode que Sirius.
L'après-midi était consacré à la deuxième épreuve théorique : le cours de français. S'agissant d'une petite option, la tension était redescendue.
Le sujet était « Moyen-Age en France et chasse aux sorcières : conséquences et perspectives actuelles » et inspirait Sirius à peu près autant que le sujet de Potions. Il se rendit compte que l'apprentissage de l'occlumencie, même s'il s'avérait utile, était tombé à un mauvais moment de sa scolarité.
Le soir, dans la salle commune, Jordan Smith, l'attrapeur de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, fit un effort louable pour détendre un peu l'atmosphère en chantant des célèbres titres moldus à tue-tête, mais n'y parvint pas.
Même les Maraudeurs, pourtant pas les derniers lorsqu'il s'agissait de pousser la chansonnette, n'avaient pas la tête à ça. Déjà, les épreuves étaient plus dures qu'ils ne l'avaient pensés. Ou en tout cas que James et Sirius ne l'avaient pensés. Ensuite, ils savaient que la fin des épreuves marqueraient le départ de Black. Et ils n'avaient pas franchement envie de laisser filer leur ami sans aucune protection particulière sauf celle de lui avoir appris l'occlumencie.
Ce soir-là, comme tous les soirs depuis une semaine, Peter, James et Remus enjoignirent Sirius d'abandonner son projet. Et une nouvelle fois, le jeune homme refusa.
Le lendemain, la troisième et dernière épreuve théorique avait lieu : la botanique. « Comparez les propriétés du bulbe poupoulien d'Arizona avec le bulbe rouroulien de Niepopotrov ». Ce sujet, classique en matière de botanique ne surprit pas Sirius qui eut l'impression de s'en sortir, pour une fois, relativement honorablement.
L'après-midi était libre. Les Maraudeurs en profitèrent pour aller s'installer dans le parc. Sirius s'entraînait à fermer son esprit une fois de plus, tandis que James n'avait d'yeux que pour sa Lily, que Remus se plongeait dans un bouquin au volume impressionnant d'études des Moldus, et que Peter cherchait par tous les moyens à oublier la catastrophe qui lui tenait lieu de copie à l'épreuve de botanique des Aspics.
-« Tu es bien décidié ? » Demanda Lily qui venait d'apprendre le projet de Black.
-« Oui, Lily. Ton cher et tendre a bien essayé de m'amadouer par toutes les voies possibles, ma décision est irrévocable. Il faut que je sache ce que fait Listerdale.
-Evidemment, tu sais combien c'est dangereux.
-Oui, je sais.
-Pourquoi tu ne veux pas prévenir Dumbledore ?
-Jamais il ne me donnerait son accord ! Regarde déjà comment on a bataillé pour entrer dans l'Ordre ! Alors si je lui dis que je vais rejoindre Voldemort, il va nous faire un arrêt cardiaque, et je n'ai pas tellement envie d'avoir la mort de Dumbledore sur la conscience jusqu'à la fin de mes jours ! »
Il ne convainquit pas Lily en disant que le principal était que eux, ses amis, soient au courant, de son escapade, mais elle comprit bien vite, comme les autres, qu'il ne servait à rien de tenter de le raisonner. Elle l'assura alors de son soutien, si, à un moment, il en éprouvait le besoin.
Il aurait été faux de dire que Sirius n'était pas mort de trouille à l'idée de mener à bien son projet. Il savait bien que c'était irraisonné, presque irresponsable si ça n'était pas très bien préparé, néanmoins l'envie de revoir Remedios était plus forte, et il savait qu'il trouverait une idée imparable - ou presque - pour ne pas éveiller les soupçons de Voldemort sur lui.
Dès le lendemain, ce fut au tour des épreuves pratiques. Un entretien d'une vingtaine de minutes avec un sorcier devait déterminer le niveau de chaque élève dans les matières qu'il avait choisies.
Sirius passa d'abord les Métamorphoses Appliquées. Il n'avait jamais eu de problème en Métamorphose, et ne s'était jamais inquiété une seconde pour cette épreuve. Il avait bien fait.
Après avoir vu se changer une mangouste en une très jolie libellule bleue, l'examinateur, qui n'avait pourtant pas l'air du premier rigolard, laissa échapper une remarque, impressionné par le travail parfait de l'élève dans un sujet difficile.
Ensuite, il se présenta à l'épreuve de Sortilèges. Là encore, il réussit avec brio et beaucoup d'élégance un sort compliqué de séduction. Avec ce genre d'exercices, il était parfaitement à l'aise, et ça se voyait.
Enfin, le lendemain, ce fut au tour de Défense contre les Forces du Mal. L'épreuve consistait en un duel avec une examinatrice. Entraîné par l'Ordre et même formateur, un temps, pour l'Ordre, il n'avait plus grand chose à apprendre du niveau des Aspics. Il enchaîna une succession de sorts remarquée et parvint à désarmer rapidement son adversaire, dont il remarqua l'oeil admiratif.
Le soir même, les Maraudeurs en avait fini avec les Aspics. Et ils en avaient fini avec Poudlard. Le soir même, ils étaient assez tristes : très bientôt, ils devraient quitter leur école et se lancer dans la vie active ce qui ne leur disait rien du tout. Ils devraient quitter leurs amis, leurs Professeurs, la protection douillette de Dumbledore, les bons petits plats des elfes de maison, et ils cesseraient d'être toujours ensemble... D'aucun appellerait ça grandir.
-« Il y a une chose qu'il nous reste à faire. » S'exclama Remus dans la soirée.
Trois paires d'yeux attentifs se mirent à le fixer.
-« Hé bien oui, on n'a pas encore tout à fait terminé la Carte. Et vous vous souvenez de ce qu'on avait prévu d'en faire après ? »
Ils se regardèrent. Ils se souvenaient parfaitement de ça, maintenant que Remus leur remettait en mémoire.
-« La terminer...
-... Et la confier aux générations futures...
-... En la remettant à Rusard qui la mettra dans son célèbre tiroir.
-En parlant de ce tiroir, y aurait pas que des trucs à nous là-dedans ? »
Avec un sourire entendu, Remus sortit de sa poche le précieux parchemin et jura que ses intentions étaient mauvaises. La Carte s'établit instantanément sous leurs yeux.
-« Alors, il ne manque que... Hé bien les quartiers Serpentards ! » Constata Peter.
-« Il faut dire qu'ils sont difficilement accessibles !
-Pour ça, je vais peut-être pouvoir aider. » Dit Sirius se rappelant son incursion récente là-bas. »
Sans entrer dans des détails qui ne les regardaient pas, il expliqua pourquoi il était entré dans ses quartiers. Tout en écoutant sa description précise des lieux, James finit d'écrire la Carte.
Alors, ils sortirent de leur salle commune, et se débrouillèrent pour se retrouver nez à nez avec Rusard, furibard, faisant sa ronde dans les couloirs, avec Miss Teigne sur les talons.
-« Tiens tiens, qu'avons-nous là ? » Fit-il lorsqu'il les aperçut enfin. « Messieurs Pettigrow, Potter, Lupin et Black en vadrouille bien après l'extinction générale des feux... Que faites-vous donc ici ?
-Rien du tout. » Répondit James avec l'air d'avoir quelque chose à se reprocher, chose qu'il simulait à la perfection.
Il porta alors, innocemment, son regard sur la main de Remus qui tenait fermement le parchemin qui les avait tant aidé pendant toutes ces années, même s'il n'était tout à fait complet que ce soir.
Rusard, aussitôt, se saisit du parchemin, et constata qu'il était vierge. Il baragouina quelque chose qui s'apparenta à un « je vous le confisque dans le doute, j'en parlerai au Directeur Adjoint, bien dommage qu'on soit à la fin de l'année et que vous ne puissiez plus être collés, j'espère plus jamais vous revoir... ». Du moins, c'est ce que les Maraudeurs interprétèrent de ses glapissements. Enfin, il s'en alla.
Les Maraudeurs avaient fait leur don aux générations futures d'élèves de Poudlard. Ils étaient certains que ça servirait.
Ils rentrèrent dans leur dortoir, ravis de leur dernière soirée tous ensemble à Poudlard. Dès le lendemain, Sirius aurait mis son plan au point, et l'exécuterait.
