Et merci à Amy Winehouse pour l'inspiration du titre du chapitre (je sais, c'était facile, mais je suis quand même très fière de ce titre-là !) Petit mot pour les puristes : théroriquement, si j'ai bien lu JK Rowling, Regulus n'est pas le frère aîné de Sirius, mais son cadet. Je me suis donc permis une (petite) liberté à ce niveau-là parce que je n'imagine pas du tout Sirius comme étant le plus âgé, allez savoir pourquoi... Donc par avance pardon aux puristes et bonne lecture tout de même ! Chapitre 22 Back to the Blacks

Ca faisait des années que Sirius ne s'était plus retrouvé devant cette imposante porte de bois.

Les gargouilles qui ornaient le mur lui remémorèrent instantanément pourquoi il avait fuit cet endroit.

Pourtant, il gravit les quelques marches qui menaient au perron et s'apprêta à entrer au 12 square Grimmaurd, la résidence ancestrale et familiale des Black.

Il crut même un moment qu'il n'arriverait pas à franchir la porte qui le séparait encore de sa famille. Il prit alors une profonde inspiration et tira sur une corde. Là où les Moldus auraient attaché une cloche reliée à cette corde, les magiciens, et les Blacks qui plus est, l'avait reliée à un charme de protection puissant qui demanda au jeune homme de décliner identité, résidence, et objet de la visite.

-« Sirius Black, Poudlard, voir ma mère. »

Sa mère...

Le dernier contact qu'il avait eu avec elle avait consisté en une lettre qui l'engageait à venir la rejoindre et perpétuer la longue lignée des Blacks intolérants et certains de leur supériorité sur tous les autres sorciers. Il avait été très clair là-dessus : jamais il ne se battrait dans cette guerre au côté de Voldemort.

Aujourd'hui, les choses n'avaient certainement pas changées. Mais il avait besoin de sa mère pour la première fois depuis sa naissance. Il avait besoin de son aide pour retrouver Remedios et l'aider au besoin.

Quelques heures avant son départ, il avait tout mis au point avec ses amis. Il devrait se rendre ici, square Grimmaurd. James, Remus, Peter et Lily avaient catégoriquement refusé que Sirius ne parte sans qu'il puisse les appeler éventuellement à la rescousse. Il était donc munis de la discrète montre de l'Ordre que Remus et Lily avaient détourné : Sirius ne recevrait plus les nouvelles de l'Ordre, en revanche, il pourrait avec elle prendre contact avec ses amis à n'importe quel moment. Ils avaient ajouté toutes les protections possibles sur cette montre jusqu'au moment où ils avaient été certains que son secret était inviolable.

La porte s'était ouverte devant lui avec un grincement inquiétant. Il pensa furtivement à la raison de sa présence ici, et entra dans la maison d'un pas décidé.

Il fit alors comme s'il n'avait jamais quitté la demeure. Son couloir d'entrée était toujours aussi étroit et sombre. Il avait un sac à la main qu'il laissa choir à ses pieds en entendant le son de petits pieds se rapprocher de lui.

-« Lumos ! » S'écria-t-il pour parer à la difficulté de l'obscurité.

Il vit alors Kreattur, l'elfe de maison de la famille, s'approcher de lui. Il semblait au supplice que de devoir accueillir son jeune maître.

-« Oui, moi aussi ça me fait plaisir de te revoir ! » Lui dit un Sirius sarcastique.

L'elfe prit la veste que lui tendait le jeune homme, ou plutôt que lui jetait le jeune homme, ramassa le sac et se dirigea vers le couloir de droite.

Sirius n'avait jamais aimé Kreattur : il ressemblait bien trop à ses parents et à son frère pour lui porter intérêt. Durant toute la période où il avait vécu ici, moins il voyait Kreattur, et mieux il se portait. L'elfe, d'ailleurs, lui rendait bien.

-« Et va dire à la Madame Black régnante que je veux lui parler ! » Lui lança-t-il lorsque celui-ci disparut.

Il ne savait pas trop comment il allait être reçu. De deux choses l'une : soit sa mère l'accueillait comme elle l'avait toujours fait, c'est-à-dire à contre-cœur, mais l'accueillait tout de même, soit elle le renvoyait immédiatement d'où il venait en espérant qu'elle ne le livre pas à Voldemort. Cette dernière hypothèse était assez réaliste, mais il préférait autant ne pas l'envisager trop sérieusement.

Il porta compulsivement la main à la montre qui le reliait à ses amis pour se donner une contenance. A dire vrai, il n'était pas totalement rassuré par ce qui l'attendait.

-« Sirius ? »

Une voix glaciale féminine le sortit de ses contemplations. Il l'aurait reconnue entre toute. Il se tourna vers la silhouette qui descendait gracieusement les escaliers.

Ca faisait des années qu'il ne l'avait pas vue, mais elle était exactement comme dans ses souvenirs. Appuyée à la rampe, vêtue d'une robe de sorcier invariablement noire, les cheveux raides noirs, la peau diaphane d'un blanc transparent, de grands yeux bleus très foncés, des cils infinis, une bouche sans couleur. Demeter Black était sans aucun doute une belle femme. Ou du moins, selon Sirius, aurait pu être belle si elle était moins froide. Il se demanda alors, l'espace d'un instant si, dans sa relation avec Remedios Listerdale, qui possédait sans aucun doute les mêmes qualités, il ne tentait pas, au sens freudien de l'expression, de retrouver une mère qui ne l'avait jamais aimé.

-« Oui, mère. » Répondit-il enfin à la concernée qui finissait de descendre les escaliers.

-« Viens ». Lui dit-elle simplement.

Sirius suivit la femme dans la salle qui s'ouvrait à sa gauche. Il savait parfaitement ce qu'il y avait, et ce depuis des siècles, dans cette pièce : l'arbre généalogique de l'intégralité de la famille Black. Il jeta un œil vers la tapisserie. Dans la dernière génération, il vit son propre nom inscrit à côté de son frère Regulus. Il se souvint de sa tentative, quelques années plus tôt, de s'ôter de cette tapisserie. Il n'y était pas parvenu.

Sa mère lui désigna un fauteuil devant elle tout en s'asseyant sur le canapé.

Jusque-là, tout semblait ne pas se passer trop mal : il n'y avait a priori pas d'hostilité particulière dans le regard, la voix, ou les expressions de Demeter Black.

-« Qu'est-ce que tu veux. » Demanda-t-elle lorsque son fils prit place.

Ce n'était pas vraiment une question. Juste l'affirmation qu'une visite de son fils cadet ne pouvait être justifiée que par une demande pressante. Le jeune homme savait bien qu'avec une telle rencontre, sa mère ne lui sauterait pas dans les bras, en pleurant son amour et jurant ses grands dieux qu'il lui avait infiniment manqué.

Tout ça n'était pas Demeter Black.

Il fut cependant inexplicablement déçu. S'il avait fait le deuil de son père depuis très longtemps, ses relations avec sa mère semblaient un peu plus compliquées.

-« Vous parler. »

Il surprit l'expression étonnée de son interlocutrice.

-« J'ai beaucoup réfléchi. » Reprit-il. « Je pense... Je pense que j'ai été peut-être un peu rapide la dernière fois que je vous ai écrit. »

Il faisait référence à cette fameuse lettre où il lui avait expliqué très clairement que jamais il ne rejoindrait, avec elle et son frère, le camp de Voldemort.

La femme l'écoutait avec une attention toute particulière. Elle se tenait très droite sur le bord du canapé, les lèvres pincées, ne cherchant pas à presser les révélations de son fils.

-« Je ne sais pas si votre proposition tient toujours, mais j'aimerais rejoindre les Mangemorts maintenant que ma scolarité à Poudlard est achevée. »

La femme le jaugea comme si par son simple regard perçant, elle avait pu déceler ce que cachait le soudain retournement de Sirius. Celui-ci était suffisamment habitué à la personnalité... difficile de cette femme pour ne pas se laisser déstabiliser par ce regard. Il prit un air convaincu et sérieux, comme il savait le faire lorsqu'il balançait une excuse totalement bidon à Rusard lorsqu'il était surpris dans les couloirs largement après l'heure du couvre-feu.

-« Pourquoi ? » Demanda-t-elle simplement jouant visiblement à qui ferait le plus d'économie de mots.

Sirius prit une profonde respiration.

- « Pendant l'année, il m'a été extrêmement difficile de vous dire quel était le fond de ma pensée sur Vous-Savez-Qui. » Pour ne pas heurter la femme, il prit le parti, pour la première fois, de ne pas prononcer son nom. « J'ai été surveillé de très près par Dumbledore et les Professeurs, comme vous pouvez en douter. J'ai été dans l'absolue incapacité de vous soumettre mon projet avant la fin de mes études. J'ai laissé croire à Dumbledore que je le soutenais. Mais aujourd'hui que je suis libre de ce côté, alors je me suis précipité chez vous. Je sais bien que nous n'avons pas toujours eu de bonnes relations. Mais je dois reconnaître que la famille Black a fait le bon choix dans cette guerre : il est intolérable de laisser le pouvoir à des sous-sorciers. Il faut une main de fer pour gérer tout ça. Je crois que Voldemort est le seul capable de remettre le monde sorcier dans le droit chemin. »

Sirius eut soudainement une envie irrépressible de vomir. Il haïssait tout ce qu'il disait et combattrait tant qu'il pourrait tous ceux qui le soutenait. Il condamnait de manière générale toute idée que des gens pouvaient être supérieurs à d'autres gens. Ca lui paraissait totalement aberrant. Il fit tout pour cacher ses sentiments profonds. L'occlumencie l'aidait beaucoup pour cela. Il ne laissa rien transparaître du dégoût que lui inspirait le programme d'action de Voldemort.

-« Bien. » Dit sa mère après l'avoir écouté.

Sirius compta intérieurement le nombre de mots qu'elle avait prononcé depuis leurs retrouvailles et se demanda comment donc pouvait-il être le fils biologique d'une telle femme. Sans conteste, ils se ressemblaient physiquement, mais l'analogie s'arrêtait réellement là.

-« Me présenterez-vous à Voldemort ? »

-« Pas à Voldemort. Mais je t'indiquerai qui contacter pour devenir un Mangemort. Il va s'en dire qu'ils t'interrogeront sur ta sincérité.

-Ca va de soi. Je n'ai pas peur. » Répondit Sirius d'une voix sans appel.

-« Bien. » Répéta-t-elle. « Je suis rassurée de constater que, malgré les différends que nous avons pu avoir, tu reviens dans le droit chemin des Black. Ton père serait fier. »

Sur ces mots, elle se leva, signifiant la fin de l'entretien.

Alors qu'elle allait passer la porte, Sirius l'arrêta.

-« Mère, est-ce que vous pouvez me... loger... Le temps que je gagne ma vie et que je trouve un logement ? C'est-à-dire... je n'ai nulle part où aller... »

Là encore, elle mit un moment avant de lui répondre.

-« Oui. Tu peux reprendre la chambre verte. »

Elle disparut alors.

Sirius Black ne savait trop que penser. Il était déçu par la froideur inégalable de sa mère et s'en voulait d'être déçu, justement. Il n'était pas franchement là pour resserrer les liens familiaux. Il voulait juste retrouver Remedios. En outre, il savait parfaitement que jamais sa mère n'avait eu d'autre attitude à son égard, ni à l'égard de Regulus, autant qu'il se souvienne. Sa mère ayant intégralement accédé à sa demande, il aurait donc dû être content de sa réussite, mais il ne parvenait pas à l'être.

Le retour dans le manoir de son enfance ne lui disait rien du tout. Dès qu'il avait pu, il l'avait quitté pour rejoindre James et ne s'était senti réellement lui-même qu'à partir de ce moment-là. En fait, pour lui, il était vraiment né à l'âge de 11 ans, en entrant à Poudlard et en rencontrant les Maraudeurs. Le fait de revenir chez ses parents le ramenait dans les sentiments qui l'occupaient avant ses 11 ans : la tristesse de constater qu'il n'avait pas de famille digne de ce nom.

Le fait que Demeter Black ait accédé à la demande de son fils aussi rapidement était aussi fait pour l'étonner. Sans conteste, ça l'arrangeait. Mais il n'aurait pas cru qu'après des années de plus ou moins indifférence, et après des années de lutte froide, sa mère le crut sincère aussi vite. Peut-être était-elle contente de voir revenir le fils prodigue au bercail. Ou peut-être confierait-elle ses doutes aux Mangemorts qui avaient probablement les moyens d'évaluer son niveau de sincérité.

Il finit par quitter le fauteuil du salon-à-l'arbre-généalogique-des-Black, traversa le vestibule, et grimpa l'escalier. Il n'avait pas changé. Peut-être la moquette était-elle un peu plus usée, mais les mêmes portraits des dignitaires de la famille jetaient des regards soupçonneux à qui osait s'aventurer près d'eux. Il entendit chuchoter les tableaux, lorsqu'il monta, où il était question du retour du fils de Gaderon, pas Regulus, mais Sirius, du motif de sa visite, et de toutes les insultes connues portant sur les Sangs-Mêlés.

Le jeune homme n'y fit pas attention. Il monta encore un étage, puis un autre, pris finalement un couloir qui l'amena à un autre escalier, qu'il monta encore, descendit de quelques marches près d'un tableau d'un chérubin au sourire carnassier, pour finalement se retrouver devant une porte. Il entra.

C'était comme s'il n'avait jamais quitté l'endroit.

Pendant toute son enfance, cette pièce lui avait servie de chambre. Il remarqua que l'amour et le respect que lui portait Kreattur avaient visiblement empêché celui-ci de faire le ménage depuis son départ. Tout était recouvert d'une épaisse couche de poussière. A sa droite, il y avait encore le lit. Un trop grand lit pour l'enfant qu'il avait été, et le jeune homme qu'il était. Un lit démesurément grand où il avait toujours eu un peu peur : peur du monstre caché sous le lit, peur du froid des draps frappés des armoiries des Blacks, peur des rideaux du baldaquin qui étouffait toute luminosité. Devant lui, il y avait une fenêtre. Elle donnait sur la rue. Son orientation faisait que la lumière du soleil ne pénétrait jamais dans la pièce. A droite, derrière le lit, il y avait une grande armoire. Suffisamment grande pour y faire vivre confortablement une famille de Grizzlis. Sirius se souvenait s'être caché là un nombre astronomique de fois. Enfin, à gauche se tenait un bureau sur lequel, il n'y avait rien. Sirius se souvenait avoir totalement vidé ce bureau quand il était parti. Sur les murs, trônaient des tapisseries vertes. Sirius s'était toujours demandé si ce n'avait pas été une incitation de la part de ses parents à le voir rejoindre la maison Serpentard.

Pas de chance, il détestait le vert.

Il ouvrit la petite fenêtre et se lança dans un ménage méthodique, chassant toute poussière et bestioles en tout genre, sans autre forme de procès.

Il avait peur d'être observé dans cette chambre. Il n'osa envoyer un message à ses amis pour leur signifier que tout allait bien.

Il s'allongea sur le lit, espérant qu'il n'aurait pas à passer trop de temps dans cet endroit avant de pouvoir s'enfuir à toutes jambes le plus loin possible d'ici.

Quelques heures plus tard, il fut réveillé par le son caractéristique de quelqu'un qui toquait à la porte de la chambre.

-« Vous êtes attendu pour dîner. » Annonça le plus froidement possible Kreattur lorsque Sirius eut ouvert la porte.

Le jeune homme jeta un rapide coup d'œil à l'horloge du couloir pour constater qu'effectivement il était 19 heures. Or, d'aussi loin qu'il se souvenait, les Blacks avaient toujours dîné à 19 heures précises. Il s'en voulut assez de s'être endormi mais était passablement satisfait d'avoir obligé l'elfe à faire le tour de la maison juste pour venir le chercher.

Il descendit jusque dans la salle à manger.

Autour d'une table bien trop grande pour eux dans une pièce désespérément obscure, se tenaient Demeter, et son fils aîné Regulus. Il y avait un troisième couvert, installé de l'autre côté de la table. Sirius se souvint alors qu'on lui avait réservé sa place habituelle. Ne pas voir Gaderon Black à sa place, devant la fenêtre, le surprit un peu. La salle faisait encore plus vite sans la carrure et le charisme incontournable de son père.

-« Salut ! » Fit Sirius joyeusement dans une tentative désespérée pour adoucir un peu l'atmosphère.

Peine perdue, le regard noir de sa mère le convainquit de s'asseoir aussi vite que possible en dérangeant le moins possible l'ordre établi. Et il obtempéra sans demander son reste.

Kreattur fit apparaître les plats, qu'il disposa au centre de la table et quitta la pièce.

-« Alors comme ça tu es revenu ! » S'exclama finalement Regulus en se servant largement de sauce à la menthe dont il avait toujours raffolé.

-« Ca faisait longtemps qu'on ne t'avait vu par ici ! J'ai appris que tu voulais entrer dans l'armée de Voldemort ?

-C'est ça. » Répondit Sirius en prenant sur lui de ne pas jeter sa purée de poids-cassés au visage de son frère.

Ces deux-là ne s'étaient jamais entendu. Ils s'étaient évité tout au long de leur jeunesse et chaque rencontre fortuite dégénérait en pugilat en un temps record.

Ils ne se ressemblaient pas beaucoup : l'un était bavard, ou du moins l'était devenu sous l'influence de ses amis, tandis que l'autre était du genre taciturne, un peu comme le reste de la famille, en moins pathologique néanmoins. L'un était extravagant et l'autre réservé. L'un ressemblait étrangement à sa mère, physiquement parlant, lorsque l'autre était le portrait craché du père. Regulus avait sa corpulence, la lourdeur de son pas, la brusquerie de ses gestes. En fait, il ne suffisait pas de grand chose pour les confondre tous les deux.

Un ange passa. Lentement.

-« Et toi Regulus, qu'est-ce que tu fais en ce moment ? » Finit par demander Sirius parce que le silence l'avait toujours angoissé.

- « Il travaille avec Tu-Sais-Qui ! » Annonça fièrement Demeter Black pour sa première participation à la conversation depuis le début du repas.

-« Voyez-vous ça... Avec Tu-Sais-Qui... Et tu fais quoi précisément ? »

Il fut tenté de répondre à la place de son frère quelque chose comme « lui cirer les pompes » mais eu l'intelligence de n'en rien faire.

-« Je remplace Père auprès de lui : je fais partie de l'équipe qui le conseille, je sers aussi d'intermédiaire entre lui et l'armée des Mangemorts ou entre lui et le Ministère.

-On l'a même envoyé en mission auprès du Ministre de la Magie néozélandais ! Quelle responsabilité ! » S'exclama sa mère toujours aussi fièrement.

-« C'est vrai. » Confirma Regulus avec un petit sourire de satisfaction. « J'ai d'ailleurs été d'une influence déterminante sur la prise de position du Ministère en faveur de notre Maître.

-Ah ouais... Carrèment... » Répondit avec un enthousiasme feint Sirius. « Et... Il est gentil ?

-Qui donc ?

-Vous-Savez-Qui. »

Demeter et Regulus se regardèrent avec l'air de dire « mais d'où il sort celui-là ». Regard que Sirius connaissait bien.

-« La question ne se pose certainement pas en ces termes. » Répondit froidement Demeter.

-« C'est le patron de Gus, » dit-il se rappropriant ainsi un surnom qu'il n'avait plus prononcé depuis des années, « je m'intéresse juste à ses conditions de travail !

-Tu-Sais-Qui a été très bon avec notre famille. Et ce malgré toi.

-Quoi moi ?

-Tu n'as pas caché ton attachement à Dumbledore avant de revenir ici. »

Ca y est, le mot était lâché.

-« Regulus, tu ne dois pas...

-Oui, Mère m'a expliqué. Ca n'empêche que ta disparition ces derniers mois n'avait pas franchement aidé les affaires de la famille. Mère a toujours su que tu reviendrais. Et je suis bien aise de constater qu'elle a eu raison. Tu-Sais-Qui sera content de savoir que tu l'as rejoint. Et il saura enfin que toute la famille Black est pressée de le servir. »

Demeter Black regardait avec la même admiration son fils sans toutefois se compromettre à des scènes trop démonstratives. Regulus lui rendait bien en affichant un grand sourire et une idéologie à toute épreuve. Sirius se sentait de moins en moins à sa place dans cette salle à manger. Heureusement, Kreattur fit apparaître depuis la cuisine le dessert : des macarons de toutes les couleurs se mirent à envahir la table.

-« Je vais rencontrer quand les Mangemorts ? » Demanda Sirius en priant pour que ce ne soit pas dans dix ans.

-« Dès demain. » Répondit Regulus. « Je t'amènerai le rencontrer. »

-« Il s'agit de qui ? Je le connais ?

-Il est arrivé tout récemment. Drago Malefoy, ça te dit quelque chose ? »

Black manqua de s'étouffer avec le gigantesque macaron au chocolat qu'il avait eu la prétention d'avaler en une seule bouchée.

-« Malefoy ? Y a un rapport avec Lucius ?

-C'est son père.

-Tu m'en diras tant. » Marmonna Sirius pour lui-même. « Et il est bien comme chef ?

-Je ne sais pas trop. Je crois, oui. Tu demanderas aux apprentis que tu trouveras là-bas.

-Il y a d'autres apprentis ? Mis à part moi, je veux dire.

-Bien sûr. En fait, Tu-Sais-Qui a décrété qu'un Mangemort ne pouvait être un Mangemort que lorsqu'il est détaché de toutes ses obligations scolaires. Maintenant que Poudlard est presque entre ses mains la règle va peut-être changer : il n'aura plus peur que Dumbledore puisse mettre en échec des Mangemorts jeunes et isolés dans son école. Quoi qu'il en soit, les apprentis subissent un entraînement assez exigeant.

-Et... Ca dure longtemps ?

-En fait ça dépend. Certains, les plus jeunes, restent en formation jusqu'à leur sortie de Poudlard. Les autres, ceux comme toi, ça dépend de leurs compétences.

-Espérons que ce sera court, j'ai envie d'aider Vol... Vous-Savez-Quoi le plus rapidement possible !

-C'est bien. On a besoin de jeunes motivés comme toi. »

Sirius enfouit quelques macarons dans sa robe de sorcier avant de quitter la salle à manger. Les soirées dans la famille Black s'étaient toujours faites en solitaire. Chacun se retirait dans une partie de la maison et le silence se faisait.

Sirius monta dans la chambre verte.

Allongé sur le lit, il songea à Remedios Listerdale. Qu'est-ce qu'il n'était pas capable de faire pour elle ! C'était bien la première fois qu'il s'engageait dans une aventure à l'issue plus qu'incertaine sans James sur les talons. Il aurait aimé que le jeune sorcier l'accompagne, mais ça n'aurait pas du tout été possible. La soudaine trahison de Potter aurait été encore plus difficilement croyable que celle d'un Black, fut-il Gryffondor.

Il se réveilla lorsqu'il entendit le poing massif de son frère frapper violemment à la porte de la chambre verte. Il s'était de nouveau endormi comme une masse, sans se rendre compte qu'il n'avait pas même pris la peine de retirer ses vêtements.

-« Sirius ! Mais qu'est-ce tu fous !

-Attention à ton langage, frérot, ça ne plairait pas beaucoup à notre mère ! » Avertit Sirius pour gagner quelques secondes.

Il les utilisa pour lever les sorts de protection de la porte.

Enfin, il ouvrit sur son frère rasé de prêt et fin habillé.

- « Hé bien, je ne vais pas t'attendre deux heures moi. Faut qu'on y aille ! C'est fini de se la couler douce comme à Poudlard ! T'as toujours été un fainéant fini, je vois que ça ne s'est pas franchement amélioré !

-Oui, oui, bon ça va. J'ai compris l'idée là. » Coupa Sirius. « Donne-moi 10 minutes, et je suis totalement à toi. »

Sur ces mots, il referma devant lui la porte, prit le soin de replacer ses sorts de protection, et prit la porte dérobée de derrière l'armoire pour atteindre une des salles de bain du manoir familial.

Dix minutes plus tard précises, il était devant un Regulus fulminant d'avoir dû attendre son jeune frère-qui-décidément-n'-en-foutait-jamais-une.

-« Tu sais transplaner ? » Demanda-t-il.

-« Un peu, mon n'veu.

-Bien, alors accroche-toi à moi. Je vais te conduire. »

Sirius détestait les voyages à deux. Ca le bringuebalait de partout. Et comme avec le Portoloin, ça lui foutait un mal au cœur de tous les diables. Transplaner seul, en revanche, était une sensation inégalable qu'il avait voulu maîtriser dès sa troisième année à Poudlard, juste après s'être attaqué à cette histoire d'animagus.

Il prit pourtant le bras de Regulus et se laissa entraîner dans une étrange spirale.

Quelques secondes plus tard, il se trouvait dans un couloir dont l'obscurité concurrençait sérieusement celle du manoir Black. Pourquoi fallait-il toujours que les locaux des méchants soient si lugubres ? Se demanda légitimement Sirius.

Regulus, sans un mot, quitta l'aire d'atterrissage des transplaneurs pour gagner un couloir plus large, mais éclairé uniquement par des vitraux bien trop anciens pour laisser passer une quelconque clarté.

Sirius lui emboîta le pas. Son frère marchait vite. Il baragouina quelques mots à propos de la distance, assez importante, qui leur restait encore à parcourir. L'endroit devait avoir subi la même protection que Poudlard dans l'enceinte de laquelle pas un sorcier ne pouvait transplaner.

Ils marchèrent longtemps, Regulus réussissant à se repérer malgré la ressemblance plus que frappante des couloirs entre eux. Au fur et à mesure de leur avancée, ils croisaient de plus en plus de gens. Et les torches étaient de plus en plus nombreuses. Sirius put même constater que les murs n'étaient non pas recouvert de tapisseries noires, mais bien de larges et imposantes pierres grises. pas un tableau sur les murs. Pas un mot n'étaient échangés avec les passants.

Enfin, ils entrèrent dans une immense salle au plafond si haut qu'on ne pouvait le voir. Les arcades disparaissaient au-dessus de leurs têtes. Regulus ne ralentit pas. Sirius quant à lui, étonné par cette salle dont il ne comprenait pas bien la magie, dût courir pour le rattraper, lorsqu'enfin, ils s'arrêtèrent devant une porte.

Sans attendre, Regulus frappa.

Une petite sorcière rondouillarde vint leur ouvrir.

-« Ah, Monsieur Black. Bonjour.

-Doris. Je vous présente mon frère, Sirius. On venait voir Drago Malefoy.

-Oui, bien sûr, attendez par ici, je vais le prévenir de votre arrivée. »

Quelques minutes plus tard, la susnommée Doris leur indiqua la porte du fond. Elle donnait sur une sorte de salle de réunion avec machine à café, murs blancs et grande table design.

Malefoy, un homme d'une très grande taille aux cheveux blonds, entra à leur suite. Il serra vivement la main de Regulus en échangeant quelques mots sur la santé de Voldemort et celle de Demeter. Puis, il se tourna vers Sirius.

-« Si on m'avait dit un jour que nous nous rencontrerions dans de telles circonstances ! »

-Et moi donc... » Ronchonna-t-il.

-« Dumbledore ne vous manque-t-il pas déjà ?

-« Dumbledore, pas du tout, Monsieur, en revanche servir la bonne cause beaucoup plus. » En disant cela, il croisa fermement ses doigts sous la table.

-« Je vois que vous êtes dans d'excellentes dispositions. Vous m'en voyez ravi. Nous avons besoin d'éléments comme vous. Vous rejoindrez donc les apprentis. Vous y retrouverez d'ailleurs quelques unes de vos vieilles connaissances.

-Et... Que font les apprentis ?

-Ils s'entraînent à devenir des Mangemorts opérationnels. Vous suivrez une formation rapide, nous avons besoin de bras. Malgré tout, avant cela, nous vous ferons subir une batterie de tests pour évaluer votre niveau d'engagement à notre cause.

-Je suis prêt.

-Très bien. Vous pourrez donc commencer dès maintenant puisque vous êtes déjà ici. » Malefoy se pencha vers sa baguette et reprit : « Doris ? Pourriez-vous amener Sirius Black à la salle d'évaluation ? ».

Doris entendit, accepta, et entra dans la salle. Sirius la suivit, sans oublier néanmoins de partager avec Regulus une poignée de main virile où il tenta de faire passer à son frère de la reconnaissance.

Ils traversèrent une série de galeries, de salles immenses ou toutes petites, des portes en bois, des portes blindées, et toutes sortes d'escaliers, mouvants ou non.

Enfin Doris l'installa sur une chaise qui a priori n'avait pas de caractéristiques particulières, si ce n'est son manque de confort.

Puis, la petite sorcière rondouillarde disparut le laissant seul sur sa chaise.

Il sentit alors une impression extrêmement étrange. Il n'aurait pu la définir tant elle lui était totalement inconnue. C'est comme si quelqu'un, ou plutôt une onde, tentait de rentrer dans son esprit.

Il savait déjà que Remedios ne s'était pas gênée pour entrer et sortir de ses pensées quand ça lui chantait, et il n'avait déjà pas tellement apprécié, même si cela avait des avantages importants. Mais jamais il n'avait senti, Remedios, dans sa tête. Là, pourtant, il était très clair que quelque chose voulait connaître toutes ses pensées.

Aussitôt qu'il comprit cela, il ferma son esprit. Jusque-là, l'entraînement qu'il avait suivi avec ses amis n'avaient eu qu'une portée théorique. C'était le moment ou jamais de s'exercer en grandeur nature. En outre, il n'avait pas tellement le choix : il ne donnait pas cher de sa peau si Malefoy et a fortiori Voldemort lui-même savaient les raisons de sa venue chez les Mangemorts.

Il vida son esprit exactement comme Remus lui avait indiqué. Peu à peu, il sentit que des barrières se construisaient entre l'onde et lui-même. Et bientôt, il sut de manière certaine que rien d'extérieur ne pourrait plus pénétrer dans sa tête tant qu'il resterait concentré.

Cela lui demanda beaucoup d'effort. Il était vrai que jusqu'à maintenant, excepté lorsqu'il était devenu un animagus par amitié, il n'avait jamais éprouvé beaucoup de difficultés à faire quoi que ce soit. Alors la concentration n'était pas franchement devenue son truc. Il se remit grandement en question lorsqu'il se rendit compte, sur sa petite chaise inconfortable et mangemoresque, qu'il avait sous estimé ses capacités. Non pas que ce fut facile, mais c'était faisable. Il regretta de n'avoir pas ses amis sous la main pour leur parler de ce succès.

Il vit Doris revenir quelques temps plus tard. Elle avait toujours son petit air pressé, et des dossiers sous le bras.

-« Bien, Monsieur Black, vous allez me suivre. Il vous reste encore une petite épreuve, et je vous ramène chez le directeur. »

Sirius se refusa à relâcher la tension. Juste au cas où. Il maintint fermement les barrières qu'il avait imaginées dans son esprit, et suivit Doris dans une pièce adjacente.

La pièce n'était pas vide. Ou presque : il n'y avait aucun meuble, aucun tapis, aucune décoration, juste un jeune homme qui l'attendait.

-« Crabbe, voici Sirius Black. Je vous attends dehors. »

Et Doris disparut de nouveau.

Le dénommé Crabbe, un grand garçon maigrichon aux longs cheveux châtains, regarda s'avancer un Sirius qui se demandait bien ce qu'on allait pouvoir lui demander.

-« Ok, Black, on va évaluer ton niveau en duel. »

Crabbe se mit alors en position, aussitôt suivi par Sirius.

-« Prêt ?

-On ne peut plus. »

En fait, Sirius était totalement ravi. Il pouvait enfin, sous couvert de passer une épreuve d'entrée à leur école, taper sur un Mangemort. Et ça lui manquait. Il s'en donna donc à coeur joie, ne laissant pas une seconde de répit à Crabbe. Celui-ci n'était pas cependant pas tout à fait mauvais, et c'est que remarqua rapidement le jeune homme. Mais visiblement, Crabbe n'avait pas non plus suivi l'entraînement intense que lui-même avait eu au cours de cette année au sein de l'Ordre. Il eut donc tôt fait de le désarmer suite à un Expelliarmus judicieusement placé, et l'envoya balader fermement contre le mur suite un Impedimenta à faire pâlir n'importe quel sorcier expérimenté.

Crabbe se releva tant bien que mal et ouvrit la porte sur une Doris en train de compulser avec angoisse ses nombreux dossiers. Il avait rempli un papier qu'il tendit à la femme, serra la main de Black, et referma la porte sur eux.

Quelques temps plus tard, Malefoy regardait avec attention les résultats de Sirius. A vrai dire, ce dernier n'était pas complètement certain que les papiers que lisaient le directeur étaient bien des résultats et non les numéros du loto tirés ce jour-là, mais l'intérêt que leur portait l'homme le laissait présager.

-« Hé bien il semblerait que vous avez remarquablement réussi vos tests. » Dit-il enfin.

Black n'en était pas très étonné. Il se surprit à penser tout de même que même chez les Mangemorts, il était capable d'impressionner. Son ego en fut ravi.

-« Un test de personnalité a d'abord été pratiqué. Et il s'avère que vous semblez avoir les qualités que nous recherchons. »

Le jeune homme pensa qu'en fait de test de personnalité, c'était plus un test de franchise auquel il avait eu droit.

-« Vous avez ensuite assez brillamment réussi un test de capacité aux duels. Vous me voyez ravi de constater que l'enseignement dispensé à Poudlard est efficace. »

Sirius n'insista pas sur les moyens qu'il avait eu, hors Poudlard, de se perfectionner dans ce domaine.

-« Vous allez donc dès maintenant rejoindre les Apprentis. Il semblerait que vous n'ayez aucune difficulté à rattraper leur niveau en peu de temps. Doris va vous amener. »

Malefoy se leva, signifiant son congé à Sirius.

-« Alors bienvenue parmi nous, jeune homme. »

Black sortit sans prendre la peine de remercier.

-« C'est pas vrai... »

Sirius en haut d'un escalier, avait à ses pieds, la même pièce qu'il avait traversée tout à l'heure, celle dont les plafonds étaient si hauts qu'on ne les voyait pas. Cette pièce n'était plus vide. Elle était composée d'une multitude de tables.

Sirius était dans une cantine. La cantine des Mangemorts.

Il prit place à la table des Apprentis où la conversation était déjà sérieusement engagée : quel était le sort le plus utile pour tuer ? La grande majorité penchait pour un bon Avada tandis que les autres déploraient la mort sans douleur que cela provoquait chez la victime.

Sirius reconnut rapidement autour de la table Grams, et Malefoy.

Il n'était pas tellement surpris de voir ces deux-là dans cet endroit.

Il préférait ne pas tomber sur Rogue. Après tout, le Serpentard l'avait vu aider à mettre en déroute une armée de Mangemorts et ce n'était pas franchement ce qui pouvait aider Sirius à se faire intégrer dans l'équipe des Apprentis. Il était cependant persuadé que si Rogue le dénonçait, les tests de « personnalité » viendraient le contredire.

En fait, sa crainte se révéla rapidement levée : le Serpentard était introuvable. N'était-il pas un Apprenti ? Avait-il monté en grade après la dénonciation de Remedios Listerdale ?

En revanche, Lucius Malefoy était bien là. Ainsi que la jeune fille qui se tenait à ses côtés et une seconde jeune fille assise en face de lui.

Il s'agissait de ses deux cousines. Narcissa la blonde. Et Bellatrix, la brune.

-« Mais ne serait-ce pas notre bien-aimé cousin ?

-On ne peut décidément rien te cacher. » Grogna Sirius.

-« Tu ne soutenais pas ce fou-furieux de Dumbledore ? » Demanda Malefoy intrigué.

-« J'ai largement changé d'avis à ce sujet, d'où ma présence ici. » Marmonna Sirius qui n'avait réellement aucune intention de faire ami-ami avec des Mangemorts en puissance.

-« Tu vas voir, ici, tu vas apprendre plein de trucs. » Tenta un autre Apprenti du nom de Parkinson. « Tu ne t'embêteras pas ! Notre formateur, il s'appelle Crabbe. Tu connais ? Il était pas très fut-fut mais assez gentil. Enfin, tu verras. Et sinon, tu es le fils de Gaderon Black ? Je connais un peu Regulus, c'est un ami de mon père... »

Sirius eut tôt fait de décrocher de la péroraison de Parkinson, son voisin de table. Il regrettait réellement ses amis et la table animée des Gryffondors.

Il se mit donc à dévisager tous les Mangemorts qui passaient à proximité, ainsi que les autres Apprentis. Ils eurent tôt fait de finir de manger sous les regards suspicieux de Bellatrix, les commentaires méprisants de Malefoy, le silence de Narcissa, et la surprenante absence de Severus Rogue.

Losqu'ils se levèrent pour rejoindre Crabbe, leur formateur, Malefoy enroula son bras autour de la taille de Narcissa Black dans un geste ostensible 'celle-là-pas-toucher-elle-est-pour-moi' qu'il avait déjà eu, à peine quelques temps plus tôt, pour Listerdale.

Il fallait croire que la jeune fille avait été bien vite remplacée...

Qu'est-ce que cela voulait dire ? Que le couple ne s'entendait plus ? Qu'elle l'avait jeté ? Ou... Qu'elle avait disparu ?

-« Euh... Malefoy ? » Demanda-t-il dès qu'il trouva le Serpentard seul.

-« Dis dont, c'est pas parce que t'as fait le bon choix de politique qu'il faut qu'on devienne pote ! » Lança froidement Lucius.

-« Oh, loin de moi c'est effroyable idée ! C'est juste que je me demandais... C'est fini Listerdale et toi ?

-Pourquoi ? Ma vie privée t'intéresserait-elle ?

-Pas le moins du monde, je t'assure. En revanche, si Listerdale est libre, je suis assez intéressé pour ne rien te cacher.

-Ah ! J'étais sûr que tu t'intéressais à elle. Je te voyais bien la regarder tout le temps. Je lui ai dit d'ailleurs, mais elle ne m'a pas cru.

-Et donc ? Elle et toi ? J'ai cru comprendre qu'à moins que tu ne pratiques la polygamie, voire le couple libre, vous n'étiez plus ensemble ?

-C'est vrai. Listerdale est soudainement devenue un poids dans mon ascension sociale chez les Mangemorts. En revanche, Narcissa est jolie, vient d'une famille irréprochable, ou presque, et a ses entrées chez notre Maître.

-Mais Listerdale n'avait pas elle aussi ses entrées ?

-Plus ces derniers temps. Le Maître ne nous a pas expliqué mais il semblerait qu'il ait été très déçu par elle. Depuis, elle doit être ici, dans les chambres du parc du Palais, mais on ne l'a plus revue.

-Tu ne sais pas où elle est ? Ca ne t'intéresse pas de savoir ?

-Pas le moins du monde. Tant pis pour elle. Ca marche comme ça ici. Etre vu avec elle en ce moment, c'est une mort sociale. »

Sirius prit un air dégagé pour cacher son affolement. Il ne voulait pas paraître trop insistant aux yeux de Malefoy qu'il savait pouvoir être très soupçonneux.

Il savait maintenant avec certitude qu'il s'était passé quelque chose. La dénonciation de Rogue faisait encore moins de doute.

Il fallait qu'il retrouve Remedios.