Et merci à Noir Désir, une fois de plus, pour m'avoir inspiré ce titre de chapitre, et pour le reste.

Ca y est, c'est la fin !

Epilogue Son pays, son sang, sa rue, sont dans ses yeux

-« Naaaoooon ! » Hurla la petite fille. « Pas maintenant ! Allez steupléééé ! Juste encore un peu ! Ca prendra pas longtemps, et on en regarde encore un ou deux !

-Pas possible, ta mère va pas tarder. Et il vaut mieux s'arrêter là de toute manière.

-Pouquooiii ? Allez ! S'il te plait ! Et si on n'a pas le temps de regarder en vrai, est-ce que tu pourrais au moins me raconter ce qu'il se passe ensuite ? » Demanda-t-elle en lui faisant les yeux doux.

-« Mais ça fait au moins quatre fois que je te raconte cette histoire ! Tu n'es pas fatiguée ? »

La petite fille ne prit pas la peine de répondre. Elle planta ses yeux dans les siens de manière à bien faire comprendre que non, elle n'était pas fatiguée, et que oui, elle voulait réentendre, fusse pour la cinquième fois, la même histoire.

Harry Potter, double survivant du plus grand Mage que la Terre n'ait jamais connue, Auror depuis quelques années attaché au ministère de la Magie et à ce titre grand défenseur de la veuve et l'orphelin, se rendit compte qu'il était incapable de résister plus de quelques secondes à la petite fille. Histoire de ne pas perdre totalement la face – après tout, n'était-ce pas lui l'adulte – , il lui proposa un compromis.

-« Bon, Ok, je te raconte, mais rapidement alors. Et juste pour attendre ta mère. J'arrête dès qu'elle arrive.

-Bien sûr. » Répondit-elle sur un ton qui ne convainquait personne.

Harry Potter s'installa plus confortablement dans son fauteuil douillet, importé spécialement de Poudlard, il prit une voix douce, dans le secret espoir d'endormir la petite fille avant la fin de son histoire, et il raconta.

Les Maraudeurs s'étaient donc finalement séparés. Quelques temps plus tard, James avait quitté la maison de ses parents en compagnie de Lily. Remus était parti enseigner dans une école Moldue tandis que Peter retournait tranquillement sa veste. Sirius, quant à lui, cherchait plus ou moins du travail et consacrait la majeure partie de son temps à l'organisation de l'Ordre.

-« Hèèè ! Tu vas trop vite là ! » Se plaignit la petite fille.

-« C'est que je ne sais pas grand chose là-dessus. Et de toute façon, je te rappelle que c'était le deal. Alors pas de plaintes ou j'arrête immédiatement. » Menaça-t-il.

Et il reprit.

Après sa sortie d'Azkaban...

-« C'est quoi Azkaban ?

-La prison des Sorciers. Enfin l'ancienne. La meilleure chose qu'on ait faite depuis cette époque a été de fermer cet endroit. »

Et il continua.

Après sa sortie d'Azkaban, Sirius a du se cacher. Il n'avait pas d'autre endroit pour ce faire que la maison qui appartenait à ses parents, au 12 square Grimmaurd. Il y est donc allé, sans gaieté de coeur, et passait ses journées à tourner en rond.

Aucune activité, si ce n'est de déminer la maison, et surtout aucune visite. De temps à autre, des membres de l'Ordre passaient. Puis, il y eut Molly Weasley qui s'installa avec lui. Mais finalement, la seule personne dont il était resté réellement proche était Remus Lupin. Il s'est donc senti très isolé, très seul, Remus n'étant pas souvent à ses côtés.

Et bref, il s'ennuyait comme un rat mort.

A part Remus, le seul à passer régulièrement était Severus Rogue.

Il était entré entre temps dans l'Ordre et servait d'agent double à notre cause. Il se trouve que Sirius et Severus ne s'entendaient pas franchement mieux que lorsqu'ils étaient à Poudlard. C'était même le moins que l'on pouvait dire. Chacune des visites du Maître des Potions était le théâtre d'engueulades mémorables. Sirius n'était toujours pas persuadé de la bonne foi de Severus. Ils se méfiaient terriblement l'un de l'autre.

Un jour en particulier, la dispute fut particulièrement violente. Ca n'avait pourtant pas mal commencé. Rogue était venu apporter un peu de compagnie à Black en la forme d'un chat noir d'une élégance folle. Ce dernier trouva tellement étrange que Rogue lui offre quelque chose, qui plus est pour lui tenir compagnie, qu'il soupçonna aussitôt le professeur d'on ne sait quelques projets machiavéliques.

Sirius traita Severus d'à peu près tous les noms, criant à qui mieux mieux que pour la compagnie, il avait déjà son Buck et que ça lui suffisait amplement, tandis que Severus perdit, sans doute pour la première fois de sa vie, son calme légendaire.

Ils en étaient même arrivés au poing. Le chat, effrayé, avait fui.

De cette bagarre, il n'en sortit aucun vainqueur.

Mais sortirent les fantômes des placards.

-«C'est à cause de toi si James et Lily sont morts !

-N'importe quoi. Et qui a failli me tuer en sixième année ?

-Ca aurait été ni plus ni moins une mesure de salut public.

-Et ce n'est pas toi qui a mis en danger Harry Potter cette année en voulant absolument le contacter ?

-Et toi ? Je sais bien que tu as tué Remedios ! » Accusait Sirius.

Rogue était visiblement surpris de l'entendre parler d'elle. Ca faisait des années que son prénom n'avait pas franchi le seuil de ses lèvres.

-« Ah bon ? Et pourquoi ? Comment ?

-Parce que tu ne l'as jamais aimée. En fait, t'as jamais été capable d'aimer quelqu'un.

-Ah oui ? Parce que toi, j'ai cru remarquer que la situation est particulièrement dangereuse pour les personnes qui t'aiment !

-Qu'est-ce que tu racontes ?

-Est-ce que je dois te rappeler l'épisode 'massacre de Lily et Potter' ? Ou Remedios ?

-Je n'ai pas tué Remedios.

-Ca tombe bien moins plus. » Répliqua Rogue dont la voix s'était posée. « En revanche, tu l'as sacrément mise en danger avec tes petites histoires.

-Ca n'était pas mes petites histoires, c'est elle qui a voulu entrer dans l'Ordre alors qu'elle était déjà chez les Mangemorts.

-N'empêche qu'elle ne t'aurait pas aimée, elle aurait risqué moins. Elle n'aurait pas disparu.

-Comment ça ?

-Elle t'a fait venir au Palais au risque de se dénoncer. Et c'est la cause de sa disparition. »

Sirius sentait les larmes lui monter aux yeux.

Severus exagérait probablement.

Il exagérait toujours.

-« Elle savait très bien que si quelqu'un apprenait que tu étais venu spécialement pour elle, il était quasiment certain que la sanction de Tu-Sais-Qui serait exemplaire.

-J'ai voulu qu'elle me suive. Qu'elle quitte avec moi le Palais. Elle a refusé...

-Bien sûr qu'elle a refusé. Te suivre compromettait bien trop tes chances de pouvoir contacter l'Ordre. Je crois qu'elle a été contente que tu la trouves, de te voir, mais ça a probablement aussi causé sa perte aux yeux de Voldemort.

-Et pourquoi... » Balbultia un Sirius devenu bien émotif depuis sa captivité.

-Pourquoi quoi ? Je ne l'ai pas sauvée ? » Compléta Severus.

-Parce que tu voulais prendre sa place auprès de Voldemort. Elle était très proche de lui tandis que toi... Et puis, elle sortait avec moi, et tu le savais depuis longtemps. Tu n'as pas pu supporter...

-Alors ouvre bien tes oreilles, Black. Remedios Listerdale a été la seule amie que j'ai jamais eue dans ce monde. Je ne te laisserais pas dire n'importe quoi. C'est la personne la plus intelligente et la plus compréhensive que je n'ai jamais rencontrée. On a tout de suite été ami. Elle savait tout de moi. Elle m'a appris l'occlumencie quand on était sur le point d'entrer sous les ordres de Voldemort. Quand je vous ai surpris toi, elle et tes abrutis d'amis, après avoir repoussé les Mangemorts à Poudlard, j'ai été surpris. Enfin, le mot est encore trop faible. Elle m'a tout expliqué : l'Ordre, Dumbledore, ce qu'elle faisait pour eux.

-Une si belle amitié gâchée par un gros mensonge...

-Détrompe-toi, ça n'a rien changé entre nous. Elle m'a expliqué. Il a bien fallu que je vive avec. Elle m'a aussi expliqué qu'elle était avec toi et qu'elle t'aimait beaucoup. Et ça aussi il a fallu que je fasse avec. Décidément, les Maraudeurs me volaient vraiment tout. Même ma seule amie.

-Avoue que tu as été tenté d'aller la dénoncer, pour un Serpentard comme toi, le contraire serait étonnant. » Répliqua Sirius d'une voix où perçait le dédain.

-Je ne l'ai pas dénoncée. Je n'y ai même pas pensé. Elle comptait trop pour moi. J'ai accepté. Je l'ai même aidée parfois. Comme en te guidant vers elle lorsqu'elle était recluse au Palais. Elle savait qu'elle devait te confier ce message, que tu serais le seul à venir la rejoindre là-bas. Moi, j'étais contre. Mais j'ai laissé faire. Parce que je ne voulais pas m'en charger. Je ne voulais pas moi-même aller voir Dumbledore pour lui confier la trahison de Meredith Funk. Il ne m'aurait peut-être pas cru. Et j'avais la trouille.»

Sirius Black était de plus en plus surpris par la tournure que prenait la conversation, ou plutôt la confession. Il sentait bien que les paroles de Rogue venaient directement du tréfonds de son coeur. Il l'écoutait avec une attention inégalée.

-« J'avais la trouille de Dumbledore, et de Voldemort évidemment. Il n'y avait que Remedios et son incroyable personnalité pour être capable de faire quelque chose comme ça. Moi, j'étais rien à côté d'elle. Alors quand elle a disparu, ça m'a paru normal de la remplacer. Enfin, il m'a fallu du temps, un traumatisme ou deux plus tard, je me suis enfin décidé. A la mort de Lily. »

Sirius, qui n'était pourtant pas le premier à déceler les sentiments humains, remarqua la tristesse de Rogue lorsqu'il prononça le nom de son amie.

-« L'occlumencie qu'elle m'a apprise et la maîtrise de soi m'ont été indispensable. J'ai compris assez vite qu'elle avait eu raison de s'engager auprès de l'Ordre. On n'avait pas eu le choix à dix-sept ans. On avait dû entrer chez les Mangemorts. Elle, elle avait décidé d'avoir le choix. Au risque de beaucoup de choses, elle l'a fait et Dumbledore lui a fait confiance. Aujourd'hui, je perpétue un peu sa tradition. Ca me rapproche un peu plus d'elle. Mais moi, je n'ai plus dix-sept ans, et je n'ai rien à perdre.

-C'est énorme quand même. Je veux dire, ce que tu fais pour l'Ordre, c'est indispensable. »

Rogue ne répondit pas, perdu dans ses réflexions.

Sirius Black était peut-être lent, mais il n'était pas bête. Il comprenait beaucoup plus de choses maintenant sur la personnalité de Rogue. Il comprenait aussi qu'il s'était peut-être, selon certaines probabilités, sans doute, un peu trompé sur lui.

-« Quand j'ai appris que Voldemort savait que Remedios avait joué un double jeu, j'étais détruit. »

Ok, d'accord, Black admettait qu'éventuellement... Bon d'accord, certainement, il s'était trompé sur Rogue.

Le souvenir de Remedios Listerdale était intact dans sa mémoire. Et il se souvenait parfaitement qu'elle lui avait dit à plusieurs reprises que Rogue n'était pas celui qu'il pensait.

Et il se souvenait aussi parfaitement que malgré toutes les évidences de la bonne foi du professeur, il ne l'avait jamais cru. L'inconvénient des Gryffondors, c'est qu'ils ont du mal à changer d'avis une fois qu'ils s'en sont fait un.

Black tombait de haut. De très haut même.

Parler de Remedios et des derniers événements qui avaient marqué sa septième année à Poudlard lui faisait une sensation très étrange. Il avait déjà eu l'occasion d'y penser pendant sa trop longue captivité azkabanienne, mais jamais il n'avait échangé avec quelqu'un. Même avec Remus, il n'en parlait plus. Alors en parler à Harry... Il avait bien d'autres scroutts à pétard à fouetter que d'écouter les vieilles histoires de guerre et d'amour d'un parrain trop absent.

-« Ecoute, Severus... Je... Enfin... C'est que... » Reprit-il enfin.

-Tu sais que le concept d'une phrase, c'est aligner un sujet, un verbe, et éventuellement un complément, de façon à ce que ça ait un sens ? » Répliqua avec un presque-sourire Rogue.

Sirius ne put s'empêcher d'établir une parenté entre l'humour de Listerdale et celui de Rogue. Question de serpentarditude probablement.

-« Je me suis trompé. Sur toi. Enfin c'est bien possible quoi. Et pour tout ce qui s'est passé à l'école et pour ce qui se passe encore entre nous aujourd'hui... Pardon. »

Rogue ricana. Il remarqua pourtant bien vite que Sirius était tout ce qu'il y avait de plus sérieux.

Sirius, quant à lui, n'avait aucune intention d'en rajouter. Il avait déjà fait un pas en sa direction, le deuxième ou ne viendrait pas de lui ou attendrait encore bien dix ans et un bon milliers de confessions de ce genre.

Rogue parut tout d'un coup très gêné. Il se mit debout et s'apprêta à repartir sans ajouter un mot supplémentaire.

-« Tu... Tu t'en vas ? » Demanda Sirius surpris.

-« Il faut bien que j'aille justifier mon salaire de professeur. » Répliqua-t-il.

Il était sur le point de quitter la pièce, lorsqu'il se retourna pour ajouter :

-« Je trouve ça bien qu'on ait pu parler. J'avais pas parlé de Remedios avec quelqu'un depuis des lustres.

-Moi aussi. Elle me manque tellement...

-Oui, je sais.

-Un jour, Voldemort paiera pour ce meurtre. Comme pour tous les autres.

-Comment as-tu su qu'elle était morte ?

-De Voldemort lui-même. Le soir où l'Ordre a failli être totalement détruit.

-Et tu crois tout ce que te dis Tu-Sais-Qui ? »

Sirius tourna et retourna la question dans sa tête pendant quelques secondes.

Il ne la comprit que lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir devant Severus qui repartait.

Il se précipita sur ses talons.

-« Severus ! » Appela-t-il dans le hall. « Qu'est-ce que tu entends par 'je crois tout ce Voldemort dit' ?

-Tu comprendras, Black. Tu as beau être un Gryffondor, tu comprendras. »

Sur ce, le Maître des Potions claqua la porte derrière lui.

Les paroles de Rogue étaient bien trop imprécises pour que Black puisse les comprendre. Il n'eut d'ailleurs pas franchement le temps de s'intéresser de près à la question.

Il retourna vers le salon.

La pièce était obscure. Il parvint cependant à distinguer une silhouette. Il crut d'abord à un fait de son imagination : il était tellement seul ces derniers temps qu'il était prêt à s'inventer des amis imaginaires...

Jusqu'au moment où il sut que ça n'avait rien d'un rêve. Que c'était la réalité pure et simple.

Remedios Listerdale se tenait devant lui.

Il ne prit pas la peine d'avoir peur du fait que vraiment n'importe qui pouvait entrer comme ça lui chantait au 12 square Grimmaud.

Il s'approcha de la silhouette. Incapable de prononcer un mot, il la dévisagea.

Elle avait peut-être quelques années de plus, mais il ne le remarqua pas. Elle avait toujours son beau visage mat, ses grands yeux noirs, de longs cheveux qui lui retombaient négligemment sur les épaules, une taille si fine. Elle portait une longue robe d'une couleur sombre. Il pensa aussitôt qu'elle était magnifique.

Dès qu'elle bougea dans sa direction, il sut de manière certaine que c'était elle et aucun usurpateur au Polynectar. Elle avait exactement la même élégance que dans son souvenir.

Bientôt, ils furent suffisamment près l'un de l'autre pour que Sirius puisse porter sa main à son visage. Il le caressa doucement de la paume de sa main. Il ressentait exactement la même sensation que ce dont il se souvenait.

Il était totalement incapable de parler. Il était tout aussi incapable de penser. Il caressa son joli visage, subjugué.

Jusqu'au moment où, dans un mouvement brusque, Remedios le serra fortement dans ses bras, nichant sa tête dans son coup.

Il rêvait. Ce n'était pas possible.

Pourtant il la sentait bien près de lui. Il sentait aussi ses mains caresser son dos.

Puis, il sentit qu'elle s'écartait un peu pour poser ses lèvres sur les siennes. Un baiser d'abord timide comme pour demander si tout cela était bien vrai. Puis un autre, pour avoir confirmation. Sirius retrouvait dans cette étreinte les sensations qu'il n'avait plus ressenties depuis qu'elle l'avait quitté. Il avait les jambes en coton et le cœur qui battait à trois cents à l'heure, au bas mot. Il sentait ses lèvres chaudes sur les siennes, sa douce langue contre la sienne et il se fit une idée, qu'il pensa assez précise, de ce que pouvait être le paradis.

Il réalisa finalement qu'elle était bien là, avec lui, vivante. Et il se mit à pleurer.

Ce n'est que bien plus tard, qu'il remarqua presque avec surprise qu'il était de nouveau capable d'aligner deux pensées cohérentes dans son esprit. Et encore un peu plus tard, de les formuler dans un langage susceptible d'être compris de tous.

-« Tu m'as manqué. » Dit-il enfin simplement.

-« Toi aussi.

-Tu es venue comment ? » Demanda-t-il après comme pour lui demander si elle était venue en Magicobus ou en balais.

Elle eut l'air de comprendre la question et répondit énigmatiquement :

-« Réfléchis, Sirius, je suis sûre que tu vas trouver. »

Il fouilla désespérément dans les maigres raisonnements qu'il pouvait tenir.

-« Oh, putain... Le chat. Rogue. »

Le large sourire de Remedios, aussi étrange que rare, lui indiqua qu'il était sur la bonne voie.

-« Tu es devenue un Animagus ?

-Oui. C'est que je n'avais pas franchement autre chose à faire, pendant toutes ces années. Ca m'a donné du fil à retordre d'ailleurs.

-Tiens, toi aussi ? »

La conversation presque anodine qu'ils tenaient lui semblait totalement surréaliste. C'était comme s'ils s'étaient quittés de la veille.

Sauf qu'il ne pouvait s'empêcher de toucher Remedios et n'envisageait pas une seconde de s'éloigner, ne serait-ce que d'un mètre, d'elle.

-« Qu'est-ce que t'as fait toutes ces années, Meme ?

-Je me suis beaucoup embêtée à vrai dire.

-Le prends pas mal, mais je pensais que tu étais morte, moi !

-J'espère bien. On a tout fait pour.

-'On' ?

-Severus et moi.

-Il va falloir que tu m'expliques, là.

-Tu sais, le jour où Voldemort est parti pour attaquer la Serna, dans la grande maison, enfin la grande maison avant celle-ci évidemment. Rogue est venu me chercher. Il a pris sur lui de faire croire à ma mort. Il a dit qu'il m'avait tuée en fait. Et il m'a cachée chez lui.

-Pendant toutes ces années ?

-Pendant toutes ces années.

-Meme, pourquoi n'as-tu pas donné signe de vie avant ?

-C'était bien trop dangereux de venir te voir à Azkaban, tu sais.

-C'est dommage, j'aurais apprécié que tu m'apportes des oranges. »

Elle eut un petit sourire.

-« Je serais volontiers venue avant, mais c'était difficile. Et puis, on a trouvé cette idée-là, ça a marché. Je t'avais bien dit que je te ferais signe au cas où...

-Merci, Meme, merci. »

Il la reprit dans ses bras. Elle était bien là.

Et maintenant, même sous forme de chat, elle ne le quitterait pas.

Elle refusa qu'on dise à qui que ce soit qui était le petit chat qui ne sortait jamais du grenier, et dont à vrai dire, personne ne connaissait l'existence, exceptés Sirius Black, Severus Rogue, et Molly Weasley qui l'avait croisé dans une grande session de ménage.

Elle vécut quelques mois au côté de Sirius. Un jour, la fin de l'année approchant et le 12 square Grimmaurd se remplissant de nouveaux visiteurs, elle repartit avec Rogue.

Ce jour-là, elle quittait Sirius avec un ventre étrangement rond.

Harry Potter s'était tût. La petite fille le regardait de ses grands yeux d'un bleu profond avec l'air le plus sérieux du monde.

-« Harryyyy ? Comment t'as fait pour nous retrouver ?

-En fait, ça a été assez dur. » Répondit-il en jetant, fatigué, un œil à la grande horloge.

-« Un jour, j'ai fouillé la petite chambre verte. Tu sais, celle qui est là-haut ? Dans un petit recoin ? Avec un passage secret pour la salle de bains ?

-Ah oui.

-Hé bien dans cette chambre, j'ai trouvé dans l'armoire une petite fiole qui contenait des souvenirs.

-Une pensine ?

-A peu près oui.

-Et il y avait quoi dedans ?

-Les souvenirs de Sirius Black.

-Ceux qu'on a regardé cet après-midi ?

-C'est ça. J'imagine qu'il a voulu, quand il est parti pour le ministère, ou peut-être avant, éviter que ses souvenirs ne soient portés à la connaissance de quelqu'un de mal intentionné.

-C'est marrant, on s'y serait cru. J'ai l'impression d'être proche de lui, alors que je ne le connais pas. Et c'est rigolo toutes ces scènes qui défilent. Il faudra le refaire. Mais ça me dit pas comment t'as fait pour nous retrouver.

-J'ai lu ces souvenirs. J'ai fait comme nous cet après-midi, je les ai tous regardés. Et encore une ou deux fois juste après. C'est là que j'ai appris que vous existiez. J'ai su que ta mère m'avait cherché après la chute de Voldemort, mais disons qu'à ce moment, j'étais assez... occupé. Alors c'est moi qui suis parti dans une petite investigation. Ca a été compliqué parce que ta mère avait changé de nom. Je n'ai réussi à la trouver que grâce à toi.

-Grâce à moi ?

-Oui. Grâce plus précisément à ton extrait d'acte de naissance. Si ta mère en avait changé et n'a pas souhaité reprendre son ancien nom, tu portais, toi, son nom à elle, et le nom de ton père.

-Black-Listerdale ?

-Oui. »

Il finissait à peine lorsqu'il entendit trois légers coups frappés à la lourde porte de la bibliothèque dans laquelle il était installé avec la petite fille depuis le début de l'après-midi.

-« Oui ? »

La porte s'ouvrit doucement. La petite fille se leva pour venir à la rencontre de sa mère.

-« Harry, bonsoir. » Dit-elle lorsqu'elle le vit.

-« Bonsoir, Remedios.

-Esperanza ne vous a pas trop dérangée, j'espère. » Demanda-t-elle.

-« Pas du tout ! » Répondit la susnommée Esperanza qui n'avait pas l'intention qu'on dise n'importe quoi sur son comportement.

-« Pas le moins du monde ». Surenchérit Harry Potter.

-« Vous avez fait quoi ?

-On a regardé les souvenirs de Sirius. » Lui répondit l'homme.

-« Ah. C'est bien. »

Harry Potter était une nouvelle fois étonné par la froideur de la femme qui se tenait devant lui. Quoi qu'il arrivait, elle était d'une impassibilité à faire froid dans le dos. Ca le surprenait toujours un peu de constater combien elle était différente de son parrain. Il ne comprenait toujours pas bien comment ces deux là avaient pu autant s'aimer.

-« Et ça t'a plu ? » Demanda-t-elle à Esperanza.

-« Oh oui, beaucoup ! Mon père a l'air vraiment gentil... Un peu bête mais vraiment gentil. »

Et mince... une nouvelle recrue pour Serpentard... pensa Harry Potter en son for intérieur.

Remedios sourit. Reléguant la froideur de son visage à un vieux souvenir.

-« Va dire au revoir à Ginny et aux enfants, on y va. »

La petite fille ne demanda pas son reste et obéit à sa mère, courant dans les couloirs à la recherche de Ginny Weasley.

-« Vous avez bien fait de lui montrer les souvenirs de Sirius.

-Je ne l'aurais de toute façon pas fait sans votre accord, Remedios.

-Je n'aurais pas pu le faire moi-même. Je préfère mes souvenirs aux siens, je pense. Enfin, merci Harry.

-Venez quand vous voulez. Cette maison est la vôtre.

-Merci Harry. »

Elle allait sortir de la bibliothèque quand le sorcier la retint. Il lui dit dans un presque murmure :

-« Vous savez Remedios, Sirius vous a beaucoup aimée. »

Elle lui sourit et ils sortirent de la pièce.

Esperanza était avec Ginny.

Harry Potter s'accroupit pour être à sa hauteur.

-« Et bien alors Pepe ? Tu partirais sans dire au revoir à parrain Harry ? »

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Et donc voilà... C'est que je n'aime pas beaucoup les histoires d'amour qui finissent mal...

Il ne me reste plus qu'à vous remercier, vous lecteurs, en espérant vous retrouver pour vos fics' ou pour une prochaine mienne ?