Chapitre 8
'Bonjour Bella. Ça faisait longtemps'
Cette voix, je la connaissais si bien. Une voix chaude et douce à l'oreille. Une voix que je pensais ne plus jamais entendre.
Je me retournai et me retrouvais face à lui, le propriétaire de cette voix qui me faisait rêver… à une époque.
Il était là, devant moi, toujours aussi beau. Sa peau hâlée faisait ressortir le vert émeraude et pétillant de ses yeux. Ses cheveux noirs, en bataille, accentuaient son côté rebelle.
C'était donc lui le nouveau. On peut dire que je m'attendais à tout, sauf à ça.
'Que fais-tu là ? Tu n'es pas censé être en France ?'
'Moi aussi, je suis heureux de te revoir Bella' dit-il avec un grand sourire.
'Cesse de te moquer de moi' répliquais-je.
Il poussa un soupir.
'Je suis parti de Paris car je commençais à m'y ennuyer et je me suis dit que je n'avais qu'à venir te voir'
'Dans ce cas, bienvenue à Forks David' répondis-je, agacée.
Je fis volte face et ouvris les portes de la cantine. Tout le monde se tut et nous observa. Pas Jess, pas Lauren mais David et moi.
Moi, avec mon bleu encore visible sur la joue. Moi, qui était haït par une majorité des adolescentes présente dans la pièce. De plus, j'arrivai, le nouveau dont tout le monde parlait avec moi.
Jessica fit alors une chose que je ne lui pardonnerais jamais. Elle lui proposa de déjeuner avec nous. Bien sûr, il accepta. David s'installa… en face de moi. Pourquoi ça ne m'étonnais pas ? J'étais quelque peu mal à l'aise, pour ne pas dire complètement.
'Tu connais Bella ?' interrogea Lauren.
Oh non ! ne lui demande rien ! Il y a des choses qui feraient mieux de rester cacher et rester enfouie aux fonds de nos mémoires. David faisait parti de mon passé. Pourquoi était-il venu ?
'Il était avec moi à Phoenix' répondis-je précipitamment avant qu'il n'ait le temps de répondre quoi que ce soit.
David et moi nous fixâmes, les yeux dans les yeux. Le silence s'était fait autour de nous.
'Pourquoi m'en veux-tu Bella ?' demanda-t-il, calmement. Moi, par contre, je ne pouvais plus être calme. Je me levais d'un seul coup, envahie par la colère, faisant tomber ma chaise au passage.
'Tu te fous de moi, c'est ça ?' hurlais-je. 'Tu oses me demander pourquoi je t'en veux ! Je te déteste David Edenweiss ! Je te haïs !'
Je parti en courant, ne faisant guère attention à tout ces regards braqués sur moi.
Ce ne fut que quand j'arrivais dehors que je me rendis compte que je pleurais à chaude larmes.
Il ne m'avait pas suivi. Tant mieux. Je ne voulais plus le voir. Plus jamais !
Je me laissai tomber sur l'herbe humide et continuai de pleurer. Mon corps était secoué par de violents sanglots.
Une main se posa sur mon épaule. Je me redressais et vis Jasper, assit à côté de moi. Je me calmai quasiment aussitôt. Etrange.
'Ça va ?' me demanda-t-il, visiblement inquiet.
'Oui' dis-je, simplement.
'Qui est ce David ?'
Pourquoi tout le monde voulait savoir ça ?
'Une connaissance. Nous étions dans la même école à Phoenix'
Il ne me croyait pas, je le voyais, mais il ne me posa pas d'avantage de questions. Je lui en étais reconnaissante.
Il m'aida, même si je n'en avais pas besoin, à me relever.
'Si tu as besoin de parler, nous sommes là'
Nous ? Quoi ça, nous ? Oh et puis, aucune importance. Toutes ses questions vont finir par me faire mal à la tête. Il faudrait que j'arrête de me poser autant de question sur tout.
'Au fait, Rose a vu que tu n'avais pas mangé et m'a demandé de te donner ça'
Jasper me tendit une pomme. Une pomme parfaitement rouge. Comme dans Blache-Neige. Sauf que moi, j'étais loin d'être une belle princesse.
'Merci »
Je pris le fruit et croquait dedans.
'Dépêche toi de la manger et d'aller en cours si tu ne veux pas être en retard'
Le jeune Cullen commença à partir.
'Jasper'
Il s'immobilisa.
'Ta présence à quelque chose… d'apaisante'
'One me le dit souvent' me coupa-t-il, un grand sourire sur les lèvres.
' Merci' terminais-je.
'De rien petite Bella, c'était un plaisir'
Sur ceux, il partit. Moi aussi, je souriais pour le moment. Je n'avais qu'à ignorer David. Je n'étais pas obligée de lui parler.
Je parti en direction de mon prochain cours, toujours en train de manger ma pomme.
Une fois dans la salle, je jetai le fruit, terminé, à la poubelle, puis je rejoignis ma place. Edward était déjà là. Je m'installai tranquillement. Monsieur Barner n'était quand à lui pas encore arrivé.
Mike et Angela me fixaient et parlaient, très certainement, de moi. Edward du aussi s'en rendre compte car il se tourna vers eux, du moins vers Mike, qui détourna la tête aussitôt. Angela finit par l'imité.
'Les humains sont désespérants'
Du moins, je crois que ce sont ces mots qu'Edward ai prononcé. Mais il avait parlé si bas que je n'en été pas sûre. Je n'eu pas le temps de me poser d'avantage de questions. La porte s'ouvrit et … Monsieur Barner entra accompagné de David.
'Il n'y a plus de table libre. Il faut un paillasse pour trois aujourd'hui' dit le professeur, à peine entré.
'Monsieur, je pense que David devrait s'asseoir à la même table que Bella. Ils se connaissent, elle pourra l'aider en cas de besoin'
Oh ! Blondie de ce matin. C'était décider. Je ne la détestai pas, je la haïssais.
'Excellente idée. M. Edenweiss, prenez une chaise et installez-vous rapidement. Que je puisse commencer mon cours'
David obéi. Quand il s'installe, Edward lui lança un regard noir, rempli de haine, de colère et de… jalousie. Il était jaloux ? Mais pourquoi ?
David ne se priva pas de répondre à son regard. Pourvu qu'il ne s'entre-tue pas !
L'adolescent aux yeux verts était assis à côté de moi. Je me retrouvais entre eux deux… Oh mon dieu ! Mon cœur n'allait pas tenir. Je me sentais assez mal à l'aise. J'essayai de ne pas y penser mais c'était tellement dur.
Le cours commença. Aucun de mes voisins ne parlait, ce contant de se laisser des regards glacials. Moi, je me demandais pourquoi ils ne s'aimaient pas. Pourtant, j'étais sûre qu'ils pourraient être amis.
L'atmosphère était tendue et plus que pesante. Et je ne pouvais malheureusement rien faire pour la détendre. Je gribouillais nerveusement sur mon cahier. Dans la salle, seul monsieur Barner semblait ne pas sentir la tension ambiante. Les élèves, eux, se tournaient fréquemment vers nous. J'avais hâte que le cours prenne fin.
Quand la cloche sonna enfin, je me dépêchais de partir. J'avais sport… J'espérais ne croiser ni Edward ni David. Pourquoi fallait-il toujours que les choses soient si compliquées ?
Quelqu'un a dit : « De même qu'il est un humain d'avoir un secret, il est humain de le révéler tôt ou tard. » C'était aussi mon cas ? Moi aussi, je devrais révéler tout mes secrets ? J'espérais que non. Il y a certaines choses qui sont bonnes à garder pour soit.
Arrivée au gymnase, j'allais dans le vestiaire, me changer. De nouveau, malgré le temps écoulé, je fus choquée par la taille du short. Celui que j'avais à Phoenix était de la même longueur mais il ne faisait pas 10 degrés en été là-bas ! Plus court, tu meurs !
Prête, je sortais du vestiaire et rejoint les autres. J'eus la mauvaise surprise de voir David. Il me suivait ou quoi ?
'Bonjour tout le monde. Aujourd'hui nous commençons le cycle basket. Il ne dura que 4 semaines. Vous allez former des équipes mixtes. Les équipes sont déjà formées, par mes soins'
Basket. Génial. C'était un des sports où j'étais la plus douée à Phoenix.
Nous fûmes donc divisés en quatre équipes. Par chance, je ne fus pas dans la même équipe que lui. Nous dûmes enfiler des dossards. Misère!
'Un match dure 10 minutes. Le premier opposera les verts.' Lui. 'Et le rouges' moi.
Comme de par hasard. Il était dans la même équipe que Mike.
Une bonne occasion de ridiculiser ce gamin prétentieux et abruti. Newton se prenait pour le plus fort, j'allais lui prouver le contraire. Et à David aussi par la même occasion. Il me tapait sur les nerfs.
Le match débuta. Je m'aperçu bien vite que, étant la seule fille de l'équipe, personne ne me passait la balle. Espèce de machos écervelés! Tant pis, ils pas me la passer, et bien, je la prendrai moi-même, peu importe qui l'a en main.
Mike fit une passe à un autre membre de son équipe, mais j'interceptai le ballon. Je me dirigeai vers le panier de l'adversaire quand David apparu devant moi. Il ne chercha pas à me prendre, réellement, la balle. Je continuai de dribler, mais ne bougeai pas.
'Basket… Heureuse de pouvoir montrer ce que tu sais faire?'
'Qu'est-ce que tu veux?' répliquais-je.
'Il faut qu'on parle!'
'Je n'en ai pas envie!'
Je me remis en mouvement. Je m'apprêtais à lancer le ballon quand le maudit Edenweiss me prit le ballon.
'Je crois qu'il le faut Bella'
'Comment vont pas sœur et ta copine? Toujours aussi chiantes?' demandais-je, l'air de rien.
'Bella!'
'Quoi? Tu n'aimes pas qu'on parle d'elles?'
Je repris la balle et marquait un panier pour mon équipe.
'Swan! Edenweiss! Ce n'est pas salon de thé ici, alors vous vous taisez ou vous sortez du terrain' s'écria le professeur de Sport.
'Monsieur!' Je sorti du terrain et le rejoint.' Je ne me sens pas très bien depuis ce matin, et je n'ai rien mangé. Pourrais-je aller à l'infirmerie?'
'Bien sur, allez-y'
Fière de moi, je quittai le gymnase. Je me changeai de nouveau, ne voulant pas me geler dehors puis allais à ce qui servait de bibliothèque du lycée, même si bibliothèque est un bien grand mot pour décrire cette pièce avec deux ordis et une rangée de livres.
J'allumai un des ordinateurs et vérifiai mes mails, chose que je n'avais pas faite depuis longtemps. J'aurais peut-être du le faire plus tôt.
Salut Bella, c'est Nath.
J'espère que tu supportes bien le climat de Forks, je ne sais pas comment tu fais pour rester là-bas. Ton départ fait toujours aussi plaisir à cette peste d'Emy. Mais, ça doit être de famille la connerie. David n'est pas mieux, surtout après ce qu'il a fait. En parlant de lui, il parait qu'il va venir à Forks pour te voir. Ce type est insupportable. Je me demande comment tu as pu le considérer comme un ami. J'ai arrêté de compter le nombre de conneries qu'il a fait… et toi aussi.
J'espère que tu lui feras regretter d'être né. Et n'oublies pas, il n'est pas digne de confiance.
Tu nous manques. Kissous. Nath.
Je lui répondrais plus tard. Je constatai qu'il n'y avait aucun message de ma mère. Evidemment. Déjà, quand j'étais à Phénix, j'avais l'impression de ne pas exister à ses yeux ou de le gêner plutôt qu'autre chose, pourquoi prendrait-elle la peine de m'écrire maintenant que je vivais chez Charlie?
J'avais, par contre, reçu d'autres messages d'amis, ma messagerie était presque saturée. Je les lu tous, mais aucun autre ne comportait d'informations intéressantes. J'éclatai de rire plusieurs fois, au grand agacement de la bibliothécaire. Elle du me rappeler à l'ordre à maintes reprises.
Lire tout les messages me prit un temps fou. Je terminai juste avant la sonnerie. J'avais décidément des amis trop bavards. Mais bon, ça me faisait plaisir d'avoir de leur nouvelle.
J'éteignis l'ordinateur et quittai la pièce, prise d'une envie soudaine de rentrer chez moi. Je fus malheureusement stoppée dans mon élan par Lauren et… Angela.
'Dis, il est célibataire David? Vous vous connaissez depuis longtemps? Tu penses que j'ai une chance? Tu sais où il habite?'
Les questions fusaient les unes après les autres. Mais j'en avais marre, moi, à la fin!
'Pourquoi vous n'allez pas lui demander, bon sang? Je ne veux pas parler de ce crétin!'
'Evidemment' répondit Angela. 'On aurait du s'en douter. Déjà que tu fais tout pour avoir Edward, maintenant, tu veux aussi le nouveau. Les autres ont raisons. Tu n'es qu'une pute.'
La gifle partie avant que je m'en rende compte. Ma main avait violemment claquée sur la joue d'Angela.
'Je ne suis pas une pute et Je. Ne. Veux. Pas. Parler. De. Lui'
Sur ce, je parti, les larmes aux yeux. Je ne montai pas dans ma voiture tout de suite. Je voulais d'abord me calmer. Je me dirigeai vers la forêt, derrière le lycée. Je serai tranquille là-bas au moins. Je marchai pendant une dizaine de minutes, avant de m'arrêter et de me mettre à pleurer. Il commença aussi à pleuvoir. Je levais le visage. Mes larmes se mélangeaient aux gouttes d'eau.
Je n'entendis pas les bruits de pas derrière moi. Je réalisai la présence de cet intrus que quand ses bras m'entourèrent. L'odeur qui m'enveloppa, je la connaissais si bien. J'aurais pu la reconnaitre entre mille. L'intrus enfouie son visage dans mon cou. Je me sentais à la fois si bien et si mal. J'étais heureuse d'être dans ses bras, mais dégoutée de savoir que d'autres y avait été serrée.
'Je t'aime Bella'
