Titre: Tempus Bella Prensareque
Auteurs : Bliblou et Na-chan
Couples : Harry/ Lucius
Disclaimer: Et bien, malheureusement, tous ces personnages que nous torturons ne nous appartiennent pas!
Note: Merci à tous ceux qui nous ont laissé des reviews, elles nous font très très plaisir!
Cette fois, c'est Na-chan (ça fait définitivement bizarre de parler de moi à la 3ème personne) qui fait les réponses. Pour les (la) review anonyme, le lien est également mis dans le profil (et non, ce n'est pas une excuse pour mettre un lien jusqu'à mon livejournal, lol)
TEMPUS BELLE PRENSAREQUE
Le temps de faire la guerre et de courtiser
Chapitre 2
Harry regarda Draco appuyer sur son tapis de jeu, chaque touche produisant une nouvelle illusion magique. Il ne connaissait pas ce type de jouet et Draco avait été adorable lorsqu'il lui avait montré comment s'en servir – enfin... montrer était sûrement un bien grand mot.
Il s'amusa alors à passer la main à travers un papillon, la vision disparaissant aussitôt. Le petit blond se tourna vers lui, la moue boudeuse.
- Je jure, ce n'est pas moi Draco!
Mais la petite tornade qu'il gardait se mit à quatre pattes et crapahuta jusqu'à lui avant de l'escalader. Comme il était assis en tailleur près du tapis de jeu, l'héritier Malefoy eut tôt fait d'attraper une mèche de cheveux avant de tirer dessus. Et Dray venait d'inventer une nouvelle attaque affreusement destructrice.
Il éclata de rire alors qu'il tentait – sans grand effort, il devait l'avouer – de parer l'enfant. Celui-ci ne tarda d'ailleurs pas à l'imiter – ou était-ce parce qu'il s'était mis à le chatouiller?
Il finit allongé sur le dos, son meilleur ami au format poche étalé sur son ventre, de petits éclats de rire le traversant encore. Il passa alors sans tarder une main dans ses cheveux, répétant avec le même rythme cet acte, pour aider à le calmer.
- Shhh, Draco.
Un sourire étira ses lèvres lorsque, même après quelques minutes, le petit blond ne bougea pas, restant affalé sur lui avec bonheur.
Son sourire s'effaça au moment même où les doubles portes menant à la salle de jeu où ils se trouvaient volèrent en éclats. Et après, tout se passa très vite. Quatre sorciers débarquèrent, baguette dégainée, sort sur le bout des lèvres. Draco se mit à pleurer, s'accrochant à lui avec une force insoupçonnée.
Et lui? Il sauta sur ses pieds et voulut automatiquement sortir sa baguette pour pouvoir riposter – et réalisa que Lucius avait toujours sa baguette magique. Et, par Merlin, bien sûr, il savait faire un peu de magie sans baguette, mais pas suffisamment pour désarmer quatre sorciers entraînés. Pas assez pour protéger Draco.
D'accord, il fallait qu'il se calme et qu'il réfléchisse. Il était plus efficace que cela – il ne paniquerait pas comme un bleu, parce que cela faisait très – trop – longtemps qu'il se battait pour réagir ainsi!
Première chose qu'il devait faire, protéger Draco. Il bougea légèrement son bras droit jusqu'à ce qu'il enlace à moitié son petit protégé et lança le sort de protection le plus puissant qu'il pouvait invoquer. Puis il traça du pouce une rune sur le ventre de l'enfant alors qu'il pensait à tout l'amour qu'il ressentait pour lui. Parce que c'était ainsi que la magie ancienne marchait – lorsqu'elle acceptait de coopérer. Il ne savait pas si cela avait fonctionné ou bien pas mais il était prêt à tout essayer pour protéger au maximum son meilleur ami.
Puis il se mit finalement debout, gardant précautionneusement Draco – qui ne criait plus maintenant, mais qui tremblait contre lui, des sanglots silencieux coincés dans sa gorge – dans ses bras, tentant de le cacher le plus possible de ces quatre sorciers étrangers.
- Bonjour messieurs. Que puis-je pour vous?
- Nous ne voulons que Malefoy. Si tu nous le donnes gentiment, nous te laisserons peut-être en vie.
Il fit mine de réfléchir alors qu'il rassemblait sa magie – et qu'il maudissait Lucius pour ne pas lui avoir rendu sa baguette... Il était prêt à prendre n'importe quelle baguette à l'instant, peut-être même celle cassée que Ron avait eue lors de leur deuxième année.
- Allez vous faire voir! lança-t-il finalement tout en lançant un expelliarmus dans leur direction.
Ils étaient trop bien entraînés pour que ce sort les désarme mais il les envoya planer sur plusieurs mètres. L'un d'eux se trouvait en-dessous d'une étagère et il fit tomber celle-ci sur la tête de son ennemi sans hésiter, l'assommant efficacement.
Un KO, encore trois à combattre.
-&-
- Maître, maître!
- Dobby. Je t'ai déjà dit de ne pas me déranger lors d'un repas d'affaire.
Sa voix était glaciale et doucereuse tout à la fois alors qu'il foudroyait l'elfe de maison du regard.
- Maître, Dobby est désolé, mais le manoir...
-&-
Deux, il n'en restait que deux.
Il devait lancer protego sur protego tant les sorts pleuvaient sur lui et son protégé, mais cela devrait aller. Il espérait. Ou tout du moins pensait-il cela jusqu'à ce qu'il vit un sort ocre filer à toute vitesse vers Draco. Draco. Et ocre, il le savait, pouvait être synonyme de sort de brûlure intense – et il n'était pas sûr que le sort de protection qu'il avait lancé soit suffisant, pas si la protection runique ne marchait pas.
- Doloris!
Oh non. Ces deux imbéciles avaient réussi à l'attaquer en même temps. Serrant les dents – il allait souffrir – il lança un protego en direction du sort d'Endoloris pour réduire à néant le maléfice alors qu'il se tournait face au premier sorcier, offrant son dos comme cible au sortilège de brûlure intense, protégeant Draco contre sa poitrine.
Mal, mal, mal, malmalmalmalmal.
La douleur envahit à tel point son système qu'il ne réussit à se protéger des sorts suivants que par pur instinct. Il fallait qu'il finisse rapidement ce combat. Parce qu'il sentait qu'il n'allait pas tarder à s'évanouir.
Il rassembla toute sa magie.
-&-
Il interrompit son serviteur d'un signe de main – bien qu'il mourrait d'envie d'en savoir plus. Parce qu'il avait demandé à Dobby de surveiller les faits et gestes de Harry, de vérifier que ce dernier ne s'en prenne pas à Draco et, entre autres, ne fouille dans ses affaires. Alors s'il était là, cela signifiait certainement...
Mais tout cela ne regardait pas les sorciers avec qui il était en train de manger – négocier – aussi se leva-t-il et quitta-t-il la pièce après un « Messieurs. Je reprendrai contact avec vous. Bonne soirée. ».
Dès que les portes se furent refermées derrière lui, par contre, il se tourna avec Dobby et le fixa intensément.
- Que. Se. Passe-t-il?
-&-
Le dernier sorcier encore debout venait de s'effondre, tenant sa tête à deux mains alors qu'il hurlait de douleur. Il avait peut-être utilisé la magie stockée dans le tapis de jeu de Draco pour faire croire à son ennemi qu'il était en train d'être attaqué par une horde de povrebines.
Ca y était, des tâches noires apparaissaient dans son champ de vision et, même en clignant des yeux, elles ne disparaissaient pas.
Jurant tout doucement – Draco ne parlait pas mais il sentait qu'il était éveillé et, par Merlin, il devait être effrayé, tellement effrayé, mais s'il prenait le temps de le rassurer, il n'en aurait plus pour le protéger – il s'ouvrit le bout de l'index et utilisa son sang pour tracer une série de runes autour de lui et de son protégé tout en récitant dans sa tête les formules d'usage.
Enfin, il déposa un baiser sur le front du blond tout en activant la magie des ruines antiques.
Il finit par s'allonger en boule par terre, Draco caché du reste du monde et, finalement, finalement, il laissa l'obscurité envahir son esprit.
-&-
- La manoir est attaqué. Maître Harry est seul et sans baguette à défendre maître Draco Malefoy. Dobby est venu chercher de l'aide.
Merlin, son fils!
Il transplana aussitôt.
-&-
- Severus. Viens. Tout de suite.
Lucius retira la tête de sa cheminée et ordonna à un elfe de maison de dire à son meilleur ami, dès qu'il arriverait, où il se trouvait. Il retourna sans tarder dans la salle de jeux de son fils, là où l'attaque avait eu lieu.
Seulement... Seulement il ne pouvait s'approcher de Draco, le prendre dans ses bras, s'assurer qu'il aille bien, parce qu'une barrière d'énergie pure l'en empêchait.
- Quoi? grogna Sev en arrivant à sa hauteur.
Mais il sentit qu'il stoppait net alors qu'il prenait conscience de ce qui l'entourait.
- Qu'est-ce qui s'est passé ici? demanda-t-il finalement.
Quatre sorciers, visiblement inconscients et blessés, se trouvaient dans la pièce. Quatre sorciers qui n'avaient pas l'air d'enfants de choeur. Quatre sorciers visiblement entraînés. Quatre sorciers qui avaient réussi à traverser les barrières de son Manoir.
- Attaque sur Draco.
A ces mots, Severus se précipita vers son filleul qui avait les yeux grands ouverts mais fixés sur son baby-sitter, ne s'étant même pas tourné vers eux lorsqu'ils avaient pénétré dans la pièce.
Snape n'était plus qu'à une dizaine de centimètres de son fils lorsqu'il fut violemment projeté en arrière, une barrière d'énergie crépitant autour de Harry avant de devenir de nouveau invisible.
- Qu'est-ce que...?
- Des runes antiques. Unies par le pouvoir du sang. Je t'ai appelé parce que je n'arrivais pas à les franchir.
- Qui...?
Les propos de son meilleur ami n'étaient pas aussi souvent – n'étaient presque jamais – aussi peu articulés mais, vu les circonstances, il pouvait bien l'excuser de son manque d'éloquence.
- Mon baby-sitter.
Puis il se tourna finalement vers le brun.
- Il a l'air blessé. Severus, j'ai besoin de ton aide.
- & -
« Harry. » Harry était encore relativement vaseux lorsque lui parvint la voix de Lucius, mais il fut en un rien de temps alerte alors que le souvenir de la tentative d'enlèvement sur le petit Draco lui revenait en mémoire. Avec un élan dont il ne sentait absolument pas capable, il se redressa vivement, manquant de heurter le maître de maison. Faisant fie de la douleur vive qui traversa sa blessure, il se tourna vers Lucius, l'air totalement paniqué. « Draco? Comment va Draco? Des hommes ont pénétré dans le manoir, ils voulaient Draco et... » La fin de sa phrase fut étouffée par la longue main fine et blanche de Lucius posée sur sa bouche et le sourire doux de l'homme ne manqua pas de rassurer instantanément le jeune homme.
« Draco est en pleine forme, Harry. Tu lui as sauvé la vie au dépend de la tienne, et je ne te remercierai jamais assez pour cela. Comment te sens-tu? » Lucius avait l'air véritablement reconnaissant envers Harry et celui-ci en fut touché. Chaque jour un peu plus, il avait l'impression que le Lucius Malfoy de son temps n'était pas du tout celui qu'il avait sous ses yeux. Et chaque jour un peu plus il avait peur de ne pas être tombé dans le bon temps, il fallait à tout prix qu'il sorte du Manoir.
« Harry? » Ses pensées l'avaient visiblement détourné de Lucius qui lui parlait et encore une fois, Harry fut abasourdi de la douceur avec laquelle le blond s'adressait à lui alors qu'il ne l'écoutait pas. « Excusez-moi Lucius, j'étais un peu perdu dans mes pensées. »
L'homme lui offrit un sourire indulgent et se redressa sur son siège, s'éloignant un peu du lit et de Harry, au dessus duquel il était jusqu'alors penché.
« Je te demandais si tu avais reçu un entraînement spécial. Ce qui reste des agresseurs est un tantinet trop caractéristique pour être l'œuvre d'une personne ne sachant pas ce qu'il fait; surtout sans baguette. » Lucius n'avait pas l'air soupçonneux, au contraire, il semblait horriblement concerné et Harry haussa un instant les sourcils, se demandant ce qu'il devait répondre à cela. Sûrement, prétendre ne pas s'y connaître en magie ancienne, alors que les blessures des kidnappeurs étaient, comme l'avait dit Lucius, assez caractéristiques, n'était pas forcément judicieux. Mais il fallait trouver une explication plausible, n'impliquant ni Voldemort ni l'Ordre du Phénix.
« Mon oncle, la personne qui m'a élevé, était assez paranoïaque, et il m'a enseigné tout ce qu'il était nécessaire de savoir dans le cas d'une guerre ou bien d'une attaque comme celle-ci. Je n'ai pas fréquenté d'école de magie, il m'a lui-même enseigné la magie. Alors... heu... »
« Et bien, il faudra remercier ton oncle pour ces acquis. Cela a sauvé la vie de mon fils, et la tienne. »
Comment Lucius Malfoy pouvait-il être cette personne amusante et douce? Bien sûr, Harry l'avait vu parler à ses elfes, ou arborer ce visage glacial du futur, lorsqu'il s'apprêtait pour aller dehors mais, par l'enfer, qu'en était-il de l'homme chez lui? Harry aurait dû demander à Draco de lui parler de son père, au-delà de ce qu'il avait vu, au-delà de ce qu'il avait cru. Si Harry était dans le bon temps, alors Lucius n'était pas un mangemort à abattre, plus maintenant. Et c'était terriblement compliqué d'y réfléchir maintenant alors qu'il était si fatigué.
« Harry, accepteriez-vous de prendre un petit déjeuner avec moi, demain matin? Accompagné d'un thé au Lys blanc? »
Encore une fois, Harry haussa les sourcils et écarquilla un peu les yeux. C'était une demande tout à fait étrange et surprenante dans la situation dans laquelle ils étaient mais Harry ne pouvait se permettre de simplement répondre non. C'était peut-être un moyen comme un autre de remercier la personne qui avait sauvé la vie de son fils. C'était peut-être même une sorte de rituel de remerciement. Harry n'avait jamais bu de thé au lys blanc, il n'avait même pas la moindre idée du goût que cela pourrait avoir, mais pourquoi pas.
Inspirant profondément alors que sa blessure le lançait soudainement, il laissa échapper un 'oui' sûr, et sourit à Lucius, alors que l'homme acquiesçait, le visage soudain incroyablement sérieux.
« Très bien. Je suis ravi. »
Lucius Malfoy était donc ravi de prendre un thé avec Harry Potter. C'était tout à fait étrange. Vraiment.
Harry se laissa alors enfin retomber sur les oreillers, sans grâce, et s'endormit presque aussitôt sous le regard doux de Lucius Malfoy.
- & -
« Tu as proposé à un total inconnu? »
« On appelle cela courtiser, Severus. Et s'il te plaît, il n'est pas un total inconnu, il vit au manoir depuis trois semaines et a sauvé la vie de mon fils au péril de la sienne. »
« Et il est incroyablement séduisant. »
Le sourire de Severus, sarcastique à souhait, en disait long sur la motivation qu'il incombait à Lucius pour vouloir courtiser le jeune Harry, seulement Lucius n'était pas homme à se lancer dans des traditions ancestrales pour une simple attirance.
« Severus. » Et Severus savait cela sans doute, c'était la raison même pour laquelle il se foutait de lui depuis une demi heure déjà.
« Tu as le droit d'être intéressé et séduit par ce jeune homme, Lucius. Il aime ton fils, et il est, selon tes dires, absolument adorable, possède une intelligence peu commune, et une force magique exemplaire. Lucius, je ne te reproche rien. »
Lucius acquiesça. Bien sûr, Severus acceptait énormément de choses venant de lui, mais l'homme savait également que Lucius l'écoutait attentivement lorsqu'il avait une objection à ses actes. Avoir sa bénédiction alors qu'il s'engageait en prensare était réconfortant.
« Merci, Severus. »
« Avec plaisir Lucius. Je crois que je vais terriblement m'amuser ces six prochains mois. »
Et bien sûr, évidemment, Severus était de ceux qui profitaient grandement des situations comme celle-ci. Le blond allait devoir surveiller les faits et gestes de Severus lorsqu'il serait présenté officiellement à Harry. Mais c'était Severus, alors Lucius ne pouvait s'empêcher de trouver cela simplement drôle.
« Et comment a réagi mon futur beau-frère? »
Vraiment Severus était Severus et il allait le charrier tout le reste de son existence pour cet épisode de sa vie. Lucius grogna, haussa un sourcil, et avala une petite gorgée de thé vert. « Et bien, il a d'abord semblé surpris, puis il a accepté. »
« Certains sont surpris pour moins que ça, le pauvre gosse a dû manquer l'apoplexie. » Severus aspira une bouffée de fumée de sa cigarette et ne put retenir un léger ricanement. Il secoua ensuite la tête et haussa un sourcil à l'attention de son si vieil ami. « Sincèrement Lucius, je suis heureux pour toi. Juste...Es-tu sûr qu'il est suffisamment au fait des traditions sorcières pour avoir saisi la signification d'un Lys blanc? »
Lucius acquiesça. Il s'était également posé la question lorsqu'il avait envisagé de courtiser Harry, mais le fait que le jeune homme ait avoué avoir été élevé par un sorcier lui ayant enseigné la magie des runes antiques autant que l'art des combats, signifiait sans doute qu'il avait reçu le reste de l'éducation qui sied à un sorcier de race.
« Oui. J'en suis sûr. » Encore, Severus eut l'air sceptique. « Lucius, tu ne sais rien de lui. Pardonne-moi mes propos, mais es-tu sûr qu'il ne te mène pas simplement en bateau? Tu ne connais à peine que son nom. Il a pénétré dans le manoir, sans savoir comment et tu n'as d'autres connaissances sur cet homme que ce que tu as pu constater le temps qu'il a été ici. Ne trouves-tu pas cela un peu léger? Surtout pour t'engager en prensare? »
Le maître de maison serra un instant les mâchoires et fusilla son ami du regard, avant de se redresser légèrement. « Et bien je croyais que tu étais avec moi, Severus? »
« Je le suis, sombre idiot. Je m'assure simplement que tu aies envisagé toutes les possibilités, que tu sois bien sûr de ce dans quoi tu te lances. »
« Et bien sois rassuré Severus, parce que je n'ai jamais été aussi sûr de moi. »
« Bien. » Et Severus sans se départir de son petit sourire accepta les derniers mots de son ami et s'engagea sur une nouvelle conversation.
« As-tu eu vent des derniers projets du Lord, mon ami? »
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Draco jouait calmement sur son tapis de jeu, attrapant un petit chat en peluche mouvant et le laissant partir, parfois le lançant sciemment vers Harry avant de lever ses grands yeux gris sur lui pour l'inciter à jouer.
Mais Harry n'était pas vraiment dans le jeu pour le moment. Il était neuf heures du matin, et sa présence auprès du maître de maison pour le petit déjeuner accompagné d'une thé au lys blanc avait lieu dans moins d'une demi heure. « Je vous attendrai demain dans la petite salle à manger d'hiver, à neuf heures vingt. »
D'abord, qui invitait quelqu'un dans sa propre maison à une heure aussi incongrue que neuf heures et vingt minutes, s'il vous plaît?
Ensuite, que signifiait finalement cette invitation toute aussi étrange que l'horaire?
« Et bien petit prince, est-ce que tu as la moindre idée de ce que peut bien me vouloir ton papa? »
Évidemment Draco ne répondit en rien à sa question, il se contenta de lâcher son jouet et de crapahuter jusqu'à lui afin de se hisser sur ses genoux. Harry sourit doucement et le serra contre lui avec amour. Depuis l'attaque, Draco recherchait sa présence en permanence, et Harry ne pouvait s'empêcher de ressentir un amour inconditionnel pour son tout petit meilleur ami. « Ah si seulement tu pouvais te voir comme ça Draco. Si seulement tu pouvais te souvenir du Lucius qui est là. »
Si seulement tu pouvais exister encore.
Harry ferma les yeux, un instant. Parfois, des vagues d'angoisse et de tristesse le paralysaient presque, le faisant comme sombrer dans un gouffre de peur sans fond, lui coupant la respiration et lui broyant le cœur. Draco avait disparu. Hermione n'existait plus, ni aucun membre de l'ordre du phénix. Et, autant il n'avait pas de contact avec les autres, autant, avoir Draco, son frère, son meilleur ami, son épaule droite, toujours auprès de lui, contre lui, mordillant son pouce ou tortillant ses cheveux étaient parfois terriblement effrayant. Et triste.
Jamais plus il ne pourrait connaître son grand Draco froid et dur comme la glace, et doux et léger comme un feu de cheminée.
« Tu es un ange Draco. » Avait dit un jour Hermione alors que Draco venait de traduire entièrement, pour elle, un grimoire en grec ancien, incroyablement rébarbatif et long.
« Ne m'insulte pas Granger. »
« Pardonne-moi, tu as raison, monsieur je suis mauvais comme un serpent. » Puis elle avait souri et ri un instant, avant de hausser un sourcil, son regard glissant vers les bras de Draco. « Si je parle trop fort, je risque de réveiller le bébé qui dort si profondément entre tes bras. »
Puis tous avaient rit, et Draco avait gentiment sourit en reportant son attention sur la petite perle endormi contre lui.
Vraiment, les temps qu'ils avaient passés au quartier, entourés de tant de familles de réfugiés, avaient été précieux, et c'était d'autant plus dur pour Harry d'être ici à la fois et de se souvenir de là-bas aussi. C'était terrible.
Soupirant, tentant de retrouver le fil de ses pensées présentes, Harry reporta son regard sur sa montre, qui affichait neuf heure dix sept, puis sur Draco, profondément endormi, son petit visage ovale blotti contre son cou.
« Merde Dray, tu es tellement chou. »
Riant légèrement, Harry se releva gracieusement, sans créer de secousses pour l'enfant endormi contre lui, et le déposa avec précaution dans son berceau.
Puis, reprenant encore une profonde inspiration, le brun sortit de la pièce pour se rendre à la petite salle à manger d'hiver, dans le but de petit-déjeuner accompagné d'un thé au lys blanc avec Lucius Malfoy.
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Voilà pour le chapitre 2, il est un peu plus court, mais le chapitre 3 est (sera) plus long. On base les chapitres sur une idée, et non sur un nombre de pages, donc la taille variera.
J'espère que ce chapitre vous a plu et, si c'est le cas, ce serait très gentil de nous laisser une review pour nous le faire savoir (et Bliblou est en pleins exams, elle a besoin de vos encouragements ;) )
A dans trois semaines ^^
