Chapitre 2
06 mai 04 - vers midi
Ino regardait la paperasse sur son bureau avec découragement. Le boulot l'épuisait complètement. Le soir, elle revenait très tard et surtout fatiguée chez elle. Désolée, disait-elle. Pas très envie ce soir, chéri. Elle avait rencontré Kiba sur son lieu de travail, justement. Il comprenait qu'elle était vraiment fatiguée car elle avait eu, récemment, une promotion de son chef, Naruto Uzumaki. C'était un beau blond un tantinet naïf. Il était très drôle et c'était une personne attachante. Kiba avait toujours ressenti qu'il était menacé devant lui... Ino avait presque des étoiles dans les yeux quand elle le voyait. Cela faisait rager Kiba qui voyait bien que la promotion n'avait servie qu'à rapprocher ces deux là. Et lui qui n'était qu'un simple préposé à l'accueil disponible pour dire aux gens dans quel bureau aller selon leurs problèmes. Ah oui, bien sûr, il devait répondre au téléphone. Ce n'était vraiment pas marrant comme travail.
Soudain, elle entendit la sonnerie de son téléphone portable. Elle regarda qui pouvait bien l'appeler : Naruto.
- Oui ?
- Ino, nous avons une grave enquête à résoudre.
- Quoi donc ?
- Viens à mon bureau.
- Pourquoi m'as-tu appelé sur mon portable ?
- Je t'expliquerai.
Elle referma son téléphone et se dirigea vers le bureau de son chef. Elle emprunta un long couloir et arrivée au bout, prit la porte de droite. Elle pianota le code de sécurité et entra.
- Alors, c'est quoi cette méga affaire ?
- Tu sais qui est Gaara no Sabaku ?
- Bien sûr ! C'est le milliardaire qui a une compagnie d'armes !
- Il a été menacé de mort ainsi que son frère et sa sœur.
- Il a un frère ?
- Euh... oui bon. Gaara a passé un coup de fil à sa sœur vers les onze heures moins cinq pour l'avertir que lui-même et son frère avait reçu des menaces. Il a ainsi appris que sa sœur aussi. Ils ne savaient pas s'ils devaient prendre ça au sérieux. Gaara et Temari en ont discuté jusqu'à ce que Temari pousse un cri étouffé. Gaara a réagi immédiatement et a hurlé que le kidnappeur lui parle. Il a seulement dit, et je cite, « Tu ne la reverras jamais. », fin de la citation. Gaara a tout de suite contacté les autorités et nous voilà maintenant ici.
- Ça a l'air sérieux.
- Ce l'est. Le maniaque avait menacé Kankurô, le frère de Gaara, qu'il ne devait le dire à personne sous prétexte qu'il serait mort avant les quarante-huit heures données.
- Nous devrions peut-être appelé ce Kankurô pour s'assurer qu'il est encore chez lui.
- Gaara m'a dit qu'il s'en occupait et qu'il rappellerait.
- D'accord. Alors, quelle est notre mission ?
- Trouver ce tas de merde de kidnappeur.
- Et s'ils étaient plusieurs ?
- Hum, ce serait une possibilité à envisager... Alors réunis trois autres personnes avec qui nous ferons équipe. Nous ne pouvons évidemment pas résoudre ça tout seul. Convoque Shino Aburame, le pisteur, Shikamaru Nara, le stratège et finalement Hinata Hyuuga la chasseuse pour une réunion spéciale.
- Bien, chef.
- Appelle-moi Naruto tout simplement, dit-il en souriant.
Ino rougit un peu et répondit :
- Bien, Naruto.
* * *
Les cinq collègues étaient réunis autour d'une table ovale pour parler du cas « Kidnap. 09 ». Naruto l'avait nommé ainsi car c'était le neuvième cas de kidnapping au Japon cette année. Moins de cinq avaient été résolus. Ceux qui enlevaient les victimes étaient généralement des proches dans la famille ou sinon des connaissances. La victime était ensuite atteinte d'un grave traumatisme et arrivait rarement à s'en remettre. Elle soupçonnait tout le monde de vouloir l'agresser, l'enlever ou encore la séquestrer.
- Vous savez tous de quoi nous voulons parler aujourd'hui. Il s'agit du Kidnap. 09. Vous avez tous été informé de l'histoire et des nouvelles les plus récentes jusqu'à ce midi. Il est encore temps de résoudre cette affaire. Néanmoins, elle devra rester secrète, ou presque, jusqu'à sa totale résolution. Ou sinon, lorsqu'elle sera classé non-résolue ce que nous n'espérons pas. Avant toute chose, nous devons attendre la confirmation de Gaara qui nous indiquera si son frère n'est pas en danger.
Juste après avoir prononcé cette phrase, Naruto entendit son téléphone cellulaire sonner dans sa poche.
- Service de sécurité du Japon, bonjour.
- Naruto ? C'est Gaara.
- T'as des nouvelles ?
- Kankurô va parfaitement bien. Il est chez lui à l'heure qui l'est et prend le prochain vol destination l'Ouest du Japon.
- D'accord, tant mieux.
- C'est ça, à plus.
Naruto médita ses paroles un instant et lorsqu'il fut prêt, annonça la nouvelle.
- Comme vous avez pu le comprendre, Kankurô se porte à merveille. Nous allons donc pouvoir nous concentrer sur Temari. La demoiselle a dû être enlevée vers onze heures trois minutes. C'est approximatif bien sûr. Nous croyons cela car Gaara dit que l'appel s'est terminé vers onze heures cinq et qu'il a crié comme un fou pendant peut-être deux minutes. Ensuite, il s'est calmé et a réfléchi à la situation. Il a pris la bonne décision de nous appeler. Cependant, il m'a dit qu'un certain Kiba, il regarda Ino pendant un instant, était informé puisque c'était un copain au service de S.S.J¹. Sinon, personne d'autre ne doit savoir. Des questions ?
- Pourquoi personne ne doit savoir? demanda Shikamaru.
- Parce que ça pourrait risquer de faire les couvertures le lendemain et c'est absolument tout ce qu'on ne veut pas.
- D'accord.
- D'autres questions ?
- Quelle sera notre tâche ? Voulut savoir Hinata.
- J'en venais à cela.
Naruto élabora le plan que chacun d'eux devrait suivre. Shino était chargé de pister le fou furieux. Vérifier les mails, fouiller la boîte vocale de Gaara et de Kankurô, savoir leurs correspondances et tous les appels qu'ils avaient pu faire du cinq au six mai. Shikamaru, quant à lui, devait assurer la protection de Gaara et de Kankurô en élaborant une stratégie qui permettrait de les surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre et, en cas de danger, alerterait aussitôt les autorités. Hinata devait aller voir toutes les personnes qui auraient été susceptibles d'enlever Temari. Les questionner et tout le reste. Ino et Naruto, eux, devaient trier les informations rapportées. Les utiles, les moins utiles. Ce plan devrait non seulement pouvoir assurer la protection des deux autres, mais permettre aussi de retracer Temari.
Voyant que tout le monde avait compris, il déclara la séance terminée et se retira dans son bureau. Il devait avoir le temps de réfléchir et vite. Pourquoi Temari ? Pourquoi Kankurô et Gaara ? Cela devenait vraiment mystérieux. Il appuya sa main sur son menton comme pour se concentrer, mais voyant que ça n'arrivait à rien, arrêta et s'assit sur sa chaise. « Foutue mission de kidnapping. Je hais ces foutaises de missions de kidnapping. Ça ne mène jamais à rien. Foutue-
- Je te dérange Naruto ?
- Hein ?
Naruto sortit de ses pensées et regarda la personne en avant d'elle. Ino. Elle était tellement belle. Magnifique ! Il aurait tellement voulu pouvoir la garder pour lui seul. Ce foutu Kiba lui mettait des bâtons dans les roues.
- Je ne te dérange pas ?
- Oh non ! Pas du tout. Qu'y a-t-il ?
- Je voulais juste savoir si l'on pouvait travailler à la maison... Puisque j'ai déjà beaucoup d'informations et que j'aimerais un lieu plus paisible que mon bureau pour travailler.
- Mon dieu, mais quelle bonne idée ! J'y vais de ce pas moi aussi puisque j'ai beaucoup de travail.
- Merci.
- Je t'en prie, ne me remercie pas. Lui souffla-t-il avant de prendre ses affaires et de déguerpir du S.S.J.
***
Ino resta de glace un instant. « Il était fichtrement pressé celui-là ! » Elle retourna à son bureau prendre ses affaires et ferma sa porte. Elle passa à côté du bureau de son chef et contempla la porte suspicieusement. Il cachait quelque chose ce Naruto. Ce n'était pas très net. Elle haussa les épaules et sortit du S.S.J. Elle s'arrêta un instant et scruta la bâtisse dans laquelle la plus importante des polices du Japon siégeait. Soudain, un éclair frappa son esprit. « Règle 056 : Aucun document confidentiel ou autre document important lors d'une enquête ne doit être apporté à domicile ou ne doit être passé à un individu, quelle que soit son lien avec la victime ou les victimes. » Naruto devait le savoir, non ? C'était quand même lui le chef de la police. « Oh merde ! Le pire, c'est que c'est moi qui lui ai proposé ! Je suis tellement stupide ! » Elle risquait qu'on la sanctionne. Ce n'était pas bon. Elle pourrait même perdre son travail. « Ino, passe l'éponge là-dessus. Après tout, seulement une fois, ça ne peut pas te faire de tort, non ? » Elle réfléchi un instant puis, continua sa route jusqu'à chez elle.
***
Naruto n'habitait pas très loin du S.S.J. C'était à peine cinq minute de marche jusqu'à chez lui. Il était midi et l'enquête n'avançait pas trop bien. Il n'y avait que quelques documents et informations qu'on avait pu filtrer et qui n'était vraiment pas pertinent. Néanmoins, il fallait les trier. Il déverouilla sa porte et se doutait que personne ne l'attendait pour dîner.
Naruto était un célibataire aguerrit. Sa seule petite amie datait de l'époque du lycée et elle s'appelait Sakura. Elle était belle, intelligente, talentueuse... et méprisable. Tout le monde semblait en-dessous d'elle. Elle s'enflait souvent la tête grâce à ses nombreuses réussites scolaires et à son '' talent '' d'attirer les hommes qu'ils soient plus jeunes ou plus vieux. Naruto avait été le seul à avoir conquis son cœur. Et il l'avait regretté amèrement lorsque leur relation avait commencé à chuter.
Deux mois de bonheur parfait. C'avait été les deux plus beaux mois de la vie de Naruto. Sauf qu'après ceux-ci, Sakura avait maintenant eu sa dose de Naruto et elle avait été voir ailleurs. Elle l'avait trompé à maintes reprises, mais Naruto, fou d'elle, avait voulu ignorer ces gestes malgré qu'il le fît souffrir. Après trois mois tumultueux, Sakura avait décidé de rompre. Il ne l'avait pas pris et s'était réfugier sous une coquille où personne ne pouvait l'atteindre. Il n'avait plus eut de petite amie après.
Il s'affala sur son sofa et se détendit quelques minutes. Malgré que le temps fût compté, il avait besoin de repos. Sa concentration était à zéro et même s'il essayait de résoudre ce stupide problème, il n'y arriverait pas. Il se décida finalement à se lever. Il se prit une liqueur et s'assit sur une chaise dans sa cuisine.
« 05 mai 2004.
Gaara reçoit menace. Aucune idée d'où elle vient. Passer fenêtre ? Envoyé spécial pour lettre secrète ? Il l'ouvre. Il ... »
Tout ça, Naruto le savait déjà. Ce n'étaient que de simples répétitions de tous ce que Gaara avait pu leur fournir. C'était vraiment une perte de temps. Il fallait chercher ailleurs. Naruto ferma les yeux un instant. Que ferait-il s'il était un fou furieux qui enverrait des menaces à l'un des PDG les plus puissants au Japon, à une femme qui travaillait pour un magazine politique très populaire et à Kankurô, une personne inconnue habitant dans un endroit inconnu de la majorité de la population avec aucun travail et aucun statut social important. C'était assez étrange. Il décida d'aller dans sa chambre au sous-sol. Cela l'aidait habituellement à réfléchir. Il referma la porte et sourit étrangement.
***
Gaara tournait en rond dans sa somptueuse demeure. Il était rongé par l'inquiétude et surtout par le stress. Quand ce serait son tour ? Cette question apparaissait sans cesse dans sa tête. Et si Temari était... morte ? « Mon dieu, ce malade est en train de me rendre complètement dingue ! Avec toutes ces questions qui me tourmentent... Seigneur ! » Soudain, il entendit quelqu'un cogner à la porte. Son cœur eut un raté et il se tourna vers la porte d'entrée. Les coups recommencèrent, mais un peu plus fort. « Qu'est-ce que je fais bon sang ! Et si c'était ... »
- Gaara, ouvre cette porte bordel ! C'est Kankurô ! Ton frère ! Tu te souviens ? demanda-t-il ironiquement.
- Oh ! J'arrive. Marmonna Gaara.
Il marcha jusqu'à l'entrée et déverrouilla ses cinq serrures.
- Gaara, t'es devenu complètement parano, ma parole !
- Je te signale que tu devrais l'être aussi.
- Ouais, bah si on en croit les journaux, tout le monde se fout si je meure ou pas. Tout ce qui compte, c'est le PDG² de la compagnie d'arme du Japon ou la rédactrice à scandales du Society and Politic of Japan³. Tu crois que je suis important ? Tu ne m'as jamais aimé de toute façon alors j'en ai rien à foutre si j'me fais tuer ou non.
Brusquement, Gaara réalisa que son frère était dans une grande détresse. Il n'avait personne à qui se confier puisque tout le monde le considérait comme un moins-que-rien. Il était seul et il avait honte de se montrer puisqu'il était comme celui-qui-ne-fait-rien-de-sa-vie-et-qui-dépend-des-autres. C'était désolant et triste. Il était vraiment, mais vraiment seul au monde.
- Aller Kankurô ! Ne dis pas ça ! Tu sais très bien que tu comptes pour Temari, papa, maman et moi.
Kankurô balança ces paroles d'un revers de main.
- Foutaises. Bref, où est ma chambre ?
***
- MMMMMM ! MMMM !
- Chut ! Ne parle pas. Ça gâcherait le plaisir !
- MMM !
- Chut, j'ai dit !
- MMM !
- TA GEULE, SALOPE !
- ...
- Bon, tu vois ? Tu as fini par comprendre. Il faut parfois user de vulgarité pour que les gens assimilent les informations. Je sais que tu aimerais bien que je t'ôte ce bout de ruban gris qui est sur ta bouche. Cependant, c'est impossible. J'espère que tu n'es pas trop rancunière.
Les yeux de Temari devinrent sombres. Terriblement sombre et perçant. Ils lançaient des éclairs à son ravisseur.
- Je vois. Tu es frustrée, n'est-ce pas ? Alors laisse-moi te donner une bonne raison d'être en colère.
Il s'approcha d'elle lentement. Elle était attachée au mur avec des menottes et ses poignets étaient rouges et coupés profondément. Pourtant, elle n'avait pas versé une larme depuis son enlèvement. Pas une seule. Elle avait uniquement gardé un mépris immense envers lui.
- Ne te fatigue pas. Tu ne peux pas t'enfuir. Tu ne peux plus t'enfuir.
- Fin –
¹ Abréviation de Service de Sécurité du Japon
² Président Directeur Général
³ Revue totalement fictive.
