Son cœur battait à la chamade lorsqu'elle referma la porte. La conversation qu'elle venait d'entendre l'avait surprise et chamboulée. Elle essuya les larmes qui coulaient sur ses joues et regagna son lit. Elle avait passé toute son enfance à espérer qu'il y avait quelque part une personne qui tenait un peu à elle, quelqu'un prêt à lui témoigner un peu d'affection et au lieu de ça, elle n'avait connu que mépris et indifférence. La solitude avait été sa meilleure amie pendant les premières années de sa vie et lorsqu'elle avait intégré Poudlard, elle avait espéré que les choses changeraient enfin. Elle avait ouvert son cœur et fait confiance à de nombreuse personne sans se douter une seule seconde que tout était faux, qu'il se servait juste d'elle pour accomplir quelque chose qui la dépassait complètement. Comment pouvaient-ils imaginer une seule seconde qu'elle était en mesure de vaincre le plus grand mage noir de tous les temps alors que beaucoup de sorcier bien plus expérimentés qu'elle, n'y étaient pas parvenus ? Comment avaient-ils osé la manipulée de cette façon ? Et comment, elle, avait-elle pu être aussi naïve et croire chaque parole qui étaient sortis de leurs bouches ? Ces cinq dernières années avaient été les plus heureuse de sa vie, elle s'était sentie entourer et aimer et en seulement quelques jours son bonheur avait volé en éclat. Retour à la case départ.

Apprendre qu'elle était une fille avait été un choc. Apprendre qu'elle avait été enlevée par un homme qu'elle respectait et que ses parents étaient deux assassins particulièrement cruels avaient été un deuxième choc. Entendre ses géniteurs parlait d'elle avec autant d'amour dans la voix avait été la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Pourquoi les choses étaient aussi compliqués ? Pourquoi fallait-il que sa tombe sur elle ? Pour la première fois de sa vie, elle avait enfin une famille mais ils représentaient tout ce qu'elle détestait et à cause de cela, elle ne pouvait pas savourer ce moment. Ils tuaient, ils torturaient, ils servaient le pire sorcier que la terre n'est jamais porté. Accepter de les laisser rentrer dans sa vie, c'était approuver leurs actes et leurs croyances et ce n'était pas envisageable. Jamais elle ne pourrait cautionner qu'on s'en prenne à une personne sans défense et innocente. Que l'on juge une personne sur sa naissance, sur son sang.

Enfouie sous ses couvertures et perdu dans ses pensées, elle n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir ni même le bruit des pas sur le parquet. Elle ne remarqua la présence de sa mère uniquement lorsque celle-ci retira la couette qui dissimulait son visage la faisant revenir brutalement à la réalité. Elles se fixèrent pendant quelques secondes et Cassiopée en profita pour faire le vide dans son esprit.

« Tu as pleuré. » Ce n'était pas une question.

L'adolescente ne prit pas la peine de répondre à Bellatrix. Il était claire qu'aucune relation n'était possible entre elles et elle était toujours en colère après l'échange qu'ils avaient eu la veille.

« Je sais que ce n'est pas facile pour toi en ce moment et que tu dois te poser beaucoup de question. Ton père et moi ferons tout pour que ton intégration au manoir se passe le mieux possible et nous prendrons le temps de faire connaissance. Nous serons là pour apaiser tes craintes et te montrer au quotidien que ta place est à nos côtés. »

Cassiopée fixait sa mère en essayant de ne pas laisser transparaître la moindre émotion.

« Ta tante est allée t'acheter des vêtements hier, je t'ai préparé une tenue que tu trouveras dans la salle de bain. Va prendre ta douche et ensuite nous prendrons le petit-déjeuner. »

Elle sauta presque du lit, heureuse de pouvoir s'échapper de cette conversation à sens unique. D'un simple geste de la main, Bellatrix lui indiqua la porte de la salle de bain et elle s'y enferma aussitôt. La pièce était grande et luxueuse mais dépourvu de fenêtre ce que la jeune fille remarqua tout de suite. Elle savait très bien qu'elle ne pouvait pas s'enfuir dans l'immédiat avec l'ordre du phénix qui la recherchait et Voldemort présent dans le manoir mais l'envie était tout de même là. C'est donc un peu déçu qu'elle continua son exploration des lieux en évitant soigneusement de se regarder dans le miroir. Elle pouvait déjà voir que ses cheveux était beaucoup trop long, que deux pamplemousses étaient soudainement apparue, que ses mains étaient beaucoup plus fines qu'avant et c'était déjà difficile d'accepter ces changements alors elle n'avait vraiment pas envie d'en découvrir plus. Elle ôta sa chemise de nuit et entra dans la douche. Elle savoura le contacte de l'eau chaude sur sa peau pendant plusieurs minutes avant de s'obliger à se laver. Elle frotta toute les parties de son corps rapidement découvrant ainsi sa nouvelle anatomie ce qui la fit se sentir mal à l'aise. Elle se rinça et sortit de la douche, s'enroulant aussitôt dans une serviette.

Les vêtements que sa mère avait préparés étaient plutôt simple et Cassiopée lâcha un soupir de soulagement lorsqu'elle s'aperçut qu'elle ne serait pas obligée de porter une robe. En regardant les tenues que porter Bellatrix, elle avait eu un peu peur mais de toute évidence, sa tante avait un peu plus de goût. En revanche, elle tiqua quand elle remarqua le soutien-gorge et elle se demanda un bref instant si elle était vraiment obligée de le mettre. L'image de sa génitrice la trainant de force dans la salle de bain pour lui « montrer » comment le mettre suffit à la convaincre qu'il valait mieux qu'elle se débrouille toute seule. Elle lutta un bon moment avec son soutif mais finit par réussir et enfin elle put s'habiller. Elle espérait sincèrement qu'on ne l'obligerait pas à en porter un tous les jours ou elle passerait un temps fou dans la salle de bain tous les matins.

« Je vois que tu as presque terminée de te préparer, il ne reste plus qu'à démêlée et coiffer tes cheveux. »

Cassiopée fusilla du regard sa mère. Comment osait-elle venir dans la salle de bain sans même frapper à la porte ?

« Cela va faire une heure que tu étais enfermée dans la salle de bain et on commençait à s'inquiéter. »

Et ça lui donnait donc le droit d'entrer de cette façon, sans prévenir ? Elle aurait très bien pu être nue. Même si son corps avait changé et qu'elle n'avait plus l'impression que c'était le sien, elle n'avait pas envie pour autant qu'on viole son intimité. Elle continua de lancer des regards noirs à Bellatrix pendant que celle-ci attrapait une brosse à cheveux et un flacon contenant un liquide violet.

« Allez viens t'asseoir, je vais m'occuper de tes cheveux et dans quelques minutes nous pourrons rejoindre ton père pour le petit-déjeuner. »

L'adolescente se contenta de fixer sa mère sans pour autant bouger. Elle n'avait pas envie d'établir un contact physique avec elle et avait bien l'intention de lui faire savoir. Elle décida de lui tourner le dos, oubliant au passage que le miroir se trouvait juste derrière elle. Elle ne réalisa pas tout de suite que c'était elle dans la glace et quand ce fut le cas, elle eut un véritable choc. Savoir que votre apparence avait changé était une chose mais le voir en était une autre et c'était terrible. Elle sentit vaguement une main se posé sur son épaule et une autre effleurée délicatement sa joue mais elle restait bloquée sur ce qu'elle voyait.

« C'est un changement radical mais nécessaire. Tu ne pouvais pas rester sous cette odieuse apparence que t'avait donné Dumbledore. Tu aurais dû grandir en étant une fille et cela fait partie de la longue liste de chose que je ne pourrais jamais pardonnée au vieux fou. »

Cassiopée reprenait peu à peu conscience de ce qui l'entourait et sentit sa mère posait une main de chaque côté de son visage et leurs fronts se collaient.

« Tu es notre bébé et plus jamais je ne laisserais la moindre personne se mettre entre nous. On va apprendre à se connaître et on sera heureux tous les trois, je te le promets. Je n'ai jamais cessé de t'aimer et je te le prouverais tous les jours. N'ai pas peur ma fille, tout ira bien. »

Elles restèrent un moment dans cette position avant que Cassiopée, prise de panique, repousse sa mère et quitte la salle de bain en courant. Elle traversa la chambre et arriva dans le salon ou son père l'attrapa bien trop facilement à son goût. Elle se débattait de toute ses forces pour échapper à son emprise pendant que Bellatrix qui était arrivée immédiatement après elle, n'essaye de la calmer. Elle hurlait à pleins poumons, ordonnant qu'on la lâche et qu'on lui redonne son apparence. On lui fit boire une potion de force et elle manqua de s'étouffer mais rapidement après elle commença à se calmer et ses paupières se firent de plus en plus lourde. Après quelques minutes, Rodolphus allongea sa fille endormit sur le canapé et regarda son épouse en se disant que la journée risquait d'être difficile autant pour leur petite princesse que pour eux.